930 par jour : le nouveau normal de l’horreur
Il fut un temps où 930 pertes en 24 heures aurait fait la une de tous les journaux du monde. Aujourd’hui, ce chiffre passe presque inaperçu. La guerre a cette capacité terrible de normaliser l’innommable. En décembre 2024, selon les services de renseignement britanniques, la Russie perdait en moyenne 1 570 hommes par jour. Un record absolu. Le rythme a baissé depuis — 930, c’est presque une amélioration si on ose le terme. Mais 930 morts ou blessés graves chaque jour, c’est 6 510 par semaine. 27 900 par mois. 334 800 par an au minimum. C’est l’équivalent de la population d’une ville comme Brest ou Le Mans qui disparaît chaque année dans les tranchées ukrainiennes.
Le ministère de la Défense russe ne publie jamais de chiffres. Jamais. Les familles des soldats tués apprennent souvent la mort de leur proche par des canaux détournés — un camarade qui appelle, une association de mères de soldats, parfois même les réseaux sociaux ukrainiens qui diffusent les images des corps. Mediazona, le média indépendant russe, a réussi à confirmer nominativement 163 300 décès russes au 16 janvier 2026 — un chiffre forcément sous-estimé puisqu’il ne compte que les morts dont l’identité a pu être vérifiée par des sources publiques. Le vrai bilan ? Personne ne le connaît vraiment. Sauf peut-être quelques généraux au Kremlin, qui gardent ces données comme le plus sale des secrets d’État.
Ce qui me frappe, c’est le silence. Le silence des médias russes, le silence du Kremlin, le silence des familles qu’on a sommées de se taire. En Russie, pleurer son fils mort en Ukraine, c’est presque un acte de dissidence. Certaines mères ont été arrêtées pour avoir simplement demandé des nouvelles. D’autres ont reçu leur fils dans un cercueil scellé avec interdiction de l’ouvrir. Quel genre de régime fait ça à son propre peuple ?
Les mathématiques de l’épuisement
Faisons un calcul simple. La Russie comptait environ 146 millions d’habitants avant la guerre. La population masculine en âge de combattre — disons entre 18 et 45 ans — représente grosso modo 25 millions de personnes. Avec 1,2 million de pertes déjà comptabilisées, c’est près de 5% de cette tranche d’âge qui a été décimée ou mise hors de combat. Et ce chiffre ne compte pas les centaines de milliers de Russes qui ont fui le pays pour échapper à la mobilisation — vers la Géorgie, le Kazakhstan, la Turquie, partout où ils pouvaient. La Russie se vide de ses hommes. Pas métaphoriquement. Littéralement.
Le Kremlin a répondu à cette hémorragie démographique par des primes de plus en plus délirantes. 2 millions de roubles pour s’engager dans certaines régions. Des remises de peine pour les prisonniers qui acceptent de partir au front. Des contrats proposés aux migrants d’Asie centrale. Tout est bon pour remplir les rangs. Les forces russes en Ukraine compteraient aujourd’hui 710 000 soldats — contre 150 000 au début de l’invasion. Quatre fois plus d’hommes sur le terrain, pour des gains territoriaux qui se mesurent en centaines de mètres. C’est le ratio le plus défavorable de l’histoire militaire moderne. Chaque kilomètre carré conquis coûte des milliers de vies.
Section 3 : Le matériel russe part en fumée
11 603 chars : l’héritage soviétique en liquidation
11 603 chars détruits. Le chiffre est tellement énorme qu’il en devient abstrait. Pour le rendre concret, imaginez 11 603 masses de métal de 40 tonnes chacune, alignées les unes derrière les autres. Ça ferait une file de plus de 80 kilomètres. De Paris à Chartres. Une autoroute de ferraille calcinée, de tourelles arrachées, de carcasses éventrées. L’armée russe possédait au début de la guerre environ 3 000 chars modernes et peut-être 10 000 vieux T-62 et T-72 sortis des réserves soviétiques. Elle a déjà perdu plus que son stock initial. Les images satellites des dépôts de blindés russes montrent des hangars de plus en plus vides. On ressort maintenant des T-54 des années 1950. Des antiquités envoyées contre les Javelins américains et les drones ukrainiens.
772 drones abattus en 24 heures. Ce chiffre-là raconte une autre guerre — celle des cieux. La Russie lance des essaims de drones Shahed iraniens et de drones de reconnaissance vers les lignes ukrainiennes. L’Ukraine les abat, méthodiquement. 114 049 drones détruits depuis le début du conflit. C’est une guerre d’attrition technologique autant qu’humaine. Chaque drone coûte entre 10 000 et 50 000 dollars. Faites le calcul : des milliards partis en fumée. Et pendant ce temps, les usines iraniennes tournent à plein régime pour alimenter la machine de guerre russe. Le régime de Téhéran, complice silencieux de ce massacre.
