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Philadelphie contre Trump : la bataille pour la mémoire de l’esclavage refait surface
Crédit: Adobe Stock

Un partenariat historique entre ville et gouvernement fédéral

Le recours juridical déposé par Philadelphie repose sur un accord de coopération signé en 2006 entre la ville et le Service des parcs nationaux, qui établissait les termes de la construction et de la maintenance de l’exposition du site de la Présidence House. Cet accord accordait à la ville un « droit égal » d’approuver la conception finale du projet, ce qui, selon les avocats de la ville, implique également le droit d’approuver tout changement ultérieur à l’exposition. L’accord était le fruit de années de négociations et de mobilisation communautaire, notamment par la coalition Avenging the Ancestors.

Le House of Representatives avait adopté une résolution en 2003 exhortant le Service des parcs nationaux à reconnaître l’histoire des personnes réduites en esclavage à ce site historique. Cette reconnaissance officielle avait ouvert la voie à la création du mémorial, qui représentait un effort significatif pour intégrer cette histoire douloureuse mais essentielle dans le récit national. L’accord de 2006 prévoyait spécifiquement que toute modification de l’exposition nécessiterait une consultation et une approbation mutuelle entre les deux parties.

Je suis frappé par l’ironie de cette situation : un accord formel qui était censé garantir une représentation honnête de l’histoire se retrouve aujourd’hui violé au nom d’une prétendue « vérité historique ». Il y a quelque chose de profondément cynique dans cette utilisation sélective des institutions et des accords officiels pour atteindre des objectifs politiques. Les années de travail et de négociation qui ont conduit à la création de ce mémorial semblent être réduites à néant par une décision administrative prise sans consultation ni transparence.

Les violations alléguées de la loi administrative

La plainte déposée par Philadelphie allègue plusieurs violations juridiques, notamment des violations de la Loi sur les procédures administratives de 1946, qui exige que les agences fédérales publient des propositions et offrent des opportunités de commentaires publics concernant leurs actions. La ville soutient que le retrait des panneaux a été effectué de manière « arbitraire et capricieuse » sans fournir de justification adéquate ni suivre les procédures légales appropriées.

Le tribunal fédéral du district est de Pennsylvanie est saisi de cette affaire, qui pourrait avoir des implications majeures pour la manière dont les sites historiques nationaux sont gérés et modifiés à l’avenir. La ville demande une ordonnance judiciaire restaurant le mémorial de l’esclavage, une injonction préliminaire pour bloquer d’autres modifications potentielles au site de la Présidence House, et une injonction permanente bloquant tout changement ultérieur à l’exposition.

Ce qui me frappe le plus dans cette affaire, c’est l’apparent mépris pour les processus démocratiques et légaux établis. La décision de retirer ces panneaux a été prise sans consultation, sans débat public, sans respect pour les accords existants. C’est une approche autoritaire qui contredit les principes mêmes de transparence et de responsabilité qui devraient guider les actions gouvernementales. Nous assistons à une érosion inquiétante des garde-fous démocratiques qui protègent normalement contre ce type de décisions unilatérales.

Le contexte historique du site de la Présidence House

Le site de la Présidence House, situé dans l’Independence National Historical Park, est un lieu historique majeur où George Washington et John Adams ont résidé pendant que Philadelphie servait de capitale temporaire des États-Unis. Washington y a vécu de 1790 à 1797, et il a amené avec lui plusieurs personnes qu’il détenait en esclavage pour travailler dans sa maison. Ce fait historique établi représente une contradiction fondamentale dans la vie du premier président, qui a lui-même écrit sur son opposition à l’esclavage tout en continuant à pratiquer cette institution.

Le mémorial retiré incluait une murale avec les noms des neuf personnes réduites en esclavage par Washington, ainsi que des panneaux informatifs détaillant leurs vies et leurs expériences. L’exposition explorait également le paradoxe entre les idéaux de liberté exprimés dans la Déclaration d’indépendance et la réalité de l’esclavage pratiqué par de nombreux Pères fondateurs, y compris Washington lui-même. Cette complexité historique est au cœur du débat actuel sur la manière dont l’histoire américaine devrait être enseignée et commémorée.

Il est impossible de séparer complètement les réalisations historiques de leurs contextes moraux complexes. Washington était un figure centrale de la fondation américaine, mais il était également un propriétaire d’esclaves. Ces deux faits sont simultanément vrais, et tenter d’en effacer un au nom de l’autre revient à déformer la réalité historique. Je comprends le désir de célébrer les grandes figures de notre histoire, mais cette célébration ne devrait pas nécessiter la suppression des aspects difficiles de leurs vies et de leurs époques.

Sources

Sources primaires

ABC News, « Philadelphia sues Trump admin over removal of memorial honoring people enslaved by George Washington », 23 janvier 2026

NBC News, « Philadelphia sues after slavery exhibits were taken down from President’s House site », 23 janvier 2026

The Art Newspaper, « US National Park Service removes slavery memorial at Philadelphia historic site », 23 janvier 2026

Sources secondaires

Communiqué de la Maison Blanche, Executive Order No. 14253 « Restoring Truth and Sanity to American History », mars 2025

Déclaration de l’American Historical Association, 31 mars 2025

Site web du Service des parcs nationaux, Independence National Historical Park, informations sur le site de la Présidence House

Déclaration de Pen America, janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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