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Barack Obama sort de son silence et livre un avertissement glaçant sur l’avenir de l’Amérique
Crédit: Adobe Stock

Les décrets qui ont mis le feu aux poudres

Pour comprendre la gravité de l’avertissement d’Obama, il faut mesurer l’ampleur des changements opérés par l’administration Trump depuis son retour au pouvoir. En un an, Donald Trump a signé 230 décrets présidentiels, 57 mémorandums et 121 proclamations. C’est un rythme sans précédent. Parmi les mesures les plus controversées de janvier 2026 : le retrait des États-Unis de dizaines d’organisations internationales. Un mémorandum présidentiel ordonne à tous les départements et agences fédérales de cesser de participer et de financer 35 organisations non-onusiennes et 31 entités de l’ONU jugées « contraires aux intérêts américains ». C’est un repli isolationniste d’une ampleur historique. Les États-Unis, puissance fondatrice de l’ordre international d’après-guerre, tournent le dos aux institutions qu’ils ont contribué à créer. Sur le front intérieur, les politiques migratoires ont provoqué une onde de choc. La pause dans la délivrance de visas d’immigration pour les ressortissants de 75 pays considérés « à haut risque » a été annoncée pour le 21 janvier 2026.

Mais c’est peut-être sur le terrain électoral que les alarmes sont les plus vives. Donald Trump a appelé le Texas à redessiner ses circonscriptions électorales pour envoyer cinq républicains supplémentaires au Congrès. La Caroline du Nord et d’autres États républicains ont suivi le mouvement. C’est une manipulation ouverte des règles du jeu démocratique, à quelques mois des élections de mi-mandat de 2026. Obama a qualifié cette manœuvre d’« effrontée » (brazen en anglais). « Ils veulent changer les règles du jeu en cours de partie pour se mettre à l’abri du jugement du peuple », a-t-il déclaré lors d’un appel avec des bénévoles de la campagne du gouverneur Gavin Newsom en Californie. « Ils ne prétendent même pas qu’il y a une autre raison à cela. Ils le font simplement parce qu’ils pensent qu’ils le peuvent. » Face à cette offensive, les démocrates californiens ont lancé la Proposition 50, une contre-mesure qui viserait cinq sièges républicains dans l’État. Obama s’est engagé personnellement dans cette bataille, apparaissant dans des publicités télévisées où il déclare : « Californie, toute la nation compte sur vous. La démocratie est sur le bulletin de vote le 4 novembre. »

Il y a quelque chose de vertigineux à voir un ancien président faire campagne pour un redécoupage électoral. Pas pour un candidat. Pour le droit même de voter dans des conditions équitables. C’est là qu’on mesure à quel point les lignes ont bougé. Ce qui était autrefois l’administration routinière d’une démocratie est devenu un champ de bataille. Et Obama, malgré sa réserve légendaire, a décidé de descendre dans l’arène. Parce que parfois, rester au-dessus de la mêlée, c’est abandonner le terrain.

Sept millions d’Américains dans la rue

L’Amérique ne regarde pas passivement. La résistance citoyenne a pris une ampleur historique. Les manifestations « No Kings » — « Pas de rois » — ont mobilisé des millions de personnes à travers tout le pays. En octobre 2025, lors de la deuxième journée d’action nationale, les organisateurs ont estimé que 7 millions d’Américains avaient participé à plus de 2 600 rassemblements dans les 50 États. C’est l’une des plus grandes mobilisations de l’histoire des États-Unis, surpassant même les premières manifestations de juin 2025 qui avaient déjà rassemblé entre 2 et 5 millions de participants. À Chicago, le cortège s’étendait sur trois kilomètres — environ 250 000 personnes. Le maire Brandon Johnson a appelé à une grève générale. À Washington D.C., 200 000 manifestants. À Los Angeles, autant. À Boston, la convergence entre les célébrations de la Pride et les protestations « No Kings » a attiré jusqu’à un million de personnes sur l’ensemble de la journée.

Le 20 janvier 2026, date anniversaire de l’investiture de Trump, une nouvelle forme de protestation a émergé : le « Free America Walkout » — le « Débrayage pour une Amérique libre ». Des étudiants et des travailleurs à travers le pays ont quitté leurs écoles et leurs lieux de travail en plein après-midi pour marquer leur opposition à l’administration Trump. Les slogans des manifestants résument leur message : « Trump envoie des agents militarisés dans nos communautés, fait taire les électeurs, et distribue des cadeaux aux milliardaires pendant que les familles luttent. Ce n’est pas de la politique. C’est la démocratie contre la dictature. » Obama a salué cette mobilisation citoyenne, tout en soulignant qu’elle ne suffira pas : « Il faut aussi des gens au gouvernement, dans les deux partis, qui disent : ‘Non, vous ne pouvez pas faire ça.’ » C’est l’appel d’un homme qui sait que les manifestations, aussi massives soient-elles, ne peuvent remplacer le courage des élus face à un pouvoir qui s’emballe.

Sources

Sources primaires

Maison-Blanche — Presidential Actions, Executive Orders 2025-2026 — Janvier 2026
Federal Register — Donald J. Trump Executive Orders 2026 (EO 14372-14376) — Janvier 2026
Barack Obama sur X — Message du 4 juillet 2025 sur la démocratie américaine
The Obama Foundation — Press Releases — 2025-2026

Sources secondaires

HuffPost — Barack Obama Blasts ‘Brazen’ Trump Effort To Give GOP An Edge In 2026 Midterms — Janvier 2026
The Hill — Obama: US ‘dangerously close’ to moving toward autocracy — Juin 2025
ABC News — Barack Obama tells House Democrats that party should focus on the midterms — Décembre 2025
MSNBC — Obama warns the U.S. is ‘dangerously close’ to slipping into an autocracy — Juin 2025
The Daily Beast — Barack Obama, Where Are You? — 19 janvier 2026
Democracy Now! — No to Authoritarianism: 7 Million Rally Across U.S. in Historic No Kings Day Protests — Octobre 2025
Time Magazine — Nationwide ‘Free America’ Walkout Held in Protest of Trump — 20 janvier 2026
Rolling Stone — Trump Parade Turnout Swamped by Millions Who Protested at ‘No Kings’ Rallies — Juin 2025
Chicago Sun-Times — An Obama quote gets installed atop presidential center — Décembre 2025
La Libre Belgique — Trump s’attaque aux règles climatiques d’Obama — 17 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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