42 assauts en 24 heures sur un seul axe
Regardons de plus près ce qui s’est passé dans le secteur de Pokrovsk le 24 janvier. 42 attaques. Pas des escarmouches. Des assauts coordonnés visant à percer les lignes de défense ukrainiennes. Les forces russes ont frappé près de Pokrovsk même, près de Myrnohrad, de Rodynske, de Kotlyne, d’Udachne, de Molodetske, de Filiia. Elles ont également tenté des avancées vers Bilytske, Dorozhnie, Shevchenko, Hryshyne et Ivanivka. Une offensive tous azimuts, comme si Moscou avait décidé que ce jour-là, coûte que coûte, quelque chose devait céder. Mais rien n’a cédé. Les Forces de défense ukrainiennes ont tenu leurs positions. Mieux : selon les données préliminaires, elles ont neutralisé 113 envahisseurs dans ce seul secteur, dont 70 de manière irréversible. Soixante-dix hommes qui ne rentreront pas chez eux. Soixante-dix familles russes qui recevront peut-être une lettre, peut-être rien du tout.
Les Ukrainiens ont également détruit un véhicule, cinq pièces d’équipement spécial, une moto, 13 drones et quatre abris pour le personnel ennemi. Ils ont endommagé un système d’artillerie, neuf véhicules, une pièce d’équipement spécial et 16 abris. Chaque équipement détruit, c’est une capacité de moins pour l’ennemi. Chaque drone abattu, c’est des vies ukrainiennes épargnées. Cette guerre se gagne aussi à l’usure, en grignotant méthodiquement les ressources de l’adversaire. Et l’Ukraine grignote. Lentement, douloureusement, mais elle grignote. Les pertes russes cumulées depuis le 24 février 2022 s’élèvent désormais à environ 1 234 040 militaires selon l’État-major ukrainien — dont 1 020 pour la seule journée du 25 janvier. L’ancien directeur de la CIA, William Burns, a estimé les pertes russes à 1 100 000 en janvier 2026. Un million cent mille. Ce chiffre est tellement énorme qu’il en devient abstrait.
Mais il n’est pas abstrait. Derrière chaque unité de ce chiffre, il y a un homme. Un fils. Un père peut-être. Un frère certainement. Quelqu’un qui avait des projets, des amours, des colères, des joies. Quelqu’un qui a été envoyé mourir dans un pays voisin pour satisfaire les délires impériaux d’un homme retranché dans son bunker. Je n’arrive pas à me réjouir de ces morts. Mais je n’arrive pas non plus à plaindre une armée d’invasion qui sème la terreur sur une population civile. C’est peut-être la chose la plus difficile de cette guerre : tenir cette tension entre l’humanité qu’on doit aux soldats individuels et la révolte qu’inspire leur mission collective.
La bataille pour le nord de Pokrovsk : un enjeu stratégique majeur
La situation autour de Pokrovsk est complexe. Selon les analystes de l’Institute for the Study of War (ISW), les forces ukrainiennes continuent de mener des raids dans le nord de la ville pour empêcher les Russes de s’y installer et d’utiliser la zone comme base pour de nouvelles offensives vers Dobropillia et la route menant à Dnipro. Au sud de Pokrovsk, les forces ukrainiennes ont réussi à stopper une tentative russe de percer vers le nord à travers Novopavlivka en direction de Mezhova et de la route Pokrovsk-Dnipro. C’est une guerre de positions, de manœuvres, de contre-manœuvres. Chaque village pris ou perdu peut changer l’équilibre local. Chaque route coupée ou maintenue peut déterminer le sort de milliers de soldats et de civils.
Les forces russes exploitent les mauvaises conditions météorologiques pour infiltrer les localités au nord de Pokrovsk, utilisant des groupes de un à trois soldats. Elles mènent également des assauts mécanisés et motorisés utilisant des véhicules blindés, des automobiles légères, des véhicules tout-terrain et des motos pour tenter de s’emparer de Rodynske et Bilytske. Le commandant adjoint d’une brigade d’artillerie ukrainienne opérant dans le secteur a rapporté que les forces russes lancent entre 20 et 30 bombes guidées KAB quotidiennement contre les positions ukrainiennes pour détruire les infrastructures et empêcher les soldats de prendre des positions défensives efficaces. C’est un déluge de feu qui ne s’arrête jamais. Et pourtant, les Ukrainiens tiennent. Position après position. Jour après jour. Nuit après nuit.
