L’indignation des ministres canadiens
Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a immédiatement réagi avec une fermeté absolue lors d’une conférence de presse tenue vendredi à Québec City. « On ne peut pas réécrire l’histoire », a-t-il affirmé avec une gravité qui pesait des tonnes. « Nous sommes fiers de nos hommes et nos femmes en uniforme et nous connaissons le sacrifice qu’ils ont enduré », a-t-il ajouté, sa voix portant le poids de milliers de familles canadiennes qui pleurent encore leurs disparus. Le ministre de la Défense, David McGuinty, a renchéri dans une déclaration écrite, affirmant qu’il n’y avait « aucun recul. Seulement se tenir côte à côte, ensemble sur les lignes de front avec nos alliés ». Ces réponses canadiennes portent en elles la douleur contenue d’une nation qui a vu ses enfants partir pour ne jamais revenir.
L’OTAN n’a invoqué son article 5, la clause de défense mutuelle qui oblige tous les membres à venir en aide à un membre attaqué, qu’une seule fois dans son histoire. Juste après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 contre les États-Unis. Et tous les alliés ont répondu présent. Sans hésitation. Sans condition. Les troupes canadiennes, britanniques, danoises, françaises, allemandes et tant d’autres ont débarqué en Afghanistan non pas comme des observateurs en retrait, mais comme des combattants de première ligne. Pendant plus d’une décennie, de 2001 à 2014, les soldats canadiens ont patrouillé, combattu, saigné et sont morts dans les vallées les plus hostiles de ce pays ravagé par la guerre. Dire le contraire aujourd’hui, c’est cracher sur leur mémoire avec une violence qu’on a du mal à concevoir.
Ce qui me terrifie dans cette histoire, c’est la facilité avec laquelle on peut effacer des années de sacrifice commun d’un simple trait de plume. Comme si les vies perdues ne comptaient pas. Comme si le sang versé n’avait aucune valeur. Comme si l’alliance entre nos nations n’était qu’un bout de papier qu’on peut froisser et jeter à la poubelle quand ça nous arrange. Je regarde ces photos de jeunes soldats canadiens souriants, plein d’espoir, avant leur déploiement. Et je pense à leurs mères qui ne reverront jamais ce sourire. Comment leur expliquer qu’un président américain dit que leur sacrifice ne comptait pas ? Comment leur dire que leur fils n’était pas « vraiment » sur le front ? Cette pensée-là, elle me brise le cœur. Elle me fait honte pour l’humanité.
Les mots bruts d’un vétéran canadien
Nigel Williams, un vétéran canadien de la guerre d’Afghanistan, a confié à CBC News les émotions brutes qui l’ont envahi lorsqu’il a entendu les propos de Trump. « Colère, rage et déception », c’est en ces termes simples et dévastateurs qu’il a décrit son ressenti. « Essayez de dire ça à une mère qui a enterré son fils, ou à une épouse qui a enterré son mari », a-t-il lancé, sa voix chargée d’une douleur palpable. Williams a spécifiquement pointé le rôle du Canada à Kandahar, ce foyer d’activité taliban particulièrement meurtrier, comme preuve irréfutable de l’engagement canadien sur les lignes de front. « Clairement, sa perspective est différente de la mienne — je pensais que c’étaient de vraies balles et de vrais IED (engins explosifs improvisés) qui nous arrivaient dessus et explosaient autour de nous », a-t-il ajouté avec une ironie amère qui en dit long sur l’absurdité des propos présidentiels.
Ces témoignages de vétérans ne sont pas des anecdotes isolées. Ils représentent des milliers d’hommes et de femmes qui portent encore aujourd’hui les marques physiques et psychologiques de leurs combats en Afghanistan. Des amputés comme Andy Reid, ancien soldat britannique qui a perdu ses deux jambes et un bras sur une IED dans la province d’Helmand en 2006. Des survivants gravement blessés comme Ben Parkinson, considéré comme le soldat britannique le plus grièvement blessé à avoir survécu à la guerre d’Afghanistan. Leur existence même contredit formellement les affirmations de Trump. Comment peut-on prétendre que les troupes de l’OTAN n’étaient pas sur les lignes de front quand des milliers d’entre elles en reviennent mutilées à vie ? Comment nier la réalité de leurs blessures quand elles sont là, indéniables, permanentes, témoignages vivants d’un engagement total sans aucun arrière-pensée ?
