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L’Amérique largue ses alliés : la nouvelle doctrine de défense qui fait trembler le monde
Crédit: Adobe Stock

De l’alliance à la solitude

À Bruxelles, au siège de l’OTAN, les téléphones n’ont pas arrêté de sonner depuis l’annonce. Le secrétaire général Mark Rutte multiplie les déclarations rassurantes, parle de « dialogue constructif » et de « partenariat durable ». Mais derrière les portes closes, l’atmosphère est tout autre. Les diplomates européens ne cachent plus leur inquiétude. La stratégie américaine est claire : l’Europe doit assumer la « responsabilité principale de sa propre défense ». Ces mots, imprimés dans le document officiel du Pentagone, sonnent comme un divorce après 80 ans de mariage stratégique. L’Europe, habituée à vivre sous le parapluie américain, se retrouve soudain sous la pluie. Et il fait froid.

Les chiffres donnent le vertige. Actuellement, environ 85 000 soldats américains sont stationnés en Europe. La nouvelle stratégie ne fixe pas d’objectif de réduction, mais le Congrès américain, anticipant le pire, a inclus dans la loi de défense 2026 (NDAA) une clause interdisant de descendre en dessous de 76 000 hommes sans consultation préalable des alliés et évaluation d’impact. 76 000. C’est la ligne rouge que les élus américains ont tracée, conscients que l’administration Trump pourrait aller beaucoup plus loin si on la laissait faire. Cette bataille entre la Maison-Blanche et le Congrès dit tout de la fracture qui traverse Washington sur la question européenne. D’un côté, une administration qui veut se désengager. De l’autre, des élus qui tentent de limiter les dégâts. Entre les deux, les alliés européens regardent, impuissants, leur destin se jouer dans les couloirs du pouvoir américain.

Il y a quelque chose de profondément humiliant dans cette situation. L’Europe, berceau de la civilisation occidentale, puissance économique de premier plan, se retrouve à supplier qu’on ne l’abandonne pas. À négocier des clauses de protection minimum. À espérer que le Congrès américain soit plus raisonnable que le président. Nous avons vécu pendant des décennies dans le confort d’une protection garantie, et nous avons oublié ce que signifie être seul face au danger. Aujourd’hui, le réveil est brutal. Et la question n’est plus de savoir si nous devons nous défendre nous-mêmes, mais si nous en sommes encore capables.

La crise du Groenland : quand l’allié devient menace

Comme si le désengagement ne suffisait pas, l’administration Trump a ajouté l’insulte à l’abandon. Les déclarations répétées du président américain sur le Groenland — territoire autonome du Danemark, pays membre fondateur de l’OTAN — ont provoqué une onde de choc sans précédent dans l’alliance. Donald Trump a réitéré son intention d’acquérir ce territoire arctique stratégique, allant jusqu’à refuser d’exclure l’usage de la force militaire ou de la coercition économique pour y parvenir. La Première ministre danoise Mette Frederiksen a répondu avec une clarté glaçante : une attaque contre le Groenland signifierait la fin de l’OTAN. Fin de l’OTAN. Ces mots, prononcés par la dirigeante d’un allié historique, mesurent l’abîme dans lequel l’alliance est en train de sombrer.

La réponse européenne a été immédiate et coordonnée. L’Allemagne, la Suède, la Norvège, la France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont annoncé le renforcement de leur présence militaire au Groenland, officiellement pour des « exercices d’entraînement en conditions arctiques ». Personne n’est dupe. Ces manœuvres sont un message clair à Washington : l’Europe n’acceptera pas qu’un allié menace un autre allié. C’est une situation surréaliste, presque absurde : des membres de l’OTAN déployant des troupes pour dissuader les États-Unis — le leader de l’alliance — d’attaquer un autre membre de l’alliance. On croirait lire un scénario de fiction dystopique. C’est pourtant la réalité de janvier 2026.

Sources

Sources primaires

Pentagone – Stratégie nationale de défense 2026 – Janvier 2026
Congrès américain – National Defense Authorization Act 2026 – Décembre 2025
OTAN – Déclarations du secrétaire général Mark Rutte – Janvier 2026
Gouvernement danois – Déclaration de la Première ministre Mette Frederiksen – Janvier 2026

Sources secondaires

German Marshall Fund – The 2026 National Defense Authorization Act: What Europeans Need to Know – Janvier 2026
Chatham House – US intentions towards Greenland threaten NATO’s future – Janvier 2026
Atlantic Council – US strategy is leading to a Europe squeezed from the east and the west – Janvier 2026
Carnegie Endowment – Europe Needs to Hear What America is Saying – Décembre 2025
International Centre for Defence and Security – What the New US National Security Strategy Really Signals for Europe – Janvier 2026
Washington Post – Pentagon moves to cut U.S. participation in some NATO advisory groups – Janvier 2026
Anadolu Agency – US rolls out 2026 defense strategy – Janvier 2026
Al Jazeera – What’s behind the recent shift in US defence strategy? – Janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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