Premières négociations trilatérales depuis l’invasion
Les 23 et 24 janvier 2026 resteront dans les livres d’histoire. Pour la première fois depuis le début de l’invasion russe en février 2022, des représentants de l’Ukraine, de la Russie et des États-Unis se sont assis à la même table. Abu Dhabi, capitale des Émirats arabes unis, a servi de terrain neutre pour ces pourparlers trilatéraux historiques. Côté américain, Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Donald Trump, menait la délégation avec le secrétaire à l’Armée Dan Driscoll et le général Alexus Grynkewich. Jared Kushner, le gendre de Trump, était également de la partie après avoir rencontré Poutine à Moscou quelques jours plus tôt. Côté ukrainien, Rustem Umerov, secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense, représentait Volodymyr Zelensky.
Sur le papier, tout semblait aligné pour un tournant diplomatique majeur. Witkoff avait déclaré à Davos, quelques jours avant, que les négociations en étaient « à un seul point de blocage » — laissant entendre que la paix n’était plus qu’une formalité. Trump lui-même avait affirmé qu’un accord était « proche ». Le ministère des Affaires étrangères des Émirats a qualifié les discussions de « constructives et positives ». Un porte-parole a même confirmé qu’il y avait eu des échanges en face-à-face entre Ukrainiens et Russes — chose rarissime depuis le début du conflit. Tout le monde voulait y croire. Tout le monde espérait. Et puis la nuit est tombée sur Kyiv. Et les drones ont commencé à pleuvoir.
Comment peut-on parler de « progrès » quand, au même moment, des familles ukrainiennes courent vers les abris ? Comment peut-on qualifier des négociations de « constructives » quand 375 drones sont en train de déchirer le ciel de Kyiv ? Je me pose sincèrement la question. Est-ce que les diplomates, dans leurs salles climatisées d’Abu Dhabi, entendaient les explosions ? Est-ce qu’ils recevaient les alertes sur leurs téléphones ? Est-ce qu’ils savaient, en serrant des mains, que des enfants étaient en train de se terrer dans des caves ?
Pas d’accord, mais des « espoirs »
Les deux jours de négociations se sont terminés sans accord. C’était prévisible, mais ça fait mal quand même. Zelensky a déclaré sur X que « le point central des discussions » avait été « les paramètres possibles pour mettre fin à la guerre », mais il s’est gardé de dire si les négociateurs étaient proches d’un deal. Un officiel américain, parlant sous couvert d’anonymat, a indiqué qu’une nouvelle série de pourparlers était prévue pour le dimanche 1er février, toujours à Abu Dhabi. Il a même évoqué la possibilité de futures discussions à Moscou ou à Kyiv, et pourquoi pas un sommet bilatéral entre Poutine et Zelensky, voire une rencontre trilatérale incluant Trump.
Mais les signaux envoyés par Moscou restent glacials. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a répété que la Russie n’avait pas abandonné son exigence que l’Ukraine cède l’intégralité du Donbass — les régions de Donetsk et de Lougansk. L’Ukraine contrôle encore environ 20% de Donetsk, soit environ 5 000 kilomètres carrés. Poutine exige que Kyiv abandonne ce territoire. C’est non négociable pour lui. C’est inacceptable pour Zelensky. Entre les deux, un gouffre que toutes les rencontres à Abu Dhabi du monde ne suffiront pas à combler si Moscou continue de bombarder pendant qu’elle « négocie ».
Section 3 : Le cynisme de Poutine dénoncé par Kyiv
« Ses missiles ont frappé non seulement notre peuple, mais aussi la table des négociations »
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha n’a pas mâché ses mots. Dans une déclaration publiée sur X, il a qualifié l’attaque de « barbare » et accusé Vladimir Poutine d’agir « cyniquement » en lançant cette offensive massive alors même que les négociations battaient leur plein aux Émirats. « Cette attaque barbare prouve une fois de plus que la place de Poutine n’est pas au Conseil de paix de Trump, mais sur le banc des accusés d’un tribunal spécial », a-t-il écrit. Et d’ajouter cette phrase qui résume tout : « Ses missiles ont frappé non seulement notre peuple, mais aussi la table des négociations. »
C’est peut-être la meilleure façon de décrire ce qui s’est passé cette nuit-là. Poutine ne veut pas la paix. Il veut la capitulation. Il veut que l’Ukraine s’agenouille, qu’elle cède son territoire, qu’elle accepte d’être démembrée. Et tant que Kyiv refuse — ce qui est son droit le plus absolu — Moscou continuera de frapper. Pendant les négociations. Malgré les négociations. Pour saboter les négociations. Le Kremlin utilise la diplomatie comme une arme, au même titre que ses missiles Tsirkon. Il fait semblant de chercher la paix pour gagner du temps, pour épuiser l’Occident, pour affaiblir le soutien international à l’Ukraine. Et pendant ce temps, il continue de tuer. De détruire. De geler.
