2025, l’année la plus meurtrière pour les civils
Les chiffres de cette semaine ne sont pas une anomalie. Ils s’inscrivent dans une tendance terrifiante que les Nations Unies ont documentée avec une précision glaçante. L’année 2025 a été la plus meurtrière pour les civils ukrainiens depuis le début de l’invasion à grande échelle en février 2022. La Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies en Ukraine a vérifié que 2 514 civils ont été tués et 12 142 blessés au cours de l’année écoulée. C’est une augmentation de 31% par rapport à 2024. Une hausse de 70% comparé à 2023. La courbe monte. Elle ne redescend pas. Et 97% de ces victimes ont été causées par les attaques des forces armées russes sur les territoires contrôlés par le gouvernement ukrainien.
« L’augmentation de 31% des pertes civiles par rapport à 2024 représente une détérioration marquée de la protection des civils », a déclaré Danielle Bell, cheffe de la mission de l’ONU. « Notre surveillance montre que cette hausse a été causée non seulement par l’intensification des hostilités le long de la ligne de front, mais aussi par l’utilisation accrue d’armes à longue portée, qui ont exposé les civils à travers tout le pays à un risque accru. » Les armes à longue portée — missiles et drones kamikazes — ont causé 35% des pertes civiles en 2025, soit 682 morts et 4 443 blessés. Une augmentation de 65% par rapport à l’année précédente. L’attaque la plus meurtrière a frappé la ville de Ternopil le 19 novembre 2025, tuant au moins 38 civils dont huit enfants. Dix familles ont perdu au moins deux membres chacune ce jour-là.
La stratégie du froid : viser l’énergie quand l’hiver frappe
Il y a quelque chose de particulièrement cynique dans le calendrier des frappes russes. En octobre 2025, alors que les températures commençaient à chuter, Moscou a repris ses attaques coordonnées à grande échelle contre les installations énergétiques à travers tout le pays. Ce n’est pas un hasard. C’est une stratégie délibérée visant à maximiser la souffrance des civils. Quand il fait -15°C dehors, une coupure de courant n’est pas un inconvénient. C’est une menace mortelle. La région d’Odessa a été parmi les plus touchées en décembre 2025, avec des pannes de courant qui ont duré plusieurs jours, privant les habitants d’électricité, d’eau et de chauffage. Les personnes les plus vulnérables — les personnes âgées, les enfants, les personnes à mobilité réduite — sont les premières victimes de cette guerre de l’ombre.
Le 9 janvier 2026, une attaque massive a laissé un demi-million de foyers de la région de Kiev sans électricité, chauffage ni eau courante alors que les températures descendaient à près de -10°C. L’Organisation mondiale de la santé a rapporté neuf attaques contre des établissements de santé rien qu’en début d’année, causant deux morts et onze blessés. Un travailleur de la santé a été tué. Cinq secouristes et quatre soignants ont été blessés alors qu’ils tentaient d’aider les victimes. La stratégie est claire : frapper ceux qui soignent, ceux qui sauvent, ceux qui maintiennent la société debout. C’est une guerre contre la résilience même du peuple ukrainien.
Je me suis arrêté longtemps sur ce détail : les attaques s’intensifient quand le froid s’intensifie. Ce n’est pas une coïncidence. C’est un calcul. Quelqu’un, quelque part à Moscou, regarde les prévisions météo et décide : « Demain, -15°C à Kiev. Parfait. Envoyez les drones. » Cette froideur — au sens propre comme au figuré — me glace le sang. On ne parle plus de guerre au sens classique. On parle de torture à l’échelle d’un pays entier. Et le monde regarde. Le monde sait. La question qui me hante : est-ce que le monde agit assez vite ?