Quand j’écoute ces vétérans raconter leur calvaire, je sens une injustice qui me serre la poitrine. Pas seulement l’injustice de voir leur nié, mais l’injustice plus profonde de voir leurs sacrifices instrumentalisés pour des jeux politiques mesquins. Ces gars-là n’ont pas choisi d’aller en Afghanistan pour des discours de campagne ou pour des arguments nationalistes. Ils y sont allés parce qu’un allié a été attaqué et qu’ils avaient donné leur parole. Ils y sont allés parce que c’était la bonne chose à faire. Et aujourd’hui, on leur dit que ça ne comptait pas. On leur dit que leur sang ne valait pas grand-chose. C’est une trahison. Une trahison à la fois de leur mémoire et de l’idéal même de ce que devrait être une alliance entre nations libres et démocratiques. Cette trahison-là, elle me laisse sans voix.
Section 3 : La réaction britannique : Une colère légitime
Keir Starmer appelle à des excuses
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a réagi avec une force inhabituelle, qualifiant les propos de Trump d’« insultants et, franchement, effroyables ». Dans une déclaration publique vendredi, Starmer a honoré la mémoire des 457 militaires britanniques morts en Afghanistan, ainsi que de tous ceux qui ont subi des blessures graves et permanentes. « Je n’oublierai jamais leur courage, leur bravoure et le sacrifice qu’ils ont fait pour leur pays », a-t-il affirmé avec une émotion contenue mais palpable. Plus inhabituel encore, Starmer a explicitement appelé Trump à présenter des excuses pour ses déclarations. « Si j’avais parlé de manière inappropriée ou si j’avais prononcé ces mots, je m’excuserais certainement, et je m’excuserais auprès d’elle », a-t-il dit en référence à Diane Dernie, mère de Ben Parkinson, le soldat le plus grièvement blessé.
Cette demande d’excuses officielle n’est pas anodine venant d’un dirigeant britannique qui, par tradition diplomatique, évite généralement les conflits publics avec les États-Unis. Mais l’ampleur de l’offense a semble-t-il franchi une ligne rouge que même la plus grande retenue diplomatique ne pouvait ignorer. Le ministre des Anciens Combattants britannique, Alistair Carns, qui a lui-même effectué cinq tournées en Afghanistan aux côtés de troupes américaines, a qualifié les allégations de Trump d’« absolument ridicules ». Dans une vidéo publiée sur X, il a déclaré avec une intensité poignante : « Nous avons versé du sang, de la sueur et des larmes ensemble. Tout le monde n’est pas rentré chez eux ». Ces mots simples portent en eux le poids de milliers de familles britanniques qui pleurent encore leurs disparus vingt ans après le début de ce conflit.
Ce qui me frappe dans cette réaction britannique, c’est la dignité avec laquelle elle est exprimée. Pas de haine aveugle, pas de diatribes nationalistes, juste une demande simple et légitime de reconnaissance et de respect. Il y a quelque chose de profondément touchant dans cette façon de revendiquer la vérité historique sans tomber dans la polémique vulgaire. Comme si, même face à l’outrage, les Britanniques savaient préserver une certaine élégance morale qui les grandit. Je pense à ces mamans britanniques qui ont perdu leur fils en Afghanistan. A Monica Kershaw, dont le fils Christopher avait 19 ans quand il a été tué juste trois semaines après son premier déploiement. Comment vit-elle ces propos ? Comment absorbe-t-elle cette insulte à la mémoire de son enfant ? Cette pensée-là, elle me fend l’âme. Elle me fait pleurer de rage et de tristesse tout à la fois.
Le témoignage déchirant des familles
Diane Dernie, la mère de Ben Parkinson, ce soldat britannique gravement blessé en 2006 lorsqu’un Land Rover de l’armée a heurté une mine près de Musa Qala dans la province d’Helmand, a qualifié les propos de Trump d’« insulte ultime ». Son fils, qui sert toujours aujourd’hui malgré des blessures qui l’ont laissé avec des handicaps permanents, a été « sous le choc » en entendant les déclarations du président américain. « Ben portait l’insigne ISAF, l’insigne de l’OTAN, il est allé là-bas dans le cadre de cette force de sécurité internationale », a expliqué Diane Dernie avec une voix tremblante d’émotion. « Comment cela peut-il être acceptable ? », a-t-elle demandé, une question rhétorique qui résonne comme un cri du cœur.