Les chars, je comprends. Les avions, je comprends. Mais 772 drones en une seule journée ? Ça me dépasse. C’est une pluie. Un déluge. Une invasion permanente du ciel ukrainien par ces engins de mort. Et chaque drone qui passe, c’est une famille qui risque de perdre sa maison, son école, son hôpital. Les Ukrainiens vivent sous cette menace constante depuis bientôt quatre ans. Comment fait-on pour dormir quand le ciel est un ennemi ?
L’artillerie : 36 580 systèmes détruits
L’artillerie russe était censée être la reine des batailles. La doctrine militaire soviétique, dont la Russie a hérité, repose sur des barrages d’artillerie massifs pour écraser l’ennemi avant l’assaut de l’infanterie. Cette doctrine s’effondre. 36 580 systèmes d’artillerie détruits. Des obusiers, des mortiers, des canons automoteurs. L’Ukraine, avec les systèmes HIMARS américains et les obus guidés occidentaux, a transformé chaque batterie d’artillerie russe en cible. Les servants savent qu’après quelques tirs, ils ont moins de dix minutes pour déplacer leur pièce avant qu’un missile ne leur tombe dessus. Beaucoup ne réussissent pas.
31 systèmes d’artillerie de plus hier. 31. C’est l’équivalent de trois bataillons d’artillerie rayés de la carte en 24 heures. L’armée russe compense par la quantité — elle tire des centaines de milliers d’obus par mois, souvent de vieux stocks soviétiques ou des munitions nord-coréennes de qualité douteuse. Mais la qualité tue la quantité. Un obus guidé ukrainien vaut dix obus russes tirés au hasard. Et les stocks de précision occidentaux continuent d’arriver en Ukraine, transformant chaque journée en cauchemar logistique pour les forces russes.
Section 4 : Les visages derrière les chiffres
Sergueï, 19 ans, quelque part dans le Donbass
Il s’appelait peut-être Sergueï. Ou Dmitri. Ou Alexeï. Il avait 19 ans, peut-être 22. Il venait d’un village de l’Oural ou d’une banlieue de Novossibirsk. Sa mère lui avait tricoté une écharpe pour le froid ukrainien. Il l’avait dans son sac quand l’obus est tombé. On ne retrouvera jamais l’écharpe. On ne retrouvera peut-être jamais son corps non plus — beaucoup de soldats russes sont enterrés dans des fosses communes improvisées, ou simplement laissés sur le champ de bataille parce que les récupérer serait trop dangereux. Sa mère attendra des mois, peut-être des années. Le Kremlin finira peut-être par lui envoyer une lettre type. Ou pas.
Les 930 pertes du 24 janvier, ce sont 930 histoires comme celle-là. Des hommes qui avaient des prénoms, des visages, des rêves. Certains étaient des volontaires, attirés par les primes mirobolantes ou par la propagande télévisée. D’autres étaient des mobilisés, arrachés à leur vie civile par des décrets de Poutine. D’autres encore étaient des prisonniers, envoyés en première ligne comme chair à canon avec la promesse d’une libération qu’ils n’obtiendront jamais. Tous ont fini de la même façon : dans la boue ukrainienne, sous le feu ukrainien, pour une guerre qu’ils n’ont pas choisie.
Vous savez ce qui me hante ? Les derniers messages. Ces soldats qui envoient un texto à leur mère une heure avant l’assaut. « Tout va bien, maman. » Trois mots. Les derniers. Et puis le silence. Le téléphone qui ne répond plus. Les appels qui tombent dans le vide. Ces mères, ces femmes, ces enfants qui rafraîchissent WhatsApp en espérant un signe de vie. Ça me retourne les tripes à chaque fois que j’y pense.
Le mensonge des « pertes minimales »
Le Kremlin maintient officiellement que les pertes russes sont « minimales » et « proportionnées aux objectifs ». Vladimir Poutine n’a jamais prononcé un seul chiffre de pertes depuis le début de la guerre. Pas un. Le dernier bilan officiel russe date de septembre 2022 — 5 937 morts, affirmait alors le ministère de la Défense. Nous sommes en janvier 2026. Le chiffre réel est probablement cent fois supérieur. Ce n’est pas de la propagande. C’est du négationnisme en temps réel. Le régime russe nie la mort de ses propres soldats comme il nie avoir envahi l’Ukraine.
