Skip to content
La France arme l’Ukraine de drones tueurs à 500 km de portée : le Rodeur 330 change la donne
Crédit: Adobe Stock

Une capacité de frappe en profondeur inédite

Avant l’arrivée des Rodeur 330, les capacités ukrainiennes de frappe à longue portée reposaient essentiellement sur des missiles Storm Shadow britanniques, des ATACMS américains et des drones de fabrication locale. Ces systèmes ont prouvé leur efficacité — on se souvient des frappes sur le pont de Crimée, sur les dépôts de munitions russes, sur les bases aériennes de la mer Noire. Mais ils présentent des limites. Les missiles coûtent des millions d’euros pièce. Les stocks occidentaux s’épuisent. Et la production ukrainienne de drones, bien que remarquable, peine à suivre la demande. Avec le Rodeur 330, l’équation change. Ce n’est pas un missile de croisière sophistiqué. C’est une arme « low-cost » conçue pour la production de masse. Jean-Marc Zuliani parle de partenariats avec l’industrie automobile française pour atteindre des cadences de 10 000, 100 000, voire un million d’unités d’ici 2030.

La France n’est pas seule dans cette course. Le constructeur Renault a annoncé qu’il allait produire des drones dans ses usines du Mans et de Cléon, en partenariat avec la PME de défense Turgis & Gaillard. Le contrat pourrait atteindre un milliard d’euros sur dix ans. Antonov, le géant ukrainien de l’aéronautique, a signé un accord pour fabriquer localement le drone Aarok de Turgis & Gaillard — un appareil de reconnaissance et d’attaque de moyenne altitude. L’écosystème se met en place. Ce qui était une industrie artisanale il y a deux ans devient une machine industrielle. Et l’Ukraine, au cœur du conflit, devient paradoxalement le laboratoire et le client principal de cette révolution technologique.

Le test ultime du champ de bataille

Pour les industriels occidentaux, l’Ukraine représente ce que Jean-Marc Zuliani appelle « une opportunité unique de tester les systèmes sans pilote en conditions réelles ». La phrase peut choquer. Elle devrait choquer. Derrière le vocabulaire aseptisé de l’industrie de défense, il y a des villes bombardées, des familles déchirées, des vies fauchées. Mais c’est aussi une réalité stratégique : aucun exercice militaire, aucune simulation ne peut remplacer l’épreuve du feu. Les drones Shahed iraniens utilisés par la Russie ont révélé des failles dans les défenses occidentales. Les FPV ukrainiens artisanaux ont démontré l’efficacité des essaims low-cost contre des chars à plusieurs millions. Chaque engagement produit des données, des retours d’expérience, des innovations. Et les Rodeur 330 vont maintenant subir ce baptême du feu.

EOS Technologie a déjà présenté ses drones aux trois armées françaises à l’été 2025. Des unités Veloce 330 et Rodeur 330 ont été livrées à l’Armée de terre, à la Marine et à l’Armée de l’air. Mais c’est en Ukraine que leur véritable potentiel sera mesuré. Face aux systèmes de guerre électronique russes, aux brouilleurs GPS, aux missiles anti-aériens S-400. Face à un ennemi qui a appris, lui aussi, à se défendre contre les drones. La Direction générale de l’armement (DGA) française a acquis 23 unités de la famille MV-100, dont 6 Rodeur 330, pour une phase d’évaluation. La production à cadence initiale — 100 unités par an — est prévue pour 2026. Mais les besoins ukrainiens se comptent en milliers. En dizaines de milliers.

Il y a quelque chose de troublant dans cette équation. D’un côté, des ingénieurs français qui peaufinent leurs algorithmes dans des bureaux climatisés. De l’autre, des soldats ukrainiens qui meurent chaque jour sous les bombes russes. Et entre les deux, des drones qui voyagent d’une réalité à l’autre. Je ne juge pas. Je constate. La guerre moderne est aussi froide qu’elle est brutale. Et quelque part, dans cette froideur, il y a peut-être une chance pour l’Ukraine.

Sources

Sources primaires

EOS Technologie — Site officiel et spécifications du Rodeur 330 — Janvier 2026
Forum franco-ukrainien sur les drones — Élysée, Paris — 17 novembre 2025
Direction générale de l’armement (DGA) — Évaluation des munitions téléopérées — Novembre 2025
Ministère des Armées français — Déclarations sur la politique de drones — 2025-2026

Sources secondaires

France 24 — Livraison de drones Rodeur à l’Ukraine — Janvier 2026
RBC-Ukraine — Analyse des capacités du Rodeur 330 — Janvier 2026
Army Recognition — France’s Rodeur 330 long-range loitering munition widens 500 km deep strike options — 2025
Militarnyi — French Company EOS Technologie Delivers First Strike Drones to Ukraine — 2025-2026
Opex360 — Le ministère des Armées a évalué la munition téléopérée Rodeur 330 — Novembre 2025
Defense News — French carmaker Renault to produce long-range drones — Janvier 2026
AFP — Sous l’effet de l’Ukraine, la France passe aux drones de combat — Janvier 2026
Financial Times — French companies Renault and Turgis Gaillard partner to make drones — 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu