Vingt-sept assauts en une journée
L’axe de Pokrovsk reste, et de loin, le secteur le plus intense du front. Avec 27 tentatives d’assaut enregistrées depuis minuit, les envahisseurs russes concentrent ici l’essentiel de leurs ressources humaines et matérielles. Les localités ciblées — Rodynske, Kotlyne, Oudatchne, Molodetske, Filiïa — sont devenues des noms familiers pour quiconque suit cette guerre de près. Ce sont des villages fantômes, vidés de leurs habitants, transformés en champs de bataille. Les civils sont partis depuis longtemps. Ne restent que les soldats, les ruines, et les drones. Toujours les drones. L’Ukraine maintient un contrôle de feu sur les lignes de communication terrestres russes dans ce secteur. Les opérateurs de drones ukrainiens forcent les troupes russes à démonter de leurs véhicules à cinq à sept kilomètres du front et à livrer leurs approvisionnements à pied. Chaque camion qui s’aventure trop près est une cible. Chaque convoi est un risque mortel.
Les Forces aérospatiales russes (VKS) ont intensifié leurs frappes dans ce secteur. Selon des rapports récents, elles larguent entre 20 et 30 bombes planantes guidées (KAB) par jour sur les positions ukrainiennes dans la seule direction de Pokrovsk. L’objectif est clair : détruire les infrastructures, empêcher les défenseurs de prendre des positions défensives efficaces. Les KAB sont devenues l’arme de prédilection russe pour le soutien au feu, en complément de l’artillerie à roquettes et des obus traditionnels de 152 mm. Face à cette puissance de feu, les soldats ukrainiens s’adaptent. Ils creusent plus profond. Ils bougent plus vite. Ils survivent. La 22e brigade mécanisée ukrainienne, dont une photo accompagne le rapport de l’État-major, continue de tenir ses positions. Ces hommes et ces femmes incarnent une résistance qui défie toute logique militaire. Ils sont en infériorité numérique. Ils sont bombardés sans relâche. Et pourtant, ils tiennent.
Vingt-sept assauts. En une seule journée. J’essaie d’imaginer ce que ça représente concrètement. Vingt-sept vagues d’hommes qui avancent, qui tirent, qui meurent. Vingt-sept fois, les défenseurs doivent se lever, viser, repousser. Vingt-sept fois, le bruit des explosions, les cris, le chaos. Et puis le silence. Jusqu’à la prochaine vague. Comment fait-on pour ne pas craquer? Comment fait-on pour rester humain dans cet enfer? Je n’ai pas de réponse. Je ne suis pas sûr que quelqu’un en ait.
La stratégie de l’épuisement
La tactique russe sur l’axe de Pokrovsk a évolué au fil des mois. Les grandes offensives mécanisées du début ont laissé place à des infiltrations par petits groupes. Des équipes de un à trois soldats exploitent les mauvaises conditions météorologiques — le brouillard, la pluie, la boue — pour s’infiltrer dans les localités au nord de Pokrovsk. Parallèlement, les forces russes continuent de mener des assauts motorisés et mécanisés utilisant des véhicules blindés, des automobiles légères, des véhicules tout-terrain (VTT) et des motos. L’objectif immédiat : s’emparer de Rodynske et de Bilytske, puis poursuivre les opérations offensives vers Dobropillia, au nord-ouest de Pokrovsk. Cette stratégie d’usure repose sur un calcul macabre : submerger les défenseurs par le nombre, quitte à sacrifier des milliers de soldats. Les pertes humaines ne semblent pas être un facteur limitant pour le commandement russe.
Les analystes de l’Institute for the Study of War (ISW) notent que les forces russes n’ont pas réalisé d’avancées confirmées sur l’axe de Pokrovsk ces derniers jours, malgré l’intensité des combats. Les contre-attaques ukrainiennes près de Rodynske et Bilytske semblent avoir freiné la progression russe. Mais le front reste fluide, instable. La ville de Pokrovsk elle-même, autrefois une agglomération de plus de 60 000 habitants, n’abrite plus que quelques milliers de civils. La mine de charbon à coke de Pokrovsk, la seule installation de ce type encore sous contrôle ukrainien, a cessé sa production en raison de l’approche du front. Les ponts ont été détruits. Les approvisionnements en eau ont été coupés. La ville peut déjà être considérée comme perdue en termes de capacité logistique, selon certains commandants ukrainiens. Mais la tenir reste crucial. Chaque jour de résistance est un jour de gagné.