Les autres fronts : une guerre sur toute la ligne
Du nord au sud, pas de répit pour les défenseurs
Le secteur de Pokrovsk concentre l’attention médiatique, mais la guerre fait rage partout ailleurs. Dans les secteurs nord de Slobozhanshchyna et de Koursk, l’ennemi a mené deux frappes aériennes, larguant sept bombes guidées, et a conduit 82 bombardements sur les positions ukrainiennes et les localités, dont deux utilisant des lance-roquettes multiples. Dans le secteur sud de Slobozhanshchyna, l’ennemi a attaqué six fois les positions des défenseurs ukrainiens, dans les zones de Starytsia, Vovchanski Khutory, Fyholivka, et vers Kruhle et Chuhunivka. Dans le secteur de Kupiansk, l’ennemi a tenté de percer les défenses ukrainiennes en lançant une attaque vers Pishchane. Chaque secteur a son histoire, ses héros anonymes, ses drames silencieux.
Dans le secteur de Lyman, les Forces de défense ukrainiennes ont repoussé six actions d’assaut ennemies près de Drobysheve, Zarichne, Torske et vers Druzheliubivka. Un combat était toujours en cours au moment du rapport. Dans le secteur de Sloviansk, l’ennemi a attaqué près de Zvanivka. Dans le secteur de Kramatorsk, l’ennemi a tenté d’avancer deux fois près d’Orikhovo-Vasylivka et de Markove — un engagement était toujours en cours. Dans le secteur de Kostiantynivka, 12 affrontements ont eu lieu. L’ennemi a attaqué les positions des unités ukrainiennes dans les zones de Kostiantynivka, Kleban-Byk, Pleshchiivka, Shcherbynivka, Yablunivka, Rusyn Yar, Sofiivka et vers Novopavlivka. La liste des villages bombardés est interminable. Et derrière chaque nom, des maisons en ruines, des caves transformées en abris, des gens qui survivent.
Ces noms de villages — Drobysheve, Zarichne, Torske, Zvanivka — ils ne me disaient rien il y a trois ans. Aujourd’hui, ils sont gravés dans ma mémoire comme autant de cicatrices sur une carte. Je me demande parfois ce que pensent les gens qui habitaient là avant la guerre. Ceux qui sont partis. Ceux qui sont restés. Ceux qui ne peuvent pas revenir parce qu’il n’y a plus rien où revenir. Cette guerre ne se contente pas de tuer des soldats. Elle tue des communautés. Elle efface des siècles d’histoire locale. Elle transforme des lieux de vie en zones mortes. Et ça, même quand les armes se tairont un jour, ça prendra des décennies à reconstruire.
Le secteur de Huliaipole : une nouvelle zone de pression
Une zone particulièrement active mérite qu’on s’y attarde : le secteur de Huliaipole. Les envahisseurs russes ont tenté d’avancer sur les positions ukrainiennes 14 fois dans les zones de Huliaipole, Myrne, et vers Nove Zaporizhzhia, Dobropillia, Zelene, Varvarivka et Zaliznychne. Deux affrontements étaient toujours en cours. Des frappes aériennes ont ciblé Zirnytsia, Liubytske, Vozdvyzhivka, Zaliznychne et Verkhnia Tersa. Selon les rapports récents, les forces ukrainiennes ont redéployé certaines unités de la région de Pokrovsk vers Huliaipole dans la région de Zaporizhzhia, où une offensive russe à grande échelle est en cours. L’avancée russe menace désormais des villages situés à seulement 7 kilomètres de la capitale régionale de 670 000 habitants.