Le missile Oreshnik : l'escalade nucléaire qui ne dit pas son nom
Une arme hypersonique tirée pour la deuxième fois
Le 9 janvier 2026, la Russie a franchi un nouveau cap dans l’escalade. Pour la deuxième fois seulement depuis le début du conflit, Moscou a tiré son nouveau missile balistique hypersonique Oreshnik contre l’Ukraine. Une arme qui, selon le Kremlin, peut voyager jusqu’à dix fois la vitesse du son et serait impossible à intercepter par les systèmes de défense aérienne. Le missile, capable de transporter une ogive nucléaire, a été tiré avec une charge conventionnelle cette fois-ci. Mais le message est clair : Poutine veut rappeler au monde qu’il dispose d’un arsenal capable de frapper n’importe où, n’importe quand, sans que personne ne puisse l’arrêter. Cette attaque a été condamnée comme « escalatoire et inacceptable » par les dirigeants de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne.
Le ministère russe de la Défense a prétendu que cette frappe était une réponse à une attaque de drone ukrainien contre l’une des résidences de Poutine fin 2025 — une affirmation que Kiev et Washington ont catégoriquement démentie. Le missile a touché l’ouest de l’Ukraine, dans la région de Lviv, ciblant selon les médias russes une installation de stockage de gaz naturel souterrain. L’attaque a également endommagé l’ambassade du Qatar à Kiev, comme l’a souligné Zelensky — le Qatar ayant joué un rôle crucial dans la médiation des échanges de prisonniers de guerre. Au total, cette nuit-là, la Russie a lancé près de 250 drones et des dizaines de missiles balistiques et de croisière. Au moins quatre personnes, dont un ambulancier, ont été tuées à Kiev.
Le cynisme des frappes pendant les négociations
L’ironie — si l’on peut encore parler d’ironie face à tant de cynisme — c’est que ces attaques massives ont lieu précisément au moment où des pourparlers de paix sont en cours. Le 24 janvier 2026, alors que des négociateurs russes, ukrainiens et américains se rencontraient pour un deuxième jour de discussions à Abu Dhabi, Moscou a ordonné une nouvelle vague de frappes contre Kiev et Kharkiv. « Efforts de paix ? Réunion trilatérale aux Émirats ? Diplomatie ? », a lancé le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriy Sybiga. « Pour les Ukrainiens, c’était une nouvelle nuit de terreur russe. Cyniquement, Poutine a ordonné une frappe massive brutale contre l’Ukraine précisément pendant que les délégations se réunissaient à Abu Dhabi pour faire avancer le processus de paix mené par l’Amérique. Ses missiles ont frappé non seulement notre peuple, mais aussi la table des négociations. »
L’armée de l’air ukrainienne a rapporté que la Russie avait lancé 375 drones et 21 missiles lors de ces dernières frappes. C’est le langage que Poutine comprend, celui qu’il parle. Pas les mots. Les explosions. Le président ukrainien l’a résumé avec une clarté brutale après une attaque précédente qui a tué une personne et blessé 27 autres à Kiev : « Cette attaque est la réponse de la Russie à nos efforts de paix. Cela montre vraiment que Poutine ne veut pas la paix. » Le Kremlin, lui, maintient ses exigences maximalistes : la cession de tout le Donbass — le cœur industriel de l’Ukraine regroupant les régions de Donetsk et Lougansk. Une position inacceptable pour Kiev.
Il y a quelque chose d’obscène à bombarder un pays pendant qu’on prétend négocier la paix avec lui. C’est comme serrer la main de quelqu’un tout en lui enfonçant un couteau dans le dos. Poutine négocie avec des missiles. Il parle avec des drones. Son langage diplomatique, ce sont les sirènes qui hurlent à 3h du matin à Kiev. Et nous, le reste du monde, nous continuons à parler de « processus de paix » et de « discussions constructives ». Quand allons-nous appeler les choses par leur nom ? Ce n’est pas de la négociation. C’est du chantage. Du terrorisme d’État à l’échelle industrielle.
La résilience ukrainienne : tenir debout malgré tout
Une défense aérienne qui fait des miracles
Face à ce déluge de feu, l’Ukraine résiste avec une efficacité qui force le respect. Les chiffres de l’armée de l’air ukrainienne parlent d’eux-mêmes : sur les 205 drones lancés lors de l’attaque du Nouvel An, 176 ont été abattus ou neutralisés — soit un taux d’interception de plus de 85%. En décembre 2025, alors que le nombre de drones lancés avait triplé par rapport à l’année précédente, l’Ukraine a réussi à intercepter 82,5% des engins — contre seulement 54% un an plus tôt. Les équipes de défense aérienne ukrainiennes apprennent, s’adaptent, innovent. Mais elles ne peuvent pas tout arrêter. Et chaque missile qui passe, chaque drone qui échappe aux défenses, peut causer des dégâts catastrophiques.
C’est pourquoi Zelensky ne cesse de répéter le même message à ses alliés occidentaux : l’Ukraine a besoin de plus de missiles de défense aérienne. Pas demain. Maintenant. « Chaque frappe russe majeure peut être dévastatrice », a-t-il souligné. « C’est pourquoi l’Ukraine a besoin de missiles pour ses systèmes de défense aérienne, sur lesquels nous continuons de travailler avec les États-Unis et l’Europe. » Lors de sa rencontre avec le président américain Donald Trump à Davos cette semaine, la question de la défense aérienne était au cœur des discussions. Les accords conclus « doivent être pleinement mis en œuvre », a insisté le dirigeant ukrainien après les dernières frappes massives sur les infrastructures énergétiques.
La solidarité régionale : Lituanie et Pologne en première ligne
À Vilnius, Zelensky a trouvé des alliés qui comprennent viscéralement la menace russe. La Lituanie et la Pologne partagent une histoire commune de résistance à l’impérialisme de Moscou. Les discussions de ce dimanche ont porté sur la coopération militaire, les projets de défense conjoints, et une proposition lituanienne particulièrement intéressante : l’ouverture d’une plateforme d’exportation d’armes à Vilnius. La Lituanie s’est également engagée à fournir à Kiev une aide militaire équivalente à 0,25% de son PIB — un effort considérable pour un petit pays. Et Vilnius a même annoncé sa disposition à envoyer un contingent de maintien de la paix de 150 personnes en Ukraine après la conclusion d’un éventuel accord de paix.
« Tout le monde doit clairement comprendre la menace venant de la Russie », a déclaré Zelensky. « Et ce sont nos nations qui comprennent cela le mieux. Je remercie tous ceux qui nous aident à tenir bon. » Ces mots résonnent particulièrement fort dans les pays baltes et en Pologne, où le souvenir de l’occupation soviétique reste vif. Pour eux, la guerre en Ukraine n’est pas un conflit lointain. C’est une menace existentielle à leurs portes. Si l’Ukraine tombe, ils savent qu’ils seront les prochains sur la liste. C’est pourquoi ils se battent avec autant d’acharnement pour obtenir des garanties de sécurité de l’OTAN et pour armer leur voisin ukrainien.
L'impact humanitaire : des millions de vies en suspens
10,8 millions de personnes dans le besoin
Les conséquences humanitaires de cette guerre d’usure sont vertigineuses. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, environ 10,8 millions de personnes à travers l’Ukraine ont un besoin urgent d’aide humanitaire. Parmi eux, 3,6 millions ont été identifiés comme particulièrement vulnérables. L’UNICEF a lancé un appel de 350 millions de dollars pour fournir une assistance humanitaire en 2026, avec l’objectif de soutenir 4,3 millions de personnes, dont 725 000 enfants. Mais l’argent ne suffit pas quand les bombes continuent de tomber. Quand chaque nuit apporte son lot de destructions. Quand reconstruire devient un acte de foi.
