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61 affrontements depuis minuit : l’axe de Pokrovsk continue de saigner sous la pression russe
Crédit: Adobe Stock

Vingt-sept assauts en une journée

L’axe de Pokrovsk reste, et de loin, le secteur le plus intense du front. Avec 27 tentatives d’assaut enregistrées depuis minuit, les envahisseurs russes concentrent ici l’essentiel de leurs ressources humaines et matérielles. Les localités ciblées — Rodynske, Kotlyne, Oudatchne, Molodetske, Filiïa — sont devenues des noms familiers pour quiconque suit cette guerre de près. Ce sont des villages fantômes, vidés de leurs habitants, transformés en champs de bataille. Les civils sont partis depuis longtemps. Ne restent que les soldats, les ruines, et les drones. Toujours les drones. L’Ukraine maintient un contrôle de feu sur les lignes de communication terrestres russes dans ce secteur. Les opérateurs de drones ukrainiens forcent les troupes russes à démonter de leurs véhicules à cinq à sept kilomètres du front et à livrer leurs approvisionnements à pied. Chaque camion qui s’aventure trop près est une cible. Chaque convoi est un risque mortel.

Les Forces aérospatiales russes (VKS) ont intensifié leurs frappes dans ce secteur. Selon des rapports récents, elles larguent entre 20 et 30 bombes planantes guidées (KAB) par jour sur les positions ukrainiennes dans la seule direction de Pokrovsk. L’objectif est clair : détruire les infrastructures, empêcher les défenseurs de prendre des positions défensives efficaces. Les KAB sont devenues l’arme de prédilection russe pour le soutien au feu, en complément de l’artillerie à roquettes et des obus traditionnels de 152 mm. Face à cette puissance de feu, les soldats ukrainiens s’adaptent. Ils creusent plus profond. Ils bougent plus vite. Ils survivent. La 22e brigade mécanisée ukrainienne, dont une photo accompagne le rapport de l’État-major, continue de tenir ses positions. Ces hommes et ces femmes incarnent une résistance qui défie toute logique militaire. Ils sont en infériorité numérique. Ils sont bombardés sans relâche. Et pourtant, ils tiennent.

Vingt-sept assauts. En une seule journée. J’essaie d’imaginer ce que ça représente concrètement. Vingt-sept vagues d’hommes qui avancent, qui tirent, qui meurent. Vingt-sept fois, les défenseurs doivent se lever, viser, repousser. Vingt-sept fois, le bruit des explosions, les cris, le chaos. Et puis le silence. Jusqu’à la prochaine vague. Comment fait-on pour ne pas craquer? Comment fait-on pour rester humain dans cet enfer? Je n’ai pas de réponse. Je ne suis pas sûr que quelqu’un en ait.

La stratégie de l’épuisement

La tactique russe sur l’axe de Pokrovsk a évolué au fil des mois. Les grandes offensives mécanisées du début ont laissé place à des infiltrations par petits groupes. Des équipes de un à trois soldats exploitent les mauvaises conditions météorologiques — le brouillard, la pluie, la boue — pour s’infiltrer dans les localités au nord de Pokrovsk. Parallèlement, les forces russes continuent de mener des assauts motorisés et mécanisés utilisant des véhicules blindés, des automobiles légères, des véhicules tout-terrain (VTT) et des motos. L’objectif immédiat : s’emparer de Rodynske et de Bilytske, puis poursuivre les opérations offensives vers Dobropillia, au nord-ouest de Pokrovsk. Cette stratégie d’usure repose sur un calcul macabre : submerger les défenseurs par le nombre, quitte à sacrifier des milliers de soldats. Les pertes humaines ne semblent pas être un facteur limitant pour le commandement russe.

Les analystes de l’Institute for the Study of War (ISW) notent que les forces russes n’ont pas réalisé d’avancées confirmées sur l’axe de Pokrovsk ces derniers jours, malgré l’intensité des combats. Les contre-attaques ukrainiennes près de Rodynske et Bilytske semblent avoir freiné la progression russe. Mais le front reste fluide, instable. La ville de Pokrovsk elle-même, autrefois une agglomération de plus de 60 000 habitants, n’abrite plus que quelques milliers de civils. La mine de charbon à coke de Pokrovsk, la seule installation de ce type encore sous contrôle ukrainien, a cessé sa production en raison de l’approche du front. Les ponts ont été détruits. Les approvisionnements en eau ont été coupés. La ville peut déjà être considérée comme perdue en termes de capacité logistique, selon certains commandants ukrainiens. Mais la tenir reste crucial. Chaque jour de résistance est un jour de gagné.

Sources

Sources primaires

État-major général des Forces armées ukrainiennes – Rapport opérationnel du 24 janvier 2026 à 16h00 – Publication Facebook officielle
Ukrinform – War update: 61 clashes on front lines since midnight, nearly half on Pokrovsk axis – 24 janvier 2026
Ministère britannique de la Défense – Rapport sur les pertes russes en 2025 – Janvier 2026
Institute for the Study of War (ISW) – Russian Offensive Campaign Assessments – Janvier 2026

Sources secondaires

Meduza – As fighting continues in Pokrovsk and Kupyansk, Russia bears down on Ukraine’s main remaining Donbas strongholds – 16 janvier 2026
CNN – Ukrainian forces under ‘intense’ pressure in south, as troop shortage bites – Janvier 2026
Wikipedia – Pokrovsk offensive / Huliaipole offensive / Casualties of the Russo-Ukrainian war – Mis à jour janvier 2026
RBC-Ukraine – Rapports quotidiens sur la situation au front – Janvier 2026
Critical Threats – Russian Offensive Campaign Assessments – Janvier 2026
Russia Matters – The Russia-Ukraine War Report Card – 14 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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