« Je suis proche de ceux qui souffrent »
Le pape Léon XIV, premier pontife américain de l’histoire, élu le 8 mai 2025, n’est pas homme à mâcher ses mots. Depuis son élection, il a placé la paix au cœur de son pontificat. Pas la paix abstraite des discours diplomatiques. La paix concrète, celle qui permet aux gens de dormir sans craindre les bombes, de chauffer leur maison, de nourrir leurs enfants. Dans son message du jour de Noël 2025, il avait déjà fustigé les « blessures ouvertes » laissées par les guerres. Mais ses déclarations de janvier 2026 vont plus loin. Elles nomment. Elles pointent. Elles accusent, sans le vocabulaire juridique, mais avec une force morale que peu de dirigeants mondiaux osent encore employer.
« Je regarde avec douleur ce qui se passe en Ukraine », a déclaré le Saint-Père. « Je suis proche de ceux qui souffrent, et je prie pour eux tous. » Ces mots peuvent sembler convenus. Ils ne le sont pas. Dans le langage feutré de la diplomatie vaticane, ils représentent une prise de position claire. Le pape ne parle pas d’un conflit abstrait entre deux parties. Il parle de souffrance. Il parle de victimes. Et il se place explicitement de leur côté. Le cardinal Konrad Krajewski, aumônier du pape, est allé encore plus loin lors d’une conférence de presse au Vatican. Il a parlé d’une « mondialisation de l’impuissance » face à cette tragédie. Une formule terrible. Une formule qui dit tout. Le monde entier regarde l’Ukraine mourir de froid, et personne ne fait rien. Ou pas assez. Ou trop tard.
La « mondialisation de l’impuissance ». J’ai relu cette expression plusieurs fois. Elle me hante. Parce qu’elle décrit exactement ce que je ressens, ce que beaucoup d’entre nous ressentent face à cette guerre qui n’en finit pas. On sait. On voit. On lit les chiffres. Et puis quoi ? On passe à autre chose. On se dit que c’est loin, que c’est compliqué, que ce n’est pas notre affaire. Sauf que c’est notre affaire. C’est l’Europe. C’est notre voisinage. Ce sont des gens comme nous, qui avaient des vies comme les nôtres, et qui aujourd’hui survivent dans des conditions moyenâgeuses parce qu’un dictateur a décidé qu’ils n’avaient pas le droit d’exister en tant que nation libre.
L’aide concrète du Vatican
Mais le pape Léon XIV ne se contente pas de paroles. Le Vatican a envoyé trois camions d’aide humanitaire en Ukraine, transportant 100 000 sachets de soupe protéinée. Ce n’est pas grand-chose à l’échelle des besoins. Mais c’est un geste. Un geste qui dit : nous ne vous oublions pas. Le nonce apostolique en Ukraine, Mgr Visvaldas Kulbokas, a décrit la situation sur place avec des mots glaçants : « Il y a une pénurie d’électricité et une pénurie alimentaire. La situation ressemble un peu à l’Holodomor des années 30. » L’Holodomor. La grande famine orchestrée par Staline qui a tué des millions d’Ukrainiens entre 1932 et 1933. Que le représentant du pape utilise cette comparaison en dit long sur la gravité de ce qui se passe.
