Quand les bombes visent les radiateurs
Ce que vit l’Ukraine en ce janvier 2026 n’est pas seulement une guerre conventionnelle. C’est une guerre contre la vie quotidienne. Une guerre contre le chauffage, l’électricité, l’eau courante. Depuis des mois, les frappes russes ciblent systématiquement les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Pas les bases militaires. Pas les dépôts d’armes. Les centrales électriques. Les transformateurs. Les réseaux de distribution. L’objectif est clair : transformer l’hiver en arme de destruction massive. Oxfam a dénoncé cette stratégie avec des mots sans équivoque : « Utiliser l’hiver comme une arme ». C’est exactement ce qui se passe. Les Nations Unies estiment que 10,8 millions de personnes en Ukraine ont besoin d’aide humanitaire. Dix millions huit cent mille. Écrivez ce chiffre. Prononcez-le à voix haute. C’est plus que la population du Portugal.
Dans la nuit du 8 au 9 janvier, la Russie a lancé ce que les analystes considèrent comme l’une des attaques les plus massives depuis le début du conflit : 242 drones et 36 missiles. Le résultat ? À Kyiv, quatre morts au minimum, dont un ambulancier tué alors qu’il intervenait sur une frappe précédente. Le maire Vitali Klitschko a annoncé que 5 635 immeubles résidentiels — la moitié des appartements de la capitale — se sont retrouvés sans chauffage. Sans eau non plus. Imaginez. Vous vous réveillez un matin de janvier, il fait moins dix-huit degrés à l’extérieur, et votre appartement est aussi froid que la rue. Pas d’eau chaude pour vous laver. Pas d’eau tout court. Vos voisins font fondre de la neige sur des bougies pour avoir quelque chose à boire. Ce n’est pas un scénario de film post-apocalyptique. C’est la réalité quotidienne de millions d’Ukrainiens en ce moment même.
Il y a quelque chose de profondément obscène dans cette stratégie. Viser les civils, c’est une chose — une chose horrible, mais que les guerres ont toujours connue. Mais viser le chauffage ? Viser la capacité des gens à ne pas mourir de froid dans leur propre maison ? C’est une forme de cruauté calculée, méthodique, qui me glace le sang plus encore que les températures dont on parle. Poutine ne cherche pas seulement à gagner sur le terrain militaire. Il cherche à briser la volonté d’un peuple en le faisant geler. Et le monde regarde, et le monde « condamne », et le monde organise des réunions à Abou Dhabi. Et pendant ce temps, à Kryvyi Rih, des familles font fondre de la neige pour se laver.
Des enfants qui ne connaissent plus que la survie
L’UNICEF a publié un rapport glaçant — au sens propre comme au figuré. Son titre : « Sous le feu et dans le gel, les enfants d’Ukraine endurent l’hiver le plus dur de la guerre ». Le vice-premier ministre ukrainien Oleksii Kuleba ne dit pas autre chose : « L’Ukraine traverse actuellement l’hiver le plus difficile depuis le début de la guerre. » Ce ne sont pas des formules rhétoriques. C’est une constatation factuelle. Cet hiver 2025-2026 est le plus froid depuis plus d’une décennie. Et c’est précisément cet hiver que Moscou a choisi pour intensifier ses frappes sur les réseaux énergétiques. Coïncidence ? Personne n’est assez naïf pour le croire. Dans les immeubles sans chauffage, les familles se réfugient dans une seule pièce, empilent les couvertures, allument ce qu’elles peuvent. Les enfants ne vont plus à l’école — trop dangereux, trop froid. Ils restent terrés chez eux, en « mode survie », comme le décrit l’UNICEF. Mode survie. Des gamins de sept ans, de dix ans, qui ne pensent plus à jouer, à apprendre, à rêver. Juste à survivre jusqu’au lendemain.