Dans le secteur d’Oleksandrivka, les défenseurs ukrainiens ont repoussé quatre attaques ennemies dans les zones de Zelenyi Hai et Zlahoda. Dans le secteur d’Orikhiv, les défenseurs ukrainiens ont repoussé une attaque ennemie dans les zones de Plavni et Prymorske. L’ennemi a mené une frappe aérienne sur Preobrazhenka. Dans le secteur de Prydniprovske, l’ennemi a fait une tentative infructueuse d’attaquer les positions des défenseurs ukrainiens. Une seule tentative, un seul échec. Mais demain, il y en aura d’autres. Et après-demain encore. C’est la nature de cette guerre : une pression constante, inlassable, qui teste chaque jour la résistance des défenseurs.
Les pertes russes : le prix de l'obstination de Moscou
Plus de 1,2 million de pertes depuis le début de l’invasion
Les chiffres des pertes russes donnent le vertige. Selon l’État-major ukrainien, les pertes totales des forces russes depuis le 24 février 2022 s’élèvent à environ 1 234 040 militaires au 25 janvier 2026. Plus d’un million deux cent mille hommes tués ou blessés. L’équivalent de la population d’une grande ville. Selon les estimations britanniques et américaines, les pertes se situent autour de 1,1 million, dont environ 250 000 tués. Le BBC et Mediazona ont documenté par leur nom les décès de 165 661 soldats et contractuels russes au 13 janvier 2026. Parmi eux, 3,9 % étaient des officiers (6 302), tandis que 10,1 % appartenaient aux troupes de fusiliers motorisés (16 672).
En équipement, les pertes sont tout aussi massives : plus de 23 900 pièces d’équipement perdues, dont 13 856 chars et véhicules blindés, 361 aéronefs et 29 navires de guerre. Selon Oryx, qui documente visuellement les pertes, les chiffres sont peut-être encore plus élevés. La Russie perd en moyenne 1 000 soldats par jour depuis août 2024. Mille hommes. Chaque jour. Pendant que Poutine parle de victoire, ses généraux comptent les cercueils. Pendant que la propagande du Kremlin célèbre des avancées de quelques kilomètres, des mères russes enterrent leurs fils dans des cimetières qui débordent. Le chef du renseignement britannique Richard Moore a estimé en septembre 2025 les pertes russes à environ un million, dont 240 000 tués. C’est le prix de l’obstination impériale.
Un million de pertes. Je répète ce chiffre et il ne veut rien dire. C’est trop gros. Trop abstrait. Alors je pense à un homme. Un seul. Appelons-le Dmitri. Vingt-cinq ans. Mobilisé contre son gré. Envoyé au front avec une formation minimale. Abattu dans un champ boueux près d’un village dont il ne connaissait même pas le nom. Sa mère ne saura peut-être jamais où il est mort. Son corps ne sera peut-être jamais retrouvé. Et maintenant, multipliez Dmitri par un million. Voilà ce que Poutine a fait à son propre peuple. Voilà le « monde russe » qu’il prétend défendre : un océan de tombes, un désert de veuves, une génération sacrifiée sur l’autel de sa mégalomanie.
Une machine de guerre qui s’épuise malgré les apparences
Malgré ces pertes colossales, la Russie continue d’avancer. Selon les analyses de Russia Matters, les forces russes ont gagné 79 miles carrés de territoire ukrainien sur les quatre dernières semaines (16 décembre 2025 – 13 janvier 2026), une diminution par rapport aux 215 miles carrés gagnés sur la période précédente. En 2025, la Russie a gagné en moyenne 171 miles carrés par mois. C’est beaucoup en termes humains — chaque mile carré représente des vies perdues des deux côtés — mais c’est dérisoire à l’échelle d’un pays de la taille de l’Ukraine. Au rythme actuel, selon les estimations du chef d’état-major britannique Sir Roland Walker, il faudrait à la Russie cinq ans pour contrôler les quatre régions qu’elle revendique (Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporizhzhia), au prix de 1,5 à 1,8 million de pertes supplémentaires.
La machine de guerre russe montre des signes d’usure. Selon les analystes militaires, l’armée russe a abandonné la formation de divisions de fusiliers motorisés selon les structures d’avant-guerre, préférant former des divisions d’infanterie d’assaut légères avec des véhicules blindés limités et des éléments logistiques minimaux. Les pertes en équipement, la production insuffisante de véhicules blindés et les changements tactiques favorisant les assauts d’infanterie de masse ont conduit les forces russes à s’optimiser pour la guerre de positions plutôt que pour les manœuvres mécanisées. L’armée qui avait promis de prendre Kyiv en trois jours se retrouve, près de quatre ans plus tard, à grappiller des villages dans le Donbass au prix de milliers de vies par semaine.
Kyiv sous les bombes : la guerre contre les civils
3 200 immeubles sans chauffage par -10°C
Pendant que les soldats se battaient sur le front, les civils de Kyiv vivaient leur propre enfer. L’attaque de la nuit du 24 janvier a laissé plus de 3 200 immeubles résidentiels sans chauffage. Par des températures qui plongent régulièrement sous les -10°C. Le président Zelensky a réagi sur les réseaux sociaux : « Chaque frappe russe de ce type sur notre infrastructure énergétique montre qu’il ne doit y avoir aucun retard dans la fourniture de défense antiaérienne. Nous comptons sur la réaction et l’aide de tous nos alliés. » Les frappes ont tué au moins une personne et blessé quatre autres. L’assaut est survenu alors même que des représentants de l’Ukraine, de la Russie et des États-Unis tenaient des pourparlers tripartites aux Émirats arabes unis sur la fin de la guerre.
Le système de chauffage centralisé de Kyiv est un héritage soviétique qui fournit de la chaleur à des milliers d’immeubles, certains de 25 étages. Des centrales produisent à la fois chaleur et électricité, pompant de l’eau chaude à travers un réseau de canalisations vers les appartements. Quand ce système est touché, des quartiers entiers se retrouvent dans le noir et le froid. Oleksandr Kharchenko, directeur du Centre de recherche sur l’industrie énergétique, n’a pas mâché ses mots : l’objectif russe est de « tuer la ville, geler la ville, et pousser les gens dehors ». Les équipes de réparation travaillent 24 heures sur 24 depuis des semaines. Le maire Klitschko a été clair : « Reconstruire pendant la guerre est impossible. Nous avons besoin de beaucoup d’argent et de temps. » Et surtout, a-t-il ajouté : « Ce dont nous avons besoin pour nous défendre contre les attaques russes, c’est de la défense antiaérienne. »
J’imagine une famille dans un appartement de Kyiv cette nuit-là. Les radiateurs qui refroidissent. Les enfants qu’on emmitouffle sous toutes les couvertures disponibles. La mère qui fait bouillir de l’eau sur un réchaud de camping pour avoir un peu de chaleur. Le père qui regarde par la fenêtre les explosions au loin. Et cette question qui revient, lancinante : combien de temps encore ? Combien de nuits comme celle-ci ? Combien d’hivers ? La Russie ne peut pas gagner cette guerre sur le champ de bataille, alors elle essaie de la gagner en terrorisant les civils. En rendant la vie impossible. En espérant que l’Ukraine craquera avant elle. C’est une stratégie de lâches. Et elle échoue. Parce que les Ukrainiens ne craquent pas.
Une infrastructure énergétique au bord de l’effondrement
La situation énergétique de l’Ukraine est critique. Selon The Economist, la capacité de production disponible du pays est passée de 33,7 GW au début de l’invasion à environ 14 GW en janvier 2026. En octobre 2025, la Russie aurait détruit 60 % de la production de gaz ukrainienne avant l’hiver. La consommation globale d’électricité a chuté d’environ 30 % depuis le début de l’invasion. L’ISW a estimé en décembre 2025 que la campagne de frappes russes était proche de scinder le réseau électrique ukrainien en deux, est-ouest, les régions orientales étant « au bord » de la panne totale et Kyiv également à risque. Les habitants de la capitale font face à des coupures pouvant aller jusqu’à 16 heures par jour. Dans certaines parties du pays, les coupures ont duré jusqu’à quatre jours.