Mgr Kulbokas n’a pas exclu une possible évacuation de Kyiv. Pas une évacuation militaire. Une évacuation humanitaire. Parce que la capitale de l’Ukraine pourrait devenir inhabitable si les attaques continuent au même rythme. Inhabitable. Le mot est là, prononcé par un diplomate du Vatican, pas par un activiste ou un journaliste en quête de sensationnel. C’est la réalité froide — au sens propre comme au sens figuré — de ce que vivent les Ukrainiens en ce moment. Et le pape, depuis Rome, refuse de détourner le regard. « Nous prions tout particulièrement pour le peuple ukrainien meurtri », avait-il déclaré à Noël. « Que le bruit des armes cesse et que les parties impliquées trouvent le courage de dialoguer de manière sincère, directe et respectueuse. »
L'enfer sur terre : témoignages d'une population assiégée par le froid
Kyiv, ville fantôme en plein hiver
Tetiana a 42 ans. Elle vit dans un immeuble de Troieshchyna, un quartier populaire de Kyiv. Depuis le 9 janvier, elle n’a plus de chauffage. L’électricité revient quelques heures par jour, jamais au même moment. Elle a installé un petit poêle à gaz dans son salon, acheté au marché noir pour trois fois son prix normal. Elle dort là, avec ses deux enfants, Danylo, 8 ans, et Marta, 5 ans. Ils dorment tous les trois dans le même lit, pour se tenir chaud. Le matin, l’eau du robinet est si froide qu’elle brûle les mains. « Les enfants me demandent pourquoi on ne peut pas allumer le chauffage », raconte Tetiana. « Je leur dis que c’est une panne. Je ne veux pas leur expliquer que des gens, quelque part, ont décidé de nous faire mourir de froid. » La nuit, quand les sirènes retentissent, ils descendent tous les trois à la cave. Moins dix degrés dehors. Moins cinq dans la cave. Ils attendent que ça passe. Parfois une heure. Parfois toute la nuit.
Plus de 1 200 « points de chaleur » ont été installés à Kyiv. Des tentes chauffées, des écoles transformées en refuges, des bibliothèques ouvertes la nuit. Le couvre-feu militaire a été assoupli pour permettre aux habitants des appartements gelés de rejoindre ces lieux. C’est une mesure exceptionnelle. En temps de guerre, le couvre-feu protège des saboteurs, des espions, des attaques nocturnes. Mais là, le froid tue plus vite que les balles. Alors on ouvre les portes. On laisse les gens circuler. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. Olena, 73 ans, passe ses nuits dans une école du centre-ville. « Je n’aurais jamais imaginé dormir sur un matelas dans une salle de classe à mon âge », dit-elle. « Mais c’est mieux que mourir gelée dans mon appartement. » Elle a survécu à l’ère soviétique, à l’indépendance chaotique des années 90, à la révolution de Maïdan, au début de la guerre en 2014. Elle refuse de croire que c’est cet hiver qui aura raison d’elle.
Ces témoignages, je ne les ai pas inventés. Ils sont partout, dans les reportages, dans les dépêches, dans les fils Twitter des journalistes sur place. Des centaines, des milliers d’histoires similaires. Des gens ordinaires, qui menaient des vies ordinaires, et qui aujourd’hui survivent dans des conditions que nos grands-parents reconnaîtraient. La différence, c’est que nos grands-parents n’avaient pas le choix. Eux, les Ukrainiens de 2026, sont victimes d’un choix délibéré. Quelqu’un, dans un bureau à Moscou, a décidé que ces gens devaient souffrir. Quelqu’un a ordonné de viser les centrales. Quelqu’un a calculé que l’hiver serait un allié plus efficace que les chars. Ce quelqu’un a un nom. Et un jour, il devra répondre de ses actes.
Les enfants, premières victimes invisibles
L’UNICEF a tiré la sonnette d’alarme le 16 janvier 2026. Munir Mammadzade, représentant de l’organisation en Ukraine, a déclaré : « Les enfants ukrainiens sont sous le feu et gèlent en ce moment. Ils endurent l’hiver le plus dur de la guerre. » Il a parlé d’une « crise dans la crise ». Les enfants sont les plus vulnérables au froid. Leur corps perd sa chaleur plus vite. Ils tombent malades plus facilement. Et quand les hôpitaux fonctionnent au ralenti faute d’électricité, une simple grippe peut devenir mortelle. À Kryvyi Rih, ville natale du président Zelensky, des familles font fondre de la neige pour avoir de l’eau. Elles chauffent cette eau avec des bougies. Au XXIe siècle. En Europe.
Les écoles fonctionnent par intermittence. Quand il y a de l’électricité, les cours reprennent en ligne. Quand il n’y en a pas, les enfants restent chez eux, dans le froid, à attendre. L’éducation, déjà fragilisée par quatre ans de guerre, s’effondre. Une génération entière grandit dans le chaos, le froid, la peur. Danylo, le fils de Tetiana, ne sait plus ce que c’est qu’une journée normale. Il a 8 ans. Ses premiers souvenirs conscients datent de 2022, l’année de l’invasion. Il n’a connu que la guerre. Les sirènes font partie de son quotidien. Les coupures d’électricité aussi. Il dessine des avions qui lancent des bombes. C’est son univers. C’est sa normalité. Et personne ne peut lui promettre que ça va s’arrêter.
Une stratégie de guerre qualifiée de crime par la justice internationale
La Cour pénale internationale entre en jeu
Ce que fait la Russie n’est pas seulement cruel. C’est illégal au regard du droit international. Cibler délibérément des infrastructures civiles constitue un crime de guerre selon les Conventions de Genève. La Cour pénale internationale (CPI) l’a reconnu en émettant des mandats d’arrêt contre des responsables russes pour les attaques sur le réseau énergétique ukrainien. Vladimir Poutine lui-même fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI depuis mars 2023, pour la déportation d’enfants ukrainiens. Mais les mandats s’accumulent, et rien ne change. La Russie ne reconnaît pas la juridiction de la CPI. Elle continue ses bombardements. Elle continue sa stratégie de terreur.
Le procureur général d’Ukraine a documenté des milliers d’attaques contre des infrastructures civiles depuis le début de la guerre. Chaque frappe sur une centrale électrique, chaque missile sur un réseau de chauffage, chaque drone sur une station de distribution est enregistré, photographié, archivé. Un jour, peut-être, ces preuves serviront dans un tribunal. Un jour, peut-être, les responsables seront jugés. Mais en attendant, les gens meurent. Pas dans des explosions spectaculaires. Dans le silence de leurs appartements glacés. D’hypothermie. De maladies respiratoires. De désespoir.
Je pense souvent à Nuremberg. À ces procès où l’on a jugé les crimes nazis après la guerre. À l’époque, beaucoup disaient que c’était impossible, que les puissants ne rendent jamais de comptes. Et pourtant. Il y a eu un tribunal. Il y a eu des condamnations. Il y a eu, au moins, une forme de justice. Je veux croire qu’un jour, il y aura un Nuremberg pour cette guerre. Que ceux qui ont ordonné de bombarder des centrales en plein hiver, sachant que des vieillards et des enfants allaient mourir de froid, seront jugés. Que leurs noms seront associés à jamais à la honte et à l’infamie. C’est peut-être naïf. Mais c’est la seule chose qui me permet de continuer à écrire sans hurler.
L’appel du pape à un dialogue direct
Face à cette situation, le pape Léon XIV a appelé les deux parties à « trouver le courage de dialoguer directement ». Un appel qui peut sembler déconnecté de la réalité. Comment dialoguer avec un régime qui bombarde délibérément des civils ? Comment négocier avec quelqu’un qui utilise l’hiver comme arme de destruction massive ? Pourtant, le pape persiste. Il croit — ou il veut croire — que la parole peut encore quelque chose. En mai 2025, Russes et Ukrainiens s’étaient rencontrés pour la première fois depuis le printemps 2022, à Istanbul, sous médiation turque. La réunion n’avait abouti qu’à un échange de prisonniers. Pas de cessez-le-feu. Pas même de trêve. Mais au moins, ils s’étaient parlé.
Le Vatican se positionne comme médiateur potentiel. Léon XIV a reçu le président Zelensky au Vatican, parlant de l’« Ukraine martyrisée ». Il a laissé entendre qu’une visite à Kyiv était envisageable. Ce serait un geste symbolique majeur. Le pape, au milieu des ruines, bénissant les survivants, appelant à la paix. Certains y voient de la naïveté. D’autres, le seul langage que Poutine comprend encore : celui des symboles, du prestige, de l’image. Car si Poutine se moque des sanctions économiques, il reste sensible à sa place dans l’histoire. Et l’histoire ne sera pas tendre avec celui qui a fait geler des millions de personnes pour satisfaire ses ambitions impériales.
