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Le retour de Nouri al-Maliki en Irak : le cauchemar qui ne veut pas finir
Crédit: Adobe Stock

Le massacre d’al-Hawija : quand le gouvernement tire sur son peuple

23 avril 2013. Al-Hawija, une petite ville au nord de l’Irak. Depuis des semaines, des manifestants sunnites protestent pacifiquement contre les politiques discriminatoires du gouvernement al-Maliki. Ils dénoncent les arrestations arbitraires, les lois de débaassification utilisées pour les exclure de la vie politique, le mépris systématique dont ils sont victimes. Ce matin-là, juste avant l’aube, les forces spéciales envoyées depuis Bagdad attaquent le campement. Pas de sommation. Pas de négociation. Juste des balles.

Le bilan officiel parlera de 44 civils tués et de 153 blessés. Mais les témoignages racontent une histoire plus sombre encore. Des manifestants blessés, exécutés à terre après leur arrestation. Des tirs à balles réelles sur des hommes désarmés. Des corps criblés de projectiles. Le ministre de l’Éducation, Mohammed Tamim, démissionne en signe de protestation. Son collègue des Sciences et Technologies, Abd al-Karim al-Samarrai, le suit. Mais al-Maliki reste. Il reste toujours. Dans les jours qui suivent, plus de 300 personnes perdent la vie dans les violences qui embrasent le pays. Ramadi, Falloujah, Mossoul s’enflamment. Le massacre d’al-Hawija deviendra le terreau sur lequel Daech fera germer sa terreur.

Quarante-quatre morts. Ce chiffre, je l’ai relu plusieurs fois. Quarante-quatre personnes qui ne demandaient qu’à être traitées comme des citoyens à part entière. Quarante-quatre vies fauchées parce qu’elles osaient protester. Et l’homme qui a ordonné cette opération — ou qui l’a laissée se produire, ce qui revient au même — s’apprête à reprendre le pouvoir. Comment voulez-vous que les Sunnites irakiens croient encore en la démocratie ? Comment voulez-vous qu’ils fassent confiance à un système qui récompense celui qui les a massacrés ?

La politique de la division : exclure pour mieux régner

Le massacre d’al-Hawija n’était pas un accident. Il était le symptôme d’une politique délibérée. Sous couvert de débaassification — cette loi censée empêcher les anciens partisans de Saddam Hussein de revenir au pouvoir — al-Maliki a systématiquement exclu la communauté sunnite de la vie politique irakienne. En 2010, il utilise cette même loi pour interdire neuf partis politiques et plus de 450 candidats — majoritairement sunnites — de participer aux élections législatives. La démocratie irakienne devient une farce dont seuls les chiites proches du pouvoir tirent les ficelles.

Le vice-président Tariq al-Hashimi, figure sunnite majeure, est accusé de terrorisme et condamné à mort par contumace. Il s’enfuit du pays. Le ministre des Finances Rafi al-Issawi subit le même sort un an plus tard. Les accusations se multiplient contre quiconque ose contester l’hégémonie du parti Dawa et de son chef. Al-Maliki ne gouverne pas. Il divise. Il marginalise. Il punit. Et chaque exclusion, chaque humiliation, chaque injustice creuse un peu plus le fossé entre les communautés. Ce fossé dans lequel Daech s’engouffrera avec une facilité terrifiante.

Sources

Sources primaires

Al Jazeera — Iraq Shia alliance nominates former PM Nouri al-Maliki as its candidate — 24 janvier 2026
Al Jazeera — What al-Maliki’s return would mean for Iraq and the region — 25 janvier 2026
The National — Nouri Al Maliki nominated to form next Iraq government as prime minister — 24 janvier 2026
ABC News / Associated Press — Iraq’s dominant political bloc nominates former prime minister al-Maliki as its candidate — 24 janvier 2026
The Washington Post — Iraq’s dominant political bloc nominates former prime minister al-Maliki as its candidate — 24 janvier 2026

Sources secondaires

Human Rights Watch — Iraq: Investigate Deadly Raid on Protest (massacre d’al-Hawija) — 24 avril 2013
Foreign Policy — How Maliki Ruined Iraq — 19 juin 2014
Carnegie Endowment for International Peace — Toward a New Compromise in Iraq? — décembre 2025
The Brookings Institution — The Popular Mobilization Force is turning Iraq into an Iranian client state — 2024
The Washington Institute — Bringing Iraq’s ‘Ghost’ Forces Back to Life — 2014
RAND Corporation — The Future of the Iraqi Popular Mobilization Forces — 2024
The National — US envoy says 2026 to mark end of militias in Iraq — 1er janvier 2026
The New Arab — Who is Mark Savaya, Trump’s special envoy to Iraq? — octobre 2025
Radio Free Europe — Fall Of Assad Unravels Iran’s Decades-Old ‘Axis Of Resistance’ — décembre 2024
The Soufan Center — Iran Struggles with Assad’s Collapse — janvier 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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