Les rares fois où des officiels russes évoquent les pertes, c’est pour les minimiser ou les relativiser. « Nous avons des réserves humaines suffisantes », déclarait un général russe l’an dernier. Des « réserves humaines ». Comme si les soldats étaient du bétail. Comme si les vies russes n’avaient aucune valeur individuelle, juste une valeur statistique dans un calcul macabre. C’est peut-être ça, finalement, le plus glaçant dans cette guerre : la façon dont le Kremlin traite ses propres citoyens. Non pas comme des êtres humains à protéger, mais comme des ressources à consommer. Des pièces interchangeables dans une machine de guerre qui tourne à vide.
Section 5 : L'Ukraine résiste, la Russie s'enlise
1 416 jours de guerre : le pari raté de Poutine
1 416 jours. Bientôt quatre ans de guerre. Quand les chars russes ont franchi la frontière ukrainienne le 24 février 2022, les analystes du Kremlin prévoyaient une victoire en trois jours. Zelensky devait fuir, le gouvernement ukrainien s’effondrer, et les troupes russes défiler dans les rues de Kyiv. Rien de tout cela ne s’est produit. Zelensky est resté. L’Ukraine s’est battue. Et la Russie s’est enlisée dans la pire guerre d’attrition depuis la Première Guerre mondiale.
Aujourd’hui, les forces russes contrôlent environ 18% du territoire ukrainien — principalement la Crimée, annexée en 2014, et des portions du Donbass. Malgré 1,2 million de pertes, malgré des milliers de chars et d’avions détruits, malgré des sanctions économiques qui étranglent l’économie russe, les gains territoriaux se mesurent en hectares. La ville de Pokrovsk, objectif russe depuis des mois, résiste toujours. L’avancée russe ne cesse de ralentir, selon les dernières analyses du Grand Continent. Chaque kilomètre conquis coûte des semaines de combat et des centaines de vies. C’est la définition même de la guerre d’usure.
Le coût stratégique de l’entêtement
Au-delà des pertes humaines, c’est toute la posture stratégique de la Russie qui s’effondre. L’armée russe, présentée pendant des décennies comme la deuxième du monde, a révélé ses faiblesses structurelles : corruption endémique, maintenance défaillante, commandement incompétent, moral en berne. Les forces armées russes ont perdu plus d’équipements en Ukraine qu’elles n’en possédaient officiellement au début de la guerre — preuve que les stocks annoncés étaient largement fictifs, gonflés par des généraux corrompus qui empochaient les budgets de maintenance.
L’économie russe, malgré les rodomontades du Kremlin, souffre. L’inflation galope. Le rouble a perdu plus de 30% de sa valeur. Les sanctions occidentales ont coupé l’accès aux technologies de pointe — les nouveaux chars russes sont équipés de puces de lave-linge, faute de composants militaires. Les entreprises occidentales ont fui. Le pétrole russe se vend à rabais à la Chine et à l’Inde. Tout ça pour quoi ? Pour quelques centaines de kilomètres carrés de territoire ukrainien détruit. Pour 1,2 million de vies russes sacrifiées sur l’autel de l’orgueil d’un seul homme.
Je me demande parfois ce que pense Poutine quand il reçoit ces chiffres. Est-ce qu’il les lit seulement ? Est-ce qu’il comprend ce qu’ils signifient ? 930 hommes de moins aujourd’hui. 930 de plus demain. Et après-demain. Et ainsi de suite, jour après jour, jusqu’à quand ? Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne à envoyer ? Ou jusqu’à ce que quelqu’un, quelque part au Kremlin, trouve le courage de lui dire que cette guerre est perdue ?
Section 6 : Les drones, nouvelle arme de destruction massive
772 drones en 24 heures : la guerre des essaims
772 drones abattus en une seule journée. Ce chiffre illustre l’intensité de la guerre aérienne qui se joue au-dessus de l’Ukraine. Les drones Shahed-136 iraniens, rebaptisés Geran-2 par les Russes, arrivent par vagues. Ils coûtent moins de 20 000 dollars pièce — une fraction du prix d’un missile de croisière. La stratégie russe est simple : submerger les défenses ukrainiennes par le nombre. Si sur 100 drones lancés, 90 sont abattus mais 10 passent, la mission est considérée comme un succès. Le cynisme de ce calcul donne la nausée.
Ces drones ne visent pas que des cibles militaires. Ils frappent les centrales électriques, les réseaux de chauffage, les hôpitaux, les immeubles résidentiels. L’objectif est de terroriser la population civile, de briser le moral ukrainien par le froid et l’obscurité. Depuis octobre 2022, la Russie a systématiquement ciblé l’infrastructure énergétique ukrainienne. Des millions d’Ukrainiens ont passé des hivers entiers avec des coupures d’électricité de plusieurs heures par jour. Et malgré tout, ils tiennent. Malgré tout, ils résistent.
La défense antiaérienne ukrainienne : un mur invisible
Le fait que l’Ukraine puisse abattre 772 drones en 24 heures est en soi un exploit. Les systèmes de défense antiaérienne ukrainiens — un mélange de vieux systèmes soviétiques et de matériel occidental moderne comme les NASAMS norvégiens ou les Patriots américains — fonctionnent à plein régime. Les opérateurs sont formés en quelques semaines et deviennent des tireurs d’élite du ciel. Chaque nuit, des centaines de soldats ukrainiens scrutent les radars, identifient les menaces, et font feu. Sans relâche.
L’État-major ukrainien a également développé des techniques innovantes de neutralisation des drones. Des groupes mobiles de défense antiaérienne, équipés de mitrailleuses et de missiles portables, patrouillent le pays. Des systèmes de brouillage électronique perturbent les signaux de guidage. Même des drones ukrainiens sont utilisés pour intercepter les drones russes — des combats aériens entre machines, dignes de la science-fiction. 114 049 drones abattus au total. C’est une victoire quotidienne, répétée des centaines de fois, qui ne fait jamais la une des journaux mais qui sauve des vies chaque nuit.
Section 7 : Le bilan humain côté ukrainien
Une guerre à deux
Il serait malhonnête de parler des pertes russes sans évoquer les pertes ukrainiennes. L’Ukraine paie elle aussi un tribut terrible à cette guerre. Les chiffres exacts sont un secret militaire — Kyiv ne communique pas ses pertes pour ne pas donner d’informations à l’ennemi. Mais selon les estimations occidentales, les pertes ukrainiennes se compteraient également en centaines de milliers. Le ratio exact fait débat : l’État-major ukrainien affirme qu’il est de 5 contre 1 en faveur de l’Ukraine. Mediazona estime qu’il serait plutôt de 1,7 contre 1. La vérité est probablement quelque part entre les deux.
Ce qui est certain, c’est que l’Ukraine défend son existence même. Les soldats ukrainiens ne se battent pas pour conquérir le territoire d’un voisin — ils se battent pour sauver leur pays. Cette différence fondamentale explique en partie la résilience ukrainienne face à un ennemi numériquement supérieur. Un soldat qui défend sa maison, sa famille, son avenir, se bat différemment d’un conscrit envoyé mourir pour les ambitions impériales d’un autocrate lointain. La motivation fait partie du rapport de force.
Les civils, premières victimes
Au-delà des militaires, ce sont les civils ukrainiens qui paient le prix le plus lourd. Des villes entières ont été rasées — Marioupol, Bakhmout, Avdiivka. Des dizaines de milliers de civils sont morts sous les bombes russes. Des millions ont été déplacés, à l’intérieur de l’Ukraine ou vers l’étranger. Des enfants ont été déportés vers la Russie — un crime de guerre documenté par la Cour pénale internationale, qui a émis un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine. Les infrastructures ukrainiennes sont en ruine : écoles, hôpitaux, ponts, routes, centrales électriques. La reconstruction coûtera des centaines de milliards d’euros.
Et malgré tout, l’Ukraine refuse de céder. Malgré les destructions, malgré les deuils, malgré la fatigue. Les sondages montrent qu’une large majorité d’Ukrainiens refuse tout compromis territorial avec la Russie. Ils savent ce que signifierait une « paix » à la russe : l’occupation, la répression, la disparition de leur identité nationale. Les exemples de Boutcha, Irpin et Izioum ont montré ce que les occupants russes font aux populations civiles. Torture, exécutions sommaires, fosses communes. Voilà pourquoi les Ukrainiens se battent.
Conclusion : Et maintenant ?
Le compteur continuera de tourner
Demain, un nouveau chiffre tombera. Peut-être 850. Peut-être 1 100. Peut-être plus. Le compteur des pertes russes en Ukraine ne s’arrêtera pas tant que cette guerre durera. Et rien n’indique qu’elle soit proche de se terminer. Vladimir Poutine a parié son régime sur cette guerre. Admettre l’échec serait signer son arrêt de mort politique — et peut-être physique. Alors il continue. Il envoie des vagues d’hommes. Il vide les prisons. Il recrute des mercenaires en Afrique. Il achète des armes à la Corée du Nord et à l’Iran. La machine tourne.
