Skip to content
357 drones et 15 missiles abattus en une nuit : comment l’Ukraine a survécu à l’une des pires attaques de la guerre
Crédit: Adobe Stock

Une capitale sous le feu

Kyiv s’est réveillée dans le chaos. Le maire Vitali Klitschko a publié les premiers bilans à l’aube : des immeubles touchés dans plusieurs districts, des incendies maîtrisés par les pompiers qui travaillaient depuis des heures, des ambulances qui sillonnaient les rues à la recherche de blessés. Dans le district de Holosiivskyi, les débris d’un missile intercepté — ou peut-être d’un drone — ont frappé une confiserie. Une femme s’y trouvait. Elle n’a pas survécu. On ne connaît pas son nom. On ne sait pas si elle était employée ou cliente. On sait juste qu’elle était là, au mauvais endroit, au mauvais moment, dans une ville qui n’aurait jamais dû être un champ de bataille. À Bucha, dans la banlieue nord-ouest, un homme de 50 ans est mort lui aussi. Bucha. Cette ville où, en avril 2022, le monde a découvert les corps de civils exécutés dans les rues par les troupes russes. Presque quatre ans plus tard, la mort continue de frapper.

Les dégâts matériels sont considérables. 17 emplacements ont été touchés à travers le pays. À Kyiv, les services municipaux ont travaillé toute la journée pour rétablir les services essentiels. 6 000 foyers privés de chauffage en plein hiver — des familles entières grelottant dans des appartements glacés, enveloppées dans des couvertures, attendant que les techniciens réparent ce qui peut l’être. 88 000 foyers sans électricité — des réfrigérateurs qui s’arrêtent, des téléphones qui ne se rechargent plus, des ascenseurs bloqués pour les personnes âgées coincées dans les étages supérieurs. Dans le quartier populaire de Troieshchyna, 600 bâtiments ont perdu simultanément l’eau, l’électricité et le chauffage. 600 immeubles. Des dizaines de milliers de personnes plongées dans l’obscurité et le froid.

Une confiserie. Elle est morte dans une confiserie. Je ne sais pas pourquoi ce détail me hante autant. Peut-être parce qu’une confiserie, c’est censé être un endroit de douceur, de petits plaisirs, de gâteaux qu’on achète pour un anniversaire ou un dimanche en famille. Pas un endroit où on meurt sous les bombes. Pas un endroit où la guerre vous rattrape. Cette femme avait une vie. Elle avait peut-être des enfants, des amis, des projets pour le week-end. Et maintenant elle n’est plus qu’un chiffre dans un bilan. « 1 morte à Holosiivskyi. » C’est tout ce qu’il reste d’elle dans les rapports officiels.

Chernihiv dans le noir

Plus au nord, Chernihiv a subi le même sort. Cette ville de 280 000 habitants, située à moins de 100 kilomètres de la frontière russe, a été frappée de plein fouet. Des centaines de milliers de personnes se sont retrouvées sans électricité. Les autorités locales ont ouvert des points de réchauffement — ces centres d’accueil improvisés où les habitants peuvent venir se réchauffer, recharger leurs appareils, boire un thé chaud. C’est devenu une routine en Ukraine. Chaque attaque massive crée une vague de réfugiés intérieurs, des gens qui quittent leurs appartements glacés pour chercher un peu de chaleur collective. Les équipes de DTEK, le principal opérateur énergétique privé du pays, ont été mobilisées immédiatement. Mais réparer des infrastructures sous la menace constante de nouvelles frappes, c’est comme essayer de vider l’océan avec une cuillère.

Le gouverneur de la région a appelé les habitants au calme et à la patience. Facile à dire quand on a de l’électricité. Plus difficile quand on grelotte dans son salon, quand les enfants pleurent parce qu’ils ont froid, quand le réfrigérateur commence à dégeler et que toute la nourriture qu’on avait achetée va pourrir. L’hiver ukrainien n’est pas un hiver clément. Les températures peuvent descendre à -20°C. Sans chauffage, un appartement devient une glacière en quelques heures. Et c’est ça, la stratégie russe. Pas seulement détruire des cibles militaires — il n’y en avait probablement aucune parmi les 17 emplacements touchés cette nuit-là. Non. L’objectif est de geler la population. De la pousser à bout. De la faire craquer. De transformer chaque hiver en arme de guerre.

Sources

Sources primaires

Ukrinform – Air Defense Forces destroy 15 Russian missiles and 357 drones – 24 janvier 2026
Forces aériennes ukrainiennes – Rapport quotidien d’interception – 24 janvier 2026
Maire Vitali Klitschko – Déclarations sur les dégâts à Kyiv – 24 janvier 2026
Administration militaire de Kyiv – Bilan des victimes et dégâts – 24 janvier 2026

Sources secondaires

Kyiv Independent – Analyse de l’efficacité de la défense aérienne – janvier 2026
UN News – Deadly Russian strikes push civilians deeper into winter crisis – janvier 2026
Al Jazeera – Russian attacks amid peace talks – 24 janvier 2026
Euronews – At least two killed in Russian strike on Kharkiv – janvier 2026
CNEWS France – La Russie lance missiles et drones sur l’Ukraine – janvier 2026
ABC News – Russia uses nuclear-capable missile in massive strike – janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu