Les déclarations contradictoires
Donald Trump affirme avoir obtenu tout ce qu’il voulait. Pour toujours, a-t-il précisé, avec cette assurance qui le caractérise. Mais quand une journaliste lui a demandé si cela signifiait que les États-Unis prenaient possession du Groenland, il a hésité. Bafouillé. Puis esquivé. C’est un accord de long terme, a-t-il fini par lâcher. L’accord de long terme par excellence. Des mots qui ne veulent rien dire. Ou qui veulent tout dire, selon l’interprétation qu’on leur donne. Mark Rutte, de son côté, a affirmé à Fox News que la question de la souveraineté n’avait pas été abordée lors de ses discussions avec le président américain. Comment est-ce possible? Le Groenland était au cœur des tensions depuis des semaines. Trump exigeait le titre de propriété complet du territoire. Et soudain, on nous dit que le sujet n’a même pas été évoqué?
Les fuites dans la presse américaine ajoutent à la confusion. Le New York Times a rapporté, citant des sources anonymes, que l’accord pourrait s’inspirer du modèle britannique à Chypre, où certaines bases militaires sont considérées comme territoire souverain du Royaume-Uni. Le Telegraph a affirmé que certaines installations au Groenland pourraient être reconnues comme territoire américain. L’OTAN et le Danemark ont immédiatement démenti. Mais ces démentis n’ont fait que renforcer l’impression générale : personne ne maîtrise le récit. Personne ne contrôle l’information. Personne ne sait vraiment ce qui a été promis dans ces couloirs de Davos.
Ce qui me frappe, c’est l’impuissance. L’impuissance des Européens face à un allié qui les traite comme des subalternes. L’impuissance des diplomates réduits à commenter des tweets au lieu de participer aux négociations. L’impuissance d’une alliance construite sur la confiance mutuelle et qui découvre, en direct, que cette confiance n’existe peut-être plus. On nous dit que tout va bien. Que la souveraineté danoise est préservée. Que les lignes rouges n’ont pas été franchies. Mais si c’était vrai, pourquoi ce secret? Pourquoi cette opacité? Pourquoi les ministres des 32 pays membres doivent-ils apprendre par la presse ce qui se décide pour leur propre sécurité?
Les miettes d’information disponibles
Ce qu’on sait avec certitude tient en quelques lignes. L’accord de défense de 1951 entre le Danemark et les États-Unis va être renégocié. Cet accord, mis à jour en 2004, donnait déjà carte blanche aux forces américaines sur le territoire groenlandais. Les États-Unis n’y possèdent plus qu’une seule base, celle de Pittufik dans le nord de l’île, après en avoir exploité une dizaine pendant la Guerre froide. La présence militaire américaine va être renforcée. Les alliés européens de l’OTAN vont contribuer à sécuriser la région arctique face aux ambitions de la Chine et de la Russie. Mette Frederiksen a confirmé que tous les pays de l’OTAN sont d’accord pour une présence permanente de l’Alliance dans l’Arctique et autour du Groenland.
Mais au-delà de ces grandes lignes, le flou persiste. Trump a mentionné des discussions en cours sur un mystérieux projet nommé Dôme d’or, sans jamais expliquer de quoi il s’agissait. Il a désigné le vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et l’envoyé spécial Steve Witkoff pour mener les négociations futures. Les Européens, eux, ne figurent pas dans cette liste. Ils attendront. Ils verront bien ce qu’on leur présentera. Comme toujours, depuis que Trump est revenu au pouvoir, ils naviguent à vue dans une tempête qu’ils n’ont pas provoquée mais dont ils subiront les conséquences.
Les pressions de Trump : chronique d'un chantage
Des menaces économiques et militaires
Pour comprendre l’accord de Davos, il faut remonter quelques semaines en arrière. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump martèle que seule une acquisition pure et simple du Groenland par les États-Unis permettrait d’assurer la sécurité américaine face à la Russie et à la Chine. Il a refusé d’exclure l’usage de la force militaire ou de la coercition économique pour obtenir ce qu’il veut. Le 18 janvier, il a accusé le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande de jouer à un jeu très dangereux en envoyant des militaires sur place. Il a menacé ces huit pays alliés de droits de douane punitifs, son arme diplomatique favorite.
