Un infirmier au service des vétérans
Alex Jeffrey Pretti n’était pas un militant radical. Il n’était pas un « terroriste domestique », comme l’a qualifié Stephen Miller, conseiller principal de Trump, quelques heures seulement après sa mort. Il était infirmier en soins intensifs à l’hôpital des Veterans Affairs de Minneapolis. Il passait ses journées à soigner des anciens combattants américains, ces hommes et ces femmes qui ont servi leur pays. « Alex était une âme bienveillante qui se souciait profondément de sa famille, de ses amis, et aussi des vétérans américains dont il prenait soin », ont déclaré ses parents, Michael et Susan Pretti, dans un communiqué. Dimitri Drekonja, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital des VA et professeur de médecine à l’Université du Minnesota, a travaillé avec lui. « Il voulait aider les gens », dit-il simplement. « C’était un gars super gentil, super serviable — il prenait soin de ses patients. Je suis juste abasourdi. »
Ce samedi 24 janvier, Alex Pretti était dans la rue, comme des dizaines d’autres résidents de Minneapolis depuis des semaines, pour observer les opérations des agents fédéraux dans son quartier. Il filmait avec son téléphone. Il était là, selon les témoins, pour « aider les gens à comprendre qu’ils devaient ralentir » et les guider à travers la zone. Les agents de la Border Patrol l’ont approché, lui ont dit de reculer. Et puis tout a basculé. Les vidéos montrent Pretti debout dans la rue, son téléphone à la main droite, la main gauche apparemment vide. Les agents l’ont aspergé de gaz poivré. Ils l’ont plaqué au sol. Et puis les coups de feu ont retenti. Le chef de police O’Hara a confirmé que Pretti était un propriétaire d’arme légal, titulaire d’un permis de port d’arme dissimulée. Au Minnesota, c’est parfaitement légal. Y compris lors de manifestations.
Quand j’ai lu le témoignage de sa famille, une phrase m’a frappé comme un coup de poing : « Alex voulait faire une différence dans ce monde. Malheureusement, il ne sera pas avec nous pour voir son impact. » Trente-sept ans. Une vie consacrée à soigner les autres. Abattu dans la rue de son propre quartier. Il y a quelque chose de profondément obscène dans le fait qu’un homme qui passait ses journées à sauver des vies ait perdu la sienne de cette façon. Et quelque chose d’encore plus obscène dans le fait que, quelques heures plus tard, des responsables fédéraux le qualifiaient déjà de terroriste.
Ce que montrent les vidéos
Les images qui ont émergé depuis samedi racontent une histoire très différente de celle présentée par l’administration Trump. La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a affirmé que Pretti avait « approché » les agents avec une arme de poing. Le commandant Greg Bovino de la Border Patrol a déclaré que Pretti voulait « infliger un maximum de dégâts et massacrer les forces de l’ordre ». Noem a qualifié ses actions de « terrorisme domestique ». Mais les vidéos montrent autre chose. Selon une analyse du Washington Post, les images captées sous plusieurs angles montrent que des agents fédéraux ont retiré une arme de poing de Pretti près de sa ceinture, à l’arrière de son corps, quelques instants avant qu’il ne soit abattu à plusieurs reprises. Une analyse de CBS News confirme : les vidéos montrent un agent en veste grise qui se penche sur la mêlée, les mains vides, puis recule avec ce qui semble être une arme dans sa main droite. C’est à ce moment-là que quelqu’un crie « arme, arme ». Et c’est après que cet agent s’éloigne avec l’arme que le premier coup de feu est tiré.
Deux témoins ont déposé des déclarations sous serment devant le tribunal fédéral du Minnesota samedi soir. L’une est la femme qui a filmé la vidéo la plus claire de la fusillade. Elle se décrit comme « une animatrice pour enfants spécialisée dans le maquillage ». Elle témoigne qu’elle n’a vu aucun signe que Pretti tenait une arme à quelque moment que ce soit. « J’ai lu la déclaration du DHS sur ce qui s’est passé et c’est faux », déclare-t-elle. « L’homme n’a pas approché les agents avec une arme. Il les a approchés avec une caméra. » Le second témoin, un médecin de 29 ans, dit avoir observé la scène depuis la fenêtre de son appartement. Avant la fusillade, il a vu Pretti crier sur les agents, mais « ne l’a pas vu attaquer les agents ni brandir une arme de quelque sorte que ce soit ». Ce médecin ajoute que Pretti a subi au moins trois blessures par balle dans le dos.
Section 3 : Le précédent de Renee Good
Dix-sept jours plus tôt, une autre mort
La mort d’Alex Pretti n’est pas un incident isolé. Elle survient moins de trois semaines après celle de Renee Nicole Good, une autre citoyenne américaine de 37 ans, abattue par un agent ICE le 7 janvier 2026 dans les mêmes rues de Minneapolis. Renee Good était mère de trois enfants. Elle était assise dans son véhicule, un Honda Pilot, arrêté en travers de la rue, quand des agents fédéraux se sont approchés. L’agent Jonathan Ross a fait le tour de sa voiture, filmant avec son téléphone portable. D’autres agents lui ont ordonné de sortir. Elle a reculé légèrement, puis a commencé à avancer vers la droite, dans le sens de la circulation. Ross a tiré trois coups de feu. Renee Good est morte. Le Department of Homeland Security a affirmé qu’elle avait essayé de renverser l’agent avec son véhicule. Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, qui a vu les vidéos, a eu une réponse plus directe : « Après avoir vu la vidéo moi-même, je veux dire à tout le monde directement que c’est des conneries. »
Le médecin légiste du comté de Hennepin a classé la mort de Renee Good comme un homicide. Les vidéos analysées par ABC News montrent que les roues de son véhicule commençaient à tourner vers la droite, s’éloignant de l’endroit où se tenait l’agent, au moment où les tirs ont commencé. L’intervalle entre le premier et le deuxième coup de feu : 399 millisecondes. Un expert en criminologie de l’Université de Caroline du Sud, Geoff Alpert, a fait remarquer : « Maintenant qu’on peut voir qu’il tenait une arme dans une main et un téléphone portable dans l’autre en train de filmer, je veux voir la formation des agents qui permet ça. » Un professeur de droit de l’Université du Wisconsin, John P. Gross, ajoute : « Si vous êtes un agent qui considère cette femme comme une menace, vous n’avez pas une main sur un téléphone portable. Vous ne faites pas le tour de cette supposée arme en filmant tranquillement. »
Deux morts. Deux citoyens américains. Deux histoires que les autorités fédérales ont tenté de réécrire en temps réel, avant même qu’une enquête ne soit menée. Et dans les deux cas, des vidéos qui contredisent la version officielle. Je me demande combien de morts il faudra encore avant qu’on prenne ces vidéos au sérieux. Avant qu’on accepte que les images ne mentent pas, même quand les communiqués de presse essaient de nous convaincre du contraire.
Operation Metro Surge : le contexte
Ces fusillades s’inscrivent dans le cadre de l’« Operation Metro Surge », décrite par le DHS comme la plus grande opération d’application de la loi sur l’immigration jamais menée. Le 6 janvier 2026, le département a annoncé l’envoi de 2 000 agents dans la région métropolitaine de Minneapolis-Saint Paul. L’opération inclut des agents de Homeland Security Investigations concentrés sur des suspicions de fraude impliquant des résidents d’origine somalienne. Depuis le début de cette opération, la ville de Minneapolis vit sous tension permanente. Les enfants manquent l’école ou suivent des cours à distance. Les familles évitent les services religieux. De nombreux commerces, surtout dans les quartiers immigrants, ont temporairement fermé. Une conseillère municipale de Saint Paul, Molly Coleman, a décrit le premier jour de l’opération comme « différent de tout autre jour que nous avons vécu ».
Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a qualifié la situation de « écœurante » et a exigé le retrait immédiat des agents. « J’ai vu les vidéos, sous plusieurs angles, et c’est écœurant », a-t-il déclaré. Le président Trump a riposté sur les réseaux sociaux, accusant le maire et le gouverneur d’« inciter à l’insurrection » avec leur « rhétorique pompeuse, dangereuse et arrogante ». Il a partagé des images de l’arme que les responsables de l’immigration affirment avoir récupérée sur Pretti. Le Minnesota Gun Owners Caucus, un groupe de défense des droits des propriétaires d’armes, a répondu : « Chaque Minnesotain pacifique a le droit de garder et de porter des armes — y compris lors de manifestations, en tant qu’observateur, ou en exerçant ses droits du Premier Amendement. Ces droits ne disparaissent pas quand quelqu’un est légalement armé. »
Section 4 : Les républicains qui rompent les rangs
Des voix conservatrices s’élèvent
Ce qui rend la déclaration des Obama encore plus significative, c’est qu’elle ne vient pas seule. Des voix républicaines commencent à s’élever, rompant avec la ligne du parti sur cette question. Le sénateur républicain Thom Tillis de Caroline du Nord a appelé à une enquête « impartiale » sur la fusillade de samedi. « La crédibilité d’ICE et du DHS sont en jeu », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. « Nous pouvons faire confiance au peuple américain avec la vérité. » Il a ajouté : « Tout responsable de l’administration qui se précipite pour juger et essaie de fermer une enquête avant qu’elle ne commence rend un incroyable mauvais service à la nation et à l’héritage du président Trump. » Le sénateur Bill Cassidy de Louisiane a qualifié la situation à Minneapolis d’« incroyablement troublante » et a également demandé une enquête « complète » aux niveaux fédéral et étatique.
Peut-être plus surprenant encore, l’ancienne représentante Marjorie Taylor Greene, autrefois une alliée fidèle de Trump, a critiqué l’administration dimanche. Elle a souligné la différence entre porter légalement une arme à feu et la brandir. « Vous êtes tous incités à une guerre civile, mais rien de tout cela ne résout les vrais problèmes auxquels nous sommes tous confrontés, et tragiquement des gens meurent », a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux. Quand Marjorie Taylor Greene met en garde contre une escalade, c’est que quelque chose de fondamental a changé dans le paysage politique. Le fossé qui se creuse n’est plus seulement entre démocrates et républicains. Il est entre ceux qui défendent des tactiques de plus en plus agressives et ceux qui, de tous bords, commencent à se demander jusqu’où cela peut aller.
Il y a quelque chose de surréaliste à voir Marjorie Taylor Greene — oui, cette Marjorie Taylor Greene — appeler à la prudence pendant qu’un ancien président démocrate dénonce des abus fédéraux. Les lignes politiques habituelles semblent soudain floues, presque absurdes. Peut-être que c’est ça, le vrai signal d’alarme dont parlent les Obama. Pas seulement les morts. Mais le fait que même les alliés les plus fidèles commencent à douter de ce qui se passe dans les rues américaines.
La bataille pour les preuves
Un juge fédéral, Eric Tostrud — nommé par Trump lors de son premier mandat en 2018 — a accordé une ordonnance de restriction temporaire contre le DHS et d’autres agences fédérales, leur interdisant de détruire des preuves liées à la mort de Pretti. L’ordonnance restera en vigueur jusqu’à lundi après-midi, quand Tostrud devrait statuer sur une possible extension. Cette décision fait suite à une plainte déposée par le Minnesota Bureau of Criminal Apprehension (BCA), qui allègue que le DHS a mal géré les preuves sur la scène du crime. Le BCA affirme que des représentants du DHS leur ont bloqué l’accès à la scène de la fusillade, même après que le bureau ait obtenu un mandat de perquisition signé par un juge. Le chef de police O’Hara a confirmé que des responsables du DHS ont tenté de chasser la police locale de la scène — ce qu’il a refusé.
Cette bataille pour les preuves rappelle ce qui s’est passé après la mort de Renee Good. Les autorités de l’État ont également déclaré avoir été empêchées d’accéder à des preuves cruciales dans cette enquête. L’arme utilisée pour tirer sur Good et son véhicule restent aux mains des autorités fédérales. L’ACLU a déposé une plainte en urgence samedi soir au nom des manifestants de Minneapolis contre Kristi Noem et d’autres responsables de la sécurité intérieure, demandant des restrictions sur la conduite des agents fédéraux dans la ville. Une majorité de démocrates à la Chambre des représentants poussent maintenant pour que celle-ci envisage la destitution de la secrétaire Noem suite à la mort de Pretti.
Section 5 : L'appel d'Obama à l'action
Travailler ensemble, pas l’un contre l’autre
La déclaration des Obama ne se contente pas de critiquer. Elle propose une voie à suivre. « Les agents fédéraux chargés de l’application de la loi et de l’immigration ont un travail difficile », reconnaissent-ils. « Mais les Américains s’attendent à ce qu’ils accomplissent leurs devoirs de manière légale, responsable, et en travaillant avec, plutôt que contre, les responsables étatiques et locaux pour assurer la sécurité publique. » Ce n’est pas ce qu’ils voient au Minnesota, ajoutent-ils. « En fait, nous voyons l’opposé. » L’ancien président demande à l’administration de « reconsidérer son approche » et de « commencer à trouver des moyens de travailler constructivement avec le gouverneur Walz et le maire Frey ainsi qu’avec la police d’État et locale pour éviter plus de chaos et atteindre des objectifs légitimes d’application de la loi ».
Les Obama terminent en appelant au soutien des manifestations pacifiques. « En attendant, chaque Américain devrait soutenir et s’inspirer de la vague de protestations pacifiques à Minneapolis et dans d’autres parties du pays », écrivent-ils. « Elles sont un rappel opportun qu’en fin de compte, c’est à chacun d’entre nous, en tant que citoyens, de nous élever contre l’injustice, de protéger nos libertés fondamentales et de tenir notre gouvernement responsable. » Le département de police de Minneapolis a rapporté dimanche qu’aucune arrestation, aucun rapport de cambriolage ou d’incendie n’avait eu lieu pendant la nuit. Malgré des milliers de personnes descendues dans les rues glaciales de Minneapolis pour honorer la mémoire de Renee Good et Alex Pretti, la ville est restée « très calme et pacifique », selon les responsables municipaux.
Ce qui me frappe dans la déclaration d’Obama, c’est qu’il ne demande rien d’extraordinaire. Il demande que les agents fédéraux travaillent avec les autorités locales plutôt que contre elles. Il demande des enquêtes sérieuses avant les conclusions hâtives. Il demande que les tactiques respectent la loi. Ce sont des demandes basiques, fondamentales, qui ne devraient même pas avoir besoin d’être formulées. Le fait qu’un ancien président doive les énoncer publiquement en dit long sur l’état actuel des choses.
Le spectre de George Floyd
Minneapolis n’est pas une ville comme les autres dans ce débat. C’est ici, en 2020, que George Floyd a été tué par un policier, déclenchant des manifestations mondiales contre les violences policières. Un manifestant présent lors d’une veillée pour Renee Good a fait le parallèle : « Vous savez, ça remonte à George Floyd, Melissa Hortman et maintenant ça, c’est comme quoi ensuite ? Et j’ai 81 ans. Je me soucie de ce pays ; j’ai servi dans notre armée. Et je n’aime pas ce qui se passe. » L’histoire semble se répéter dans ces mêmes rues, mais cette fois avec des agents fédéraux plutôt que des policiers locaux. Le gouverneur Walz a proclamé le 9 janvier 2026 « Journée Renee Good ». Samedi soir, une veillée a été organisée pour Alex Pretti sur Summit Avenue et Lexington Parkway.
Le match de NBA entre les Minnesota Timberwolves et les Golden State Warriors, initialement prévu samedi à 16h30 au Target Center, a été reporté au lendemain pour des raisons de sécurité. Les écoles de Minneapolis avaient déjà annulé les cours après la mort de Renee Good, offrant des options d’enseignement à distance jusqu’au 12 février. La ville est sous tension. Mais elle reste, pour l’instant, remarquablement pacifique dans sa protestation. C’est peut-être ça, la leçon que les Obama veulent souligner : on peut manifester son indignation, son chagrin, sa colère, tout en refusant de basculer dans le chaos que certains semblent provoquer.
Section 6 : Les enjeux nationaux
Une crise de gouvernement en formation
La situation à Minneapolis pourrait avoir des répercussions bien au-delà des frontières du Minnesota. Le leader de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, a annoncé que les démocrates du Sénat ne fourniront pas les votes nécessaires pour faire avancer le projet de loi de finances si le financement du DHS y est inclus. « Ce qui se passe au Minnesota est consternant — et inacceptable dans n’importe quelle ville américaine », a déclaré Schumer. « Les démocrates ont demandé des réformes de bon sens dans le projet de loi de dépenses du Department of Homeland Security, mais à cause du refus des républicains de tenir tête au président Trump, le projet de loi du DHS est terriblement inadéquat pour freiner les abus d’ICE. » La Chambre a adopté jeudi un ensemble de mesures de financement, dont une mesure séparée pour financer le DHS, envoyant les projets de loi au Sénat pour approbation.
Le risque d’une fermeture du gouvernement (shutdown) se profile à nouveau, avec les événements de Minneapolis comme catalyseur. Politico rapporte que la mort de Renee Good a déclenché une série d’efforts par des législateurs d’États à travers le pays pour limiter la coopération avec ICE et renforcer la surveillance de l’agence. Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, a déposé une plainte contre les agences fédérales. Les villes de Minneapolis et Saint Paul se sont jointes à l’action. Ce qui était une opération d’immigration locale est en train de devenir une crise constitutionnelle potentielle, testant les limites du pouvoir fédéral face aux autorités locales et étatiques.
La question de l’impunité
Au cœur de cette crise se trouve une question fondamentale : les agents fédéraux peuvent-ils opérer en toute impunité sur le sol américain ? La mort d’Alex Pretti est au moins la sixième personne à mourir lors d’opérations d’application de la loi sur l’immigration à l’échelle nationale depuis l’année dernière, selon l’Associated Press. C’était l’une des au moins cinq fusillades en janvier impliquant des agents fédéraux menant des opérations anti-immigration, selon Reuters. Au moins six personnes sont également mortes dans des centres de détention ICE depuis le début de 2026, après au moins 30 décès en détention l’année dernière — un record en deux décennies. Le syndicat représentant les agents de la Border Patrol a déclaré que la « rhétorique des politiciens et des médias » a encouragé ces « confrontations imprudentes et attaques contre nos agents ». Mais les images vidéo, les témoignages sous serment, et maintenant les voix de républicains de premier plan racontent une histoire différente.
Le commandant Bovino a déclaré que l’agent qui a tiré sur Pretti avait huit ans d’expérience dans la Border Patrol et une « formation extensive ». Mais est-ce que cette formation inclut le fait de tirer sur un homme désarmé — selon les témoins — qui a été plaqué au sol par au moins cinq agents ? Est-ce qu’elle inclut le fait de qualifier une victime de « terroriste domestique » avant toute enquête ? Est-ce qu’elle inclut le blocage des enquêteurs locaux de la scène du crime ? Ces questions restent sans réponse. Et tant qu’elles le resteront, la confiance du public dans ces opérations continuera de s’éroder.
Conclusion : Le signal d'alarme
Ce que l’Amérique choisira
La déclaration des Obama n’est pas simplement une critique politique. C’est un appel à la conscience nationale. « Cela doit s’arrêter », écrivent-ils. Trois mots simples qui portent le poids de deux morts, de semaines de confrontations, de vidéos qui contredisent les versions officielles, et d’une nation qui semble glisser vers quelque chose que beaucoup n’osent pas nommer. L’ancien président Obama a longtemps été critiqué pour sa retenue, son refus de s’engager directement contre son successeur. Certains y voyaient de la sagesse, le respect d’une tradition démocratique. D’autres y voyaient de la lâcheté, un abandon de responsabilité. Ce dimanche, il a choisi de parler. Et ses mots résonnent d’autant plus fort qu’ils ont été si longtemps attendus.