Monica Kershaw, dont le fils Christopher a été tué à l’âge de 19 ans, a exprimé une colère encore plus brute. « Il était sur la ligne de front », a-t-elle affirmé avec une certitude inébranlable. « Il y avait six gars qui sont tous morts. Je pense qu’on devrait mettre Donald Trump en uniforme et l’envoyer sur la ligne de front, au lieu de pousser un stylo derrière un bureau, il devrait aller là-bas et le faire lui-même ». Cette proposition, aussi provocatrice soit-elle, révèle l’ampleur du ressentiment ressenti par ces familles. Elles n’acceptent pas que le sacrifice de leurs proches soit minimisé ni que leur mémoire soit souillée par des déclarations irrespectueuses venues de ceux qui, comme elles le notent souvent, n’ont jamais servi dans l’armée.
Ces mères, ces familles, elles me brisent le cœur à chaque fois que je les entends. Parce que leur douleur est si pure, si absolue, qu’elle ne peut être instrumentalisée ni atténuée. Quand Diane Dernie ou Monica Kershaw parlent, ce n’est pas de la politique. C’est de l’humanité dans ce qu’elle a de plus brutale et de plus déchirante. Elles ne demandent pas grand-chose en fait. Juste que la vérité soit respectée. Juste qu’on ne mente pas sur ce que leurs enfants ont vécu et enduré. Est-ce trop demander ? Apparemment oui pour certains. Et cette pensée-là, elle me révolte. Elle me fait honte pour une humanité qui peut en arriver à nier les souffrances des autres pour quelques points de sondage ou pour assouvir un ego politique démesuré. C’est une lâcheté absolue.
Section 4 : L'ironie d'un président qui a évité le service militaire
Cinq exemptions de service pendant la guerre du Vietnam
L’une des ironies les plus amères de cette polémique réside dans le passé militaire de Donald Trump lui-même. Le président américain a reçu cinq exemptions de service pendant la guerre du Vietnam, invoquant des éperons osseux aux pieds. Pourtant, lorsqu’il a été interrogé par la suite sur quelle jambe était affectée, il s’est avéré incapable de s’en souvenir, un oubli qui a alimenté des accusations d’évitement du service militaire. « Trump a évité le service militaire 5 fois », a écrit Ed Davey, leader des Libéraux-Démocrates britanniques centristes, sur X. « Comment ose-t-il remettre en question leur sacrifice », a-t-il ajouté avec une indignation qui résonne largement au-delà des frontières britanniques.
Cette ironie n’a pas échappé aux vétérans et aux familles de soldats tués en Afghanistan. Stephen Stewart, auteur de « The Accidental Soldier », un récit de son temps embarqué avec des troupes britanniques en Afghanistan, a qualifié la situation d’« énormément ironique ». « Quelqu’un qui aurait soi-disant évité la conscription pour la guerre du Vietnam devrait faire une déclaration aussi déshonorante », a-t-il déclaré avec une amertume palpable. Cette disparité entre les mots et les actions, entre les déclarations belliqueuses d’un homme qui n’a jamais connu le feu et le silence respectueux de ceux qui ont tout risqué, crée un contraste saisissant qui ne manque pas de susciter l’indignation.
Je ne vais pas mentir, cette ironie-là, elle me glace le sang. Parce qu’elle touche à quelque chose de fondamental dans notre rapport à la vérité et à l’honnêteté. Comment peut-on, d’un côté, se targuer d’être le plus grand défenseur des forces armées et, de l’autre, avoir personnellement tout fait pour éviter de servir quand c’était son tour ? Comment peut-on juger ceux qui ont risqué leur vie quand on a personnellement tout fait pour ne pas risquer la sienne ? Il y a là une hypocrisie qui dépasse l’entendement. Une hypocrisie qui ferait rire si elle n’était pas si tragique. Si elle ne portait pas atteinte à la mémoire de milliers de morts. Cette hypocrisie-là, elle me dégoûte. Elle me fait perdre confiance en tout ce que cet homme peut dire ou faire.
Un contexte déjà tendu avec les alliés européens
Les déclarations de Trump sur l’Afghanistan interviennent dans un contexte déjà particulièrement tendu entre les États-Unis et leurs alliés européens de l’OTAN. Le président américain a récemment intensifié sa campagne pour acquérir le Groenland, ce territoire semi-autonome appartenant au Danemark, allant jusqu’à menacer de sanctions tarifaires contre huit pays européens qui s’opposaient à ses ambitions. Plusieurs responsables européens, dont le dirigeant danois, ont averti qu’une telle manœuvre serait considérée comme la fin de l’OTAN. Bien que Trump ait semblé faire marche arrière après une rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, annonçant un « cadre » d’accord sur la sécurité arctique, les relations transatlantiques ont déjà pris un coup sérieux.