Huliaïpole : le front qui s'embrase
L’axe oublié devient le deuxième enfer
L’axe de Huliaïpole, dans la région de Zaporijjia, était l’un des secteurs les plus stables du front depuis le début de l’invasion à grande échelle en février 2022. La ligne de contact avait à peine bougé pendant près de trois ans. Les habitants de Huliaïpole — ceux qui avaient choisi de rester — s’étaient habitués à vivre sous les bombardements. Ils dormaient dans leurs caves, sortaient pour chercher de l’eau, rentraient quand les sirènes hurlaient. Une routine de survie. Mais depuis septembre 2025, tout a changé. Les forces russes ont commencé à avancer vers l’ouest depuis l’oblast de Donetsk, contournant les défenses ukrainiennes construites pour repousser une attaque venant du sud. Aujourd’hui, le 24 janvier 2026, l’État-major rapporte 12 tentatives d’avancée russes sur cet axe. Huliaïpole est devenu une zone grise, contestée. La majorité de la ville serait désormais sous contrôle russe, selon les analystes de DeepState.
Le porte-parole des Forces de défense du Sud, Vladyslav Volochyne, a décrit la situation comme critique. Les forces russes lancent plus de 400 frappes d’artillerie par jour sur les positions ukrainiennes dans ce secteur. 150 soldats russes seraient tués chaque jour sur le seul axe de Huliaïpole, représentant la moitié des pertes russes quotidiennes sur le front sud. Mais les pertes ne semblent pas freiner l’avancée. Le commandement russe continue d’envoyer des vagues d’infanterie, exploitant sa supériorité numérique. Les localités de Myrne, Nove Zaporijjia, Dobropillia, Zelene, Varvarivka et Zaliznytchne sont toutes sous pression. Les frappes aériennes ont touché Zirnytsia, Lioubytsktе, Vozdvyjivka, Zaliznytchne et Verkhnia Tersa. Le ciel n’offre aucun répit.
Huliaïpole. J’ai dû chercher ce nom sur une carte la première fois que je l’ai lu. Un petit point, quelque part dans l’est de l’Ukraine. Avant la guerre, c’était une ville de quelques milliers d’âmes. Aujourd’hui, il n’en reste que 500 civils. 500 personnes qui ont refusé de partir. Qui dorment dans leurs caves. Qui sortent entre deux bombardements pour trouver de quoi manger. Je me demande ce qui les retient là. L’attachement à leur terre? L’impossibilité de partir? Ou simplement la conviction que fuir, c’est abandonner? Je ne sais pas. Mais leur courage me serre la gorge.
Un front qui menace de s’effondrer
Ce qui rend la situation sur l’axe de Huliaïpole particulièrement préoccupante, c’est sa dimension stratégique. Huliaïpole se trouve à environ 80 kilomètres à l’est de la capitale régionale, Zaporijjia, une ville qui comptait plus de 700 000 habitants avant la guerre. Si les forces russes parviennent à consolider leurs gains autour de Huliaïpole, elles pourraient tenter de contourner la principale ligne de défense ukrainienne dans la région de Zaporijjia. L’avancée russe depuis l’est — et non depuis le sud, où les défenses ukrainiennes sont les plus solides — représente un changement de tactique significatif. C’est précisément cette approche qui a permis au contingent russe « Vostok » de capturer l’ensemble du sud-ouest de la région de Donetsk au cours de l’année écoulée, y compris les villes fortifiées de Vuhlédar et Vélyka Novosilka.
Les analystes de l’Institute for the Study of War estiment que la capacité des forces russes à franchir la rivière Haïtchour sera le facteur déterminant pour toute avancée significative vers l’ouest. De cette position, elles pourraient tenter de lancer une offensive vers Orikhiv, dans la partie centrale de la région de Zaporijjia. Après plusieurs années de combats, les troupes russes n’avaient pas réussi à percer vers Orikhiv depuis le sud. Une attaque depuis l’est pourrait s’avérer plus facile. La 102e brigade de défense territoriale ukrainienne a été décrite par les analystes de DeepState comme ayant effectué un repli chaotique après que des troupes russes ont infiltré ses positions arrière. La situation est tendue. Les renforts arrivent, mais peut-être trop tard. L’Ukraine a redéployé plusieurs unités d’élite vers Huliaïpole à la mi-décembre, mais selon certaines analyses, c’était « trop peu, trop tard » pour sauver la ville.
Les autres axes : une guerre sur 1 000 kilomètres
De Koupiansk au Dniepr
La guerre en Ukraine ne se limite pas à Pokrovsk et Huliaïpole. Sur 1 000 kilomètres de front, les combats font rage simultanément. Sur l’axe de Kostiantynivka, les défenseurs ukrainiens ont repoussé huit tentatives de pénétration des lignes dans les secteurs de Kostiantynivka, Kléban-Byk, Plechtchiïvka, Chtcherbynivka, Rousyn Yar, Sofiïvka, et en direction de Novopavlivka. Sur l’axe d’Oleksandrivka, les forces ukrainiennes ont stoppé trois actions d’assaut ennemies près de Zélény Haï et Zlahoda. Sur l’axe d’Orikhiv, les défenseurs ont repoussé une attaque ennemie près de Plavni. Sur l’axe du Dniepr, les envahisseurs ont effectué une tentative infructueuse d’améliorer leurs positions près du pont Antonivsky. Chaque axe est un front. Chaque front est une bataille. Et chaque bataille coûte des vies.
Sur les axes de Slobojanchina septentrionale et de Koursk, les Russes ont effectué une frappe aérienne, larguant trois bombes guidées, et ont mené 51 tirs, dont deux utilisant des systèmes de lance-roquettes multiples. Les régions de Tchernihiv et de Soumy continuent de subir des bombardements d’artillerie. Les villages de Kliousy, Hrémiatch, Khrinivka et Karpovytchi dans la région de Tchernihiv, ainsi que Koutchérivka, Ryjivka, Rohizne, Iskryskivchtchyna, Havrylova Sloboda, Zaritchne, Boudky et Sosnivka dans la région de Soumy, ont été touchés par des frappes d’artillerie russes. Ces villages ne font jamais les gros titres. Mais leurs habitants paient le prix de cette guerre chaque jour. Chaque nuit. Sans répit.
On parle de « fronts » et d’« axes » comme s’il s’agissait d’un jeu de stratégie. Mais derrière ces termes militaires, il y a des villages détruits, des familles séparées, des vies brisées. Tchernihiv, Soumy, Zaporijjia — des régions entières vivent sous les bombes depuis près de quatre ans maintenant. Quatre ans. Comment expliquer ça aux enfants qui grandissent là-bas? Comment leur dire que le monde les a vus, et n’a pas fait assez?
L’axe de Lyman : la menace sur Sloviansk
L’axe de Lyman représente une autre préoccupation majeure pour le commandement ukrainien. Les forces russes y ont lancé six attaques ce samedi dans les secteurs de Drobychtchéve, Zaritchne, Torské, et en direction de Droujélioubiyka. L’objectif russe sur cet axe est clair : atteindre Sloviansk, l’une des dernières grandes villes sous contrôle ukrainien dans le nord du Donbass. Les forces russes tentent de contourner les positions ukrainiennes près de Lyman tout en s’infiltrant directement dans la ville. Le porte-parole ukrainien Viktor Trehubov a noté qu’il existe de nombreuses « zones grises » contestées à l’intérieur et autour de Lyman, ce qui complique la logistique ukrainienne. Sur la rive opposée, les troupes russes ont atteint la rivière près de Sviatohirsk sur le flanc ouest, tandis que sur le flanc est, elles ont capturé Dibrova et Ozerne.
Les conditions météorologiques de janvier — brouillard épais, pluie verglaçante, boue omniprésente — n’empêchent pas les forces russes de progresser. Elles exploitent ces conditions pour infiltrer les positions ukrainiennes. Les opérations de drones ukrainiennes sont entravées par le brouillard, et l’inexpérience des nouvelles recrues met une pression sévère sur leurs camarades, dont les zones de responsabilité s’élargissent effectivement. Le porte-parole d’une brigade ukrainienne opérant dans la direction de Siversk a rapporté que les forces russes utilisent des tactiques d’infiltration par petits groupes pour attaquer près de Riznykivka et vers Mykolaïvka et Raï-Oleksandrivka, mais que les forces ukrainiennes n’ont pas observé d’indicateurs de préparations russes pour des opérations à grande échelle. La guerre d’usure continue. Lentement. Inexorablement. Mortellement.