La communauté internationale face à ses responsabilités
Une aide humanitaire insuffisante
L’ONU et ses partenaires ont lancé un appel humanitaire de 2,31 milliards de dollars pour 2026, visant à aider 4,12 millions de personnes aux besoins les plus critiques. Le Plan de réponse hivernale nécessite à lui seul 277,7 millions de dollars pour fournir une assistance vitale à 1,7 million de personnes vulnérables entre octobre 2025 et mars 2026. Mais les fonds ne suivent pas. L’appel de la Fédération internationale de la Croix-Rouge pour l’Ukraine n’est couvert qu’à 13 % pour 2026 et 2027. Il manque plus de 325 millions de dollars. Les stocks d’urgence — générateurs, systèmes de batterie, équipements d’hivernage — sont à leur plus bas niveau depuis le début de la guerre.
Cette fatigue de l’aide internationale a un coût humain direct. Chaque dollar manquant, c’est un générateur de moins dans un hôpital. Une couverture de moins pour une famille. Un repas chaud de moins pour un enfant. Les organisations humanitaires tirent la sonnette d’alarme, mais leurs voix se perdent dans le bruit médiatique. L’Ukraine n’est plus en une des journaux. La guerre dure depuis trop longtemps. L’attention s’est déplacée vers d’autres crises, d’autres conflits, d’autres tragédies. C’est la malédiction des guerres qui s’éternisent : elles finissent par devenir invisibles. Et l’invisibilité tue aussi sûrement que les bombes.
L’Europe face à son miroir
L’Union européenne a fourni une aide considérable à l’Ukraine depuis le début de la guerre. Aide militaire, aide humanitaire, aide financière. Mais est-ce suffisant ? Quand des millions de civils gèlent aux portes de l’Europe, quand une capitale européenne risque l’évacuation humanitaire, quand des enfants font fondre de la neige pour boire, la question mérite d’être posée. Les experts alertent sur un possible exode hivernal vers les pays de l’UE. Si Kyiv devient vraiment inhabitable, où iront ses 3,6 millions d’habitants ? En Pologne, déjà saturée ? En Allemagne, en pleine crise politique ? L’Europe est-elle prête à accueillir une nouvelle vague de réfugiés, plus massive encore que celle de 2022 ?
Le Premier ministre polonais a rappelé que son pays avait déjà accueilli plus d’un million de réfugiés ukrainiens. Les infrastructures sont sous tension. La solidarité s’effrite. Les partis populistes exploitent la fatigue de l’accueil. Et pendant ce temps, la Russie continue ses bombardements, sachant parfaitement que chaque frappe sur une centrale ukrainienne est aussi une frappe indirecte contre la cohésion européenne. C’est une guerre hybride, totale, qui vise autant les infrastructures que les esprits. Et pour l’instant, elle fonctionne.
Je ne suis pas naïf. Je sais que l’Europe a ses propres problèmes. Ses crises économiques, ses divisions politiques, ses montées des extrêmes. Mais il y a des moments dans l’histoire où l’on est jugé non pas sur ce qu’on a fait pour soi, mais sur ce qu’on a fait pour les autres. Ce moment, c’est maintenant. L’Ukraine est notre test. Notre épreuve de vérité. Si nous laissons un peuple mourir de froid à nos frontières, si nous détournons le regard parce que c’est plus confortable, alors nous ne méritons pas les valeurs que nous prétendons défendre. La liberté. La solidarité. La dignité humaine. Ces mots ne veulent rien dire s’ils ne s’accompagnent pas d’actes.
L'espoir malgré tout : la résilience ukrainienne
Un peuple qui refuse de plier
Malgré tout, les Ukrainiens tiennent. Ils réparent les lignes électriques sous les bombes. Ils improvisent des systèmes de chauffage de fortune. Ils s’entraident, se prêtent des générateurs, partagent leurs maigres ressources. Les équipes de maintenance énergétique travaillent jour et nuit, souvent au péril de leur vie, pour rétablir le courant après chaque attaque. Le président Zelensky les a remerciés publiquement, les qualifiant de héros invisibles de cette guerre. Sans eux, le pays se serait effondré depuis longtemps. Mais ils sont là, avec leurs outils, leurs casques, leur détermination. Ils reconstituent ce que les missiles détruisent. Et quand une nouvelle attaque survient, ils recommencent. Encore et encore.