La réponse humanitaire s’organise, mais elle peine à suivre l’ampleur de la catastrophe. Les Nations Unies et leurs partenaires vont lancer un appel de 2,31 milliards de dollars pour 2026, destiné à aider 4,12 millions de personnes confrontées aux besoins les plus critiques. À Kyiv, plus de 1 200 espaces chauffés ont été ouverts pour accueillir ceux qui n’ont plus de quoi se réchauffer chez eux. La Commission européenne a déployé 447 générateurs d’urgence, d’une valeur de 3,7 millions d’euros, prélevés sur les réserves stratégiques de l’UE. Depuis le début de l’invasion, près de 10 000 générateurs ont été envoyés à l’Ukraine via le Mécanisme européen de protection civile. Des chiffres impressionnants. Mais face à plus d’un million de personnes sans électricité, sans eau et sans chauffage par des températures de moins vingt degrés, c’est comme essayer d’éteindre un incendie de forêt avec un verre d’eau.
Le pape Léon XIV : des paroles, mais aussi des actes
Trois camions chargés d’espoir dans les zones de guerre
Le pape Léon XIV n’est pas homme à se contenter de discours. Quelques jours avant son appel du 25 janvier, il avait déjà posé un geste concret. Trois camions chargés d’aide humanitaire ont quitté le Vatican pour les régions les plus touchées par les bombardements. À leur bord : 100 000 portions de soupe instantanée, un don de l’entreprise sud-coréenne Samyang Foods. Le cardinal Konrad Krajewski, aumônier du pape, a expliqué que ces soupes peuvent être préparées avec très peu d’eau — un détail crucial quand l’approvisionnement en eau est coupé. « Le Saint-Père ne se contente pas de prier pour la paix », a-t-il souligné. « Il veut être présent auprès des familles qui souffrent. » Les camions ont été dirigés vers les zones de guerre « où il n’y a ni électricité, ni eau, ni chauffage ».
Ce geste, Léon XIV l’a voulu symbolique. Il a été annoncé pour la fête de la Sainte Famille, le 28 décembre. Le cardinal Krajewski a établi un parallèle entre les familles ukrainiennes et la famille de Nazareth, qui elle aussi avait dû fuir, connaître l’exil, vivre dans l’incertitude. « Ces familles suivent la via dolorosa de l’exil », a-t-il dit, « à la recherche d’un refuge, vivant la condition dramatique des réfugiés, marquée par la peur, les difficultés et l’incertitude. » Depuis son élection en mai dernier, le nouveau pape n’a cessé de plaider pour une « paix juste et durable » en Ukraine. Il a même offert la médiation du Vatican pour faciliter les négociations entre Kyiv et Moscou. Une offre qui, jusqu’à présent, n’a pas trouvé preneur. Mais le Saint-Siège persiste. La diplomatie vaticane travaille en coulisses, loin des projecteurs et des déclarations fracassantes.
Cent mille portions de soupe. Ça peut sembler dérisoire face à l’ampleur de la catastrophe. Trois camions contre une guerre qui dure depuis quatre ans. Et pourtant. Il y a quelque chose dans ce geste qui me touche profondément. Ce n’est pas la quantité qui compte. C’est le message. C’est cette idée qu’un homme, depuis sa fenêtre à Rome, pense à une famille qui grelotte quelque part dans le Donbass. Qu’il ne se contente pas de « penser » à eux, mais qu’il agit, concrètement, avec ce qu’il a. La charité, disait le cardinal Krajewski, « ne prend pas de vacances ». Non. La charité ne calcule pas non plus si son geste va « changer les choses ». Elle pose le geste, point. Et parfois, c’est exactement ce dont le monde a besoin.
Une voix morale dans le chaos des intérêts géopolitiques
Depuis son élection, Léon XIV a marqué les esprits par ses prises de position sur l’Ukraine. Dès le 1er janvier 2026, lors de la 59e Journée mondiale de la paix, il a appelé à une « paix désarmée et désarmante » — reprenant les mots qu’il avait prononcés le soir de son élection, depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre. Il a dénoncé la course au réarmement, la « déshumanisation technologique » des conflits — notamment l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle dans la guerre. Face à cette « logique destructrice », il a appelé à un « désarmement intégral ». Des mots forts, qui tranchent avec le langage habituel des chancelleries. Le 11 janvier, il avait déjà lancé un appel similaire après des attaques particulièrement meurtrières sur les infrastructures énergétiques. « En Ukraine, de nouvelles attaques — particulièrement graves contre les infrastructures énergétiques alors que le froid s’intensifie — font payer un lourd tribut à la population civile », avait-il déclaré. « Je prie pour ceux qui souffrent et je renouvelle mon appel à la fin des violences et à des efforts renouvelés pour parvenir à la paix. »
Ce qui distingue Léon XIV, c’est qu’il ne se contente pas de condamner « la violence » de manière abstraite. Il nomme les choses. Il pointe du doigt les frappes sur les infrastructures civiles. Il parle des populations « exposées au froid de l’hiver ». Il refuse les faux équilibres, ces formules diplomatiques qui mettent agresseur et agressé sur le même plan. Dans un monde où tant de voix se perdent dans le bruit médiatique, celle du Vatican garde une résonance particulière. Non pas parce que le pape dispose de divisions blindées — la célèbre boutade de Staline résonne encore. Mais parce qu’il incarne quelque chose que les puissances de ce monde ont souvent oublié : une autorité morale. Une voix qui parle au nom de principes qui dépassent les intérêts nationaux et les calculs géostratégiques. Et en ce janvier 2026, alors que les bombes continuent de tomber et que les négociations piétinent, cette voix rappelle une évidence que tout le monde semble avoir oubliée : la guerre, ce n’est pas des territoires sur une carte. C’est des gens qui meurent de froid.
Abou Dhabi : l'espoir fragile des négociations
Premières discussions trilatérales depuis le début de l’invasion
Les pourparlers d’Abou Dhabi constituent une première historique. Depuis l’invasion russe de février 2022, jamais les trois parties — Ukraine, Russie et États-Unis — ne s’étaient retrouvées autour de la même table. C’est Donald Trump, de retour à la Maison-Blanche, qui a rendu ces discussions possibles. Ses envoyés, Steve Witkoff et Jared Kushner, ont effectué un voyage éclair à Moscou avant de rejoindre les Émirats. Leur rencontre avec Poutine s’est étirée jusqu’aux premières heures du 24 janvier. Du côté ukrainien, le négociateur en chef Rustem Umerov et le patron du renseignement militaire Kyrylo Boudanov étaient présents. La Russie avait dépêché des représentants de son renseignement militaire et de son armée. Les discussions ont duré deux jours. Elles se sont terminées sans accord.
Le président Zelensky a qualifié ces échanges de « constructifs ». L’envoyé américain Witkoff a abondé dans le même sens : « Les discussions ont été très constructives, et des plans ont été faits pour poursuivre les conversations la semaine prochaine à Abou Dhabi. Le président Trump et toute son équipe sont déterminés à ramener la paix dans cette guerre. » Mais derrière ces formules optimistes, les obstacles restent immenses. Le Kremlin maintient sa position : l’Ukraine doit retirer toutes ses forces du Donbass oriental avant toute négociation substantielle. Poutine exige que Kyiv cède les 20 % qu’elle contrôle encore de l’oblast de Donetsk — environ 5 000 kilomètres carrés. Pour la plupart des pays du monde, Donetsk fait partie de l’Ukraine. Pour Poutine, c’est une « terre historique russe ». Entre ces deux positions, le fossé semble infranchissable.
Constructif. C’est le mot qu’ils utilisent tous. Constructif. Comme si empiler des mots autour d’une table suffisait à reconstruire ce qui a été détruit. Je ne doute pas de la bonne volonté des négociateurs. Je ne doute pas que certains, dans cette pièce climatisée d’Abou Dhabi, croient sincèrement qu’un compromis est possible. Mais pendant qu’ils discutent, les missiles continuent de tomber. Pendant qu’ils « construisent », d’autres détruisent. Et je me demande : à quel moment les mots deviennent-ils autre chose que des mots ? À quel moment « constructif » cesse-t-il d’être un euphémisme pour « on n’a rien obtenu, mais on continue de parler » ?
Les bombes comme réponse aux négociations
Le cynisme de Moscou n’a échappé à personne. Alors même que les délégations étaient réunies à Abou Dhabi, les forces russes ont lancé une attaque massive sur l’Ukraine. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha n’a pas mâché ses mots sur X (anciennement Twitter) : « De manière cynique, Poutine a ordonné une frappe massive brutale contre l’Ukraine alors même que les délégations se réunissent à Abou Dhabi pour faire avancer le processus de paix mené par l’Amérique. Ses missiles n’ont pas seulement frappé notre peuple, mais aussi la table des négociations. » Le message est clair : Poutine négocie d’une main et bombarde de l’autre. Il accepte de s’asseoir à une table tout en montrant qu’il garde le doigt sur la gâchette. C’est une tactique vieille comme la guerre : négocier en position de force, montrer qu’on peut faire mal à tout moment.
La prochaine ronde de négociations est prévue pour le samedi 1er février, toujours aux Émirats arabes unis. D’ici là, que va-t-il se passer ? Combien de frappes ? Combien de morts ? Combien de familles supplémentaires plongées dans le noir et le froid ? Les observateurs s’accordent sur un point : les semaines qui viennent seront décisives. Soit un cessez-le-feu émerge des discussions, soit la guerre s’enlise davantage, avec son lot quotidien de victimes civiles. Le pape Léon XIV a raison de le souligner : la guerre prolongée « creuse le fossé entre les peuples ». Plus elle dure, plus les rancœurs s’accumulent, plus les compromis deviennent difficiles. Le temps joue contre la paix. Et le temps, en ce moment, se mesure en nuits sans chauffage et en corps retrouvés sous les décombres.
Une guerre qui dure : le poids des chiffres, le visage des victimes
Quatre ans de conflit, plus de 50 000 civils touchés
Bientôt quatre ans. Le 24 février 2022, les troupes russes franchissaient la frontière ukrainienne. Depuis, la guerre n’a jamais vraiment cessé. Elle a connu des phases d’intensité variable, des offensives et des contre-offensives, des villes prises et reprises. Mais elle n’a jamais cessé de tuer. Selon les Nations Unies, plus de 50 000 civils ont été tués ou blessés depuis le début de l’invasion. Et ce chiffre est probablement sous-estimé — il ne compte pas les morts dans les territoires occupés, ni les disparus dont on ne retrouve jamais les corps. Cinquante mille. C’est l’équivalent d’une ville moyenne rayée de la carte. C’est cinquante mille familles endeuillées, cinquante mille histoires brisées, cinquante mille personnes qui ne verront jamais la fin de cette guerre.
Et puis il y a ceux qui survivent, mais dont la vie ne sera plus jamais la même. Les blessés qui garderont des séquelles à vie. Les enfants traumatisés qui sursautent au moindre bruit. Les personnes âgées qui ont tout perdu et qui n’auront pas le temps de reconstruire. Les familles séparées, les exilés qui ne savent pas s’ils reverront un jour leur maison. L’Ukraine de 2026 n’est plus celle de 2021. C’est un pays meurtri, épuisé, mais qui refuse de plier. Un pays où les enfants vont à l’école dans des abris anti-bombes, où les hôpitaux fonctionnent avec des générateurs d’urgence, où la vie quotidienne est une succession d’alertes et de coupures de courant. Et c’est ce pays-là que le pape a dans le cœur quand il parle de « populations entières exposées au froid de l’hiver ».
Cinquante mille. J’ai relu ce chiffre plusieurs fois. J’ai essayé de me le représenter. Cinquante mille personnes, c’est un stade de football rempli. C’est tous les habitants du quartier où j’ai grandi. C’est des visages, des rires, des projets, des rêves — effacés. Et ce chiffre date de plusieurs semaines. Au moment où vous lisez ces lignes, il a probablement augmenté. On s’habitue aux statistiques. On ne devrait pas. Chaque unité dans ce chiffre était quelqu’un. Quelqu’un qui avait un nom, des gens qui l’aimaient, une raison de vouloir voir le lendemain. Et quelqu’un qui n’est plus là.
L’Europe face à ses responsabilités
L’Union européenne n’est pas restée inactive. Depuis le début du conflit, l’UE a multiplié les sanctions contre la Russie, fourni une aide militaire et humanitaire massive à l’Ukraine, accueilli des millions de réfugiés. Les 447 générateurs envoyés récemment ne sont qu’un exemple parmi d’autres de cette solidarité. Mais face à l’ampleur de la crise, est-ce suffisant ? La question revient sans cesse. L’Europe fait-elle assez ? Pourrait-elle faire plus ? Et surtout : pourquoi, après bientôt quatre ans, cette guerre continue-t-elle de faire rage aux portes de l’Union ? Le pape Léon XIV, dans son message pour la Journée mondiale de la paix, a mis en garde contre l’illusion d’une paix garantie par les armes. Il a dénoncé la « course au réarmement » qui consume des ressources colossales — des ressources qui pourraient servir à soigner, éduquer, nourrir.
Mais la réalité géopolitique est plus complexe que les appels à la paix, aussi sincères soient-ils. Poutine n’a montré aucun signe de vouloir renoncer à ses ambitions territoriales. Le Kremlin continue de considérer l’Ukraine comme faisant partie de sa « sphère d’influence » — un concept d’un autre âge que la plupart des Ukrainiens rejettent avec force. Dans ce contexte, l’aide militaire européenne n’est pas un obstacle à la paix : c’est ce qui permet à l’Ukraine de rester debout, de continuer à exister comme nation souveraine. La paix viendra peut-être un jour. Mais elle ne peut pas venir de la capitulation. Elle ne peut pas venir d’un « accord » qui récompenserait l’agression. Elle doit venir du respect, comme le dit le pape, « des peuples ». Et pour le moment, ce respect, c’est l’Europe qui l’incarne — malgré ses lenteurs, ses divisions et ses insuffisances.
Conclusion : L'appel du pape résonnera-t-il ?
Des mots qui pèsent dans le silence des bombes
Dimanche 25 janvier 2026, midi, Place Saint-Pierre. Vingt mille personnes écoutent le pape Léon XIV parler de l’Ukraine. À des milliers de kilomètres de là, des familles font fondre de la neige pour avoir de l’eau. Des équipes de réparation travaillent jour et nuit pour rétablir le chauffage dans des immeubles bombardés. Des négociateurs se préparent pour un nouveau round de discussions qui pourrait — ou pas — aboutir à quelque chose. Et entre ces mondes qui semblent si éloignés, il y a cette voix, celle d’un homme en blanc à sa fenêtre, qui rappelle l’essentiel. « Je suis avec douleur ce qui se passe. » C’est peut-être la phrase la plus importante. Pas les appels à l’action, pas les analyses géopolitiques. Cette simple reconnaissance : je vois ce qui se passe, je ressens ce que vous ressentez, je suis avec vous.
L’appel du pape changera-t-il quelque chose ? Personne ne peut le dire. Les mots, même les plus forts, ne suffisent pas toujours à arrêter les bombes. Mais ils ont un pouvoir que les armes n’ont pas : celui de maintenir l’humanité vivante au milieu du chaos. De rappeler que derrière les statistiques, il y a des visages. Que derrière les communiqués officiels, il y a des familles qui souffrent. Que derrière les « discussions constructives », il y a des gens qui attendent désespérément une issue. Le pape Léon XIV fait ce que les papes font depuis des siècles : il prête sa voix à ceux qui n’en ont pas. Il parle pour ceux que le fracas des bombes a réduits au silence. Et en ce sens, peu importe que les négociateurs d’Abou Dhabi l’écoutent ou non. Ce qui compte, c’est que le monde sache. Que le monde n’oublie pas. Que le monde continue de regarder, même quand il aimerait détourner les yeux.
Je termine cet article et je pense à cette femme de 68 ans, morte dans le village de Prudianka. Je ne connais pas son nom. Je ne le connaîtrai probablement jamais. Elle fait partie des « victimes civiles », des « dommages collatéraux », des chiffres qu’on égrène dans les bulletins d’information. Mais elle était quelqu’un. Elle avait peut-être des petits-enfants. Elle préparait peut-être du bortsch le dimanche. Elle avait survécu à des décennies de vie soviétique, à l’effondrement de l’URSS, à la crise économique des années 90, à tout ce que l’histoire a jeté sur son chemin. Et puis un drone l’a tuée. Dans son village. En janvier 2026. Pendant qu’à Rome, un pape parlait de paix devant vingt mille personnes. Et pendant qu’à Abou Dhabi, des diplomates discutaient de « paramètres ». Le monde continue de tourner. Mais quelque part, une chaise est vide à une table familiale. Et ça, toutes les négociations du monde n’y changeront rien.