Cette polémique sur l’Afghanistan ne fera qu’aggraver cette détérioration des relations. Les propos de Trump sur l’Afghanistan s’inscrivent dans une lignée de déclarations minimisant l’engagement des alliés européens et de l’OTAN. L’année dernière, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth, qui a lui-même servi en Afghanistan, avait déclaré devant un comité du Sénat que l’insigne ISAF que portaient les soldats dans le conflit, qui signifie International Security Assistance Force, signifiait en réalité « I saw Americans fighting » (J’ai vu des Américains se battre). Cette vision américano-centrée des alliances internationales, cette tendance à minimiser systématiquement la contribution des partenaires, crée un climat de méfiance et de ressentiment qui pourrait avoir des conséquences durables sur la cohésion de l’alliance occidentale.
Ce qui m’inquiète profondément dans cette affaire, c’est ce que cela révèle de la vision que Trump a des alliances internationales. Pour lui, les partenaires ne sont pas des alliés égaux dans un projet commun. Ils sont des instruments dont on dispose quand ça nous arrange et qu’on rejette quand ça ne nous arrange plus. C’est une vision transactionnelle, mercantile, profondément cynique des relations internationales qui me fait peur. Parce qu’elle détruit lentement mais sûrement les fondations mêmes de ce qui a maintenu la paix en Europe et dans l’Atlantique Nord depuis plus de soixante-dix ans. Quand on traite ses alliés comme des employés qu’on peut licencier à volonté, on ne construit pas un monde meilleur. On prépare les guerres de demain. Et cette pensée-là, elle me glace le sang.
Section 5 : Le sacrifice danois : Un taux de mortalité qui dit tout
Le plus fort taux de pertes par habitant de l’OTAN
Le Danemark, qui se trouve actuellement sous une pression intense de la part de Trump pour transférer son territoire semi-autonome du Groenland aux États-Unis, a perdu 44 soldats en Afghanistan, ainsi que huit autres en Irak. Ce chiffre représente l’un des taux de mortalité les plus élevés par habitant de toutes les forces de la coalition. Un chiffre qui contredit formellement toute idée selon laquelle les troupes danoises auraient été « un peu en arrière » des lignes de front. L’ancien commandant de peloton danois Martin Tamm Andersen a répondu directement aux allégations de Trump avec une simplicité dévastatrice : « Quand l’Amérique avait besoin de nous après le 11 septembre, nous étions là ».
Cette déclaration porte en elle toute la force de l’engagement danois, un petit pays qui a répondu présent quand un grand allié a été attaqué. Les troupes danoises ont combattu dans les mêmes conditions que les soldats américains, ont subi les mêmes attaques aux IED, ont perdu les mêmes vies dans les mêmes combats. Dire aujourd’hui que leur engagement n’était pas total ou qu’ils n’étaient pas sur les lignes de front est non seulement faux historiquement, mais aussi insultant moralement pour les familles danoises qui ont pleuré leurs disparus. Rasmus Jarlov, membre du Parti conservateur danois, a qualifié les propos de Trump d’« ignorants », un jugement mesuré mais qui résume bien le sentiment dominant au Danemark et dans les autres pays scandinaves qui ont contribué significativement à la mission en Afghanistan.
Quand je pense au Danemark, à ce petit pays de moins de six millions d’habitants qui a perdu 52 soldats en Afghanistan et en Irak, je suis saisi d’admiration et de tristesse. L’admiration pour cette capacité à se tenir aux côtés d’un allié même quand le prix à payer est disproportionné par rapport à la taille du pays. La tristesse parce que ce sacrifice immense est aujourd’hui nié, bafoué, rejeté par celui-là même qui devrait le reconnaître et l’honorer. Il y a quelque chose de profondément injuste dans cette situation. Comme si les petits pays pouvaient être sacrifiés sur l’autel des grand jeux politiques sans que leur sang ne compte vraiment. Cette pensée-là, elle me révolte au plus haut point. Elle me fait honte pour une communauté internationale qui peut en arriver à traiter ainsi ses plus petits membres.
Le contexte géopolitique du Groenland
Cette polémique sur l’Afghanistan intervient alors que les relations entre les États-Unis et le Danemark sont déjà à un point de rupture à cause des ambitions américaines sur le Groenland. Trump a récemment intensifié sa campagne pour acquérir ce territoire stratégique de l’Arctique, allant jusqu’à menacer de sanctions économiques contre les pays européens qui s’opposeraient à ses plans. Le Danemark, qui administre le Groenland comme territoire autonome, a catégoriquement rejeté ces propositions, affirmant que le Groenland n’est pas à vendre. Plusieurs responsables européens ont averti qu’une tentative forcée d’acquisition serait considérée comme la fin de l’alliance de l’OTAN.