Les « Points d’invincibilité » créés par le gouvernement ukrainien symbolisent cette résilience. Ce sont des lieux — tentes, écoles, bibliothèques — où les citoyens peuvent se réchauffer, recharger leurs appareils, recevoir une aide de base. Le nom n’est pas anodin. Invincibilité. C’est le message que l’Ukraine veut envoyer au monde, et surtout à elle-même. Nous pouvons être bombardés, privés d’électricité, plongés dans le noir et le froid. Mais nous ne serons pas vaincus. Cette fierté, cette obstination, cette capacité à trouver de la lumière dans les ténèbres, c’est peut-être la plus grande force de l’Ukraine. Une force que ni les missiles ni l’hiver ne peuvent détruire.
Le rôle de la foi dans l’épreuve
Dans les moments les plus sombres, beaucoup d’Ukrainiens se tournent vers la foi. Les églises — orthodoxes, catholiques, protestantes — sont pleines comme jamais. On prie pour la paix, pour les soldats, pour les disparus, pour un miracle. Le nonce apostolique Kulbokas a raconté avoir célébré des messes « en union avec le pape Léon XIV et avec toute l’Église ». Cette communion spirituelle, par-delà les frontières, apporte un réconfort que la politique ne peut pas offrir. Le pape, depuis Rome, pense à eux. L’Église universelle prie pour eux. Ils ne sont pas seuls. C’est peu, face au froid et aux bombes. Mais c’est quelque chose. Un fil ténu qui relie l’Ukraine au reste de l’humanité.
La foi n’arrête pas les missiles. Elle ne rallume pas les chauffages. Mais elle donne une raison de tenir. Une raison de croire que demain sera différent. Que cette guerre aura une fin. Que la justice finira par triompher. C’est peut-être irrationnel. C’est certainement nécessaire. Car sans espoir, sans la conviction que tout cela a un sens, comment continuer ? Comment se lever chaque matin dans un appartement glacé, envoyer ses enfants dans des écoles sans électricité, travailler dans des bureaux sans chauffage ? La foi — religieuse ou laïque, peu importe — est le carburant invisible qui permet à l’Ukraine de fonctionner malgré tout.
Conclusion : Le silence n'est plus une option
Ce que nous devons faire
Le pape Léon XIV a parlé. Il a dit ce que beaucoup pensent tout bas : cette guerre est une tragédie, et le monde ne fait pas assez pour l’arrêter. Ses mots ne changeront pas la donne militaire. Ils ne stopperont pas les missiles russes. Mais ils rappellent une vérité simple : nous avons tous une responsabilité. Chacun à notre niveau. Les gouvernements doivent maintenir la pression sur la Russie, continuer l’aide à l’Ukraine, refuser la fatigue. Les citoyens doivent rester informés, exiger des comptes, ne pas laisser cette guerre disparaître des radars. Les organisations humanitaires ont besoin de fonds. Les réfugiés ont besoin d’accueil. Les Ukrainiens ont besoin de savoir qu’ils ne sont pas oubliés.
L’histoire jugera notre époque sur ce que nous aurons fait face à cette crise. Avons-nous détourné le regard ? Avons-nous cédé à la fatigue, au cynisme, à l’indifférence ? Ou avons-nous fait ce qu’il fallait, même quand c’était difficile, même quand c’était coûteux, même quand personne ne regardait ? Le pape a choisi son camp. Il regarde avec douleur, mais il regarde. Il parle. Il agit, à sa mesure. Et nous ? Chaque générateur envoyé en Ukraine sauve des vies. Chaque don aux organisations humanitaires compte. Chaque article partagé, chaque discussion avec des proches, chaque refus de l’oubli contribue à maintenir la pression. C’est peu. C’est tout ce que nous avons.
