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Le cuirassé Trump-class : 22 milliards de dollars pour un navire que la marine américaine n’aura peut-être jamais
Crédit: Adobe Stock

Des armes qui n’existent pas encore

Les spécifications révélées lors du symposium de la Surface Navy Association en janvier 2026 ressemblent davantage à un film de science-fiction qu’à un document technique militaire. Le USS Defiant embarquerait un canon électromagnétique (railgun) de 32 mégajoules, capable de propulser des projectiles à des vitesses hypersoniques sur des distances de 200 kilomètres. Des lasers de 600 kilowatts — quatre fois plus puissants que tout ce qui existe actuellement dans l’arsenal américain. Des missiles hypersoniques Conventional Prompt Strike (CPS), capables de frapper n’importe quelle cible sur la planète en quelques minutes. Et — détail qui fait frémir les stratèges du monde entier — des missiles de croisière à tête nucléaire (SLCM-N). La marine américaine n’a pas déployé d’armes nucléaires tactiques sur ses navires de surface depuis des décennies. Le cuirassé Trump-class changerait la donne. Pour le meilleur ou pour le pire.

Le problème ? Une bonne partie de ces technologies n’existe pas. Pas encore. Peut-être jamais. Le programme de railgun de la Navy a été abandonné en 2021 après des années de développement infructueux. Les lasers de haute puissance restent expérimentaux, leurs performances dégradées par les conditions météorologiques et atmosphériques. Les missiles hypersoniques américains accusent des retards importants par rapport à leurs équivalents russes et chinois. Construire un navire autour de technologies qui n’ont pas fait leurs preuves, c’est parier des dizaines de milliards sur l’espoir que tout fonctionnera parfaitement du premier coup. L’histoire militaire américaine suggère le contraire. Le destroyer Zumwalt, conçu comme le navire le plus avancé de sa génération, a vu son programme réduit de 32 à 3 unités en raison de dépassements de coûts et de problèmes techniques. Son canon révolutionnaire ? Abandonné faute de munitions abordables. Le Littoral Combat Ship (LCS) ? Un échec retentissant que la marine retire maintenant du service après seulement quelques années. Le F-35 ? Des décennies de retard et des milliards de dépassements. Et maintenant, on nous demande de croire que le cuirassé Trump-class sera différent.

Il y a quelque chose de fascinant — et de terrifiant — dans cette foi aveugle en la technologie. Comme si le simple fait de mettre des mots sur une présentation PowerPoint suffisait à faire exister des armes. Canon électromagnétique. Laser de combat. Missile hypersonique. Les mots sonnent bien. Ils impressionnent les journalistes et les contribuables. Mais derrière les mots, il y a des ingénieurs qui se demandent comment diable ils vont faire fonctionner tout ça ensemble. Il y a des métallurgistes qui ne savent pas encore quel alliage supportera les contraintes. Il y a des informaticiens qui doivent intégrer des systèmes qui n’ont jamais été conçus pour cohabiter. Et il y a vous et moi, qui paierons la facture. Quoi qu’il arrive.

Les chiffres qui donnent le vertige

Les dimensions du USS Defiant défient l’imagination. 268 mètres de long — plus long que la plupart des porte-avions en service. 35 mètres de large. Un déplacement de plus de 35 000 tonnes, soit plus du double du destroyer Zumwalt, actuellement le plus grand navire de combat de surface de la flotte américaine. Un équipage de 850 personnes. Et un arsenal de plus de 140 missiles dans ses tubes de lancement verticaux, sans compter les projectiles du railgun, les charges des lasers, et les munitions conventionnelles. Pour mettre ces chiffres en perspective : un destroyer Arleigh Burke, l’épine dorsale de la flotte américaine actuelle, déplace environ 9 000 tonnes. Le cuirassé Trump-class serait presque quatre fois plus gros. Plus gros que les cuirassés de la classe Iowa de la Seconde Guerre mondiale, les derniers vrais cuirassés américains. Plus gros que tout ce que la marine a construit depuis 1945, à l’exception des porte-avions.

Cette taille pose des défis logistiques considérables. Quels ports pourront accueillir ces géants ? Quels chantiers pourront les entretenir ? La marine américaine peine déjà à maintenir sa flotte actuelle. Les sous-marins nucléaires attendent des mois — parfois des années — avant d’entrer en cale sèche pour maintenance. Les porte-avions accumulent les retards de révision. Et on veut ajouter 20 à 25 cuirassés de 35 000 tonnes chacun à cette équation déjà impossible ? Carl Schuster, ancien capitaine de l’US Navy devenu analyste, pose le diagnostic froidement : « Nous n’avons plus l’infrastructure industrielle et maritime pour faire ça rapidement. » Les chantiers navals américains sont à bout de souffle. Ils ne peuvent pas répondre à la demande actuelle. Comment pourraient-ils absorber le plus ambitieux programme de construction navale depuis la Seconde Guerre mondiale ?

Sources

Sources primaires

Navy.mil – President Trump Announces New Battleship – Décembre 2025
Congressional Budget Office (CBO) – Analyse des coûts du programme BBG(X) – Janvier 2026
Congressional Research Service – Navy Guided Missile Battleship (BBG[X]) Program: Background and Issues for Congress – Janvier 2026
US Navy – Présentation au Surface Navy Association Symposium – Janvier 2026

Sources secondaires

19FortyFive – The Navy’s New Trump-Class Battleship Could Be the Most Expensive Warship Ever Built – Janvier 2026
Breaking Defense – First Trump-class battleship could cost over $20 billion: CBO – Janvier 2026
Bloomberg – Trump-Class Warship May Be Among Costliest Ever Military Vessels – Janvier 2026
CSIS – The Golden Fleet’s Battleship Will Never Sail (Mark Cancian) – Janvier 2026
CSIS – Why the Golden Fleet Will Sail (Benjamin Jensen) – Janvier 2026
USNI News – Trump Battleship Will be Largest Surface Combatant Since WWII – Décembre 2025
CNN – Analysis: Trump’s new battleship plan could transform the US Navy – or sink it – Décembre 2025
Stars and Stripes – Congress gets first internal analysis of proposed Trump-class battleship – Janvier 2026
The War Zone – What We Know About The Trump Class Battleship – Janvier 2026
South China Morning Post – Golden Fleet: will Trump’s battleship plan deter China or is it just pipe dream? – Janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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