Le prix du sang : les pertes russes en janvier 2026
Plus de 1,2 million de soldats depuis le début de l’invasion
Les chiffres des pertes russes continuent de grimper à un rythme effarant. Selon l’État-major général des Forces armées ukrainiennes, les pertes totales de combat russes depuis le début de l’invasion à grande échelle le 24 février 2022 s’élèvent à environ 1 232 090 soldats au 23 janvier 2026, dont 1 280 tués ou blessés au cours des dernières 24 heures. Ces chiffres, bien que contestés par Moscou, sont corroborés par des sources indépendantes. Le ministère britannique de la Défense estime les pertes russes totales à environ 1 213 000 depuis le début de la guerre, incluant tués et blessés. L’ancien directeur de la CIA, William Burns, a évoqué 1,1 million de pertes dans une interview en janvier 2026. Quelle que soit la source, le constat est le même : la Russie paie un prix colossal pour cette guerre.
L’année 2025 a été particulièrement meurtrière. Selon les données ukrainiennes, les forces russes ont perdu environ 418 000 soldats au cours de l’année, soit l’équivalent de près de 35 divisions militaires. Janvier 2025 a été le mois le plus sanglant, avec des pertes de personnel atteignant 48 240. Le ministère britannique de la Défense note que les pertes quotidiennes russes ont atteint environ 1 130 soldats en décembre 2025, contre 1 030 en novembre. Et selon leurs prévisions, les pertes russes pourraient encore augmenter en janvier 2026 en raison de la poursuite des attaques d’infanterie sur plusieurs directions. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a déclaré que la Russie a subi des « pertes catastrophiques sur le champ de bataille » en décembre 2025, avec jusqu’à 1 000 soldats tués chaque jour.
1,2 million de soldats. Le chiffre est tellement énorme qu’il en devient abstrait. On ne peut pas visualiser 1,2 million de corps. On ne peut pas imaginer 1,2 million de familles en deuil. Quelque part en Russie, il y a des villages entiers où les jeunes hommes ne reviendront jamais. Des mères qui attendent des fils qui ne donneront plus de nouvelles. Des enfants qui grandissent sans père. Et pour quoi? Pour les ambitions territoriales d’un homme au Kremlin. C’est ça, le prix de cette guerre. Et il sera payé pendant des générations.
L’équation impossible de Moscou
La question que posent ces pertes est simple : combien de temps la Russie peut-elle maintenir ce rythme? Le commandant en chef des Forces armées ukrainiennes, le général Oleksandr Syrsky, a déclaré le 13 janvier qu’en raison des pertes élevées, la Fédération de Russie ne peut pas augmenter durablement le nombre de groupes opérant en Ukraine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que les pertes mensuelles de l’armée russe en Ukraine s’élèvent à 30 000 personnes tuées. Les renseignements britanniques soulignent que l’ampleur des pertes affecte directement la capacité de la Russie à maintenir des opérations offensives et contraint le commandement à ajuster ses tactiques sur le front. En 2025, Moscou a poursuivi la tactique d’attaques d’infanterie épuisantes avec une rétention minimale du personnel, ce qui a conduit à une nouvelle forte augmentation du nombre de tués et de blessés.
L’analyste militaire ukrainien Kostyantyn Mashovets note que les forces russes ont abandonné la formation de divisions de fusiliers motorisés selon les structures d’avant-guerre au profit de divisions légères d’assaut d’infanterie et de véhicules légers, avec un nombre limité de véhicules blindés de combat et de camions, et des éléments organiques minimaux de défense aérienne, d’artillerie et de logistique. Cette adaptation tactique reflète les pertes d’équipements en temps de guerre, la production insuffisante de véhicules blindés, et un virage tactique favorisant les assauts d’infanterie massive et les missions d’infiltration plutôt que les assauts mécanisés. La Russie optimise pour une guerre de position, pas pour une victoire décisive. Et dans cette guerre de position, chaque jour qui passe est un jour où Moscou saigne un peu plus.
L'Ukraine tient : le miracle quotidien
Une résistance qui défie les pronostics
Au début de l’invasion, en février 2022, certains analystes occidentaux prédisaient que l’Ukraine tomberait en quelques semaines. Ils sous-estimaient la capacité de résistance des Ukrainiens et croyaient que beaucoup se rendraient sans combattre. Près de quatre ans plus tard, les défenseurs de l’Ukraine continuent d’infliger de lourdes pertes aux Russes, qui continuent de dépenser d’énormes quantités de soldats et d’équipements pour atteindre des objectifs de plus en plus insignifiants. La 22e brigade mécanisée, dont une photo accompagne le rapport de l’État-major ce 24 janvier, incarne cette résistance. Ces soldats — des hommes et des femmes ordinaires devenus guerriers — tiennent le front avec des moyens souvent inférieurs à ceux de l’ennemi. Ils compensent par l’ingéniosité, la détermination, et un courage qui force l’admiration.