L’Ukraine riposte : Belgorod sous le feu
Mais l’Ukraine ne se contente pas d’encaisser les coups. Le même jour, les forces ukrainiennes ont lancé une attaque « massive » sur la région frontalière russe de Belgorod. Le gouverneur Viatcheslav Gladkov a décrit l’incident comme « le bombardement le plus massif de la ville de Belgorod » depuis le début de la guerre. Des infrastructures énergétiques ont été endommagées. Des fragments d’un drone abattu ont déclenché un incendie dans la cour d’un immeuble. Aucune victime n’a été signalée côté russe — une différence notable avec les pertes humaines infligées à l’Ukraine.
Cette riposte montre que Kyiv n’entend pas se laisser intimider. Malgré l’asymétrie des moyens, malgré l’épuisement de près de quatre ans de guerre, les Ukrainiens continuent de porter le combat sur le territoire de l’agresseur. C’est une stratégie assumée : viser les infrastructures énergétiques russes pour priver Moscou des revenus pétroliers qui financent son invasion. Œil pour œil. Si Poutine veut « armer l’hiver » contre les civils ukrainiens, l’Ukraine lui rappelle que la Russie n’est pas à l’abri non plus.
Il y a quelque chose de profondément injuste dans cette équation. D’un côté, une nation qui se défend, qui n’a rien demandé à personne, qui veut juste exister. De l’autre, un empire qui bombarde, qui annexe, qui détruit — et qui se présente quand même à la table des négociations comme si de rien n’était. Combien de temps encore le monde va-t-il tolérer ce double jeu ? Combien de nuits de terreur faudra-t-il avant que quelqu’un dise : assez ?
Section 4 : Sur le terrain — Starytsya tombe aux mains des Russes
Un village de plus dans la colonne des pertes
Pendant que les diplomates parlaient à Abu Dhabi, la guerre continuait de grignoter le territoire ukrainien. Le ministère russe de la Défense a annoncé samedi que ses forces avaient achevé la prise du village de Starytsya, dans la région de Kharkiv, près de la frontière avec la Russie. Un nom de plus sur la longue liste des localités tombées depuis le début de l’invasion. Un point de plus sur la carte qui se colore progressivement en rouge. Des maisons de plus réduites en ruines. Des vies de plus brisées.
L’état-major ukrainien a confirmé que les forces russes avaient lancé six attaques sur un secteur incluant Starytsya. Mais il n’a fait aucune mention de la prise du village par l’ennemi. Ce silence est éloquent. Il dit la difficulté de reconnaître les revers. Il dit la réalité d’une guerre d’usure où chaque mètre de terrain se paie en sang. Il dit aussi que malgré les annonces triomphantes de Moscou, l’Ukraine tient. Elle plie, parfois. Elle recule, par endroits. Mais elle ne rompt pas. Pas encore. Pas après 1431 jours.
Une guerre d’attrition sans fin visible
Ce qui se joue sur le front est une guerre d’attrition classique. La Russie avance lentement, village par village, au prix de pertes considérables. L’Ukraine défend chaque position jusqu’à l’épuisement avant de se replier sur la ligne suivante. Les chiffres officiels sont impossibles à vérifier de manière indépendante, mais toutes les estimations convergent vers une réalité terrifiante : des centaines de milliers de morts et de blessés des deux côtés. Selon les Nations Unies, plus de 50 000 civils ont été tués ou blessés depuis le début de l’invasion — et ce chiffre est probablement largement sous-estimé.