Le coordinateur humanitaire de l’ONU pour l’Ukraine, Matthias Schmale, a décrit la situation en des termes sans équivoque : « La nature de la guerre évolue : davantage d’attaques de drones et de frappes à longue portée augmentent les risques pour les civils et les humanitaires, tout en causant des dommages systématiques aux systèmes d’énergie, d’eau et d’autres services essentiels. » Le rapport de l’ONU Ukraine souligne que les conséquences pour les civils perdureront bien au-delà de la fin des hostilités. Les dommages psychosociaux sont généralisés, avec des besoins graves en santé mentale signalés chez les adultes, les enfants, les anciens combattants et leurs familles — beaucoup ayant subi des déplacements, la destruction de leur foyer et une exposition répétée aux explosions.
10,8 millions. J’ai du mal à concevoir ce nombre. C’est plus que la population de la Belgique. Plus que celle du Portugal. Ce sont des gens qui ont besoin d’aide pour survivre. Pas pour vivre confortablement. Pour SURVIVRE. Et parmi eux, des centaines de milliers d’enfants qui n’ont connu que la guerre. Des enfants qui se réveillent la nuit au son des sirènes. Des enfants qui ont vu leur maison détruite, leurs amis disparaître, leur monde s’effondrer. Quelle génération allons-nous créer avec tout ça ? Quelles cicatrices porteront-ils toute leur vie ? Ces questions me hantent.
Les déplacés : un exode qui ne finit pas
Les chiffres des déplacés sont tout aussi accablants. 10,6 millions d’Ukrainiens ont été déplacés depuis le début de l’invasion — soit 24% de la population d’avant-guerre. Parmi eux, 6,9 millions sont des déplacés internes, errant d’une ville à l’autre dans leur propre pays, chassés par les bombes, cherchant un refuge qui n’existe peut-être plus. Les autres ont fui à l’étranger, dispersés à travers l’Europe et au-delà, arrachés à tout ce qu’ils connaissaient. Chaque nouvelle attaque massive crée de nouveaux flux. Chaque immeuble détruit, chaque quartier privé d’électricité pousse des familles sur les routes. C’est un exode sans fin, une hémorragie humaine que Poutine alimente méthodiquement.
Le contraste avec la Russie est frappant. Là-bas, ce sont les sanctions et la mobilisation qui ont causé des mouvements de population — environ un million de personnes ont quitté le pays au cours de la première année de guerre pour des raisons économiques ou politiques. Mais rien de comparable à l’hémorragie ukrainienne. Rien de comparable à ces millions de vies arrachées à leur terre, à leur histoire, à leur identité. Et pour ceux qui restent, la vie est devenue une succession de privations et de peurs. Selon The Economist, les pannes de courant peuvent désormais durer jusqu’à quatre jours dans certaines régions de l’Ukraine. Quatre jours sans lumière, sans chauffage, sans eau courante, en plein hiver.
La réponse internationale : entre condamnations et action
L’ONU sonne l’alarme
Le Secrétaire général des Nations Unies a « fermement condamné » les attaques ciblées de missiles et de drones de la Fédération de Russie contre les infrastructures civiles critiques de l’Ukraine. « Ces attaques ont causé d’importantes victimes civiles et privé des millions d’Ukrainiens de services essentiels, notamment l’électricité, le chauffage et l’eau, à un moment de besoin humanitaire aigu », indique la déclaration officielle. « Les attaques contre les civils et les infrastructures civiles violent le droit international humanitaire. Où qu’elles se produisent, elles sont inacceptables, injustifiables et doivent cesser immédiatement. » Des mots forts. Mais des mots qui se répètent depuis près de quatre ans sans que rien ne change fondamentalement.
Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, la Sous-Secrétaire générale Rosemary DiCarlo a dressé un tableau accablant de la situation. « Le début de la nouvelle année n’a apporté aucune paix ni même aucun répit à l’Ukraine, mais de nouveaux combats et de nouvelles dévastations », a-t-elle déclaré. Elle a souligné le schéma « profondément inquiétant » des attaques qui s’intensifient quand les conditions météorologiques se détériorent et que le besoin de chauffage devient le plus aigu. Les États-Unis ont exprimé une « inquiétude particulière » concernant l’utilisation du missile Oreshnik à capacité nucléaire, qui aurait causé un « nombre stupéfiant de victimes » en Ukraine.
