Un homme « au cœur d’or » fauché par des balles fédérales
Alex Jeffrey Pretti avait grandi à Green Bay, au Wisconsin, où il avait joué au football et au baseball au lycée Preble. Diplômé de l’Université du Minnesota en 2011, il avait d’abord travaillé comme chercheur scientifique avant de retourner aux études pour devenir infirmier. Depuis cinq ans, il travaillait aux soins intensifs du VA Medical Center de Minneapolis, soignant les vétérans qui avaient servi leur pays. « Alex voulait faire une différence dans ce monde », ont écrit ses parents Michael et Susan Pretti dans un communiqué déchirant. « Malheureusement, il ne sera pas avec nous pour voir son impact. »
Ce samedi 24 janvier, vers 9 heures du matin, Alex se trouvait près de l’intersection de la 26e Rue Ouest et de l’Avenue Nicollet quand il a vu des agents fédéraux malmener une femme. Comme beaucoup de Minneapolitains ces dernières semaines, il avait son téléphone à la main. Il filmait. Il documentait. Quand la femme a été poussée au sol, il s’est approché pour l’aider. Les agents l’ont gazé au poivre. L’ont plaqué au sol. Ont retiré son arme de sa ceinture — il était un propriétaire légal avec un permis de port valide. Puis, alors qu’il était désarmé, maintenu face contre terre, ils ont tiré. Quatre coups de feu. Dans le dos. Alex Pretti, 37 ans, infirmier aux soins intensifs, est mort sur le trottoir de sa propre ville.
« Il se souciait profondément des gens », a dit son père. Je retiens cette phrase. Un homme qui soignait des vétérans. Tué par des agents de son propre gouvernement. Dans le dos. Désarmé. Et l’administration ose parler de « légitime défense ». Ose le traiter de « terroriste domestique ». Il y a des moments où les mots ne suffisent plus à décrire l’obscénité de ce qu’on nous demande d’accepter.
Les vidéos qui détruisent la version officielle
La secrétaire du Département de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, n’a pas attendu pour livrer sa version. Selon elle, Alex Pretti serait arrivé sur les lieux « pour infliger un maximum de dégâts ». Le commandant de la Border Patrol, Gregory Bovino, l’a décrit comme un homme qui s’était « injecté dans une scène de crime ». Noem est allée jusqu’à parler de « terrorisme domestique ». Des accusations graves. Des accusations qui justifieraient des tirs mortels. Si seulement elles étaient vraies.
Mais les vidéos racontent une autre histoire. Une analyse du Washington Post, basée sur des enregistrements capturés sous plusieurs angles, montre clairement que l’arme d’Alex avait été retirée de sa ceinture avant les coups de feu. Qu’il était désarmé, maintenu au sol, quand les balles l’ont atteint. Que ses mains ne tenaient rien d’autre qu’un téléphone. Les parents d’Alex ont été brutaux dans leur réponse : « Les mensonges écœurants racontés sur notre fils par l’administration sont répréhensibles et dégoûtants. Alex ne tient clairement pas d’arme quand il est attaqué par les voyous meurtriers et lâches de l’ICE de Trump. »
Section 3 : Obama sort du silence
« Un signal d’alarme pour chaque Américain »
Barack Obama et Michelle Obama ont publié dimanche une déclaration qui sonne comme un cri d’alarme. L’ancien président, connu pour sa retenue et sa mesure, n’a pas mâché ses mots. La mort d’Alex Pretti — la deuxième d’un citoyen américain tué par des agents fédéraux à Minneapolis en moins de trois semaines — devrait servir de « signal d’alarme pour chaque Américain, quel que soit son parti politique, que beaucoup de nos valeurs fondamentales en tant que nation sont de plus en plus attaquées ». Des mots lourds. Des mots historiques. Un ancien président qui accuse son successeur d’attaquer les fondements mêmes de la nation.
Les Obama dénoncent « le spectacle d’agents recrutés par l’ICE masqués et d’autres agents fédéraux agissant en toute impunité et employant des tactiques qui semblent conçues pour intimider, harceler, provoquer et mettre en danger les résidents d’une grande ville américaine ». Ils accusent l’administration Trump de « sembler désireuse d’intensifier la situation » plutôt que d’imposer « la moindre discipline ou responsabilité » à ses agents. Surtout, ils pointent le mensonge institutionnalisé : les explications officielles « ne sont informées par aucune enquête sérieuse » et « semblent être directement contredites par les preuves vidéo ».
« Il appartient à chacun d’entre nous de s’exprimer contre l’injustice »
Obama ne se contente pas de dénoncer. Il appelle à l’action. « Chaque Américain devrait soutenir et s’inspirer de la vague de manifestations pacifiques à Minneapolis et dans d’autres régions du pays », écrit-il. « Ils nous rappellent opportunément qu’en fin de compte, c’est à chacun d’entre nous, en tant que citoyens, de s’exprimer contre l’injustice, de protéger nos libertés fondamentales et de tenir notre gouvernement responsable. » C’est un appel à la résistance civique. À la mobilisation citoyenne. À la défense active de la démocratie.
L’ancien président exprime aussi l’espoir — peut-être vain — que l’administration reconsidérera son approche et commencera à « travailler de manière constructive avec le gouverneur Walz et le maire Frey ». Mais au moment où ces mots sont publiés, Donald Trump vient de poster sur Truth Social que ces mêmes officiels « incitent à l’insurrection ». Le dialogue semble impossible. La fracture, irréparable.
Quand Obama parle, je l’écoute différemment que les autres. Ce n’est pas un politicien qui cherche des voix. C’est un homme qui a porté le poids de la présidence pendant huit ans. Qui connaît les limites du pouvoir. Et les dangers de l’abus. Quand cet homme dit que les valeurs fondamentales de l’Amérique sont « de plus en plus attaquées », ce n’est pas de la rhétorique. C’est un diagnostic clinique. Et le pronostic est sombre.
Section 4 : Trump contre-attaque sur tous les fronts
« Le maire et le gouverneur incitent à l’insurrection »
La réponse de Donald Trump à la mort d’Alex Pretti a été immédiate et explosive. Sur Truth Social, le président a publié une longue déclaration accusant le maire Jacob Frey et le gouverneur Tim Walz d’« inciter à l’insurrection avec leur rhétorique pompeuse, dangereuse et arrogante ». Il a affirmé que Pretti était un « tireur » armé d’un pistolet « chargé avec deux chargeurs supplémentaires pleins ». Il a dénoncé un « cover-up coordonné » pour détourner l’attention de « dizaines de milliards de dollars volés » à l’État.
« Où sont les policiers locaux ? », a demandé Trump. « Pourquoi n’ont-ils pas été autorisés à protéger les agents de l’ICE ? Le maire et le gouverneur les ont rappelés ? » Le président a présenté l’Opération Metro Surge — qui a déployé plus de 3 000 agents fédéraux dans la région de Minneapolis — comme une nécessité face à une « fraude monétaire massive » et aux « criminels illégaux » qui auraient « infiltré l’État » grâce à la politique d’ouverture des frontières des Démocrates.
Et pendant ce temps, la salle de bal…
Mais ce qui frappe le plus dans les communications de Trump ce week-end, c’est ce qui vient après les tweets sur Minneapolis. Car le président n’a pas seulement défendu ses agents. Il a aussi consacré une énergie considérable à dénoncer les obstacles juridiques qui menacent son projet favori : la construction d’une salle de bal monumentale à la Maison-Blanche. Un juge fédéral, Richard Leon, vient de signaler son scepticisme quant à l’autorité légale du président pour mener à bien ce chantier. Et Trump n’est pas content.
Le projet est pharaonique. 89 000 pieds carrés — plus grand que le bâtiment principal de la Maison-Blanche qui en fait 55 000. Une salle de banquet de 22 000 pieds carrés. Des bureaux pour la première dame. Une salle de cinéma. Le tout financé par des donations privées estimées à 400 millions de dollars — un chiffre qui a doublé depuis l’annonce initiale de 200 millions en juillet dernier. Et une hauteur égale à celle de la Maison-Blanche elle-même, rompant avec la tradition architecturale qui veut que les extensions soient plus basses que le bâtiment principal.
89 000 pieds carrés. 400 millions de dollars. Pendant que des agents tirent dans le dos de citoyens désarmés. Pendant que des familles enterrent leurs proches. Pendant que 50 000 personnes marchent par -29°C. Le contraste est si violent qu’on a envie de se pincer. De vérifier qu’on n’est pas en train de lire une satire. Mais non. C’est réel. C’est l’Amérique de 2026. Un président qui veut sa salle de bal pendant que son pays brûle.
Section 5 : Le juge Leon et la « contraption de Rube Goldberg »
Un montage financier que personne ne comprend
Le juge Richard Leon n’a pas caché son scepticisme lors de l’audience du 22 janvier. Le National Trust for Historic Preservation a déposé une plainte pour bloquer la construction, arguant qu’aucun président n’a le droit de « démolir des parties de la Maison-Blanche sans aucune révision ». Le juge a posé deux questions fondamentales : le président peut-il unilatéralement rénover la Maison-Blanche ? Et peut-il le faire avec des fonds privés transférés à un bureau sous son autorité, plutôt qu’avec des fonds votés par le Congrès ?
