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Jour 1430 : pendant qu’on négocie à Abou Dhabi, des millions d’Ukrainiens gèlent dans le noir
Crédit: Adobe Stock

Première rencontre trilatérale depuis le début de l’invasion

Le 23 janvier 2026, quelque chose d’inédit s’est produit au palais Al Shati d’Abou Dhabi. Pour la première fois depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle le 24 février 2022, des représentants de Moscou, de Kyiv et de Washington se sont retrouvés face à face autour d’une table de négociation. Steve Witkoff, envoyé spécial du président Donald Trump, et Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain, ont conduit la délégation américaine. Côté ukrainien, Rustem Umerov, secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense de l’Ukraine. Côté russe, Igor Kostyukov, chef de la Direction principale de l’état-major général des forces armées russes. Le cheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, a accueilli les délégations et salué le rôle de son pays comme médiateur.

Les Émirats ne sont pas des novices dans ce rôle. Ils ont déjà facilité 17 efforts de médiation pour des échanges de prisonniers entre la Russie et l’Ukraine, aboutissant à la libération de 4 641 détenus. Un bilan concret. Mesurable. Des vies sauvées. Mais les pourparlers de cette semaine portaient sur quelque chose de bien plus complexe que des échanges de prisonniers. Ils portaient sur la question qui empoisonne toute tentative de paix depuis près de quatre ans : le territoire. Le Donbass. Cette région de l’est ukrainien que Vladimir Poutine exige tout entière, y compris les 20 % que la Russie n’a jamais réussi à conquérir militairement — environ 5 000 kilomètres carrés. Volodymyr Zelensky refuse catégoriquement de céder un centimètre de terre que les troupes russes n’ont pas pu prendre en quatre années de guerre d’usure.

Je reste perplexe devant cette exigence russe. Poutine demande qu’on lui offre ce qu’il n’a pas été capable de prendre par la force. Comme si les négociations devaient récompenser l’échec militaire. Comme si perdre des centaines de milliers de soldats donnait droit à des bonus territoriaux. Il y a quelque chose de profondément cynique dans cette posture. Et quelque chose de profondément inquiétant dans le fait que des négociateurs américains semblent considérer cette demande comme un « point de départ » raisonnable pour la discussion.

« Nous sommes réduits à des transactions foncières »

Steve Witkoff s’était montré optimiste avant les pourparlers. À Davos, le 22 janvier, il avait déclaré que les négociations en étaient « à un seul point de litige ». Dans un entretien, il avait lâché : « Nous sommes réduits à des transactions foncières maintenant — c’est l’éléphant de 400 kilos dans la pièce. » Une formule qui dit tout. Des « transactions foncières ». Comme s’il s’agissait d’un deal immobilier. Comme si des régions entières, avec leurs villes, leurs villages, leurs habitants, leurs cimetières, leurs écoles, leurs hôpitaux, pouvaient se troquer comme des parcelles de terrain dans une négociation commerciale. Witkoff et Kushner s’étaient rendus à Moscou le 22 janvier, où ils avaient passé quatre heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, jusqu’au petit matin du vendredi. Puis ils avaient filé vers Abou Dhabi.

Dans un groupe WhatsApp avec des journalistes ukrainiens, Zelensky a écrit que « la question du Donbass est centrale ». Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a confirmé vendredi que l’insistance russe sur la cession totale du Donbass était « une condition très importante ». Youri Ouchakov, conseiller en politique étrangère de Poutine, qui a participé aux discussions avec Witkoff et Kushner, a martelé qu’« un règlement durable ne peut être envisagé sans résoudre la question territoriale ». Traduction : pas de paix sans capitulation ukrainienne sur le Donbass. L’administration Trump affichait sa confiance, estimant que le contrôle territorial de l’est de l’Ukraine constituait le dernier obstacle. Mais cet obstacle est sans doute le plus insurmontable. Et de nombreux experts demeurent sceptiques quant à la possibilité d’un accord à ce stade.

Sources

Sources primaires

Commission européenne – EU deploys emergency generators as Russian strikes leave 1 million Ukrainians without power in -20°C – 23 janvier 2026
Ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis – Abdullah bin Zayed Welcomes UAE’s Hosting of Trilateral Talks Between Russia, Ukraine, and the United States – 23 janvier 2026
UN News – Ukraine: Deadly Russian strikes push civilians deeper into winter crisis – 12 janvier 2026
UNICEF – Under fire and freezing, children in Ukraine endure the harshest winter of war – janvier 2026
État-major général des Forces armées ukrainiennes – Données sur les pertes russes – 25 janvier 2026

Sources secondaires

Al Jazeera – Ukraine-Russia-US hold talks in Abu Dhabi with territory as key issue – 23 janvier 2026
Euronews – More talks expected next week after Ukraine, Russia and US conclude Abu Dhabi meeting – 24 janvier 2026
CNN – Russian strikes and the coldest winter in years leave Ukrainians out in the cold, but defiant – 17 janvier 2026
ABC News – Russia, Ukraine and US hold 1st trilateral talks since start of war – 23 janvier 2026
France 24 – US, Ukraine and Russia meet in Abu Dhabi for first trilateral peace talks – 23 janvier 2026
NBC News – Russia, Ukraine to hold trilateral peace talks with U.S. for first time – janvier 2026
NPR – Russian strikes leave Kyiv without heat in freezing cold – 24 janvier 2026
BBC News Russian / Mediazona – Documentation des pertes militaires russes – 13 janvier 2026
Mezha – Ukraine Reports Over 1.2 Million Russian Military Losses by January 2026 – janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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