L’Occident, lui, doit décider jusqu’où il est prêt à soutenir l’Ukraine. Les livraisons d’armes continuent, mais la fatigue guette. Les débats politiques internes — aux États-Unis, en Europe — créent des incertitudes. Pendant ce temps, des hommes meurent. 930 hier. 930 demain. 930 après-demain. Ce n’est pas de la géopolitique. Ce n’est pas de la stratégie. C’est un massacre continu, quotidien, systématique. Et quelque part, dans un village russe, une mère tricote une écharpe pour un fils qui ne reviendra jamais.
Je termine cet article et je me sens vidé. Vidé par les chiffres. Vidé par les images que ces chiffres évoquent. 930 hommes. Demain, il faudra écrire sur 900 autres. Ou 1 000. Ou plus. Cette guerre est une machine à broyer les vies, des deux côtés de la ligne de front. Et nous, de loin, nous regardons les compteurs tourner comme si c’était un tableau de bord boursier. Mais derrière chaque chiffre, il y a un visage. Une mère. Une absence qui ne se comblera jamais. Comment on continue à vivre dans un monde où ça se passe ? Je ne sais pas. Vraiment, je ne sais pas.
La question qui reste
Cette guerre finira un jour. Toutes les guerres finissent. Mais quand ? Et à quel prix ? Combien de Sergueï, de Dmitri, de Olga, de Kateryna devront encore mourir avant que quelqu’un trouve le courage d’arrêter cette folie ? Le 24 janvier 2026, le compteur affichait 1 233 020. Dans un mois, il sera à 1 260 000. Dans un an, à 1 600 000 peut-être. Des chiffres astronomiques. Des chiffres qui dépassent l’entendement. Des chiffres qui devraient nous empêcher de dormir.
Et pourtant, demain matin, nous lirons les nouveaux bilans avec notre café. Nous hocherons la tête, peut-être. Nous partagerons un article sur les réseaux sociaux, peut-être. Et puis nous passerons à autre chose. Parce que c’est ce que nous faisons. Parce que c’est plus facile que de regarder la réalité en face. Mais les 930 familles qui ont perdu quelqu’un hier, elles ne passeront pas à autre chose. Pour elles, le 24 janvier 2026 restera gravé à jamais. Le jour où tout s’est arrêté.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques et militaires qui façonnent le conflit russo-ukrainien. Mon travail consiste à décortiquer les chiffres officiels, à comprendre leur signification humaine et stratégique, à contextualiser les pertes dans l’histoire militaire moderne et à proposer des perspectives analytiques sur l’évolution de ce conflit.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux chiffres, de les situer dans leur contexte humain et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels de l’État-major général des Forces armées ukrainiennes, rapports du ministère de la Défense ukrainien, données du ministère de la Défense britannique, analyses des services de renseignement occidentaux.
Sources secondaires : Mediazona (média indépendant russe spécialisé dans le comptage des pertes), Ukrinform, United24 Media, Defence Express, Le Grand Continent, analyses de l’Institute for the Study of War.
Les données statistiques citées proviennent des rapports quotidiens de l’État-major ukrainien publiés sur leurs canaux officiels, croisées avec les estimations indépendantes de Mediazona et les analyses des services de renseignement britanniques.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles au 24-25 janvier 2026, les tendances observées depuis le début du conflit et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques militaires et humaines de ce conflit, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue du conflit russo-ukrainien depuis février 2022.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
État-major général des Forces armées ukrainiennes – Rapport quotidien des pertes ennemies – 24 janvier 2026
Ministry of Defence of Ukraine (mod.gov.ua) – Overall combat losses of the enemy as of January 24, 2026 – 24 janvier 2026
UK Defence Intelligence – Assessment of Russian casualties – Octobre 2025
Sources secondaires
Ukrinform – Russia’s war casualty toll in Ukraine up by 930 over past day – 24 janvier 2026
United24 Media – Daily Update: Russia Loses 930 Troops, 4 Tanks, and 31 Artillery Systems – 24 janvier 2026
Defence Express – 1416 Days of Russia-Ukraine War: Russian Casualties in Ukraine – 24 janvier 2026
Mediazona – Les pertes russes dans la guerre contre l’Ukraine – 16 janvier 2026
Le Grand Continent – À Pokrovsk et Myrnohrad, la progression russe ne cesse de ralentir – 3 janvier 2026
Army Inform Ukraine – Minus 930 occupiers, tanks, and artillery systems: Russian losses over the past day – 24 janvier 2026
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