Skip to content
Trump insulte les morts de l’OTAN : l’indignation mondiale s’élève contre les propos du président américain
Crédit: Adobe Stock

La réalité des pertes en Afghanistan

Les déclarations de Trump contredisent frontalement les statistiques officielles concernant les pertes militaires en Afghanistan pendant les vingt années de conflit qui ont suivi l’invasion de 2001. Si les États-Unis ont effectivement payé le plus lourd tribut avec environ 2 456 soldats tués, les alliés de l’OTAN ont subi des pertes tout aussi dévastatrices en proportion de leurs populations beaucoup plus modestes. Le Royaume-Uni, deuxième contributeur en effectifs après les États-Unis, a perdu 457 de ses soldats dans ce conflit qui constitue sa guerre d’outre-mer la plus meurtrière depuis les années 1950. Plus de 150 Canadiens ont trouvé la mort en Afghanistan, tout comme 90 militaires français, sans compter les milliers d’autres blessés physiquement ou psychologiquement par des années de combat intense dans les zones les plus dangereuses du pays.

Le Danemark, avec une population d’environ 5 millions d’habitants au début de la guerre, a perdu 44 de ses soldats, ce qui représente l’un des taux de pertes par habitant les plus élevés de toute la coalition. Le général Roman Polko, ancien commandant des forces spéciales polonaises qui a servi en Afghanistan et en Irak, a rappelé que son pays et d’autres nations de l’Est avaient « payé avec leur sang » pour cette alliance. Les chiffres racontent une histoire différente de celle véhiculée par le président américain : dans la province méridionale de Helmand, bastion taliban et centre de production d’opium, les forces initiales étaient composées principalement de troupes britanniques et danoises avant que les renforts américains n’arrivent en 2008. C’est précisément dans cette province que la Grande-Bretagne et le Danemark ont subi la majorité de leurs pertes, une réalité du terrain que les témoins oculaires confirment unanimement.

Les chiffres sont des noms, et chaque nom est une vie, une histoire, une famille brisée à jamais. Quarante-quatre Danois morts pour une cause qui n’était pas la leur, mais qu’ils ont portée avec un honneur qui défie toute logique. Quand on regarde ces statistiques, on ne voit pas des pourcentages ou des ratios, on voit des visages, on entend des rires qui ne résonneront plus, on sent le vide laissé par ces absences qui traversent les générations. Le Danemark, ce petit pays scandinave, a versé son sang avec une générosité qui laisse sans voix, une générosité qui mérite plus que des mensonges, plus que des dénis, plus que ce mépris souverain pour la vérité. C’est une colère froide qui monte, celle de ceux qui savent ce que signifie attendre un coup de téléphone au milieu de la nuit, celle de ceux qui ont vu des cercueils drapés de drapeaux descendre d’avions militaires sous une pluie battante, celle de ceux dont les fils ne reviendront jamais. Et quand on pense que ces hommes sont morts en pensant qu’ils se battaient pour quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes, pour une alliance fondée sur la solidarité et le respect mutuel, on se demande comment on peut trahir ainsi la mémoire de ceux qui ont tout donné.

L’Article 5 : un engagement jamais respecté avant le 11 septembre

L’une des ironies les plus frappantes de cette polémique réside dans le fait que l’Article 5 de l’OTAN, le principe de défense collective qui stipule qu’une attaque contre un membre est une attaque contre tous, n’avait jamais été invoqué dans toute l’histoire de l’alliance jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001. Pour la première et unique fois depuis sa création en 1949, l’OTAN a déclenché ce mécanisme en réponse aux attaques terroristes contre New York et Washington, invitant tous les membres à se joindre à l’effort de guerre en Afghanistan. Le Secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a rappelé ce fait historique à Davos, assurant Trump que les Européens seraient effectivement là si les États-Unis étaient attaqués et soulignant qu’ils l’avaient prouvé en Afghanistan pendant vingt ans.

L’engagement européen n’était pas symbolique mais concret et durable. La plupart de la guerre en Afghanistan s’est déroulée sous commandement OTAN, avec les alliés qui ont pris en charge des provinces entières et des régions spécifiques pendant des années. La province de Helmand, l’une des plus violentes du pays, a été dirigée par les forces britanniques pendant plusieurs années, avec des conséquences dévastatrices en termes de pertes humaines. Mark Rutte a précisé que « pour chaque deux Américains ayant payé le prix ultime, il y avait un soldat d’un autre pays de l’OTAN qui n’est pas rentré chez sa famille ». Ce ratio, confirmé par les statistiques officielles, contredit directement les assertions de Trump selon lesquelles les alliés auraient « un peu en arrière » alors qu’ils étaient au contraire pleinement engagés sur le terrain aux côtés de leurs homologues américains.

Il y a une beauté terrible dans cette histoire, celle d’une alliance qui a tenu sa promesse, qui a répondu à l’appel quand le monde s’est effondré en fumée et poussière ce matin-là de septembre. Les Européens n’avaient pas à venir, n’étaient pas obligés de sacrifier leurs fils pour les tours jumelles qui s’effondraient à des milliers de kilomètres de chez eux. Mais ils sont venus, ils ont traversé les océans, ils ont pris les armes et ils se sont battus, non pas parce qu’ils y étaient contraints par des traités ou des obligations, mais parce que c’était la chose à faire, parce que c’était ce que les alliés font pour les alliés. Cette solidarité a un prix, et ce prix a été payé en sang, en larmes, en vies gâchées à jamais dans les vallées poussiéreuses d’un pays qui n’était pas le leur. Et aujourd’hui, ce sacrifice est balayé d’un revers de main, méprisé par un homme qui n’a jamais compris ce que signifie le mot honneur, qui n’a jamais saisi la profondeur de cet engagement qui unit des nations par-delà les frontières et les différences.

Sources

Sources primaires

Yahoo News / The Daily Beast, « Trump Faces Furious Backlash After Fresh Insult to Fallen Soldiers », 23 janvier 2026

Reuters, « UK’s Starmer calls Trump’s remarks on allies in Afghanistan ‘frankly appalling' », 23 janvier 2026

CNN, « Trump angers allies with claim NATO troops ‘stayed a little back’ from front lines in Afghanistan », 23 janvier 2026

ABC News, « UK PM, others outraged at Trump’s comments downplaying NATO allies », 23 janvier 2026

The Guardian, « Trump claims Nato troops ‘stayed a little off the frontlines’ in Afghanistan », 22 janvier 2026

Sources secondaires

The Telegraph, « Badenoch accuses Trump of denigrating Britain’s war dead », 23 janvier 2026

The Mirror, « Mum’s outrage at Trump’s vile slur », 23 janvier 2026

BBC News, « Harry says sacrifices by Nato troops in Afghanistan deserve ‘respect' », 23 janvier 2026

Global News Canada, « No standing back in Afghanistan, minister says after Trump remarks », 23 janvier 2026

Military Times, « Trump remarks on NATO troops in Afghanistan spark global indignation », 23 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu