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La Russie déploie des armes chimiques en Ukraine : 11 299 attaques documentées et l’Europe redoute le pire
Crédit: Adobe Stock

La chloropicrine : un poison sorti des tranchées de 1915

La chloropicrine. Ce nom ne dira rien à la plupart des gens. C’est normal : cette substance était censée appartenir aux livres d’histoire. Synthétisée pour la première fois au XIXe siècle, elle a été transformée en arme de guerre pendant la Première Guerre mondiale. Les armées allemandes la classaient dans la catégorie « Croix Bleue » — les agents dits « briseurs de masques ». Son principe était diabolique : la chloropicrine traversait les filtres des masques à gaz de l’époque, provoquant des irritations oculaires insupportables, des vomissements, une inflammation des voies respiratoires. Les soldats, incapables de supporter la torture, arrachaient leurs masques. Et là, les autres gaz — le phosgène, le chlore — faisaient leur œuvre mortelle. Un piège chimique en deux temps. Un siècle plus tard, la Russie ressuscite cette tactique avec des drones.

Les symptômes rapportés par les soldats ukrainiens correspondent exactement aux descriptions historiques. « Ça brûle tellement fort », témoigne un survivant en convalescence. « Les yeux qui coulent, le visage qui brûle. On ne peut pas inspirer à fond… on inhale et on commence à avoir des haut-le-cœur, à tousser. » La chloropicrine est plus toxique que le chlore, moins que le phosgène. Mais dans les espaces confinés des tranchées et des abris, elle devient mortelle. L’exposition prolongée provoque un œdème pulmonaire — les poumons se remplissent de liquide, la respiration devient impossible. Les victimes se noient dans leurs propres sécrétions. C’est cette arme de cauchemar, bannie par toutes les conventions internationales, que les forces russes larguent quotidiennement sur les positions ukrainiennes. En 2025, en Europe.

Une escalade documentée mois après mois

Les chiffres racontent une histoire d’escalade méthodique. En 2024, l’Ukraine a enregistré 4 547 attaques chimiques. Un chiffre déjà vertigineux. Mais 2025 a vu une accélération dramatique : 740 incidents en janvier, 844 en février, 767 en mars, 888 en mai. Le rythme augmente. Chaque mois apporte son lot de nouvelles victimes, de nouveaux témoignages d’horreur, de nouvelles preuves que Moscou a fait de l’arme chimique un outil de guerre ordinaire. Le Service de sécurité ukrainien (SBU) a intercepté des communications de la 114e brigade de fusiliers motorisés et de la 136e brigade de fusiliers motorisés russes montrant un usage quotidien sur une période de six mois. Quotidien. Pas occasionnel. Pas accidentel. Quotidien.

Le colonel Oleksandr Chtoupoun, porte-parole du groupe militaire ukrainien Tavria, a été parmi les premiers à alerter publiquement sur l’utilisation des grenades K-51 chargées de chloropicrine. Depuis, les preuves se sont multipliées. Des grenades RG-Vo — un modèle spécifiquement conçu pour les drones — ont été récupérées près des lignes de front dans la région de Dnipropetrovsk. L’OIAC a analysé les échantillons, interrogé les témoins, vérifié la chaîne de possession des preuves. Par trois fois — en novembre 2024, février 2025, juin 2025 — l’organisation internationale a conclu à la présence d’agents antiémeutes utilisés comme méthode de guerre. Une violation flagrante de la Convention sur les armes chimiques. La Russie, signataire de cette convention, nie tout.

Il y a quelque chose d’obscène dans ce déni. Trois rapports de l’OIAC. Des milliers de témoignages. Des échantillons analysés en laboratoire. Et la Russie répond : « Toutes les allégations sont basées sur des données non confirmées. Il n’y a pas d’armes chimiques dans les stocks de l’armée russe. » Comme si répéter un mensonge assez fort, assez longtemps, pouvait effacer la réalité. Comme si les soldats ukrainiens qui suffoquent dans leurs tranchées inventaient leurs symptômes. Comme si les grenades marquées en cyrillique « RG-Vo » s’étaient téléportées depuis une dimension parallèle. Le cynisme a atteint un niveau qui dépasse l’entendement. Et le pire, peut-être, c’est qu’on s’y habitue.

Sources

Sources primaires

OIAC — Rapport sur la troisième visite d’assistance technique en Ukraine — Juin 2025
OIAC — Rapport sur la deuxième visite d’assistance technique en Ukraine — Février 2025
Conseil de l’Union européenne — Sanctions contre trois entités des Forces armées russes — 20 mai 2025
Département d’État américain — Détermination sur l’utilisation d’armes chimiques par la Russie — Mai 2024
Ministère ukrainien des Affaires étrangères — Déclaration sur les violations systématiques de la CAC — Novembre 2025

Sources secondaires

Radio Free Europe/Radio Liberty (Schemes) — A Toxic Trail Exposed: How Russia Makes Chemical Weapons — Septembre 2025
Al Jazeera — Russia expanding Ukraine chemical weapons use, allege European spy agencies — Juillet 2025
Arms Control Association — OPCW Finds More Chemical Weapons Use in Ukraine — Avril 2025
Atlantic Council — Russia accused of escalating chemical weapons attacks against Ukraine — 2024-2025
The Defense Post — Over 2,000 Ukrainian Soldiers Poisoned by Russia’s Chemical Weapons — Décembre 2024
Kyiv Independent — 2,000 servicemen poisoned, 3 dead from Russian chemical weapons — 2024
Newsweek — Russia Accused of Using WWI-Era Chemical Weapon in Ukraine — 2024

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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