La guerre dure depuis presque quatre ans maintenant. Les premières lignes bougent à peine. Les villes sont détruites, reconstruites partiellement, détruites à nouveau. Les générations grandissent sous les bombes. Les enfants qui avaient dix ans au début du conflit en ont maintenant quatorze. Ils ne connaissent que ça : les sirènes, les abris, le froid, la peur. Et pendant ce temps, à Abu Dhabi, à Davos, à Washington, on parle de « cadres » et de « paramètres ». On se congratule pour des « progrès ». On prévoit des réunions. Et les bombes continuent de tomber.
Section 5 : L'hiver comme arme de guerre
« Weaponizing winter » — la stratégie du gel
Ce n’est pas la première fois que la Russie cible les infrastructures énergétiques ukrainiennes en plein hiver. C’est une stratégie délibérée, documentée, que les responsables ukrainiens appellent « weaponizing winter » — l’armement de l’hiver. L’idée est simple et terrifiante : si vous ne pouvez pas vaincre une population sur le champ de bataille, privez-la de chauffage, d’électricité, d’eau courante. Laissez le froid faire le travail. Transformez chaque nuit d’hiver en épreuve de survie. Brisez le moral. Poussez les gens à fuir. Ou à mourir.
Le ministre ukrainien de l’Énergie Denys Shmyhal a rapporté samedi soir que plus de 800 000 foyers de Kyiv étaient toujours sans électricité, auxquels s’ajoutaient 400 000 autres dans la région de Chernihiv. La Première ministre Yulia Svyrydenko a promis que le chauffage serait entièrement rétabli dans la capitale d’ici la fin de samedi, mais a reconnu que la situation sur la rive gauche du Dniepr — là où les attaques russes se sont concentrées — était plus compliquée en raison des « dommages significatifs au réseau électrique ». Traduction : des quartiers entiers vont passer des heures, voire des jours, dans le noir et le froid.
Je me souviens d’un hiver particulièrement rude, il y a quelques années, où une panne de courant avait paralysé mon quartier pendant quelques heures. Le sentiment d’impuissance. L’inquiétude qui monte. Et ce n’était que quelques heures, dans un pays en paix. Maintenant, imaginez. Imaginez que ce soit toutes les nuits. Imaginez que ce soit pendant des mois. Imaginez que ce soit intentionnel. Que quelqu’un, quelque part, ait décidé que vous méritiez de geler. Imaginez ce que ça fait à l’âme d’un peuple.
Les files d’attente pour l’eau potable
Une image restera de cette journée du 24 janvier 2026. Des habitants de Kyiv faisant la queue pour remplir des bouteilles d’eau potable. Des gens ordinaires, emmitouflés dans leurs manteaux, attendant patiemment leur tour devant des points de distribution d’urgence. L’agence Reuters a capturé cette scène qui dit tout de la résilience ukrainienne, mais aussi de l’absurdité de cette guerre. En 2026, au cœur de l’Europe, des citoyens d’une capitale de plusieurs millions d’habitants doivent faire la queue pour avoir de l’eau. Parce qu’un homme, à Moscou, a décidé de leur couper le courant.
Les services municipaux ont travaillé d’arrache-pied pour rétablir l’alimentation des bâtiments publics prioritaires — hôpitaux, maternités, écoles. Des unités de chaudières mobiles ont été déployées. Mais pour les particuliers, l’attente continue. Le maire Vitali Klitschko a indiqué que le district le plus touché était celui de Troyeshchyna, au nord-est de la ville, avec 600 bâtiments privés d’électricité, d’eau et de chauffage. Six cents bâtiments. Combien d’appartements ? Combien de familles ? Combien de personnes qui ont passé la nuit à grelotter en se demandant si demain serait meilleur ?
Section 6 : Le missile Tsirkon — l'escalade symbolique
Une arme rarement utilisée, un message clair
Parmi les 21 missiles lancés cette nuit-là, deux ont particulièrement attiré l’attention : des missiles balistiques Tsirkon. Ces armes hypersoniques, que la Russie déploie très rarement, sont conçues pour voler à des vitesses dépassant Mach 10 — dix fois la vitesse du son. Poutine lui-même a affirmé qu’aucun système de défense antiaérienne ne peut les intercepter. Leur utilisation, même en nombre limité, est toujours un signal. Un rappel que Moscou dispose d’un arsenal que l’Occident ne peut pas neutraliser.