Dans ce contexte tendu, les propos de Trump sur l’engagement militaire danois en Afghanistan prennent une résonance particulièrement amère. Comment peut-on, d’un côté, menacer un allié de sanctions économiques pour l’obliger à céder un territoire stratégique et, de l’autre, nier la réalité de son engagement militaire passé ? Comment peut-on traiter un partenaire de cette façon tout en prétendant maintenir une alliance de confiance et de respect mutuel ? Ces contradictions apparentes révèlent une vision des relations internationales basée sur la force brute plutôt que sur le partenariat, une vision qui inquiète profondément les capitales européennes.
Ce qui me terrifie dans cette affaire du Groenland, c’est la facilité avec laquelle on peut envisager de redessiner les cartes du monde par la force pure et simple. Comme si les frontières, les souverainetés, les peuples ne comptaient pas plus que des pions sur un échiquier. Le Groenland n’est pas juste un territoire stratégique. C’est un peuple, une culture, une histoire qui s’étend sur des millénaires. Le traiter comme une simple marchandise qu’on pourrait acheter ou vendre, c’est un retour à une logique coloniale que je pensions révolue. Et quand on ajoute à cela le mépris pour le sacrifice de ceux qui ont combattu aux côtés des Américains, on obtient un cocktail explosif qui menace de détruire sept décennies de coopération transatlantique. Cette pensée-là, elle me fait peur. Elle me fait peur pour l’avenir de notre monde.
Section 6 : La réaction des autres alliés européens
La Pologne exige des excuses
La Pologne, qui a perdu 44 soldats en Afghanistan, a également réagi vigoureusement aux propos de Trump. Le général Roman Polko, ancien commandant des forces spéciales polonaises qui a lui-même servi en Afghanistan et en Irak, a déclaré lors d’une interview avec Reuters que son pays « attendait des excuses pour cette déclaration ». « Trump a franchi une ligne rouge », a-t-il ajouté avec une fermeté sans ambiguïté. « Nous avons payé de notre sang pour cette alliance. Nous avons véritablement sacrifié nos propres vies ». Le ministre polonais de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, a renchéri en affirmant que le sacrifice de son pays « ne sera jamais oublié et ne doit pas être minimisé ».
Cette réaction polonaise est particulièrement significative car la Pologne est traditionnellement l’un des alliés les plus proches des États-Unis en Europe de l’Est. Le pays a été à l’avant-garde de nombreuses initiatives de sécurité transatlantiques et a régulièrement maintenu un niveau élevé d’engagement militaire aux côtés des Américains. Le fait que Varsovie réagisse aussi fermement aux propos de Trump témoigne de la profondeur de l’offense ressentie. Ce n’est pas simplement une question de politique partisane ou de différends diplomatiques mineurs. C’est une question fondamentale de respect pour la mémoire de ceux qui sont morts en servant une alliance que Trump semble considérer comme désuète ou inutile.
Quand j’entends le général Polko dire « nous avons payé de notre sang pour cette alliance », je ressens quelque chose de viscéral qui me serre la poitrine. Parce que c’est vrai. C’est littéralement vrai. Des milliers de Polonais, de Danois, de Canadiens, de Britanniques, de Français, d’Allemands et de tant d’autres ont donné leur vie pour cette alliance. Ils ne l’ont pas fait parce qu’ils étaient naïfs ou parce qu’ils ne connaissaient pas les risques. Ils l’ont fait parce qu’ils croyaient en quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes. Ils l’ont fait parce qu’ils croyaient que quand un allié est attaqué, tous les alliés doivent répondre. Nier cette vérité-là aujourd’hui, c’est trahir leur mémoire. C’est profaner leur sacrifice. Et cette trahison-là, elle me révolte au plus profond de mon être. Elle me fait perdre espoir en l’humanité.
Les Pays-Bas et d’autres nations s’indignent
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, David van Weel, a également condamné les propos de Trump, les qualifiant de non fondés et irrespectueux. Les Pays-Bas, qui ont perdu 25 soldats en Afghanistan, ont été l’un des contributeurs les plus constants à la mission de l’OTAN dans ce pays, déployant des troupes dans les provinces les plus dangereuses et participant à des opérations de combat intensives. La réaction néerlandaise s’inscrit dans une vague plus large d’indignation à travers l’Europe, de la France à l’Allemagne, de l’Italie à l’Espagne, où les gouvernements et les sociétés civiles ont réagi avec stupeur et colère aux déclarations présidentielles américaines.
