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La Russie grignote encore l’Ukraine : un village tombe pendant que le monde parle de paix
Crédit: Adobe Stock

Vovchansk, épicentre d’une bataille sans fin

Pour comprendre la chute de Starytsya, il faut regarder la carte de plus près. Ce village se trouve à proximité de Vovchansk, une ville devenue symbole de la résistance ukrainienne dans le nord-est du pays. Depuis des mois, les forces russes tentent d’encercler et de capturer cette localité stratégique. Les combats y sont d’une intensité rare. Les rapports militaires font état de sept à seize attaques quotidiennes dans ce seul secteur. Les troupes ukrainiennes résistent avec acharnement, utilisant des drones à fibre optique pour étendre leur « zone de destruction » et cibler l’artillerie russe jusque dans la région de Belgorod, de l’autre côté de la frontière. C’est une guerre technologique autant qu’humaine. Une guerre où l’innovation peut faire la différence entre la vie et la mort, entre tenir une position et la perdre.

Les blogueurs militaires russes, ces observateurs parfois plus fiables que les communiqués officiels, racontent une réalité complexe. L’un d’eux a révélé que 25 soldats du 82e régiment de fusiliers motorisés russe sont « enlisés dans les forêts à l’ouest de Vovchansk », sans la force nécessaire pour avancer ou même consolider leur position. C’est l’image d’une armée qui avance, certes, mais qui s’épuise dans le processus. Les forces ukrainiennes ont d’ailleurs lancé des contre-attaques dans le secteur de Vovchanski Khutory, reprenant du terrain que les Russes pensaient avoir sécurisé. La situation est fluide, changeante, mortelle. Chaque jour apporte son lot de gains et de pertes des deux côtés. Mais une chose est certaine : les civils qui vivaient dans ces zones ne reviendront pas de sitôt. Leurs maisons sont devenues des champs de bataille. Leurs jardins sont truffés de mines. Leurs souvenirs sont ensevelis sous les décombres.

Il y a quelque chose de profondément troublant dans la façon dont on parle de cette guerre. On évoque des « avancées tactiques », des « gains territoriaux », des « positions stratégiques ». Des mots propres pour décrire une réalité sale. Derrière chaque « village capturé », il y a des gens qui ont dû tout abandonner en quelques heures. Des photos de famille laissées sur une étagère. Un chat qui attend devant une porte qui ne s’ouvrira plus. Une vie entière résumée à ce qu’on peut porter dans un sac. Vingt-cinq soldats russes enlisés dans une forêt. Ils ont des mères, eux aussi. Des mères qui attendent des nouvelles qui ne viendront peut-être jamais.

L’offensive russe de mai 2024 et ses conséquences durables

La pression sur la région de Kharkiv n’est pas nouvelle, mais elle s’est intensifiée depuis l’offensive russe de mai 2024. À cette époque, les forces de Moscou avaient lancé une opération surprise visant à créer une zone tampon d’environ 10 kilomètres de profondeur le long de la frontière. L’objectif officiel était de protéger la région russe de Belgorod des tirs ukrainiens. L’objectif réel était d’étirer les défenses ukrainiennes, de forcer Kyiv à redéployer des troupes d’autres secteurs du front, et de maintenir une pression constante sur la deuxième plus grande ville d’Ukraine. Cette stratégie a partiellement fonctionné. Les Ukrainiens ont dû mobiliser des réserves précieuses pour contenir l’avancée russe. Des unités qui auraient pu être utilisées ailleurs ont été clouées dans le nord-est.

Mais la résistance ukrainienne a aussi infligé un coût terrible aux attaquants. Selon les estimations de l’ancien directeur de la CIA, William Burns, citées dans une interview au Financial Times en janvier 2026, la Russie a subi environ 1,1 million de victimes depuis le début de la guerre. Un million cent mille hommes. Morts, blessés, disparus. C’est l’équivalent de la population d’une grande ville, sacrifiée sur l’autel des ambitions territoriales du Kremlin. Du côté ukrainien, la BBC estimait en décembre 2025 que 140 000 soldats avaient été tués. Des chiffres qui donnent le vertige. Des chiffres qui devraient faire réfléchir tous ceux qui pensent que cette guerre peut être gagnée militairement par l’un ou l’autre camp. La vérité, c’est que tout le monde perd. Certains perdent juste plus que d’autres.

Sources

Sources primaires

Ministère de la Défense russe – Communiqué sur la capture de Starytsya – Janvier 2026
Institute for the Study of War (ISW) – Russian Offensive Campaign Assessment – Janvier 2026
DeepState OSINT Group – Analyse des gains territoriaux russes – Décembre 2025-Janvier 2026
État-major des forces armées ukrainiennes – Rapports quotidiens sur la situation au front – Janvier 2026

Sources secondaires

Russia Matters (Harvard Kennedy School) – Russia-Ukraine War Report Card – 7, 14 et 21 janvier 2026
Critical Threats – Russian Offensive Campaign Assessments – Janvier 2026
GMA Network – Russia captures another village in northeastern Ukraine – Janvier 2026
Financial Times – Interview de William Burns sur les pertes russes – Janvier 2026
BBC – Estimation des pertes ukrainiennes – Décembre 2025
Al Jazeera – Russia-Ukraine war: List of key events – Janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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