Ce n’est que la deuxième fois que le missile Tsirkon est utilisé en condition de combat depuis le début de la guerre. La première fois remontait à fin 2024, après que l’Ukraine avait utilisé des armes occidentales à longue portée pour frapper des cibles sur le territoire russe. Poutine avait alors présenté ce tir comme une réponse et un avertissement à l’OTAN. Cette fois encore, le message s’adresse autant à Kyiv qu’à ses alliés : n’allez pas trop loin, nous avons les moyens de riposter à un niveau que vous ne pouvez pas égaler.
L’arme nucléaire en filigrane
Ce qui rend le Tsirkon particulièrement inquiétant, c’est sa capacité à transporter des ogives nucléaires. Même si les missiles tirés cette nuit portaient des charges conventionnelles, leur simple utilisation rappelle que l’arsenal nucléaire russe existe. Qu’il est opérationnel. Que Poutine peut, à tout moment, décider d’escalader le conflit vers des sommets impensables. C’est le chantage permanent qui pèse sur toutes les décisions occidentales concernant l’Ukraine. Faut-il envoyer plus d’armes ? Faut-il autoriser les frappes en profondeur sur le territoire russe ? Et si Poutine répondait par le nucléaire ?
Cette épée de Damoclès paralyse une partie de la communauté internationale. Elle explique en partie pourquoi le soutien occidental, bien que substantiel, reste toujours en deçà de ce que Kyiv réclame. Et Poutine le sait. Il joue sur cette peur. Il la cultive. Chaque utilisation du Tsirkon est un rappel : je peux aller plus loin. Jusqu’où êtes-vous prêts à me pousser ?
Section 7 : La question territoriale — le nœud gordien
Le Donbass, point de rupture
Si les négociations d’Abu Dhabi ont achoppé, c’est principalement sur une question : le territoire. Moscou exige que l’Ukraine retire toutes ses forces du Donbass — les régions de Donetsk et de Lougansk — et accepte la souveraineté russe sur ces territoires. Kyiv refuse catégoriquement de céder un seul mètre carré de son sol national. Entre ces deux positions, apparemment irréconciliables, les diplomates cherchent un compromis qui n’existe peut-être pas.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a été clair : « La position de la Russie est bien connue — l’Ukraine et les forces armées ukrainiennes doivent quitter le territoire du Donbass. C’est une condition très importante. » L’Ukraine contrôle encore environ 20% de la région de Donetsk, soit quelque 5 000 kilomètres carrés. Poutine veut tout. Zelensky ne veut rien céder. Et tant que cette équation ne change pas, les pourparlers resteront un exercice de communication plus qu’une véritable négociation.
On parle de kilomètres carrés comme s’il s’agissait de lignes sur une carte. Mais derrière chaque kilomètre, il y a des villages. Des maisons. Des gens qui ont vécu là toute leur vie. Céder le Donbass, pour ces gens, ce n’est pas juste accepter un « compromis territorial ». C’est accepter de ne jamais rentrer chez eux. C’est accepter que tout ce qu’ils ont construit appartienne désormais à l’envahisseur. Qui sommes-nous pour leur demander ça ?
L’idée d’une zone de libre-échange
Zelensky a évoqué, après sa rencontre avec Trump à Davos, l’idée de créer une zone de libre-échange dans l’est de l’Ukraine, sous contrôle de Kyiv. « Je pense que ce sera positif pour nos entreprises », a-t-il déclaré aux journalistes. L’idée vise probablement à offrir une alternative économique à l’annexion pure et simple : maintenir la souveraineté ukrainienne tout en permettant un développement économique qui bénéficierait à toutes les parties.
Mais on voit mal comment cette proposition pourrait satisfaire Moscou. Le Kremlin ne veut pas d’un compromis économique. Il veut le contrôle politique et territorial complet. Il veut pouvoir dire qu’il a « libéré » le Donbass. Il veut une victoire qu’il peut vendre à sa population comme la justification de tous ces sacrifices. Une zone de libre-échange sous drapeau ukrainien ne rentre pas dans ce narratif. Et donc, probablement, les négociations continueront. Et les bombes aussi.
Section 8 : Le rôle des Émirats — médiateur ou faire-valoir ?
Abu Dhabi, carrefour de la diplomatie mondiale
Les Émirats arabes unis se sont imposés comme un acteur diplomatique incontournable dans ce conflit. Abu Dhabi a déjà facilité 17 opérations de médiation pour des échanges de prisonniers entre la Russie et l’Ukraine, aboutissant à la libération de 4 641 détenus. C’est considérable. Cela montre que les Émirats entretiennent des relations suffisamment bonnes avec les deux parties pour servir d’intermédiaire crédible.
Le ministre des Affaires étrangères Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan a souligné que les Émirats croient fermement que « les solutions durables aux conflits ne peuvent être atteintes que par le dialogue et la désescalade ». Le président Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan a lui-même reçu les chefs des délégations participantes au palais Al Shati. Cette hospitalité au plus haut niveau témoigne de l’importance que les Émirats accordent à leur rôle de médiateur sur la scène mondiale.
Les limites de la médiation
Mais peut-on vraiment négocier la paix quand l’une des parties bombarde l’autre pendant les discussions ? La question mérite d’être posée. Les Émirats peuvent offrir un lieu, faciliter les contacts, assurer la logistique. Ils ne peuvent pas forcer les parties à s’entendre. Ils ne peuvent pas empêcher Poutine de lancer des drones sur Kyiv. Ils ne peuvent pas contraindre Zelensky à accepter des conditions qu’il juge inacceptables.
La médiation a ses limites. Elle suppose une volonté sincère de toutes les parties de trouver un accord. Or, l’attaque de cette nuit suggère que Moscou n’est pas dans cette disposition. Le Kremlin utilise les négociations comme un outil tactique, pas comme un chemin vers la paix. Tant que cette réalité ne changera pas — que ce soit par un changement de calcul à Moscou ou par une pression internationale suffisamment forte — les pourparlers d’Abu Dhabi resteront un exercice de style plus qu’un véritable espoir de paix.
Section 9 : Trump et la promesse de paix
L’administration Trump s’implique
Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a injecté une nouvelle dynamique dans les efforts de paix. L’administration Trump affiche une volonté claire de mettre fin à la guerre rapidement. Steve Witkoff, l’envoyé spécial, a multiplié les déplacements — Davos, Moscou, Abu Dhabi — pour tenter de rapprocher les positions. Jared Kushner, fort de son expérience au Moyen-Orient lors du premier mandat de son beau-père, a rencontré Poutine au Kremlin quelques jours avant les pourparlers trilatéraux.
Trump lui-même a déclaré à Davos qu’un accord était « proche ». Il a affirmé que Poutine ferait des « concessions ». « Tout le monde fait des concessions pour conclure », a-t-il ajouté. Mais les déclarations optimistes de Washington se heurtent à la réalité du terrain. Les bombardements continuent. Les positions territoriales restent figées. Et Moscou ne montre aucun signe de flexibilité sur ses exigences fondamentales.
Un « Board of Peace » contesté
L’administration Trump a créé un « Board of Peace » (Conseil de la Paix) pour piloter les efforts diplomatiques. Josh Gruenbaum a été nommé conseiller principal de ce conseil. Mais le ministre ukrainien des Affaires étrangères Sybiha a remis en question la légitimité de Poutine à siéger — même indirectement — à ce conseil : « La place de Poutine n’est pas au Conseil de paix de Trump, mais sur le banc des accusés d’un tribunal spécial. »
Cette tension illustre le dilemme fondamental de toute négociation de paix : pour mettre fin à une guerre, il faut parler avec l’ennemi. Même si cet ennemi est un criminel de guerre aux yeux du droit international. Même si la Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt contre lui. La diplomatie exige de s’asseoir avec ceux qu’on préférerait voir derrière les barreaux. C’est inconfortable. C’est moralement ambigu. C’est peut-être la seule façon d’arrêter les bombardements.
Je ne sais pas si Trump réussira là où les autres ont échoué. Je ne sais pas si Witkoff et Kushner ont la clé qui ouvrira cette porte que tout le monde cherche depuis quatre ans. Ce que je sais, c’est que pendant qu’on discute de « paramètres » et de « cadres », des gens meurent. Chaque jour. Chaque nuit. Et qu’à un moment, il faudra choisir : continuer à chercher la paix parfaite qui n’existe pas, ou accepter une paix imparfaite qui arrête le massacre. Je n’ai pas la réponse. Personne ne l’a.