Ce qui reste quand les caméras s’éteignent
Les pourparlers reprendront le 1er février. D’ici là, l’hiver continuera de mordre. Les équipes humanitaires continueront de distribuer des couvertures et de réparer des transformateurs. Les familles ukrainiennes continueront de survivre, jour après jour, nuit après nuit. Et le pape continuera de prier — et d’agir, à sa manière, avec ses camions de soupe et ses appels à la conscience du monde. « La paix se construit dans le respect des peuples. » C’est la phrase qu’il faudrait afficher au-dessus de toutes les tables de négociation. C’est la phrase qu’il faudrait répéter à tous ceux qui parlent de « solutions pragmatiques » et de « compromis réalistes ». La paix n’est pas un arrangement territorial. La paix n’est pas un cessez-le-feu négocié sous la menace des bombes. La paix, la vraie, celle qui dure, celle qui permet de reconstruire — cette paix-là ne peut venir que du respect. Du respect de l’Ukraine comme nation souveraine. Du respect de son peuple, de ses choix, de son droit à exister.
Quand les caméras s’éteignent et que les journalistes passent à autre chose, la guerre continue. C’est le lot de tous les conflits qui s’éternisent : ils finissent par lasser, par devenir du bruit de fond, par disparaître des unes des journaux. Mais pour ceux qui la vivent, la guerre ne s’arrête jamais. Elle est là à chaque réveil, à chaque alerte, à chaque coupure de courant. Elle est là dans les yeux des enfants qui ont désappris à jouer. Elle est là dans le silence des appartements vides. Le pape Léon XIV le sait. C’est pour ça qu’il continue de parler, encore et encore, même quand ses appels semblent se perdre dans le vide. Parce que tant qu’une voix s’élève, tant qu’un regard se pose sur la souffrance des autres, l’espoir reste possible. Et l’espoir, en ce janvier 2026, c’est peut-être tout ce qui reste à ceux qui grelottent dans le froid ukrainien.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, religieuses et humanitaires qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies diplomatiques, à comprendre les mouvements humanitaires globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels du Vatican et de Vatican News, déclarations publiques du pape Léon XIV, rapports d’organisations intergouvernementales (ONU, UNICEF, Commission européenne), dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies (Ukrinform, Catholic News Agency, Al Jazeera, Euronews, The Kyiv Independent, NBC News, ABC News).
Les données statistiques, humanitaires et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Nations Unies, UNICEF, Commission européenne, Croix-Rouge internationale, Oxfam.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et humanitaires contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Vatican News – Léon XIV suit « avec douleur » les attaques contre les civils en Ukraine – 25 janvier 2026
Vatican News – Pope Leo appeals for peace in Ukraine and in all war-torn regions – 25 janvier 2026
Nations Unies – Ukraine: Massive overnight attack leaves millions in the dark – 9 janvier 2026
Nations Unies – Ukraine: Deadly Russian strikes push civilians deeper into winter crisis – 12 janvier 2026
Commission européenne – EU deploys emergency generators as Russian strikes leave 1 million Ukrainians without power in -20°C – 22 janvier 2026
UNICEF – Under fire and freezing, children in Ukraine endure the harshest winter of war – janvier 2026
Sources secondaires
Ukrinform – Pope Leo appeals for peace in Ukraine during Sunday prayer – 25 janvier 2026
Catholic News Agency – Pope Leo XIV condemns violence in Iran, Syria, and Ukraine – 11 janvier 2026
Catholic News Agency – Pope Leo XIV sends 3 truckloads of humanitarian aid to Ukraine – 28 décembre 2025
Al Jazeera – Ukraine-Russia-US hold talks in Abu Dhabi with territory as key issue – 23 janvier 2026
Al Jazeera – US-brokered Russia-Ukraine talks close with no breakthrough – 24 janvier 2026
Euronews – Abu Dhabi hosts Russia-Ukraine peace talks, with territorial issues a priority – 24 janvier 2026
Euronews – Almost half of Kyiv without heat and power as Russia batters Ukraine’s energy grid – 20 janvier 2026
CBS News – Trilateral peace talks concluded constructively, Ukraine’s Zelenskyy says – 24 janvier 2026
NBC News – Russia, Ukraine to hold trilateral peace talks with U.S. for first time – janvier 2026
Oxfam – Turning winter into a weapon: Oxfam warns of deadly impact of attacks on Ukraine’s energy system – janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.