Les garanties de sécurité
Zelensky l’a annoncé clairement : les « termes des garanties de sécurité ont été finalisés ». C’est une victoire diplomatique majeure. Ces garanties sont la colonne vertébrale de tout accord de paix. Sans elles, l’Ukraine serait vulnérable à une nouvelle agression russe dès que les armes se tairaient. Avec elles, elle aurait un bouclier, une assurance que le monde ne l’abandonnera pas.
L’accord économique
Un autre élément est quasi-finalisé : l’accord sur la reconstruction économique. Après la guerre, l’Ukraine aura besoin de centaines de milliards de dollars pour rebâtir ses villes, ses infrastructures, son économie. Qui paiera? Comment les fonds seront-ils distribués? Quelles conditions seront attachées? Ces questions trouvent leurs réponses dans les négociations actuelles.
Des garanties de sécurité. Un plan de reconstruction. Sur le papier, c’est encourageant. Mais je ne peux m’empêcher de me méfier. L’Ukraine a déjà eu des garanties en 1994 avec le Mémorandum de Budapest. Les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie avaient promis de respecter son intégrité territoriale en échange de son arsenal nucléaire. On a vu ce que ces promesses valaient quand Poutine a envahi la Crimée. Alors oui, des garanties c’est bien. Mais des garanties qui tiennent face à l’épreuve du temps, c’est autre chose.
Le nœud gordien : le territoire
20% de l’Ukraine sous occupation
Voilà le cœur du problème. La Russie occupe environ 20% du territoire ukrainien. La Crimée, annexée depuis 2014. Le Donbass, partiellement conquis depuis 2022. Des régions entières de l’est et du sud. Pour Moscou, ces terres sont russes — elle les a annexées par décret. Pour Kyiv, ce sont des territoires occupés qui doivent être libérés.
Positions inconciliables
Comment réconcilier ces positions? C’est la question à laquelle personne n’a de réponse. Zelensky ne peut pas officiellement céder ces territoires sans trahir les millions d’Ukrainiens qui y vivent sous occupation. Poutine ne peut pas les rendre sans admettre que son « opération militaire spéciale » a échoué. Entre ces deux impossibilités, les négociateurs cherchent une faille.
Cette question territoriale me hante. Parce que derrière les lignes sur la carte, il y a des gens. Des familles séparées par une ligne de front. Des parents qui ne peuvent plus voir leurs enfants. Des tombes qu’on ne peut plus visiter. Quand les diplomates parlent de « concessions territoriales », ils parlent de ça. De vies brisées. D’identités effacées. De gens qui devront vivre sous un drapeau qu’ils n’ont pas choisi. Comment peut-on mettre un prix sur ça?
Zelensky attaque l'Europe
« L’Europe a l’air perdue »
Dans un discours incendiaire à Davos, Zelensky n’a pas épargné les Européens. « Au lieu de prendre la tête de la défense de la liberté mondiale, l’Europe a l’air perdue, essayant de convaincre le président américain de changer », a-t-il lancé. Une critique cinglante de l’impuissance européenne. Une façon de dire : pendant que vous tergiversez, nous mourons.
Le parallèle avec le Jour de la marmotte
Zelensky a comparé l’Europe au film « Groundhog Day » — le Jour de la marmotte. Condamnée à répéter les mêmes erreurs en boucle. Incapable d’apprendre. Incapable d’agir. Pendant que Trump prend des décisions unilatérales au Venezuela et en Iran, l’Europe se contente de protester mollement. Le contraste est cruel mais juste.
La colère de Zelensky est compréhensible. L’Europe lui a promis monts et merveilles. Des armes. De l’argent. Un soutien indéfectible. Et qu’a-t-elle livré? Des demi-mesures. Des retards. Des hésitations. Pendant ce temps, Trump, qu’on peut critiquer pour bien des choses, agit. Il frappe l’Iran. Il négocie avec Poutine. Il force les événements. L’Europe regarde et commente. C’est pathétique. Et si j’étais ukrainien, je serais furieux moi aussi.
Trump veut son deal
La pression sur l’Ukraine
Trump ne cache pas son impatience. Il veut un accord. Vite. Maintenant. Chaque jour de guerre est un jour de trop à ses yeux. La pression sur l’Ukraine est énorme : négociez ou perdez notre soutien. C’est du chantage diplomatique, certes. Mais c’est aussi la réalité du rapport de forces. L’Ukraine dépend de l’aide américaine. Sans elle, la résistance s’effondre.
Le « Board of Peace »
Trump a lancé son « Board of Peace » à Davos avec fanfare. Un conseil chargé de mettre fin aux conflits dans le monde. L’Ukraine est le premier test. Si Trump obtient un accord, il entrera dans l’histoire comme le président qui a mis fin à la guerre en Europe. C’est cette gloire qu’il cherche. Et pour l’obtenir, il est prêt à mettre la pression sur tout le monde.
Trump veut sa victoire. C’est humain. C’est politique. Mais les guerres ne se terminent pas comme des deals immobiliers. On ne négocie pas avec des morts sur la conscience comme on négocie avec des promoteurs mécontents. L’Ukraine a sacrifié trop, perdu trop, souffert trop pour qu’on brade sa cause au nom d’un succès médiatique. Je comprends l’urgence de Trump. Je ne comprends pas son indifférence aux conséquences.