Section 10 : Les prochaines étapes — vers le 1er février
Abu Dhabi, acte II
Les discussions doivent reprendre le 1er février 2026, toujours à Abu Dhabi. Selon un officiel américain, l’objectif est de poursuivre les échanges là où ils se sont arrêtés et d’approfondir les « éléments en suspens » du cadre de paix proposé par Trump. Des discussions bilatérales à Moscou ou Kyiv pourraient suivre. Et, dans le meilleur des scénarios, un sommet entre Poutine et Zelensky pourrait être envisagé.
Mais d’ici là, combien de nuits de bombardements ? Combien de drones sur Kyiv ? Combien de familles dans le froid ? C’est la grande inconnue. Les négociations avancent au rythme de la diplomatie — lentement, prudemment, avec des reculs autant que des progrès. La guerre, elle, n’attend pas. Elle avance chaque jour. Elle tue chaque nuit. Elle grignote le territoire, l’énergie, le moral. Et entre les deux — entre le temps des diplomates et le temps des bombes — il y a un peuple qui attend. Qui espère. Qui survit.
Istanbul en perspective ?
Le ministère russe des Affaires étrangères a également évoqué la possibilité de discussions supplémentaires à Istanbul après les pourparlers d’Abu Dhabi. Istanbul avait accueilli des négociations prometteuses au début de la guerre, en mars-avril 2022, avant qu’elles ne s’effondrent. Un retour dans la ville turque serait symboliquement fort — un signe que les parties veulent renouer avec cette dynamique initiale.
Mais les conditions ont changé depuis 2022. Les lignes de front se sont figées. Les pertes se comptent en centaines de milliers. La méfiance s’est enracinée. Les crimes de guerre — Boutcha, Marioupol, tant d’autres — ont laissé des cicatrices qui ne guériront pas avec une simple poignée de main. La paix, si elle vient, sera longue à construire. Elle demandera des garanties de sécurité, des mécanismes de vérification, probablement des troupes internationales de maintien de la paix. Rien de tout cela n’est simple. Rien de tout cela n’est rapide. Et pendant ce temps, la guerre continue.
Section 11 : Ce que cette nuit dit du conflit
La stratégie de la terreur permanente
L’attaque du 24-25 janvier 2026 n’est pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans une stratégie russe de terreur permanente. Frapper les civils. Viser les infrastructures critiques. Transformer chaque nuit en épreuve de survie. L’objectif n’est pas militaire au sens classique — détruire des usines d’armement ou des positions de combat. L’objectif est psychologique : briser la volonté du peuple ukrainien. Lui montrer que nulle part n’est sûr. Que l’avenir n’existe pas. Que la seule issue est la capitulation.
C’est une forme de guerre totale, dirigée contre les populations civiles autant que contre les forces armées. Elle viole les conventions de Genève. Elle constitue des crimes de guerre. Elle est documentée par des organisations internationales, des journalistes, des témoins innombrables. Et pourtant elle continue. Parce que Poutine a calculé que le coût politique et économique de ces actions est inférieur aux bénéfices stratégiques qu’il en tire. Parce que le monde condamne mais n’agit pas suffisamment pour l’arrêter.
La résilience comme seule réponse
Face à cette stratégie de la terreur, l’Ukraine n’a qu’une réponse : la résilience. Tenir. Survivre. Reconstruire ce qui est détruit. Rallumer les lumières éteintes. Réchauffer les maisons gelées. Et recommencer le lendemain. « Comme toujours, là où la Russie essaie de détruire, les Ukrainiens se soutiennent les uns les autres », a écrit Zelensky sur X. « La résilience intérieure est ce dont nous avons le plus besoin en ce moment. »
Cette résilience est admirable. Elle est aussi tragique. Parce qu’elle ne devrait pas être nécessaire. Parce que personne ne devrait avoir à faire preuve de « résilience » face à des bombardements nocturnes sur sa maternité, son hôpital, son appartement. Parce que l’héroïsme du quotidien, quand il dure quatre ans, cesse d’être de l’héroïsme pour devenir de l’épuisement. Et qu’à un moment, même les peuples les plus courageux atteignent leurs limites.
Conclusion : 1431 jours, et après ?