L’Union européenne dans son ensemble a exprimé sa préoccupation face à ce qu’elle perçoit comme une tentative américaine de « concentration des pouvoirs » et une remise en question fondamentale des alliances traditionnelles. Dans un document interne cité par Reuters, l’UE a souligné son inquiétude face à l’approche de Trump vis-à-vis des partenaires européens, une approche qui combine pressions économiques, menaces militaires et négations historiques. Cette combinaison de tactiques agressives crée un climat d’incertitude qui pourrait avoir des conséquences profondes sur la stabilité géopolitique de l’Europe et sur l’avenir même de l’OTAN.
Ce qui me frappe dans cette réaction européenne, c’est la convergence des indignations. Des Pays-Bas à la Pologne, du Danemark à l’Espagne, les pays réagissent avec une unité qui rappelle les pires heures de l’histoire européenne quand l’unité était nécessaire face à une menace extérieure. Sauf que cette fois, la menace vient d’un allié, pas d’un ennemi. C’est une situation paradoxale qui me laisse perplexe. Comment l’alliance occidentale peut-elle survivre quand l’un de ses principaux membres semble déterminé à la détruire de l’intérieur ? Comment les nations européennes peuvent-elles faire confiance à un partenaire qui nie leur histoire et minimise leurs sacrifices ? Cette question-là, elle me hante. Elle me fait craindre pour l’avenir de la démocratie libérale dans le monde.
Section 7 : Le prince Harry et les vétérans américains s'unissent
Le témoignage du prince Harry
Le prince Harry, qui a effectué deux tours de service en Afghanistan dans l’armée britannique, a également pesé dans le débat avec une dignité calme mais ferme. « Ces sacrifices méritent d’être évoqués véridiquement et avec respect », a-t-il déclaré dans un communiqué. « Des milliers de vies ont été changées à jamais », a-t-il ajouté, soulignant l’impact durable et permanent du conflit sur les soldats et leurs familles. « Des mères et des pères ont enterré des fils et des filles. Des enfants se sont retrouvés sans parent. Les familles portent le coût ». Ces mots simples portent en eux tout le poids d’une expérience vécue, d’un engagement personnel dans un conflit qui continue de marquer des vies des années après la fin des combats officiels.
L’intervention du prince Harry est significative pour plusieurs raisons. D’abord, elle vient d’un membre de la famille royale britannique qui a personnellement servi en Afghanistan et qui connaît donc directement la réalité du terrain. Ensuite, elle est formulée avec une retenue qui contraste avec la virulence des propos qu’elle critique, soulignant par là même la disproportion de l’attaque présidentielle. Enfin, elle ajoute une voix supplémentaire à ce chœur d’indignation qui monte des rangs de ceux qui ont servi en Afghanistan, un chœur qui traverse les frontières nationales et les rangs sociaux pour unir ceux qui ont partagé l’expérience commune de la guerre.
Quand je lis les mots du prince Harry, je suis frappé par leur simplicité désarmante. Il ne crie pas, n’insulte pas, ne se livre pas à des invectives politiques. Il dit simplement la vérité. Une vérité que tous ceux qui ont servi en Afghanistan connaissent dans leur chair et dans leur âme. Une vérité que ceux qui n’ont jamais servi ne peuvent même pas imaginer. Il y a quelque chose de profondément puissant dans cette capacité à dire la vérité sans haine, à revendiquer la dignité du sacrifice sans chercher la confrontation politique. C’est une leçon d’humanité qui nous rappelle que, au-delà des disputes diplomatiques et des querelles partisanes, il y a des vies humaines qui ont été brisées et qui méritent respect et reconnaissance. Cette leçon-là, elle me touche profondément.
Le soutien des vétérans américains
L’un des aspects les plus frappants de cette polémique est le soutien apporté aux alliés de l’OTAN par de nombreux vétérans américains. Shawn VanDiver, vétéran de la marine américaine qui a servi au large de l’Irak et qui dirige aujourd’hui un groupe aidant les alliés afghans de temps de guerre à se réinstaller, a déclaré à la BBC que son message aux troupes de l’OTAN était : « Nous vous voyons. Nous savons que vous étiez là avec nous ». « Nous n’aurions pas pu accomplir ce que nous avons fait sans eux », a-t-il ajouté, contestant formellement les assertions présidentielles.