Et pourtant, l’Ukraine s’adapte. Elle décentralise son réseau. Elle installe des générateurs. Elle construit des abris. Depuis les attaques d’octobre 2025, le pays a mis en place un deuxième niveau de protection sur 120 sites d’infrastructure énergétique. Les équipes de réparation travaillent sans relâche, souvent sous les bombardements. C’est une course contre la montre, contre le froid, contre la mort. Et c’est une course que l’Ukraine refuse de perdre. Chaque jour de chauffage restauré est une victoire. Chaque famille qui peut allumer la lumière le soir est un échec pour la stratégie terroriste de Moscou. La résilience n’est pas seulement militaire. Elle est civile. Elle est quotidienne. Elle est silencieuse. Mais elle est là.
Les chars australiens entrent dans la bataille
49 Abrams pour renforcer la défense de Pokrovsk
Au milieu de ce chaos, une bonne nouvelle. L’Australie a complété la livraison de ses 49 chars Abrams à l’Ukraine, constituant l’un des renforcements les plus significatifs des forces blindées ukrainiennes récemment. Et ces chars n’ont pas attendu pour entrer en action. Les équipages ukrainiens avaient déjà été formés et assignés. Plusieurs véhicules ont été immédiatement envoyés aux unités de première ligne, dont le Régiment d’assaut Skala opérant à Pokrovsk. Les Abrams australiens sont entrés dans la bataille pendant une phase critique des combats pour Pokrovsk, où les forces ukrainiennes mènent des contre-attaques pour maintenir les troupes russes au sud de la ligne de chemin de fer et les empêcher de percer, ce qui couperait les opérations de retrait depuis Myrnohrad.
L’opération ukrainienne a été soigneusement structurée. Les chars Abrams avancent aux côtés des véhicules de combat d’infanterie, servant à la fois de bouclier et de marteau. La tâche principale des chars est de supprimer les points de tir russes avec leurs canons principaux, d’attirer l’attention des drones ennemis et de créer des corridors pour l’avancée des BMP ukrainiens. C’est une danse mortelle, précise, coordonnée. Chaque char qui entre dans la bataille change l’équation locale. Chaque canon de 120 mm qui tonne est un message envoyé à Moscou : l’Ukraine n’est pas seule. Ses alliés continuent de fournir les moyens de se battre. Et elle continuera de se battre.
Le contrôle des lignes de communication : l'arme secrète ukrainienne
Les drones maintiennent la pression sur la logistique russe
Un aspect souvent négligé de cette guerre est le contrôle des lignes de communication terrestres. Le commandant d’un bataillon de systèmes sans pilote ukrainien opérant dans la direction de Pokrovsk a rapporté que les opérateurs de drones ukrainiens continuent de maintenir un contrôle de feu sur les lignes de communication terrestres russes. Les forces russes ne peuvent utiliser des véhicules en toute sécurité qu’à cinq à sept kilomètres de la ligne de front. Au-delà, c’est la zone de la mort. Les drones ukrainiens patrouillent, surveillent, frappent. Chaque camion de ravitaillement devient une cible. Chaque convoi de munitions doit prendre des détours interminables ou risquer l’anéantissement.
Ce contrôle de feu dans le secteur ralentit considérablement les efforts de ravitaillement russes. Les soldats russes sont contraints de descendre de leurs véhicules et de livrer les fournitures à pied aux équipes de drones et de mortiers près de la ligne de front. Imaginez : porter des caisses de munitions sur des kilomètres, dans le froid, sous la menace constante d’un drone qui peut surgir à tout moment. C’est épuisant. C’est démoralisant. Et c’est exactement ce que les Ukrainiens veulent. Cette guerre ne se gagne pas seulement en tuant des soldats ennemis. Elle se gagne en rendant leur vie impossible. En les privant de sommeil, de nourriture, de munitions. En les usant jusqu’à l’os. Les drones ukrainiens sont devenus les maîtres de ce jeu cruel.