Les efforts de paix dans l’impasse
Les négociations de paix parrainées par les États-Unis piétinent. Zelensky avait déclaré fin 2025 qu’un « accord de paix était prêt à 90% », mais il avait averti que les 10% restants contenaient les points les plus épineux — notamment la question des territoires occupés. « Ce sont les 10% qui détermineront le sort de la paix, le sort de l’Ukraine et de l’Europe, la façon dont les gens vivront », avait-il prévenu. Depuis, les frappes massives semblent être la réponse de Moscou à toute tentative de compromis. L’envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff, a évoqué des « discussions productives » avec les conseillers à la sécurité nationale du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne et de l’Ukraine. Mais les missiles continuent de tomber.
La Russie, elle, maintient ses exigences maximalistes. Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a réaffirmé que Moscou n’avait pas abandonné son insistance sur la cession par l’Ukraine de tout le Donbass. Une position inacceptable pour Kiev et ses alliés occidentaux. La chancelière de l’UE, Ursula von der Leyen, a souligné que l’Union européenne souhaitait « une paix juste et durable qui préserve la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine ». Mais comment parvenir à une telle paix quand l’un des belligérants refuse de négocier autrement qu’avec des bombes ?
Je voudrais croire à la paix. Vraiment. Mais comment y croire quand chaque jour apporte son lot de nouvelles destructions ? Quand les missiles frappent pendant les négociations ? Quand les exigences russes reviennent à demander à l’Ukraine de se rendre ? La paix, la vraie, celle qui dure, ne peut pas être construite sur la capitulation. Elle ne peut pas être achetée au prix de la souveraineté d’un peuple. Et tant que le monde ne comprendra pas ça, tant que nous continuerons à chercher des compromis avec quelqu’un qui n’en veut pas, les bombes continueront de tomber. Et les gens continueront de mourir.
Les contre-attaques ukrainiennes : frapper là où ça fait mal
La guerre des drones, dans les deux sens
L’Ukraine ne se contente pas d’encaisser les coups. Elle riposte avec une efficacité croissante, ciblant les installations militaro-industrielles russes et les infrastructures énergétiques de l’ennemi. Le 9 janvier 2026, une frappe ukrainienne sur la ville frontalière russe de Belgorod a laissé environ 600 000 résidents sans électricité et 200 000 sans eau. C’est la même stratégie que Moscou applique à l’Ukraine, retournée contre l’agresseur. L’armée ukrainienne a également frappé une usine de fabrication de drones à Taganrog, dans la région de Rostov, qui produisait des drones Molniya et des composants pour les drones Orion utilisés dans les attaques contre les civils ukrainiens.
Le commandant des forces terrestres ukrainiennes, le colonel général Oleksandr Syrskyi, a rapporté que depuis le début de l’invasion à grande échelle, la Russie a lancé plus de 13 300 missiles et 142 300 drones contre l’Ukraine. Des chiffres astronomiques qui donnent la mesure de l’effort de guerre russe — mais aussi de la résilience ukrainienne qui a survécu à ce déluge. Les frappes ukrainiennes en profondeur sur le territoire russe visent à perturber cette machine de guerre, à détruire les usines qui produisent les armes qui tuent leurs compatriotes, à frapper les raffineries qui alimentent les chars et les avions de Poutine. C’est une guerre asymétrique où l’Ukraine cherche à maximiser l’impact de chaque frappe.