Les unités ukrainiennes d’opérateurs de drones maintiennent un contrôle de feu sur les lignes de communication terrestres russes, forçant les troupes ennemies à livrer leurs approvisionnements à pied sur les derniers kilomètres avant le front. Les Forces de systèmes sans pilote ukrainiennes (USF), commandées par le major Robert « Magyar » Brovdi, mènent des frappes de drones contre les dépôts logistiques, les points de déploiement et les postes de commandement russes dans la profondeur du dispositif ennemi. Une frappe récente a touché un dépôt de carburants et lubrifiants près de Sorokyne, au sud-est de Louhansk, à environ 135 kilomètres du front. L’Ukraine frappe là où ça fait mal. Et elle continue de frapper.
Je repense souvent à cette phrase qu’un soldat ukrainien m’avait dite dans un reportage : « Nous ne nous battons pas parce que nous pensons gagner. Nous nous battons parce que nous ne pouvons pas ne pas nous battre. » Il y a quelque chose de profondément humain dans cette résistance. Quelque chose qui dépasse la stratégie militaire et les calculs géopolitiques. C’est la volonté d’exister. De ne pas être effacé. De dire au monde : « Nous sommes là. Et nous ne partirons pas. »
Les défis qui demeurent
Mais la résistance ukrainienne fait face à des défis considérables. Le manque de personnel est criant. Les troupes sont vastement inférieures en nombre sur certaines parties du front de 1 000 kilomètres et peinent à mobiliser des forces supplémentaires pour compenser les pertes. Ce qui s’est passé à Huliaïpole illustre le dilemme de l’armée ukrainienne : des unités ont tenu leurs positions pendant longtemps et ont subi des pertes extrêmement lourdes ces derniers mois, sans être relevées vers l’arrière pour le repos et la reconstitution. Les nouvelles recrues, inexpérimentées, mettent une pression supplémentaire sur leurs camarades plus aguerris. Les zones de responsabilité s’élargissent. La fatigue s’accumule. Et l’ennemi ne cesse jamais d’attaquer. La campagne de frappes russes menace de diviser le réseau électrique ukrainien est-ouest. Les régions orientales sont « au bord » de la panne générale, et Kyiv est également à risque. La capacité de production disponible de l’Ukraine est passée de 33,7 GW au début de l’invasion à environ 14 GW en janvier 2026.
Malgré ces défis, l’Ukraine continue de collaborer avec ses partenaires occidentaux pour étendre la production des drones intercepteurs qui sont cruciaux pour la capacité de l’Ukraine à abattre les drones russes à longue portée sur le front et à l’arrière. L’Allemagne a livré deux systèmes de missiles Patriot à l’Ukraine début janvier. Les discussions sur des garanties de sécurité occidentales pour l’Ukraine se poursuivent, incluant un mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu dirigé par les États-Unis, une assistance militaire à long terme, une force multinationale pour soutenir les mesures de dissuasion dans les airs, en mer et sur terre, et des engagements contraignants pour soutenir l’Ukraine en cas de nouvelle agression russe. Le Kremlin a qualifié à plusieurs reprises ces garanties de sécurité occidentales, en particulier le déploiement de troupes étrangères, d’« inacceptables » pour la Russie. La guerre continue. Et avec elle, l’espoir d’une paix juste.
Conclusion : Le front qui ne cédera pas
Chaque jour est une victoire
En ce 24 janvier 2026, alors que le soleil se couche sur les tranchées de Pokrovsk et les ruines de Huliaïpole, les soldats ukrainiens se préparent pour une nouvelle nuit de combats. 61 affrontements depuis minuit. Demain, il y en aura d’autres. Et après-demain. Et le jour suivant. La guerre ne fait pas de pause. Elle ne connaît pas les week-ends, les vacances, les anniversaires. Elle est là, permanente, omnipresente, dévorante. Mais chaque jour où l’Ukraine tient est un jour où la Russie échoue. Chaque assaut repoussé est une défaite pour Moscou. Chaque mètre de terrain défendu est une victoire pour la liberté. Le prix est terrible. Les pertes sont immenses. Mais l’alternative — la capitulation, l’effacement, la disparition — est impensable pour ceux qui se battent.