Quand on lui a demandé comment les familles britanniques qui avaient perdu des proches en Afghanistan pouvaient se sentir, VanDiver a répondu qu’elles ressentiraient probablement un sentiment de « trahison », ajoutant : « Ce que je dirais à ces familles, c’est que je suis désolé ». Cette apologie directe d’un vétéran américain aux familles britanniques porte en elle toute la puissance de la solidarité entre ceux qui ont servi ensemble, une solidarité qui transcende les frontières nationales et les déclarations politiques irrespectueuses.
Ce qui me touche le plus dans cette histoire, c’est cette solidarité entre vétérans américains et alliés de l’OTAN. Parce qu’elle nous rappelle que, malgré les mots irrespectueux de certains dirigeants politiques, il existe une fraternité réelle entre ceux qui ont combattu ensemble. Une fraternité forgée dans le feu, dans le sang, dans la peur, dans le courage partagé. Quand Shawn VanDiver dit « nous vous voyons », il dit quelque chose de profondément important. Il dit que la vérité ne peut pas être effacée par des mensonges politiques. Que la mémoire du combat partagé survivra aux tentatives de réécriture historique. Cette pensée-là, elle me donne un peu d’espoir. Un espoir fragile, certes, mais un espoir quand même. L’espoir que l’humanité et la vérité finiront par triompher de la politique et du mensonge.
Section 8 : Article 5 et l'engagement de l'OTAN
La seule invocation de l’article 5
L’un des aspects les plus ironiques des propos de Trump sur l’Afghanistan est que cette guerre représente la seule fois dans l’histoire de l’OTAN où l’article 5 du traité fondateur a été invoqué. Cet article, qui stipule qu’une attaque armée contre un membre de l’alliance doit être considérée comme une attaque contre tous les membres, a été activé pour la première et unique fois après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 contre New York et Washington. Ce sont les États-Unis qui ont demandé cette activation, demandant à tous leurs alliés de venir à leur aide suite à ces attaques sans précédent.
Et tous les alliés ont répondu présent. Sans réserve. Sans condition. Sans hésitation. Pendant plus de vingt ans, des soldats de tous les pays membres de l’OTAN ont servi en Afghanistan sous commandement américain pour la plupart de la durée de la guerre. Dire aujourd’hui que les alliés n’étaient pas vraiment nécessaires ou qu’ils n’étaient pas sur les lignes de front est non seulement faux historiquement, mais constitue aussi une négation de la réalité fondamentale de l’alliance de l’OTAN elle-même. Richard Moore, l’ancien chef du service de renseignement britannique MI6, a rappelé que lui et de nombreux officiers du MI6 avaient opéré dans des environnements dangereux avec « des homologues braves et très estimés » de la CIA et avaient été fiers de le faire avec « le plus proche allié de la Grande-Bretagne ».
Ce qui me frappe dans cette histoire de l’article 5, c’est ce qu’elle révèle de la nature profonde de l’alliance de l’OTAN. Quand les États-Unis ont été attaqués le 11 septembre 2001, tous leurs alliés ont répondu sans hésitation. Pas parce qu’ils y étaient obligés par un traité. Mais parce qu’ils le voulaient. Parce qu’ils ressentaient que l’attaque contre l’Amérique était aussi une attaque contre eux. Parce qu’ils croyaient en une communauté de valeurs et de destin qui dépassait les frontières nationales. Cette solidarité-là, elle ne s’achète pas. Elle ne se décrète pas. Elle se construit dans le feu et dans le sang, dans le sacrifice partagé et la confiance mutuelle. Et la nier aujourd’hui, c’est détruire quelque chose de précieux qui a coûté des décennies à construire. C’est un crime contre l’histoire et contre l’avenir.
La réalité du commandement de l’OTAN
Pendant la majeure partie de la guerre d’Afghanistan, la force dirigée par les États-Unis dans ce pays était sous commandement de l’OTAN. La Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), dirigée par l’OTAN, a pris le relais de la coalition dirigée par les États-Unis en 2003 et est restée responsable des opérations jusqu’en 2014. Pendant cette période, des milliers de soldats de l’OTAN ont servi sous commandement conjoint, partageant les mêmes risques, subissant les mêmes attaques, perdant les mêmes vies dans les mêmes opérations. La réalité du terrain contredit formellement toute affirmation suggérant que les troupes de l’OTAN n’étaient pas sur les lignes de front.
