Ce que le DHS affirme
La version officielle est simple, presque trop simple. Selon la porte-parole du DHS, Tricia McLaughlin, un agent de la Border Patrol a tiré des « coups défensifs » après qu’un homme armé d’un pistolet s’est approché d’eux. La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a défendu les agents en affirmant qu’ils avaient « agi conformément à leur formation ». Elle a accusé Pretti d’avoir « brandi » son arme et d’avoir « attaqué » les agents. Sa déclaration complète mérite d’être citée : « Cela ressemble à une situation où un individu est arrivé sur les lieux pour infliger un maximum de dégâts et pour tuer des agents des forces de l’ordre. »
Le commandant de la Border Patrol, Gregory Bovino, est allé encore plus loin. Selon lui, Pretti voulait faire « un maximum de dégâts et massacrer les forces de l’ordre ». Le sous-secrétaire adjoint, Stephen Miller — oui, ce Stephen Miller — a décrit la victime comme « un assassin en puissance ». Réfléchissez une seconde. Un infirmier en soins intensifs qui soignait des vétérans. Un homme dont le casier judiciaire ne contenait que quelques infractions au code de la route. Un scout. Un membre du chœur des garçons de Green Bay. Et l’administration Trump le présente comme un terroriste venu « massacrer » des agents fédéraux. C’est hallucinant. C’est diffamatoire. Et c’est un mensonge.
Ce que les vidéos montrent réellement
Les vidéos racontent une tout autre histoire. Des images vérifiées par Reuters, le New York Times et CBS News montrent Alex Pretti tenant son téléphone portable à la main — pas une arme — alors qu’il essaie d’aider d’autres manifestants qui ont été poussés au sol par des agents fédéraux. Une analyse du Washington Post révèle que des agents fédéraux ont retiré un pistolet de Pretti près de sa ceinture, à l’arrière, quelques instants avant qu’il ne soit abattu de plusieurs balles. Autrement dit : il a été désarmé. Puis tué. La question qui se pose est brutale : les autres agents savaient-ils qu’il avait été désarmé? Et si oui, pourquoi ont-ils tiré?
Les témoignages sous serment déposés au tribunal fédéral sont dévastateurs pour la version officielle. Un témoin affirme que Pretti « dirigeait la circulation » avant l’altercation. Il filmait avec son téléphone. « Je ne l’ai pas vu atteindre ou tenir une arme », déclare un autre témoin. Un troisième décrit la scène : « Les agents ont tiré l’homme au sol. Je ne l’ai pas vu les toucher… Il n’avait pas l’air de résister, il essayait juste d’aider une femme à se relever… Ils l’ont simplement jeté au sol. » Puis les coups de feu. Plusieurs. Sur un homme déjà immobilisé. Un homme qui venait d’être désarmé. Un homme qui tenait un téléphone.
Quand le commandant Bovino a été interrogé en conférence de presse sur le moment exact où Pretti aurait brandi son arme contre les agents, il a esquivé la question. « L’incident est en cours d’investigation », a-t-il répondu. Minutes après avoir affirmé que la victime voulait « massacrer » des agents. Il ne pouvait pas répondre parce qu’il n’y a pas de réponse. Parce que ça ne s’est jamais passé. Les vidéos le prouvent. Les témoins le confirment. Et pourtant, ils continuent de mentir. Pourquoi? Parce qu’ils pensent pouvoir s’en tirer. Parce qu’ils l’ont toujours fait.
Le cas Renée Good : le précédent qui aurait dû tout arrêter
Une poétesse tuée à bout portant
Renée Good avait 37 ans. Elle était écrivaine et poétesse. Elle vivait à Minneapolis avec son partenaire et un enfant de six ans issu de son second mariage. Originaire de Colorado Springs, elle avait obtenu un diplôme d’anglais à l’Old Dominion University. Le 7 janvier 2026, elle se trouvait dans sa voiture, arrêtée en travers de la rue, quand l’agent de l’ICE Jonathan Ross s’est approché. D’autres agents sont arrivés. L’un d’eux lui a ordonné de sortir du véhicule tout en passant la main par sa fenêtre ouverte. Good a brièvement reculé, puis a commencé à avancer et à tourner vers la droite, dans le sens de la circulation. Ross, qui se tenait à l’avant gauche du véhicule, a tiré trois coups. Elle est morte.