La position russe
La « formule d’Anchorage »
Le Kremlin a ses propres exigences. Le conseiller Youri Ouchakov a évoqué une « formule convenue à Anchorage », référence au sommet Trump-Poutine de l’année dernière. Les détails restent flous, mais le message est clair : la Russie veut que l’Ukraine reconnaisse ses conquêtes. Pas de compromis sur ce point.
Poutine en position de force
Du point de vue de Moscou, le temps joue en sa faveur. L’Occident est fatigué. Les élections européennes portent au pouvoir des partis moins favorables à l’Ukraine. L’aide américaine pourrait diminuer si Trump décide que le dossier traîne trop. Poutine peut se permettre d’attendre. Et d’exiger davantage.
La Russie sent la victoire. C’est peut-être une illusion. C’est peut-être la réalité. Mais cette perception guide sa stratégie. Pourquoi céder maintenant quand on peut obtenir plus demain? C’est le calcul froid que fait le Kremlin. Et face à ce calcul, l’Ukraine n’a qu’une carte : la résistance. Tenir assez longtemps pour que les conditions changent. Mais combien de temps peut-on tenir quand le monde entier vous pousse vers la table des négociations?
Les prochaines étapes
Le sommet trilatéral
Zelensky a annoncé un sommet trilatéral aux Émirats arabes unis les 23 et 24 janvier. États-Unis, Russie, Ukraine à la même table pour la première fois depuis le début de la guerre. C’est là que tout va se jouer. Les garanties de sécurité seront confirmées ou pas. La question territoriale sera abordée ou éludée. L’avenir de l’Ukraine sera scellé.
Un seul problème à résoudre
L’envoyé américain Steve Witkoff a dit qu’il ne restait plus qu’« un seul problème » à résoudre. Il n’a pas précisé lequel, mais tout le monde sait de quoi il s’agit : le territoire. Si ce problème trouve une solution, la paix est possible. S’il reste bloqué, la guerre continue. Simple en théorie. Infernal en pratique.
Un seul problème. Comme si c’était simple. Comme si des millions de kilomètres carrés, des millions de vies, des décennies d’histoire pouvaient se résumer à « un problème ». C’est la violence de la diplomatie. Cette façon de réduire des tragédies humaines à des lignes dans un document. Je sais que c’est nécessaire. Je sais que c’est ainsi que les guerres se terminent. Mais ça ne rend pas la chose moins révoltante.
L'opinion ukrainienne
Un peuple divisé
L’Ukraine elle-même est divisée sur la question. Certains veulent la paix à tout prix, épuisés par trois ans de guerre. D’autres refusent de céder un seul mètre carré de leur terre, estimant que le sacrifice des soldats morts serait trahi. Zelensky devra naviguer entre ces deux camps. Un exercice d’équilibriste périlleux.
Le poids des morts
Comment expliquer aux familles des soldats tombés que le territoire pour lequel ils sont morts va être cédé? C’est la question que Zelensky devra affronter si un compromis est trouvé. Des centaines de milliers de vies perdues. Pour quoi? Si la réponse est « pour une ligne sur une carte qui bouge quand même », l’amertume sera immense.
Je pense aux mères ukrainiennes. À celles qui ont perdu leurs fils dans cette guerre. Qui ont reçu un cercueil au lieu d’un appel. Qui visitent des tombes au lieu de préparer des mariages. Que leur dira-t-on si l’Ukraine cède des territoires? « Votre fils est mort pour rien »? « Le sacrifice en valait la peine, mais pas assez pour récupérer ce qu’on a perdu »? Il n’y a pas de bonne réponse. Il n’y a que des réponses cruelles, inacceptables, inévitables.
Conclusion : L'attente insoutenable
Entre espoir et angoisse
Zelensky quitte Davos avec un bilan mitigé. Des victoires partielles. Des questions non résolues. Et surtout, une immense incertitude sur ce que les prochains jours apporteront. Le sommet d’Abu Dhabi pourrait tout changer. Ou ne rien changer du tout. L’attente est insoutenable pour l’Ukraine et pour tous ceux qui la soutiennent.
La suite de l’histoire
Dans les prochaines heures, des hommes vont s’asseoir autour d’une table et décider du sort d’un pays. Des décisions seront prises. Des compromis seront faits. Des lignes seront tracées sur des cartes. Et l’Ukraine devra vivre avec les conséquences, quelles qu’elles soient. C’est ça, la fin d’une guerre. Pas de victoire totale. Pas de défaite totale. Juste un arrangement imparfait que tout le monde doit accepter.
Je finis cet article avec le cœur lourd. Parce que je sais que quel que soit l’accord, il y aura des perdants. Des gens qui ne reverront jamais leur maison. Des enfants qui grandiront sous occupation. Des rêves brisés, des familles déchirées, des identités effacées. La paix, quand elle viendra, ne sera pas juste. Elle sera juste… la paix. Et peut-être que c’est déjà beaucoup. Peut-être que c’est tout ce qu’on peut espérer dans ce monde imparfait. Mais ça ne rend pas la chose plus facile à accepter.
Sources
Sources primaires
The Globe and Mail – Zelensky says issue of territory remains unsolved after talks with Trump
CNBC – Zelenskyy lays into ‘lost’ Europe for trying to ‘change’ Trump
Washington Post – Zelensky calls on Europe to do more after Trump meeting
Sources secondaires
Axios – Zelensky at Davos: Trump has exposed Europe’s weakness
CBC – Ukraine’s Zelenskyy criticizes European inaction in impassioned Davos speech
Fortune – ‘Europe looks lost’: Zelensky’s Groundhog Day speech
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.