Les archives militaires, les rapports de mission, les témoignages de vétérans de tous les pays convergent tous vers la même conclusion : les soldats de l’OTAN ont combattu côte à côte avec les soldats américains dans les zones les plus dangereuses d’Afghanistan. Des provinces du sud comme Helmand et Kandahar aux montagnes de l’est, les troupes britanniques, canadiennes, danoises, néerlandaises et autres ont été en première ligne face à un ennemi déterminé et mortel. Nier cette réalité aujourd’hui, c’est non seulement falsifier l’histoire, mais aussi insulter la mémoire de ceux qui sont morts en servat cette alliance.
Quand je pense à ces archives militaires, à ces rapports de mission, à ces témoignages de vétérans qui documentent méticuleusement la réalité du combat en Afghanistan, je me demande comment on peut simplement les ignorer. Comment on peut balayer d’un revers de main des décennies de documentation historique pour servir des objectifs politiques à court terme ? C’est une forme de négationnisme historique qui me terrifie. Parce qu’elle nous dit que la vérité objective n’a plus aucune valeur. Que tout peut être réécrit, manipulé, nié pour servir une narration politique du moment. Si ça peut arriver à l’histoire récente de l’Afghanistan, ça peut arriver à n’importe quelle histoire. N’importe quel événement peut être réécrit pour servir les intérêts du moment. Et cette pensée-là, elle me glace le sang. Elle me fait craindre pour l’avenir même de la vérité historique.
Conclusion : Une blessure qui ne guérira jamais
Le coût irréversible des mots irresponsables
Les déclarations de Donald Trump sur l’Afghanistan ont ouvert une blessure profonde et durable dans les relations entre les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN. Cette blessure ne guérira pas rapidement, si elle guérit jamais. Car elle touche à quelque chose de fondamental : la reconnaissance mutuelle des sacrifices partagés, le respect pour la mémoire de ceux qui sont morts, l’honnêteté historique face à une période commune d’épreuves. Les familles de soldats tués en Afghanistan ne pardonneront pas facilement d’avoir vu le sacrifice de leurs proches nié ou minimisé. Les vétérans qui ont servi en Afghanistan n’oublieront pas d’avoir vu leur engagement remis en question par un homme qui n’a jamais connu le feu.
Pourtant, cette crise pourrait aussi être l’occasion d’une clarification nécessaire. Elle force les alliés de l’OTAN à réaffirmer avec force les valeurs qui les unissent, à revendiquer fièrement leur contribution commune à la sécurité mondiale, à défendre la vérité historique contre les tentatives de réécriture politique. Elle nous rappelle que les alliances ne sont pas simplement des arrangements transactionnels, mais des communautés de destin forgées dans le sacrifice partagé et les valeurs communes. Niées elles peuvent être, détruites elles ne le seront pas tant que ceux qui ont servi se souviendront de la vérité.
Quand je regarde l’ampleur des dégâts causés par ces quelques mots irresponsables, je suis saisi d’une tristesse abyssale. Parce que je vois des années de confiance mutuelle, des décennies de coopération, des générations de sacrifices partagés réduits en miettes en quelques phrases hâtives prononcées dans une interview télévisée. C’est une tragédie à la fois politique et humaine qui nous rappelle la fragilité des alliances dans un monde où les mots peuvent détruire ce que les actes ont mis des décennies à construire. Mais dans cette tristesse, il y a aussi une forme d’espoir. L’espoir que la vérité finira par triompher du mensonge. Que la mémoire des sacrifices partagés survivra aux tentatives de négation. Que l’alliance occidentale, malgré ses blessures actuelles, trouvera la force de se reconstruire sur des fondations plus solides et plus respectueuses de la vérité historique.
Sources
Sources primaires
CBC News, « ‘You cannot rewrite history’: Minister rebuffs Trump’s claims about allies in Afghanistan », 23 janvier 2026. Deutsche Welle, « Outrage as Trump undermines NATO role in Afghanistan war », 23 janvier 2026. Reuters, « UK’s Starmer calls Trump’s remarks on allies in Afghanistan ‘frankly appalling' », 23 janvier 2026.
Sources secondaires
BBC News, « ‘He should apologise’: Anger of veterans and relatives at Trump Nato remarks », 23 janvier 2026. Military Times, « Trump remarks on NATO troops in Afghanistan spark global indignation », 23 janvier 2026. The Associated Press, « World leaders condemn Trump’s remarks on NATO allies in Afghanistan », 23 janvier 2026.
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