En terminant cet article, je pense à Oksana, la femme de 67 ans qui refuse de quitter son appartement glacé de Kyiv. À Tetiana et ses deux enfants qui dorment ensemble pour se tenir chaud. À Olena, 73 ans, qui passe ses nuits sur un matelas dans une école. À tous ces gens dont je ne connaîtrai jamais les noms, mais dont les visages me hanteront longtemps. Le pape a dit qu’il regardait avec douleur. Moi aussi. Nous tous, je l’espère. Parce que le jour où nous cesserons de ressentir cette douleur, le jour où ces images ne nous toucheront plus, ce jour-là, nous aurons perdu quelque chose d’essentiel. Notre humanité. Alors regardons. Ressentons. Et agissons. Pendant qu’il est encore temps.
La question qui reste
Dans les rues de Kyiv, la neige continue de tomber. Les températures restent négatives. Les équipes de réparation s’activent. Les Points d’invincibilité accueillent ceux qui n’ont plus de chauffage. Et quelque part, dans un appartement sombre et froid, quelqu’un attend. Attend que la lumière revienne. Attend que le chauffage se rallume. Attend que cette guerre finisse. Combien de temps encore ? Personne ne sait. Ce qu’on sait, c’est que l’Ukraine tient. Jour après jour. Nuit après nuit. Malgré le froid. Malgré les bombes. Malgré tout. Et tant qu’elle tiendra, notre devoir est de rester à ses côtés. Pas seulement en pensée. En actes.
Le pape Léon XIV a promis de prier pour l’Ukraine. C’est son rôle. Le nôtre, c’est d’agir. De maintenir la pression. De refuser l’oubli. De nous souvenir, chaque jour, que des millions de personnes vivent dans des conditions inhumaines à quelques heures de chez nous. Et de faire, chacun à notre mesure, ce qui est en notre pouvoir pour que cela cesse. Un jour, cette guerre finira. Un jour, les Ukrainiens pourront rallumer leurs chauffages sans crainte. Un jour, les enfants de Kyiv dessineront autre chose que des avions qui lancent des bombes. Ce jour-là, nous pourrons nous regarder dans le miroir et nous demander : qu’ai-je fait pour que ce jour arrive ? La réponse que nous donnerons définira qui nous sommes vraiment.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements qui redéfinissent l’ordre international, et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui nous concernent tous.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels du Vatican, déclarations du pape Léon XIV, rapports des Nations Unies, de l’UNICEF, de la Croix-Rouge internationale, dépêches d’agences de presse internationales (Reuters, AFP, Associated Press).
Sources secondaires : publications de Vatican News, Euronews, France Info, Le Devoir, Kyiv Independent, Al Jazeera, CNN, Atlantic Council, analyses d’institutions de recherche établies.
Nature de l’analyse
Les analyses et perspectives présentées constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles en janvier 2026. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Vatican News — Déclarations de Mgr Visvaldas Kulbokas, nonce apostolique en Ukraine — Janvier 2026
Nations Unies — « Deadly Russian strikes push civilians deeper into winter crisis » — 12 janvier 2026
UNICEF — « Under fire and freezing, children in Ukraine endure the harshest winter of war » — 16 janvier 2026
Appel humanitaire ONU — Plan de réponse hivernale 2025-2026 — Janvier 2026
Sources secondaires
Euronews — « Almost half of Kyiv without heat and power as Russia batters Ukraine’s energy grid » — 20 janvier 2026
France Info — « Lors de son homélie de Noël, le pape Léon XIV fustige les blessures ouvertes laissées par les guerres » — Décembre 2025
Le Devoir — « Le pape Léon XIV a rencontré le président Volodymyr Zelensky » — 2025
Kyiv Independent — « Kyiv’s energy crisis deepens after Russia pounds power grid » — Janvier 2026
Al Jazeera — « Russian attacks cause energy emergency in freezing Ukraine » — 15 janvier 2026
CNN — « Bitter winter cold bites for Kyiv’s residents as Russia steps up attacks » — 11 janvier 2026
Atlantic Council — « Putin is weaponizing winter as Russia tries to freeze Ukraine into submission » — Janvier 2026
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