La version du DHS? La porte-parole Tricia McLaughlin a déclaré qu’un agent de l’ICE, « craignant pour sa vie », avait tiré sur Good en légitime défense après qu’elle aurait tenté de les écraser dans ce que McLaughlin a décrit comme « un acte de terrorisme domestique ». Encore une fois : terrorisme domestique. Une poétesse. Une mère. Une femme assise dans sa voiture. Terroriste. Le maire Frey, après avoir visionné les images, a été catégorique : la vidéo ne semble pas corroborer cette version. Les images montrent une voiture qui s’éloigne de l’agent, pas qui fonce vers lui. Ross a tiré alors que le véhicule passait à côté de lui, tournant dans l’autre direction.
L’agent Jonathan Ross : un historique troublant
Qui est Jonathan Ross, l’agent qui a tué Renée Good? Un vétéran de la guerre d’Irak qui a servi près de deux décennies dans la Border Patrol et l’ICE. Il est agent de déportation à l’ICE depuis 2015. Décrit par les responsables fédéraux comme « un officier expérimenté » avec plus de dix ans au sein du DHS. Mais voici le détail qui glace le sang : Ross est le même agent qui avait été traîné et blessé par un conducteur en fuite lors d’un incident l’année précédente. Autrement dit, un agent potentiellement traumatisé, potentiellement sur la défensive, a été maintenu en service actif dans des opérations à haut risque. Et il a tué.
L’appel au 911 d’un témoin, enregistré peu après l’incident, est glaçant : « Les agents de l’ICE ‘viennent de tirer sur une femme‘ », dit l’appelant, ajoutant que c’était « à bout portant dans sa voiture ». À bout portant. Dans sa voiture. Une femme qui, selon les vidéos, s’éloignait. Pas qui attaquait. Pas qui fonçait. Qui partait. Et l’administration Trump appelle ça du terrorisme domestique. Le gouverneur Walz a proclamé le 9 janvier 2026 « Journée Renée Good ». Parce que quand le gouvernement fédéral salit la mémoire d’une victime, c’est aux États de la réhabiliter.
Deux morts. Deux femmes et hommes ordinaires. Deux vies détruites. Et à chaque fois, le même scénario : le DHS parle de terrorisme, les vidéos montrent autre chose, et l’administration double la mise. C’est un pattern. Un mode opératoire. On tue, on ment, on accuse la victime. Et on compte sur le fait que la nouvelle suivante effacera celle-ci. Que l’indignation s’épuisera. Que les gens oublieront. Non. Pas cette fois. On n’oublie pas.
L'obstruction de justice : quand le DHS se protège lui-même
Un mandat de perquisition ignoré
Ce qui s’est passé après la mort de Pretti est peut-être aussi scandaleux que le meurtre lui-même. Le Bureau of Criminal Apprehension (BCA) du Minnesota — l’équivalent d’une police judiciaire d’État — a voulu accéder à la scène du crime. Ils ont fait ce que font les enquêteurs dans un État de droit : ils ont obtenu un mandat de perquisition signé par un juge. Un document légal. Une autorisation judiciaire. Ils se sont présentés sur les lieux. Et le DHS les a bloqués. Refusé l’accès. Même avec un mandat. Même avec l’autorité d’un juge derrière eux. Dans quelle démocratie des agents de l’exécutif peuvent-ils ignorer un mandat judiciaire?