L’État-major général ukrainien continuera de publier ses rapports quotidiens. Les chiffres continueront de s’accumuler. 61 affrontements. 27 assauts sur Pokrovsk. 12 tentatives sur Huliaïpole. Des statistiques froides pour une réalité brûlante. Derrière chaque chiffre, il y a des hommes et des femmes qui risquent leur vie. Des familles qui attendent des nouvelles. Des enfants qui grandissent sans savoir si leurs parents reviendront. La guerre en Ukraine n’est pas un conflit lointain. C’est le test de notre époque. La question de savoir si nous sommes prêts à défendre les valeurs que nous prétendons chérir. L’Ukraine a répondu. Elle se bat. Chaque jour. Sans relâche. La question maintenant est : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour la soutenir?
Je termine cet article comme je l’ai commencé : en regardant les chiffres. 61 affrontements. 27 assauts sur un seul axe. 1,2 million de soldats russes hors de combat depuis le début de l’invasion. Des nombres qui dépassent l’entendement. Mais au-delà des chiffres, il y a une vérité simple : quelque part, en ce moment même, un soldat ukrainien regarde la nuit tomber et se demande s’il verra le lever du soleil. Et malgré cette incertitude, il reste. Il tient. Il se bat. Pour que d’autres puissent vivre en paix. C’est ça, le vrai courage. Et c’est ça que nous ne devons jamais oublier.
La guerre continue
Demain, l’État-major ukrainien publiera un nouveau rapport. Les chiffres seront différents, mais la réalité restera la même. La Russie continuera d’attaquer. L’Ukraine continuera de se défendre. Des soldats mourront des deux côtés. Des villages seront détruits. Des familles seront brisées. Et le monde continuera de regarder, parfois avec attention, souvent avec indifférence. Mais pour ceux qui sont sur le front, il n’y a pas d’indifférence possible. Il n’y a que la survie. Que le devoir. Que l’espoir, ténu mais tenace, qu’un jour, cette guerre finira. Que les sirènes se tairont. Que les enfants pourront jouer dehors sans craindre le ciel. Ce jour viendra. Il doit venir. En attendant, l’Ukraine tient. Mètre par mètre. Heure par heure. Vie par vie.
Les Forces de défense ukrainiennes ont prouvé, jour après jour, que la volonté humaine peut résister à la puissance brute. Que le courage peut défier les statistiques. Que la liberté vaut le sacrifice ultime. Pokrovsk, Huliaïpole, Lyman, Kostiantynivka — ces noms resteront dans l’histoire comme les lieux où des hommes et des femmes ordinaires ont accompli l’extraordinaire. Où ils ont dit non à l’agression. Où ils ont choisi de se battre plutôt que de se soumettre. Leur combat est notre combat. Leur victoire sera notre victoire. Et leur sacrifice ne sera jamais oublié.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, militaires et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les rapports opérationnels, à comprendre les mouvements tactiques, à contextualiser les décisions des acteurs sur le terrain et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent l’Europe de l’Est.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels de l’État-major général des Forces armées ukrainiennes, déclarations publiques des responsables militaires ukrainiens, rapports du ministère britannique de la Défense, analyses de l’Institute for the Study of War (ISW).
Sources secondaires : agences de presse internationales reconnues (Ukrinform, Reuters, Associated Press), médias d’information reconnus internationalement (CNN, The Kyiv Independent, Meduza), analystes indépendants (DeepState, Conflict Intelligence Team).
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques militaires et stratégiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit de la guerre en Ukraine. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue du conflit et la compréhension des mécanismes tactiques qui animent les acteurs sur le terrain.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
État-major général des Forces armées ukrainiennes – Rapport opérationnel du 24 janvier 2026 à 16h00 – Publication Facebook officielle
Ukrinform – War update: 61 clashes on front lines since midnight, nearly half on Pokrovsk axis – 24 janvier 2026
Ministère britannique de la Défense – Rapport sur les pertes russes en 2025 – Janvier 2026
Institute for the Study of War (ISW) – Russian Offensive Campaign Assessments – Janvier 2026
Sources secondaires
Meduza – As fighting continues in Pokrovsk and Kupyansk, Russia bears down on Ukraine’s main remaining Donbas strongholds – 16 janvier 2026
CNN – Ukrainian forces under ‘intense’ pressure in south, as troop shortage bites – Janvier 2026
Wikipedia – Pokrovsk offensive / Huliaipole offensive / Casualties of the Russo-Ukrainian war – Mis à jour janvier 2026
RBC-Ukraine – Rapports quotidiens sur la situation au front – Janvier 2026
Critical Threats – Russian Offensive Campaign Assessments – Janvier 2026
Russia Matters – The Russia-Ukraine War Report Card – 14 janvier 2026
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