Le coût humain des deux côtés
Le bilan humain de cette guerre est effroyable des deux côtés. Selon l’ancien directeur de la CIA William Burns, dans une interview au Financial Times en janvier 2026, la Russie aurait subi environ 1,1 million de victimes (tués et blessés) depuis le début du conflit. Plus de 84 000 soldats russes seraient portés disparus. Côté ukrainien, les estimations varient considérablement — de 100 000 à 400 000 tués et blessés selon les sources. Trump avait évoqué le chiffre de 400 000 en décembre 2024, puis celui de 700 000 en janvier 2025. Zelensky avait quant à lui mentionné 100 000 morts en avril 2025. La vérité se situe probablement quelque part entre ces estimations, dans une zone grise de souffrance que personne ne peut mesurer avec précision.
Ce qui est certain, c’est que cette guerre a déjà coûté plus de vies humaines que tous les conflits européens depuis la Seconde Guerre mondiale. Et elle n’est pas terminée. Chaque jour apporte son lot de morts, de blessés, de vies brisées. Les pertes matérielles sont également colossales : les attaques russes sur le réseau ferroviaire ukrainien ont causé 5,8 milliards de dollars de dégâts depuis le début de l’invasion, selon un rapport de décembre 2025. Mais comment mesurer le coût de la peur ? Le prix de l’angoisse quotidienne ? La valeur d’une enfance volée, d’un avenir anéanti ?
Conclusion : L'Ukraine tient, mais jusqu'à quand ?
Le besoin urgent d’aide
1 700 drones. 1 380 bombes guidées. 69 missiles. En une semaine. Les chiffres sont là, implacables. La Russie a les moyens de maintenir ce rythme infernal, avec le soutien de la Corée du Nord, de l’Iran et de la Chine qui l’aident à produire et à innover dans le domaine des drones à bas coût. L’Ukraine, elle, dépend de ses alliés occidentaux pour survivre. Pour chaque système de défense aérienne, pour chaque missile intercepteur, pour chaque dollar d’aide humanitaire. Le président Zelensky l’a dit clairement : sans un renforcement rapide de la défense aérienne, chaque frappe majeure peut être dévastatrice. Les accords passés doivent être « pleinement mis en œuvre ». Les promesses doivent devenir des actions. Maintenant.
Car le temps joue contre l’Ukraine. Chaque jour de guerre supplémentaire détruit un peu plus du pays. Chaque coupure de courant prolongée affaiblit un peu plus la population. Chaque attaque sur les infrastructures critiques rend la reconstruction future plus difficile, plus coûteuse, plus longue. Poutine parie sur l’usure. Il parie que l’Occident finira par se lasser, que le soutien s’effritera, que l’Ukraine sera forcée d’accepter ses conditions. C’est un pari cynique, cruel, mais pas irréaliste. À moins que le monde ne décide enfin d’agir à la hauteur de l’enjeu. À moins que les mots de condamnation ne se transforment en actes concrets. À moins que l’aide promise n’arrive vraiment.
En écrivant ces lignes, je pense à cette femme de Kiev dont j’ai lu le témoignage. Elle disait : « On ne s’habitue jamais au bruit des sirènes. On apprend juste à continuer à vivre malgré elles. » Continuer à vivre. Malgré 1 700 drones en une semaine. Malgré les nuits sans sommeil. Malgré le froid quand le courant est coupé. Malgré la peur qui ne vous quitte jamais vraiment. Il y a dans cette phrase une leçon de courage qui me dépasse. Une dignité qui force le respect. L’Ukraine tient. Pas parce qu’elle n’a pas peur. Mais parce qu’elle a décidé que la peur ne gagnerait pas. Et nous, qui avons la chance de ne pas vivre sous les bombes, avons-nous le droit de faire moins que notre maximum pour l’aider ?
