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222 affrontements en 24 heures : dans l’enfer de Pokrovsk, des soldats ukrainiens tiennent contre l’impossible
Crédit: Adobe Stock

156 jours sous le déluge

Ça fait 156 jours que l’armée russe est entrée dans Pokrovsk. 156 jours de combats de rue. 156 jours d’obus, de drones, de tirs de snipers. 156 jours où chaque bâtiment, chaque carrefour, chaque cave est devenu un champ de bataille. Au 31 décembre 2025, Moscou contrôlait 70 % de la ville. Fin novembre, c’était 59 %. La progression est lente — 100 mètres carrés par jour en moyenne en décembre — mais elle est inexorable. Ou du moins, elle le semblait. Car quelque chose a changé. Le rythme a ralenti. Les défenseurs ukrainiens se sont arc-boutés. Ils ont trouvé des ressources qu’on ne croyait plus possibles. Le 14 janvier 2026, le commandement opérationnel Skhid a confirmé que les forces de défense tenaient toujours des positions dans le nord de la ville. Toujours là. Contre toute attente. Contre toute logique militaire. Toujours là.

La bataille de Pokrovsk n’est pas qu’une question de prestige. Cette ville contrôle des routes logistiques essentielles pour l’approvisionnement des forces ukrainiennes dans tout l’est du Donbass. Si elle tombe, c’est la voie ouverte vers Dobropillia, puis vers Druzhkivka et Kramatorsk. C’est tout le système de défense de l’est qui s’effondre. Les Russes le savent. C’est pour ça qu’ils y ont concentré 150 000 hommes. C’est pour ça qu’ils pilonnent sans relâche, qu’ils envoient vague après vague, qu’ils acceptent des pertes que n’importe quelle autre armée jugerait inacceptables. Le commandement russe joue le jeu de l’usure. Il parie sur l’épuisement. Il parie sur le fait que les Ukrainiens finiront par céder, non pas par manque de courage, mais par manque de tout le reste.

Il y a quelque chose d’obscène dans ces calculs froids. 100 mètres carrés par jour. On mesure la progression d’une armée comme on mesurerait un chantier de construction. Sauf qu’ici, chaque mètre carré est payé en sang. Des deux côtés. Je pense à ces soldats russes, aussi. Envoyés au front par un régime qui les considère comme de la chair à canon. Envoyés mourir pour quelques mètres de terre ukrainienne. Leurs familles aussi attendent des nouvelles. Leurs mères aussi pleurent. Cette guerre est une machine à broyer des vies. Et elle ne s’arrête pas.

Les témoins de l’impossible

« Ils avancent comme des zombies », a confié un soldat ukrainien. « Ils marchent, sans même avoir peur de nos drones. Même s’il y en a deux ou trois qui leur tombent dessus, ça ne fait rien, ils avancent quand même. Et ils arrivent à pénétrer les lignes, là où nous n’avons pas assez d’hommes… » Cette image, celle de vagues d’infanterie russe progressant malgré les pertes, revient dans presque tous les témoignages du front. Ce n’est pas du courage au sens où on l’entend habituellement. C’est autre chose. Une forme de fatalisme. Une acceptation de la mort comme condition du service. Les analystes parlent de « tactiques de saturation » — submerger l’ennemi par le nombre, accepter les pertes, avancer quand même. Les soldats ukrainiens, eux, parlent de cauchemar. Parce que comment combat-on un ennemi qui ne semble pas craindre la mort ?

Maxim l’a dit sans fard : « Dans notre unité, nous ne sommes pas assez nombreux. Je viens tout juste de rentrer de position, et il faut que j’y retourne ! Vraiment, nous n’avons pas assez d’hommes. » Le problème de la mobilisation ukrainienne est devenu critique. Les brigades sont épuisées. Les rotations sont impossibles. Des hommes qui devraient être au repos sont renvoyés en première ligne parce qu’il n’y a personne pour les remplacer. Et en face, les Russes continuent d’arriver. Toujours plus nombreux. Toujours aussi indifférents à leurs propres pertes. Le commandement ukrainien a dû faire des choix déchirants. Évacuer Myrnohrad pour redéployer des forces vers Huliaipole. Abandonner certaines positions pour en tenir d’autres. C’est la logique froide de la guerre d’usure. On ne peut pas être partout. On choisit où mourir.

Sources

Sources primaires

Ukrinform – War update: 222 clashes on front line over past day – 23 janvier 2026
État-major général ukrainien – Rapport quotidien de situation – 22-23 janvier 2026
Commandement opérationnel Skhid – Déclarations sur la situation à Pokrovsk – 14 janvier 2026
Général Oleksandr Syrskyi – Déclarations publiques – 8-14 janvier 2026
Gouverneur Ivan Fedorov – Annonces d’évacuation région Zaporizhzhia – janvier 2026

Sources secondaires

CNN – Ukrainian forces under intense pressure in south – 1er janvier 2026
France Info – Témoignages: Ils avancent comme des zombies – janvier 2026
Le Grand Continent – À Pokrovsk et Myrnohrad, la progression russe ne cesse de ralentir – 3 janvier 2026
Euromaidan Press – Syrskyi: Ukraine retains control of northern Pokrovsk – 9 janvier 2026
Conflict Intelligence Team – Analyse situation Huliaipole – janvier 2026
Kyiv Independent – Couverture continue du front – janvier 2026
RBC Ukraine – Fighting near Huliaipole raises threat to Zaporizhzhia – janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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