Les pourparlers d'Abu Dhabi : négocier sous les bombes
Des discussions tripartites pendant que Kyiv gèle
L’ironie cruelle de cette journée du 24 janvier, c’est qu’elle a coïncidé avec des pourparlers tripartites entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis. Pendant que des diplomates discutaient des paramètres pour mettre fin à la guerre, des missiles russes frappaient Kyiv et des soldats mouraient dans les tranchées de Pokrovsk. C’est la nature de ce conflit : la guerre et la diplomatie coexistent dans un ballet macabre. Moscou négocie d’une main et bombarde de l’autre. C’est une stratégie vieille comme le monde : renforcer sa position de négociation par la violence. Montrer qu’on peut infliger de la douleur. Espérer que l’adversaire cédera pour faire cesser la souffrance.
Mais l’Ukraine ne cède pas. Elle négocie, certes. Elle explore les options diplomatiques. Mais elle ne lâche rien sur l’essentiel : sa souveraineté, son intégrité territoriale, son droit à exister comme nation indépendante. Les pourparlers d’Abu Dhabi ont porté sur les paramètres pour mettre fin à la guerre. Des responsables militaires ont également présenté une liste de questions pour de futures réunions. C’est un processus lent, frustrant, incertain. Personne ne sait s’il aboutira. Personne ne sait combien de temps encore cette guerre durera. Mais une chose est sûre : elle ne se terminera pas par la capitulation de l’Ukraine. Pas après tout ce que ce pays a enduré. Pas après tous ces sacrifices.
Je regarde les images des négociateurs en costume dans leurs salles climatisées d’Abu Dhabi, et je pense aux soldats dans leurs tranchées boueuses. Aux familles sans chauffage à Kyiv. Aux mères qui enterrent leurs fils. Il y a quelque chose d’obscène dans ce contraste. Quelque chose qui me révolte. La diplomatie est nécessaire, je le sais. La guerre doit finir un jour, je le sais aussi. Mais comment négocier avec quelqu’un qui continue de vous bombarder pendant les négociations ? Comment faire confiance à un régime qui ment sur tout, tout le temps ? Je n’ai pas les réponses. Personne ne les a. Mais je sais une chose : l’Ukraine mérite mieux que ce qu’elle endure. Le monde lui doit plus que des condoléances. Il lui doit les moyens de se défendre. Et de gagner.
Conclusion : Le courage face à l'abîme
Une nation qui refuse de mourir
119 combats en une journée. 42 assauts sur Pokrovsk. 3 200 immeubles sans chauffage à Kyiv. 1 020 soldats russes neutralisés. Ces chiffres racontent une histoire. Celle d’une guerre qui n’en finit pas. Celle d’un agresseur qui refuse de renoncer. Celle d’un défenseur qui refuse de céder. Nous sommes à près de quatre ans de cette invasion que Moscou pensait terminer en trois jours. Près de quatre ans de souffrance, de destruction, de mort. Et l’Ukraine est toujours debout. Blessée, épuisée, meurtrie, mais debout. Ses soldats tiennent des lignes qui n’auraient jamais dû tenir. Ses civils survivent dans des conditions qui n’auraient jamais dû exister. C’est quelque chose qu’aucune statistique ne peut capturer. Quelque chose qui relève de l’âme d’un peuple.
La route est encore longue. L’hiver 2025-2026 est le plus difficile depuis le début de la guerre. Les ressources s’épuisent des deux côtés. La fatigue s’accumule. L’incertitude règne. Mais au milieu de tout ça, il y a des hommes et des femmes qui se lèvent chaque matin pour défendre leur pays. Des équipes de réparation qui travaillent 24 heures sur 24 pour restaurer le chauffage. Des pilotes de drones qui surveillent les lignes de ravitaillement ennemies. Des médecins qui soignent les blessés. Des enseignants qui continuent à faire classe dans des abris. C’est ça, la résistance ukrainienne. Pas seulement une armée. Un peuple entier qui refuse de se laisser effacer. Et tant que ce refus existera, l’Ukraine ne tombera pas.