La secrétaire Kristi Noem a annoncé que le DHS dirigerait lui-même l’enquête sur la fusillade. Relisez cette phrase. L’agence dont les agents ont tué Alex Pretti sera responsable d’enquêter sur sa mort. C’est comme demander à un accusé de meurtre de mener sa propre instruction. C’est un conflit d’intérêts si flagrant qu’il en devient grotesque. Mais c’est la nouvelle normalité dans l’Amérique de 2026. Le DHS enquête sur le DHS. Les agents de la Border Patrol seront jugés par leurs propres supérieurs. Et les preuves sont entre les mains de ceux qui ont intérêt à les faire disparaître.
Un juge nommé par Trump bloque l’administration
Face à cette obstruction, les autorités du Minnesota ont saisi la justice fédérale. Et c’est là que l’histoire prend un tour inattendu. Le juge Eric Tostrud — un magistrat conservateur, membre de la Federalist Society, nommé par Donald Trump lui-même en 2018 — a émis une ordonnance de restriction temporaire. Il a interdit au FBI, au DOJ et au DHS de « détruire ou altérer les preuves » liées à cette fusillade mortelle. Un juge Trump qui bloque l’administration Trump. Parce que même pour un conservateur, il y a des limites. Parce que la préservation des preuves dans une affaire d’homicide n’est pas une question partisane. C’est une question de justice.
L’ordonnance est précise : les agences fédérales sont « enjointes de ne pas détruire ou altérer les preuves prises sur la scène et/ou les preuves que les défendeurs ont prises sous leur garde exclusive ». Cette formulation reconnaît implicitement que le DHS a pris le contrôle des preuves. Qu’il les détient « exclusivement ». Et qu’il y a un risque suffisant de destruction pour justifier une intervention judiciaire d’urgence. Quand un juge doit ordonner au gouvernement de ne pas détruire des preuves, on n’est plus dans le fonctionnement normal d’une démocratie. On est dans la gestion de crise institutionnelle.
Un juge nommé par Trump. Un conservateur. Un membre de la Federalist Society. Et c’est lui qui doit protéger les preuves contre l’administration qui l’a nommé. Il y a quelque chose de profondément symbolique là-dedans. Quand même vos alliés idéologiques doivent vous arrêter, c’est que vous êtes allés trop loin. Quand un juge doit dire « non, vous ne pouvez pas détruire les preuves d’un homicide », c’est que quelque chose de fondamental est cassé. Et c’est au Congrès de le réparer.
La réponse de la famille : des mots contre des balles
Les parents de Pretti brisent le silence
Face aux accusations de l’administration Trump — leur fils traité de terroriste, d’assassin en puissance, d’individu venu « massacrer » des agents — les parents d’Alex Pretti ont publié un communiqué. Les mots sont lourds, douloureux, dignes : « Les mensonges écœurants racontés sur notre fils par l’administration sont répréhensibles et dégoûtants. Alex ne tient clairement pas une arme quand il est attaqué par les voyous meurtriers et lâches de l’ICE de Trump. » Des parents qui doivent défendre la mémoire de leur enfant contre les calomnies de leur propre gouvernement. C’est obscène.
Le père, Michael Pretti, a ajouté : « Il se souciait profondément des gens et il était très contrarié par ce qui se passait à Minneapolis et dans tout le pays avec l’ICE, comme des millions d’autres personnes. » Alex possédait une arme à feu. C’était son droit constitutionnel. Il avait un permis de port d’arme dissimulée. C’était légal. Mais sa famille affirme qu’ils ne l’ont « jamais connu porter cette arme ». Et ce samedi-là, les vidéos le montrent : il avait un téléphone. Pas un pistolet. Il filmait. Il exerçait son droit au Premier Amendement. Et pour ça, il est mort.
La NAACP et les organisations de défense des droits civiques réagissent
Le NAACP Legal Defense Fund (LDF) a publié une condamnation sévère de ce qu’il qualifie de « meurtre flagrant » d’Alex Pretti par les forces de l’ordre fédérales à Minneapolis. L’organisation souligne le pattern troublant : deux citoyens américains tués par des agents fédéraux en moins de trois semaines, dans la même ville, dans le cadre de la même opération. Les organisations de défense des droits civiques exigent une enquête indépendante. Pas une enquête du DHS sur le DHS. Une vraie enquête. Avec des enquêteurs indépendants. Et une supervision du Congrès.
Un sondage YouGov/The Economist réalisé entre le 9 et le 12 janvier 2026 — après la mort de Renée Good mais avant celle de Pretti — révèle que 46% des Américains soutiennent l’abolition de l’ICE, contre 43% qui s’y opposent. C’est un renversement. Pour la première fois, plus d’Américains veulent démanteler cette agence que la conserver. Le représentant démocrate Shri Thanedar du Michigan a annoncé son intention d’introduire l’Abolish ICE Act. Ce n’est plus une position marginale. C’est devenu mainstream. Parce que quand une agence tue des citoyens et ment sur les circonstances, la question de son existence même devient légitime.
Le Congrès doit agir : les leviers disponibles
Le financement comme arme politique
Le sénateur Chuck Schumer, leader de la minorité démocrate au Sénat, a été explicite : les démocrates ne fourniront pas les votes nécessaires pour faire avancer le projet de loi de financement du Department of Homeland Security dans le sillage de ces fusillades. C’est un levier puissant. Le DHS a besoin de crédits pour fonctionner. Ces crédits passent par le Congrès. Et au Sénat, la minorité peut bloquer beaucoup de choses. Si les démocrates maintiennent leur position, le DHS fera face à des difficultés budgétaires. C’est un message : vous ne pouvez pas tuer des citoyens américains et vous attendre à ce que tout continue comme si de rien n’était.
Mais le financement n’est qu’un outil. Le Congrès dispose d’autres pouvoirs. Il peut convoquer des auditions. Il peut subpoenaer des témoins. Il peut exiger des documents. Il peut lancer des enquêtes. La secrétaire Noem devrait être appelée à témoigner sous serment. Le commandant Bovino devrait expliquer, devant des caméras, comment Alex Pretti voulait « massacrer » des agents alors que les vidéos montrent qu’il tenait un téléphone. Stephen Miller devrait justifier pourquoi il a qualifié un infirmier d’« assassin en puissance ». Sous serment. Avec des conséquences en cas de parjure.
Ce que le Congrès doit exiger
Premièrement : une enquête indépendante. Pas le DHS enquêtant sur le DHS. Un procureur spécial. Ou une commission d’enquête du Congrès. Avec un accès total aux preuves. Aux enregistrements des bodycams. Aux communications internes. À tout. Deuxièmement : des auditions publiques. Les responsables doivent répondre de leurs déclarations. Pourquoi ont-ils parlé de « terrorisme domestique »? Pourquoi ont-ils accusé les victimes alors que les vidéos contredisaient leur version? Pourquoi ont-ils bloqué les enquêteurs locaux?
Troisièmement : une réforme structurelle de l’ICE et de la Border Patrol. Des règles d’engagement plus strictes. Une supervision indépendante. Des mécanismes de responsabilité. Et peut-être, oui, une discussion sérieuse sur l’abolition ou la refonte complète de ces agences. Quatrièmement : la fin de l’Opération Metro Surge. Le retrait des milliers d’agents déployés à Minneapolis. La démilitarisation de l’immigration enforcement. Parce que ce qui se passe aux Twin Cities ressemble plus à une occupation qu’à une application de la loi.
Le Congrès a le pouvoir d’agir. La question est : a-t-il la volonté? Les républicains vont-ils défendre l’indéfendable? Vont-ils regarder les vidéos, lire les témoignages sous serment, et quand même protéger une administration qui ment? Vont-ils accepter qu’un juge nommé par Trump doive protéger les preuves contre l’administration Trump? Il y a des moments où la politique doit céder devant la décence. Où la loyauté partisane doit s’effacer devant la vérité. Ce moment est arrivé.