La question qui reste
L’Ukraine se bat pour sa survie. Mais elle se bat aussi pour quelque chose de plus grand. Pour le principe qu’un pays ne peut pas en envahir un autre impunément. Pour l’idée que le droit international a encore un sens. Pour la conviction que la force brute ne doit pas avoir le dernier mot. Si l’Ukraine tombe, le message envoyé au monde sera dévastateur : les agresseurs peuvent gagner, il suffit d’être assez brutal, assez patient, assez indifférent aux souffrances qu’on cause. C’est ce que Zelensky rappelle inlassablement à ses interlocuteurs occidentaux. L’Ukraine n’est pas seulement le bouclier de l’Europe. Elle est le test de notre volonté collective de défendre les valeurs que nous prétendons chérir.
Ce soir, quelque part en Ukraine, une sirène va hurler. Une famille va se réfugier dans un abri. Un enfant va demander à ses parents quand tout ça va finir. Et personne ne pourra lui répondre. Parce que personne ne sait. Ce qui est certain, c’est que 1 700 drones plus tard, 1 380 bombes plus tard, 69 missiles plus tard, l’Ukraine est toujours debout. Blessée, épuisée, mais debout. La question maintenant est simple : allons-nous lui donner les moyens de le rester ?
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, militaires et humanitaires qui façonnent le conflit russo-ukrainien. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies de guerre, à comprendre les mouvements militaires, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur cette guerre qui redéfinit l’ordre mondial.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels du président Zelensky sur Telegram, déclarations de l’armée de l’air ukrainienne, rapports de la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies en Ukraine, communiqués du Secrétaire général de l’ONU, déclarations du Bureau de la coordination des affaires humanitaires.
Sources secondaires : Ukrinform (agence de presse nationale ukrainienne), Reuters, Associated Press, NBC News, ABC News, CBS News, NPR, Al Jazeera, Euronews, RTE, Critical Threats (Institute for the Study of War), Inter Press Service, Russia Matters (Harvard Kennedy School).
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et militaires contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit de cette guerre qui façonne notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue du conflit russo-ukrainien et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs impliqués.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Ukrinform – Zelensky: Russia attacks Ukraine with more than 1,700 drones, 1,380 guided aerial bombs, and 69 missiles this week – 25 janvier 2026
Telegram officiel de Volodymyr Zelensky – Déclaration sur les attaques de la semaine – 25 janvier 2026
UN Human Rights Monitoring Mission in Ukraine – 2025 deadliest year for civilians in Ukraine since 2022 – 12 janvier 2026
UN Secretary-General – Statement on recent attacks on civilians and civilian infrastructure in Ukraine – 9 janvier 2026
OCHA – Ukraine – Kyiv attack – 10 janvier 2026
DPPA United Nations – USG DiCarlo briefs Security Council on intensified attacks – 12 janvier 2026
Sources secondaires
NBC News – Russia attacks Ukraine with new Oreshnik ballistic missile – 9 janvier 2026
ABC News – Russia launches another major attack on Ukraine’s power grid and other sites, 4 dead – 13 janvier 2026
Al Jazeera – Russian drone attack kills 4 in Ukraine’s Kharkiv, as peace remains elusive – 13 janvier 2026
CBS News – Russian strikes on Kyiv kill 1, wound dozens ahead of Trump-Zelenskyy meeting – Janvier 2026
Euronews – Zelenskyy: Russia carries war into 2026 with drone attack on Ukraine – 1er janvier 2026
RTE – Russia in massive strike on Ukrainian drone, energy sites – 24 janvier 2026
Critical Threats – Russian Offensive Campaign Assessment, January 13, 2026
Inter Press Service – Systemic Infrastructure Attacks Push Ukraine Into Its Deepest Humanitarian Emergency Yet – 23 janvier 2026
Russia Matters – The Russia-Ukraine War Report Card, Jan. 14, 2026
NPR – Russia uses its new Oreshnik missile in a big attack on Ukraine and a warning to West – 9 janvier 2026
UN News – Ukraine: Massive overnight attack leaves millions in the dark – Janvier 2026
Anadolu Agency – Zelensky évoque les questions militaires et diplomatiques avec le président lituanien – 25 janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.