La surtaxe devait être de 10% à partir du 1er février, puis grimper à 25% au 1er juin. L’objectif affiché : forcer un accord pour la vente complète et intégrale du Groenland. Les capitales européennes étaient sous le choc. Des réunions d’urgence ont été convoquées à Bruxelles. On parlait de mesures de rétorsion, de contre-tarifs, de guerre commerciale ouverte avec le plus vieil allié du continent. L’article 5 du traité de l’Atlantique nord, qui prévoit la solidarité entre pays membres, semblait soudain appartenir à une autre époque. Comment invoquer la défense collective quand l’un des membres menace les autres?
Le rôle ambigu de Mark Rutte
Mark Rutte a joué les médiateurs. L’ancien Premier ministre néerlandais, devenu secrétaire général de l’OTAN en octobre 2024, entretient d’excellentes relations avec Donald Trump. Il sait lui parler. Le flatter. Le rassurer. À Davos, avant même leur rencontre, Rutte avait plaidé pour une diplomatie réfléchie. Il avait reconnu les tensions au sein de l’Alliance tout en promettant des solutions. Trump avait même publié un message privé de Rutte s’engageant à trouver une issue. Cette proximité, qui avait déjà permis au Néerlandais de convaincre les alliés d’augmenter leurs dépenses de défense à 5% du PIB lors du sommet de La Haye en juin dernier, s’est révélée à double tranchant.
Car en négociant seul avec Trump, Rutte a pris un risque immense. Il a engagé l’OTAN sans consulter l’OTAN. Il a promis des choses dont personne ne connaît la nature exacte. Et maintenant, il devra présenter le résultat au Conseil de l’Atlantique nord. Albares en est convaincu : tout ce qui a été discuté sera présenté aux alliés pour examen. Mais quand? Comment? Et que se passera-t-il si certains membres refusent d’avaliser ce qui a été négocié en leur absence? Ces questions restent sans réponse. Elles dessinent les contours d’une crise institutionnelle qui ne fait que commencer.
Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette séquence. Mark Rutte n’est pas élu. Il n’a pas de mandat démocratique direct. Il représente une organisation, pas un peuple. Et pourtant, c’est lui qui négocie avec le président de la première puissance mondiale sur des questions qui engagent l’avenir de dizaines de nations. Je ne remets pas en cause ses compétences ni ses intentions. Mais la méthode pose question. L’opacité pose question. Le fait accompli pose question. À quel moment les citoyens européens ont-ils été consultés sur leur propre sécurité? À quel moment leurs représentants élus ont-ils eu voix au chapitre?
L'Espagne prend position : vers une armée européenne
Le refus de négocier sous la contrainte
José Manuel Albares n’a pas mâché ses mots. Le comportement des États-Unis est inacceptable. L’Union européenne ne négociera pas sous la menace. L’Europe dispose d’outils puissants pour se défendre, a-t-il rappelé, évoquant la possibilité de mesures de rétorsion commerciales. Mais au-delà des représailles potentielles, le ministre espagnol a posé une question plus fondamentale : que veut l’Europe? Où va-t-elle? Et comment compte-t-elle assurer sa sécurité dans un monde où même ses alliés les plus proches peuvent devenir des menaces? La réponse d’Albares est sans ambiguïté : l’Europe doit prendre le contrôle de sa propre défense.
Pour le chef de la diplomatie espagnole, la paix est la valeur fondamentale que l’Europe doit défendre. Mais la paix ne se décrète pas. Elle se construit. Elle se protège. Et pour la protéger, il faut des moyens. De la dissuasion. Une capacité à dire non sans craindre les représailles. Si nous voulons continuer à être un continent de paix où personne ne peut apporter la guerre ou utiliser la coercition sur nous, que ce soit la menace de l’usage de la force ou la coercition commerciale, nous devons avoir la dissuasion en main, a-t-il affirmé. Ces mots résonnent différemment aujourd’hui, alors qu’un président américain refuse d’exclure l’usage de la force contre un territoire européen.
Les trois piliers de la souveraineté stratégique
Albares a détaillé sa vision. Premier pilier : une coalition de volontaires pour la sécurité européenne. Un noyau dur de pays prêts à avancer ensemble, sans attendre que les 27 soient unanimes sur chaque détail. Deuxième pilier : l’intégration des industries de défense. Mutualiser les capacités. Développer des programmes communs. Cesser de dépendre des équipements américains pour armer les forces européennes. Troisième pilier, le plus ambitieux : une armée européenne. Le mot est lâché. Il fait peur à certains. Il enthousiasme d’autres. Mais il est désormais sur la table, porté par un ministre d’un des plus grands pays de l’Union.
Albares reconnaît que les tentatives passées ont échoué. La Communauté européenne de défense, rejetée par la France en 1954, reste un traumatisme. Mais le contexte a changé. Trump a changé la donne. La guerre en Ukraine a changé la donne. Les menaces sur le Groenland ont changé la donne. L’Europe ne peut plus se permettre de déléguer sa sécurité à un allié qui menace ses membres. Elle doit s’organiser. Se structurer. Investir. Et accepter que la défense collective européenne n’est plus un rêve lointain mais une nécessité urgente. L’Espagne, pourtant l’un des pays de l’OTAN qui consacre le moins à la défense (1,28% du PIB en 2024), se positionne comme fer de lance de cette révolution stratégique.
Il y a une ironie cruelle dans cette situation. Pendant des décennies, les États-Unis ont reproché aux Européens de ne pas assez investir dans leur défense. De profiter du parapluie américain sans en payer le prix. Et maintenant qu’un président américain menace explicitement des alliés européens, ces mêmes Européens réalisent que Washington avait peut-être raison. Pas pour les bonnes raisons. Pas de la bonne manière. Mais sur le fond. L’Europe doit se défendre par elle-même. Non pas parce que les Américains le demandent. Mais parce que les Américains, sous Trump, ont prouvé qu’ils ne sont plus des partenaires fiables. C’est une leçon amère. Mais c’est peut-être la leçon dont l’Europe avait besoin.
Le Danemark et le Groenland : les grands absents
La souveraineté comme ligne rouge
Mette Frederiksen tient bon. Les lignes rouges sont les mêmes qu’elles ont toujours été, a-t-elle martelé sur la chaîne TV2. Le Danemark ne renoncera pas à sa souveraineté sur le Groenland. Point final. Cette fermeté contraste avec la confusion qui règne autour de l’accord Trump-Rutte. La Première ministre danoise a précisé qu’elle avait eu des contacts réguliers avec le secrétaire général de l’OTAN, avant et après sa rencontre avec le président américain. Elle a coordonné ses efforts avec le gouvernement groenlandais. Mais elle refuse d’entrer dans les détails des discussions bilatérales entre Copenhague et Washington. Le mystère reste entier.
Ce que l’on sait, c’est que le Danemark est disposé à renégocier l’accord de défense de 1951. C’est une concession significative. Mais Frederiksen insiste : renégocier ne signifie pas céder. Les États-Unis avaient 17 installations militaires au Groenland pendant la Guerre froide, avec environ 10 000 personnes. Ils n’en ont plus qu’une. Accepter d’en augmenter le nombre n’est pas la même chose que transférer la souveraineté. C’est la nuance sur laquelle joue Copenhague. Reste à savoir si Trump se contentera de cette nuance. Ou s’il reviendra à la charge, comme il l’a fait si souvent, avec de nouvelles exigences, de nouvelles menaces, de nouveaux tweets incendiaires.
La voix des Groenlandais
Albares l’a rappelé avec force : l’avenir du Groenland appartient aux Groenlandais et au peuple danois. Personne d’autre. Les sondages sont clairs : une grande partie de la population groenlandaise ne souhaite pas appartenir aux États-Unis. Le Groenland dispose d’une large autonomie depuis 2009. Son gouvernement gère la plupart des affaires intérieures. Il aspire peut-être à l’indépendance, un jour, mais certainement pas à devenir le 51e État américain. Cette réalité démocratique semble échapper à Trump, pour qui le Groenland est avant tout un bien immobilier stratégique. Une ressource à acquérir. Un deal à conclure.
La pression doit cesser, a exigé Albares. Cette phrase résume tout. Car au-delà des accords et des négociations, c’est la méthode qui pose problème. On ne menace pas un allié. On ne brandit pas des droits de douane comme une arme contre des partenaires. On ne spécule pas publiquement sur l’usage de la force contre un territoire souverain. Ces comportements sapent les fondements mêmes de l’Alliance atlantique. Ils créent des précédents dangereux. Ils donnent des arguments à ceux qui, comme Poutine ou Xi Jinping, affirment que l’Occident n’est qu’un assemblage de nations divisées, incapables de s’entendre sur l’essentiel.