Je termine cet article et je me demande ce que je peux dire de plus. Les mots semblent dérisoires face à l’ampleur de ce qui se passe. Face à la souffrance. Face au courage. Face à l’injustice monumentale de cette guerre d’agression. Je pense à cette femme de Kyiv qui m’a dit un jour : « Nous n’avons pas le choix. Si nous ne nous battons pas, nous n’existons plus. » Elle avait raison. L’Ukraine se bat parce qu’elle n’a pas le choix. Parce que l’alternative est l’anéantissement. Et nous, qui regardons de loin ? Nous avons le choix, nous. Le choix de soutenir ou de détourner le regard. Le choix de fournir les armes ou de laisser faire. Le choix de nous souvenir ou d’oublier. J’espère que nous ferons les bons choix. Parce que l’histoire nous regarde. Et elle juge sévèrement ceux qui abandonnent les justes aux mains des tyrans.
Et demain, le combat continue
Demain, il y aura d’autres combats. D’autres bombardements. D’autres morts. D’autres familles brisées. D’autres immeubles sans chauffage. D’autres villages détruits. C’est la réalité de cette guerre. Une réalité qui se répète jour après jour, semaine après semaine, mois après mois. Mais demain, il y aura aussi des défenseurs qui tiendront leurs positions. Des drones qui frapperont les lignes de ravitaillement ennemies. Des équipes de réparation qui restaureront l’électricité. Des civils qui refuseront de partir. L’Ukraine continuera de résister. Parce que c’est ce qu’elle fait depuis près de quatre ans. Parce que c’est ce qu’elle continuera de faire jusqu’à ce que la victoire soit acquise. Ou jusqu’à ce que le monde trouve enfin le courage de l’aider à l’acquérir plus vite.
Ce 24 janvier 2026 restera dans les annales comme un jour parmi d’autres dans cette guerre interminable. Un jour de 119 combats. Un jour de bombes sur Kyiv. Un jour de résistance à Pokrovsk. Un jour où l’Ukraine a tenu. Comme tous les autres jours. Comme tous les jours à venir. Et quelque part, dans une tranchée glacée près de Rodynske, un soldat ukrainien regarde l’horizon et attend l’aube. Il ne sait pas si demain sera le jour de la victoire ou un autre jour de combat. Mais il sait une chose : il sera là. Comme hier. Comme aujourd’hui. Parce que c’est son pays. Parce que c’est son combat. Parce que c’est sa raison de vivre.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, militaires et stratégiques qui façonnent cette guerre. Mon travail consiste à décortiquer les rapports opérationnels, à comprendre les mouvements des forces en présence, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent l’Europe orientale et le monde.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels de l’État-major général des Forces armées ukrainiennes, rapports opérationnels publiés sur Facebook, déclarations publiques du président Zelensky, du maire de Kyiv Vitali Klitschko, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Ukrinform, NPR, Reuters).
Sources secondaires : analyses de l’Institute for the Study of War (ISW), rapports de Critical Threats, données de Russia Matters, estimations de Meduza et Mediazona, rapports du ministère britannique de la Défense, The Economist, Euromaidan Press.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques militaires et géopolitiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit de cette guerre qui façonne notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue du conflit russo-ukrainien et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs en présence.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
État-major général des Forces armées ukrainiennes — Rapport opérationnel du 24 janvier 2026, 22h00 — Facebook
Ukrinform — War update: 119 clashes on frontline, Pokrovsk sector remains hottest — 24 janvier 2026
NPR — Russian strikes knock out heat in freezing Kyiv as peace talks continue — 24-25 janvier 2026
Déclaration du président Zelensky — Réseaux sociaux — 24 janvier 2026
Déclaration du maire Vitali Klitschko — Réseaux sociaux — 24 janvier 2026
Sources secondaires
Institute for the Study of War (ISW) — Russian Offensive Campaign Assessment — Janvier 2026
Critical Threats — Russian Offensive Campaign Assessments — Janvier 2026
Russia Matters — The Russia-Ukraine War Report Card — 14 janvier 2026
Meduza — Front analysis: As fighting continues in Pokrovsk and Kupyansk — 16 janvier 2026
Euromaidan Press — Frontline report: Australian Abrams tanks enter combat at Pokrovsk — 1er janvier 2026
Wikipedia — Pokrovsk offensive — Consulté le 25 janvier 2026
Wikipedia — Casualties of the Russo-Ukrainian war — Consulté le 25 janvier 2026
The Economist — Rapports sur l’infrastructure énergétique ukrainienne — Janvier 2026
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