Le Department of Justice contre le Minnesota : l'intimidation institutionnelle
Une enquête contre ceux qui enquêtent
Comme si la situation n’était pas assez kafkaïenne, le Department of Justice a annoncé l’ouverture d’une enquête sur… les responsables du Minnesota. Pas sur les agents qui ont tué. Sur ceux qui protestent contre les meurtres. Le gouverneur Tim Walz, le procureur général Keith Ellison, le maire Jacob Frey sont désormais sous investigation fédérale. L’accusation? Avoir potentiellement « conspiré pour entraver la justice » en empêchant les agents fédéraux d’immigration d’accomplir leurs tâches. C’est de l’intimidation pure. C’est un message envoyé à tous les responsables locaux du pays : si vous nous résistez, on vous poursuivra.
Réfléchissez à ce que cela signifie. Un gouverneur qui qualifie de « mensonges » la version officielle d’un homicide — ce qu’elle est, d’après les vidéos — se retrouve sous enquête fédérale. Un procureur général qui poursuit le DHS pour préserver les preuves se retrouve menacé. Un maire qui dit aux agents de « dégager » de sa ville après avoir vu une de ses administrées tuée se retrouve dans le collimateur. C’est l’inverse de ce que devrait être une démocratie. Les lanceurs d’alerte sont poursuivis. Les auteurs présumés sont protégés. Et le gouvernement fédéral utilise ses pouvoirs pour réduire au silence ceux qui osent le défier.
Le précédent dangereux
Si le DOJ peut enquêter sur des responsables élus parce qu’ils ont critiqué des agents fédéraux, alors quel gouverneur, quel maire, quel procureur osera encore s’exprimer? C’est un effet de refroidissement sur la démocratie elle-même. Un signal qui dit : taisez-vous ou on vous détruira. Le fédéralisme américain repose sur un équilibre entre Washington et les États. Cet équilibre est en train d’être pulvérisé. Les mandats de perquisition des juges locaux sont ignorés. Les responsables d’État qui protestent sont poursuivis. Et les agents fédéraux qui tuent sont protégés.
Le Congrès doit intervenir. Pas dans six mois. Pas après les élections de mi-mandat. Maintenant. Parce que chaque jour qui passe sans action est un jour où ce précédent se consolide. Un jour où l’administration comprend qu’elle peut mentir, tuer et intimider sans conséquences. Un jour où d’autres Alex Pretti, d’autres Renée Good, risquent leur vie simplement en existant dans une ville où l’ICE a décidé de faire régner sa loi.
Conclusion : Le test de la démocratie américaine
Ce que cette affaire révèle
L’affaire Alex Pretti n’est pas qu’un fait divers tragique. C’est un test. Un test pour savoir si l’Amérique est encore une démocratie où les agents de l’État rendent des comptes. Où les preuves sont préservées. Où les victimes ont droit à la vérité. Où le gouvernement ne peut pas mentir impunément. Pour l’instant, la réponse est troublante. Le DHS enquête sur lui-même. Le DOJ poursuit ceux qui protestent. Les responsables doublent la mise sur des mensonges contredits par les vidéos. Et les familles doivent défendre la mémoire de leurs morts contre les calomnies officielles.
Un juge conservateur a dû intervenir pour protéger les preuves. C’est à la fois rassurant — le système judiciaire fonctionne encore, parfois — et terrifiant — il a fallu une ordonnance d’urgence pour empêcher la destruction de preuves dans un homicide. Le Congrès a maintenant une responsabilité historique. Pas seulement envers Alex Pretti et Renée Good. Envers tous les Américains qui veulent vivre dans un pays où le gouvernement ne peut pas tuer et mentir sans conséquences.
Alex Pretti soignait des vétérans. Des hommes et des femmes qui avaient servi leur pays. Il passait ses journées à les maintenir en vie. Et ce pays l’a tué. Puis ce pays a menti sur sa mort. Puis ce pays a traité sa mémoire de terroriste. Je ne sais pas comment ses parents font pour tenir debout. Je ne sais pas comment on fait pour continuer à croire en quelque chose après ça. Mais je sais une chose : si le Congrès ne fait rien, si ces mensonges restent sans conséquences, alors ce n’est pas juste Alex et Renée qu’on aura tués. C’est l’idée même que la vérité compte. Que les vies comptent. Que l’Amérique est autre chose qu’un mensonge qu’on se raconte.
L’heure du choix
Les vidéos sont là. Les témoignages sont là. Les mensonges sont documentés. La question n’est plus de savoir ce qui s’est passé. La question est de savoir ce qu’on va en faire. Le Congrès peut agir. Il peut convoquer des auditions. Il peut exiger des comptes. Il peut couper les vivres. Il peut légiférer. Il peut protéger les responsables locaux qui osent dire la vérité. Ou il peut regarder ailleurs. Attendre que la nouvelle suivante fasse oublier celle-ci. Laisser l’administration s’en tirer. Encore une fois.
Alex Pretti avait 37 ans. Il tenait un téléphone. Il filmait. Il exerçait son droit. Et maintenant il est mort. Renée Good avait 37 ans. Elle était dans sa voiture. Elle s’éloignait. Et maintenant elle est morte. Leurs familles attendent la justice. Des millions d’Américains attendent la vérité. Le Congrès a le pouvoir de répondre à cette attente. La seule question qui reste : va-t-il l’utiliser?
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques politiques, institutionnelles et sociales qui façonnent la société américaine contemporaine. Mon travail consiste à décortiquer les discours officiels, à les confronter aux preuves disponibles, à contextualiser les actions des acteurs politiques et à proposer des perspectives analytiques sur les crises qui redéfinissent le rapport entre les citoyens et leur gouvernement.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux qui concernent la démocratie américaine. Cet article prend position. Il qualifie les déclarations de l’administration de « mensonges » parce que les preuves vidéo contredisent ces déclarations. Ce n’est pas de l’opinion partisane — c’est du constat factuel.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : déclarations officielles du Department of Homeland Security, communiqués de la famille Pretti, documents judiciaires déposés au tribunal fédéral du district du Minnesota, ordonnance du juge Eric Tostrud, plaintes déposées par le Bureau of Criminal Apprehension du Minnesota et le procureur du comté de Hennepin.
Sources secondaires : analyses vidéo vérifiées par Reuters, CBS News, le New York Times et le Washington Post, reportages de CNN, NPR, Al Jazeera, Fox News, ABC News, témoignages sous serment cités dans les documents judiciaires.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections éditoriales de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les preuves vidéo vérifiées et les documents juridiques publics. L’article compare systématiquement les déclarations officielles aux preuves disponibles et tire des conclusions sur cette base.
Toute évolution ultérieure de la situation — notamment les résultats de l’audience prévue devant le juge Tostrud — pourrait naturellement modifier certaines perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
CBS News Minnesota — Border Patrol kills Alex Pretti in Minneapolis; judge grants restraining order against DHS — 25 janvier 2026
Washington Post — Minneapolis live updates: Trump officials say Pretti posed threat; videos show he was disarmed — 25 janvier 2026
CNN — Fatal shooting of Minneapolis man — Live updates — 24 janvier 2026
NPR — Man shot dead by federal immigration officers in Minneapolis — 24 janvier 2026
Al Jazeera — Federal agents in Minneapolis shoot dead US citizen Alex Pretti — 24 janvier 2026
Sources secondaires
Common Dreams — Video Contradicts DHS Claims About Killing of Alex Pretti — 25 janvier 2026
TMZ — New Video Shows Trump Administration Told False Story About The Killing of Alex Pretti — 24 janvier 2026
Fox News — Trump admin barred from ‘destroying or altering’ Alex Pretti shooting evidence — 25 janvier 2026
NAACP Legal Defense Fund — LDF Condemns Egregious Killing of Alex Pretti by Federal Law Enforcement in Minneapolis — 25 janvier 2026
Wikipedia — Killing of Renée Good — Consulté le 25 janvier 2026
The Intercept — ICE Agent Who Shot Renee Nicole Good Identified as Jonathan Ross — 8 janvier 2026
City of Minneapolis — MN Attorney General, Minneapolis and Saint Paul sue to halt ICE surge into Minnesota — Janvier 2026
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