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Le Kremlin ricane : l’Europe serait incapable de résister à Trump, mais qui joue vraiment perdant ?
Crédit: Adobe Stock

Quand Moscou condamne les méthodes qu’il emploie lui-même

L’ironie de la situation atteint des sommets vertigineux. Dmitri Peskov, tout en se moquant de la faiblesse européenne, a également pris soin de critiquer les méthodes de Donald Trump. « Les méthodes qu’il emploie ne correspondent pas tout à fait à notre vision d’un monde multipolaire », a-t-il déclaré. « Trump reste partisan de tout résoudre par la force. » Voilà donc le Kremlin qui reproche à Washington d’imposer sa volonté par la coercition. C’est presque touchant, venant d’un régime qui a envahi l’Ukraine, annexé la Crimée, menacé ses voisins de représailles nucléaires et empoisonné des opposants sur le sol européen. Mais passons. La cohérence n’a jamais été le point fort de la propagande russe.

Ce qui est plus intéressant, c’est la manière dont Moscou tente de se positionner comme un observateur neutre et amusé du conflit transatlantique. Peskov joue sur plusieurs tableaux. D’un côté, il dénigre l’Europe pour sa prétendue faiblesse. De l’autre, il critique Trump pour son unilatéralisme brutal. Et entre les deux, la Russie se présente comme le défenseur d’un « monde multipolaire » — un concept commode qui permet de justifier à peu près n’importe quelle politique. La réalité est que le Kremlin a tout intérêt à ce que les relations entre Washington et Bruxelles se détériorent. Chaque fissure dans l’alliance occidentale est une opportunité pour Moscou. Chaque humiliation infligée par Trump à l’Europe affaiblit le front uni qui impose des sanctions à la Russie. Peskov ne se moque pas de l’Europe par souci de vérité. Il le fait parce que ça sert les intérêts russes.

Il y a quelque chose de profondément cynique dans cette posture russe. Critiquer Trump pour son usage de la force ? Vraiment ? C’est la Russie qui parle — celle qui bombarde des civils ukrainiens chaque nuit, qui détruit des infrastructures énergétiques en plein hiver, qui a transformé des villes entières en champs de ruines. Quand Peskov dénonce le « monde unipolaire » que Trump cherche à imposer, il oublie commodément que Moscou rêve exactement du même type de domination sur son « étranger proche ». La seule différence, c’est que la Russie n’a pas les moyens de ses ambitions impériales. Alors elle se contente de jeter de l’huile sur le feu occidental et d’espérer que l’incendie lui profite.

L’attaque contre Kaja Kallas : le Kremlin joue la montre

Dans la même intervention, Peskov a réservé un sort particulier à Kaja Kallas, la Haute Représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères. Le message du Kremlin est d’une brutalité diplomatique rare : « Ni la Russie ni les États-Unis ne discuteront jamais de quoi que ce soit avec Kaja Kallas. Il suffit d’attendre qu’elle quitte son poste. » C’est une déclaration de guerre politique. Kallas, ancienne Première ministre d’Estonie, est connue pour ses positions intransigeantes envers Moscou. Sa mère a été déportée en Sibérie par les autorités soviétiques. Elle-même figure sur la liste des personnes recherchées par la Russie. Pour le Kremlin, elle incarne tout ce qu’il déteste dans l’Europe post-soviétique : la mémoire des crimes communistes, le refus de la soumission, l’attachement aux valeurs démocratiques.

En refusant tout dialogue avec Kallas, Moscou envoie un signal clair : la Russie choisit ses interlocuteurs. Elle refuse de traiter avec ceux qui la critiquent trop vigoureusement. Et elle parie sur le temps long — attendre que les mandats passent, que les dirigeants changent, que la fatigue s’installe. C’est une stratégie classique du Kremlin : jouer la montre, épuiser l’adversaire, compter sur les alternances politiques pour trouver des interlocuteurs plus accommodants. Kallas, de son côté, reste imperturbable. « La Russie ne va pas aussi bien qu’elle veut nous le faire croire », a-t-elle récemment déclaré. « Leur économie est dans une très mauvaise posture et ils ne remportent pas les victoires militaires qu’ils prétendent. » Elle a raison. Mais Peskov, lui, continue de sourire et d’attendre.

Sources

Sources primaires

Sputnik International – European Politicians Incapable of Resisting Trump’s Assertiveness – Kremlin – 25 janvier 2026
RT – European politicians ‘unable to withstand’ Trump’s pressure – Peskov – 25 janvier 2026
Izvestia – Peskov pointed to the inability of European politicians to resist Trump’s pressure – 25 janvier 2026
Kremlin – Déclarations de Dmitri Peskov à Rossiya 1 – 25 janvier 2026

Sources secondaires

Euronews – EU leaders demand respect from Trump after Greenland crisis rattles relationship – 23 janvier 2026
The Washington Post – After Trump backs down on Greenland, Europe says standing up pays off – 23 janvier 2026
CNN – A stunned Europe gathers to respond after Trump increases pressure over Greenland – 18 janvier 2026
NBC News – Trump leaks Macron text, vows ‘no going back’ on Greenland – 20 janvier 2026
Al Jazeera – European leaders slam Trump’s tariff threats over Greenland – 19 janvier 2026
The Irish Times – Read the text message between Macron and Trump about Greenland – 20 janvier 2026
Atlantic Council – Trump may move on from Greenland. Europe won’t. – 23 janvier 2026
Carnegie Endowment – Europe’s American Predicament – janvier 2026
CSIS – The Transatlantic Alliance in the Age of Trump: The Coming Collisions – janvier 2026
SIPRI – Données sur les importations d’armements européens 2020-2024

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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