Alex Pretti avait 37 ans. Il soignait des vétérans. Il filmait avec son téléphone. Il est mort dans la rue de son quartier, abattu par des agents de son propre gouvernement. Sa famille dit qu’il « voulait faire une différence dans ce monde ». Peut-être que sa mort en fera une. Peut-être que les images qui circulent, les témoignages qui s’accumulent, les voix qui s’élèvent — y compris celle d’un ancien président — forceront une réévaluation de ce qui se passe dans les rues américaines. Ou peut-être pas. L’Amérique est à un carrefour. Le chemin qu’elle choisira dépendra de ce que chaque citoyen, de chaque bord politique, décide de faire avec ce signal d’alarme.
En écrivant ces lignes, je repense à cette phrase des Obama : « En fin de compte, c’est à chacun d’entre nous, en tant que citoyens, de nous élever contre l’injustice. » Ce n’est pas une responsabilité qu’on peut déléguer à un ancien président, à un gouverneur, ou à un juge. C’est la nôtre. Alex Pretti l’avait compris. Il était là, dans la rue, avec son téléphone, essayant de documenter ce qui se passait dans son quartier. Il est mort pour ça. La question maintenant est simple : qu’est-ce qu’on fait de ce qu’il a filmé ? Qu’est-ce qu’on fait de cette mort ? Qu’est-ce qu’on fait de ce signal d’alarme ? La réponse nous appartient. À tous.
Les jours qui viennent
Lundi, le juge Tostrud devrait statuer sur l’extension de l’ordonnance de restriction contre le DHS. Le gouverneur Walz a tenu une conférence de presse dimanche après-midi. Les enquêtes du FBI et du Bureau of Criminal Apprehension du Minnesota suivent leur cours — dans la mesure où elles ont accès aux preuves. Les manifestations continuent, pacifiques mais déterminées. Et quelque part à Minneapolis, la famille de Pretti pleure un fils, un frère, un infirmier qui a passé sa vie à soigner les autres. La secrétaire Noem maintient que Pretti commettait un « crime » quand il a interagi avec les agents. Le chef de police O’Hara rappelle que Pretti « semblait exercer ses droits du Premier et du Second Amendement ». Deux visions de l’Amérique, irréconciliables, qui s’affrontent sur le corps d’un homme de 37 ans mort dans la rue.
Barack Obama a rompu son silence. La question maintenant est de savoir qui d’autre le fera. Et si ce sera suffisant pour changer quoi que ce soit.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques politiques et sociales qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les événements, à comprendre les enjeux sous-jacents, à contextualiser les décisions des acteurs et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : déclarations officielles de l’ancien président Obama et de l’ancienne première dame Michelle Obama, communiqués du Department of Homeland Security, déclarations sous serment déposées devant le tribunal fédéral du Minnesota, conférences de presse des responsables locaux et étatiques (gouverneur Tim Walz, maire Jacob Frey, chef de police Brian O’Hara).
Sources secondaires : ABC News, CBS News, Washington Post, Associated Press, Reuters, Irish Times, CBC News, Al Jazeera, NBC News, NPR, Minnesota Public Radio, Star Tribune, Fox News, Fortune, Wikipedia.
Les analyses vidéo citées proviennent d’examens indépendants menés par ABC News, CBS News et le Washington Post.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les témoignages vérifiés et les déclarations officielles des différentes parties.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires américaines.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Déclaration de Barack et Michelle Obama – Communiqué officiel – 25 janvier 2026
ABC News Live Updates – Minneapolis shooting – Mise à jour continue – 25 janvier 2026
Washington Post – Minneapolis live updates – 25 janvier 2026
CBS News Minnesota – Judge grants restraining order against DHS – 25 janvier 2026
Irish Times – Parents of Alex Pretti say Trump officials telling ‘sickening lies’ – 25 janvier 2026
Sources secondaires
Al Jazeera – Who was Alex Pretti – 25 janvier 2026
CBC News – Obamas say Trump administration seems ‘eager to escalate’ – 25 janvier 2026
Wikipedia – Killing of Alex Pretti – Mise à jour continue
Wikipedia – Killing of Renée Good – Mise à jour continue
Reuters – Video analysis – 25 janvier 2026
NPR – Video shows fatal Minnesota ICE shooting from officer’s perspective – 10 janvier 2026
Star Tribune – Alex Pretti identified – 24 janvier 2026
KTTC – Reactions from elected officials – 24 janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.