L’espoir et le désespoir mêlés
Jour 1431. Presque quatre ans de guerre. Des centaines de milliers de morts et de blessés. Des millions de déplacés. Des villes entières réduites en cendres. Et voilà qu’on parle de « progrès » dans les négociations. Qu’on évoque des sommets possibles. Qu’on imagine, peut-être, une fin à ce cauchemar. L’espoir est là. Fragile. Ténu. Mais présent. Parce que des gens se sont assis à la même table. Parce que des discussions ont eu lieu. Parce que le mot « paix » a été prononcé autrement que comme un vœu pieux.
Mais le désespoir est là aussi. Dans les 375 drones de cette nuit. Dans la maternité bombardée de Kharkiv. Dans les 800 000 foyers sans électricité. Dans le froid qui mord. Dans l’attente qui n’en finit pas. Poutine a montré, une fois de plus, qu’il ne croit qu’au rapport de force. Qu’il négocie d’une main et frappe de l’autre. Qu’il utilisera chaque instant de répit diplomatique pour maximiser la pression militaire. C’est sa méthode. C’est son style. C’est peut-être sa faiblesse aussi — parce qu’à force de frapper pendant les négociations, il rappelle au monde entier pourquoi on ne peut pas lui faire confiance.
Ce qui reste à écrire
La suite de cette histoire n’est pas écrite. Personne ne sait si les pourparlers du 1er février aboutiront à quelque chose. Personne ne sait si Trump réussira là où les autres ont échoué. Personne ne sait combien de nuits de terreur il reste à endurer avant qu’une forme de paix — même imparfaite, même injuste — ne soit possible. Ce qu’on sait, c’est que des hommes et des femmes, à Kyiv, à Kharkiv, dans des centaines de villages dont on ne connaîtra jamais le nom, se sont réveillés ce matin dans le froid. Ils ont allumé des bougies. Ils ont fait chauffer de l’eau sur des réchauds de camping. Ils ont envoyé leurs enfants à l’école, quand les écoles étaient ouvertes. Et ils ont continué. Parce que c’est ce qu’ils font depuis 1431 jours. Parce que c’est tout ce qu’ils peuvent faire.
Je termine cet article et je regarde l’heure. Il fait nuit quelque part en Ukraine. Les sirènes vont peut-être retentir cette nuit encore. Les drones vont peut-être revenir. Et demain, je lirai les chiffres — combien de morts, combien de blessés, combien de bâtiments détruits. Et je me demanderai, comme chaque fois : qu’est-ce qu’on attend pour que ça s’arrête ? Qu’est-ce qu’il faut de plus ? Combien de nuits encore ? Je n’ai pas la réponse. Personne ne l’a. Mais quelque part, une mère ukrainienne serre son enfant contre elle et se pose la même question. Et elle, elle mérite une réponse. Elle mérite la paix. Ils la méritent tous.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements militaires, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements ukrainien et russe, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports des administrations militaires de Kyiv et Kharkiv, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse).
Sources secondaires : Al Jazeera, Euronews, NBC News, ABC News, CNBC, The National (UAE), Fortune.
Les données sur les frappes, les victimes et les dommages aux infrastructures proviennent des autorités ukrainiennes et ont été croisées entre plusieurs sources. Les informations sur les négociations d’Abu Dhabi proviennent des déclarations officielles des parties impliquées et de sources diplomatiques anonymes citées par des médias reconnus.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les passages éditoriaux de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles et les tendances observées. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue du conflit russo-ukrainien depuis son début en février 2022.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Al Jazeera – Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,431 – 25 janvier 2026
Reuters – Images des files d’attente pour l’eau à Kyiv – 24 janvier 2026
Agence France-Presse – Déclarations du maire de Kyiv Vitali Klitschko – 25 janvier 2026
Associated Press – Couverture des négociations d’Abu Dhabi – 23-25 janvier 2026
Sources secondaires
Euronews – Abu Dhabi hosts Russia-Ukraine peace talks – 24 janvier 2026
NBC News – Russia, Ukraine to hold trilateral peace talks with U.S. for first time – 23 janvier 2026
ABC News – Russia, Ukraine and US hold 1st trilateral talks since start of war – 25 janvier 2026
CNBC – U.S.-brokered peace talks break off without a deal – 24 janvier 2026
The National (UAE) – US-Ukraine-Russia talks in Abu Dhabi conclude – 24 janvier 2026
Fortune – Three-way-talks between Ukraine, Russia and U.S. held in Abu Dhabi – 24 janvier 2026
Ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis – Communiqué officiel – 23 janvier 2026
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