Conclusion : L'Alliance à la croisée des chemins
Une confiance ébranlée
L’accord de Davos, quel qu’il soit, laissera des traces. Non pas à cause de son contenu, toujours inconnu à cette heure, mais à cause de la manière dont il a été négocié. En coulisses. Sans transparence. Sans consultation. Les alliés de l’OTAN ont découvert qu’ils pouvaient être tenus à l’écart de décisions cruciales pour leur propre sécurité. Ils ont compris que Mark Rutte, aussi habile soit-il, ne peut pas à lui seul préserver la cohésion d’une alliance de 32 pays face à un président américain imprévisible. Ils ont réalisé que l’Europe, si elle veut peser, doit parler d’une seule voix et disposer de ses propres moyens de défense.
L’OTAN sortira-t-elle renforcée ou affaiblie de cette crise? La question reste ouverte. Trump a suspendu ses menaces tarifaires. Il affirme avoir obtenu tout ce qu’il voulait. Rutte promet que les détails seront présentés au Conseil de l’Atlantique nord. Frederiksen jure que la souveraineté danoise est intacte. Albares appelle à une armée européenne. Chacun joue sa partition. Mais l’harmonie a disparu. Ce qui reste, c’est le bruit de fond d’une Alliance qui doute d’elle-même.
Nous voilà donc au cœur d’un paradoxe. L’OTAN existe pour garantir la sécurité collective de ses membres. Mais quand l’un de ces membres menace les autres, quand le secrétaire général négocie sans mandat explicite, quand les alliés ignorent ce qui se décide en leur nom — que reste-t-il de cette sécurité collective? Une façade? Une habitude? Un souvenir? Je ne crois pas que l’OTAN soit morte. Mais je crois qu’elle doit se réinventer. Et que cette réinvention passera, inévitablement, par une Europe plus autonome, plus forte, plus unie. Ce n’est plus un luxe. C’est une question de survie.
La question qui reste
Que contient vraiment cet accord? Nous le saurons peut-être dans les jours, les semaines ou les mois qui viennent. Ou peut-être jamais. Car dans le monde de Trump, les accords peuvent être annulés d’un tweet, les promesses oubliées au gré des humeurs, les alliances redéfinies selon les intérêts du moment. Les Européens l’ont compris à leurs dépens. Ils ne peuvent plus compter que sur eux-mêmes. C’est une leçon douloureuse. Mais c’est aussi, peut-être, une chance. La chance de construire enfin cette Europe de la défense dont on parle depuis des décennies sans jamais la réaliser.
En attendant, les ministres des Affaires étrangères continueront de se consulter. De s’appeler. De comparer leurs informations parcellaires. De guetter la prochaine déclaration, le prochain tweet, le prochain coup de théâtre. C’est à cela que ressemble désormais la diplomatie transatlantique. Un exercice d’interprétation permanente, où l’on scrute les mots, les silences, les sous-entendus, en espérant deviner ce que pense vraiment l’allié américain. Et ce qu’il fera demain.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
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Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, interviews avec Euronews, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Agence France-Presse).
Sources secondaires : publications spécialisées et médias d’information reconnus internationalement (Euronews, France Info, Radio-Canada, RTS, Public Sénat, Euractiv, New York Times).
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Euronews — Interview de José Manuel Albares en marge du Forum économique mondial — 25 janvier 2026
Département d’État américain — Communiqué officiel de Donald Trump sur Truth Social — 21 janvier 2026
OTAN — Communiqué sur les discussions Trump-Rutte à Davos — 22 janvier 2026
Gouvernement danois — Déclarations de Mette Frederiksen — 22-23 janvier 2026
Sources secondaires
France Info — Ce que l’on sait de l’accord Trump-OTAN sur le Groenland — 22 janvier 2026
Radio-Canada — Ce que l’on sait de l’accord envisagé à propos du Groenland — 22 janvier 2026
Public Sénat — Revirement de Donald Trump sur le Groenland — 22 janvier 2026
RTS — Les pays de l’OTAN tous d’accord pour une présence permanente autour du Groenland — 23 janvier 2026
Euractiv — L’OTAN et le Danemark démentent que l’accord compromette la souveraineté — 22 janvier 2026
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