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Dmitriev à Abu Dhabi : quand Poutine remercie les Émirats d’avoir réuni Russes, Ukrainiens et Américains autour de la même table
Crédit: Adobe Stock

Quand l’impensable devient réalité

Les 23 et 24 janvier 2026 resteront dans les livres d’histoire. Pour la première fois depuis l’invasion russe de l’Ukraine, des délégations de Moscou, Kiev et Washington se sont retrouvées face à face lors de pourparlers trilatéraux. Pas des discussions bilatérales où chacun parle à tour de rôle avec un médiateur. Non. Une vraie table de négociation à trois. Les Émirats arabes unis ont accueilli ce sommet dans leur capitale, confirmant leur statut de puissance diplomatique montante au Moyen-Orient. Le cheikh Abdallah ben Zayed Al Nahyan, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, a salué cet événement comme une étape majeure vers la résolution du conflit. Les mots sont pesés, calibrés, mais l’enjeu est colossal.

Côté russe, la délégation était composée de militaires de haut rang, dirigée par l’amiral Igor Kostyukov. Côté ukrainien, Rustem Oumerov, le négociateur en chef, et Kyrylo Boudanov, le patron du renseignement militaire — deux hommes qui connaissent intimement les réalités du terrain. Côté américain, Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, accompagnés du secrétaire à l’Armée Dan Driscoll et du général de l’US Air Force Alexus Grynkewich, le commandant suprême de l’OTAN. Un casting qui dit tout sur l’importance que Washington accorde à ces négociations. Trump veut un accord. Vite. Et il a envoyé ses meilleurs atouts pour l’obtenir. Les discussions ont été qualifiées de « positives et constructives » par les Émirats. Plus significatif encore : les délégations russe et ukrainienne ont eu des contacts directs pendant les pourparlers. Après des années de guerre et de rhétorique haineuse, se regarder dans les yeux autour d’une table, c’est déjà une victoire en soi.

Le nœud gordien : la question territoriale

Mais ne nous berçons pas d’illusions. Les sourires diplomatiques cachent un gouffre. Steve Witkoff a déclaré que les négociations en étaient réduites à « une seule question ». Cette question, c’est le Donbass. C’est Donetsk et Louhansk. C’est Zaporijjia et sa centrale nucléaire. Ce sont des territoires que la Russie occupe et réclame, que l’Ukraine refuse de céder. La ligne rouge de Poutine est claire : pas d’accord sans le contrôle total du Donbass. Après sa rencontre marathon avec les émissaires américains au Kremlin, son conseiller Iouri Ouchakov a été catégorique : « Sans résoudre la question territoriale selon la formule convenue à Anchorage, on ne doit pas s’attendre à parvenir à un règlement durable. » Traduction : la Russie ne bougera pas.

De l’autre côté, le président Volodymyr Zelensky maintient sa position. L’Ukraine ne cédera pas un centimètre carré de territoire qu’elle contrôle encore. C’est une question de principe, mais aussi de survie politique. Aucun dirigeant ukrainien ne pourrait signer un accord qui entérine les conquêtes russes sans risquer d’être balayé par son propre peuple. Les négociations se heurtent donc à ce mur : comment satisfaire un Poutine qui exige des gains territoriaux et un Zelensky qui ne peut pas se permettre des pertes territoriales ? Les experts restent sceptiques. La question territoriale n’est pas « le dernier obstacle » — c’est l’obstacle fondamental, celui sur lequel toutes les négociations précédentes ont échoué. Pourtant, le simple fait que les discussions continuent, que les parties acceptent de se revoir dès la semaine prochaine, peut-être dès le 1er février, suggère que quelque chose a changé. Ou du moins que tout le monde fait semblant d’y croire.

Il y a quelque chose de vertigineux à observer ces négociations de loin. On parle de « formules territoriales » et de « cadres de cessez-le-feu » comme s’il s’agissait d’équations mathématiques. Mais chaque kilomètre carré dont on discute, ce sont des villages, des maisons, des cimetières où reposent des générations de familles. Ce sont des gens qui se demandent s’ils pourront un jour rentrer chez eux, ou s’ils devront accepter qu’un « chez eux » n’existe plus. La diplomatie a ses exigences. La réalité humaine en a d’autres.

Sources

Sources primaires

Sputnik Globe – Dmitriev Delivers Putin’s Greeting, Thanks UAE President for Abu Dhabi Trilateral Talks – 25 janvier 2026
Ministry of Foreign Affairs UAE – Abdullah bin Zayed Welcomes UAE’s Hosting of Trilateral Talks Between Russia, Ukraine, and the United States – 23 janvier 2026
The National (UAE) – President Sheikh Mohamed meets Russian presidential envoy in Abu Dhabi – 25 janvier 2026
The National (UAE) – US-Ukraine-Russia talks in Abu Dhabi conclude – 24 janvier 2026

Sources secondaires

Al Jazeera – Ukraine-Russia-US hold talks in Abu Dhabi with territory as key issue – 23 janvier 2026
Al Jazeera – Russia-Ukraine war updates: Talks end in Abu Dhabi without breakthrough – 24 janvier 2026
CNN – Ukraine hails first trilateral talks with Russia and US – 23 janvier 2026
ABC News – Russia, Ukraine and US hold 1st trilateral talks since start of war – 23 janvier 2026
NBC News – Russia, Ukraine to hold trilateral peace talks with U.S. for first time – 23 janvier 2026
Bloomberg – Steve Witkoff, Jared Kushner Set for Moscow Talks With Putin on Ukraine – 21 janvier 2026
Euronews – More talks expected next week after Ukraine, Russia and US conclude Abu Dhabi meeting – 24 janvier 2026
PBS News – Who is Kirill Dmitriev, the Russian envoy who helped craft the Ukraine peace proposal? – 2025
Kyiv Independent – Who’s Kirill Dmitriev, Putin’s Trump-whisperer – 2025
Wikipedia – Kirill Dmitriev – Consulté le 25 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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