Sur le financement, le juge a été cinglant. Il a qualifié le montage de « contraption de Rube Goldberg » — une référence au célèbre inventeur de machines absurdement compliquées pour accomplir des tâches simples. « Je ne vois aucune base dans l’histoire législative de l’autorité du Service des parcs qui permettrait à Trump d’utiliser cette autorité pour lever 400 millions de dollars afin de construire une nouvelle salle de bal », a déclaré Leon. « Aucune. Zéro. » Quand l’administration a comparé le projet à la piscine construite par le président Ford en 1975, le juge a répliqué : « La piscine de Ford des années 70 ? Vous comparez ça à démolir l’aile Est ? Soyez sérieux. »
« Le président n’est pas le propriétaire »
L’avocat des plaignants, Tad Heuer, a formulé une phrase qui résume tout l’enjeu : « Le président n’est pas le propriétaire » de la Maison-Blanche. Le juge Leon a semblé d’accord, ajoutant : « Il en est le gardien. » C’est une distinction fondamentale. La Maison-Blanche appartient au peuple américain. Elle est un symbole historique, un monument national, un patrimoine commun. Le président en a l’usage temporaire, pas la propriété. Et certainement pas le droit de la transformer selon ses goûts personnels sans supervision ni approbation.
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Davis Ingle, a défendu le projet : « Le président Trump travaille 24 heures sur 24 pour rendre l’Amérique grande à nouveau, y compris son embellissement historique de la Maison-Blanche, sans frais pour les contribuables. Ces améliorations longtemps nécessaires bénéficieront aux générations futures de présidents et aux visiteurs américains de la Maison du Peuple. » Mais la question posée par le juge reste sans réponse : de quel droit un président peut-il démolir et reconstruire un monument national avec de l’argent privé, sans passer par le Congrès ?
Section 6 : Renee Good, l'autre victime
Trois semaines plus tôt, trois balles en moins d’une seconde
Avant Alex Pretti, il y avait Renee Good. 37 ans elle aussi. Mère de trois enfants. Diplômée de l’Old Dominion University en anglais. Le 7 janvier 2026, elle distribuait des sifflets à ses voisins pour les alerter des raids de l’ICE. « Nous avions des sifflets. Ils avaient des armes », a raconté sa partenaire Becca. L’agent Jonathan Ross a tiré trois coups de feu en moins d’une seconde. Une balle a traversé la tempe gauche de Renee et est ressortie par la droite. Elle venait de déposer son fils de 6 ans à l’école.
Les autorités fédérales ont affirmé que Renee avait « renversé » l’agent avec son véhicule, qu’il avait agi en légitime défense. Le maire Frey a vu les vidéos : « Ayant vu la vidéo moi-même, je veux dire directement à tout le monde que c’est des conneries. » Les analystes qui ont examiné les images ne sont pas d’accord sur le fait que le véhicule ait touché l’agent. Ce qui est certain, c’est qu’aucune enquête fédérale n’aura lieu. L’administration a déjà annoncé qu’elle ne se poursuivrait pas elle-même.
Deux femmes de 37 ans tuées en trois semaines. Une qui soignait des vétérans. Une qui distribuait des sifflets. Leurs crimes : avoir osé s’interposer. Avoir osé témoigner. Avoir osé croire que la résistance civique était encore possible dans ce pays. Et maintenant, leurs enfants grandissent sans mère. Leurs familles cherchent une justice qui ne viendra jamais. Pendant qu’un homme à Washington rêve de chandeliers et de dorures.
Pas d’enquête fédérale, pas de responsabilité
Le gouverneur Walz a proclamé le 9 janvier « Journée Renee Good ». Un hommage symbolique. Mais la symbolique ne rend pas justice. Le sous-procureur général adjoint a été clair : pas d’enquête fédérale sur la mort de Renee Good. L’arme utilisée est toujours entre les mains des fédéraux. La voiture de Renee aussi. Comment mener une enquête locale sans accès aux preuves ? C’est précisément le point. L’impunité est structurelle. Organisée. Voulue.
Obama pointe exactement ce problème : les agents « agissent en toute impunité ». Quand un gouvernement refuse de se surveiller lui-même, quand il refuse d’enquêter sur ses propres agents, quand il fabrique des récits contredits par les preuves vidéo, ce n’est plus un dysfonctionnement. C’est une politique. Une stratégie délibérée. Et c’est exactement ce que l’ancien président appelle une attaque contre les « valeurs fondamentales » de la nation.
Section 7 : 50 000 manifestants par -29°C
Quand le froid ne suffit plus à éteindre la colère
Le vendredi 24 janvier, Minneapolis a connu la journée la plus froide de l’année. Température : -29°C. Ressenti : -37°C. Des conditions qui auraient dû vider les rues. Au lieu de cela, 50 000 personnes ont défilé du U.S. Bank Stadium au Target Center. Des centaines d’entreprises ont fermé en solidarité. 100 membres du clergé ont été arrêtés à l’aéroport pour avoir protesté contre les vols de déportation. Le slogan scandé : « ICE OUT! »
Ces manifestations ne sont pas nées de nulle part. L’Opération Metro Surge, lancée en décembre 2025, a déployé plus de 3 000 agents fédéraux dans la région. Le DHS la qualifie de « plus grande opération d’application des lois sur l’immigration jamais réalisée ». Pour ceux qui la subissent, c’est une occupation. Des agents masqués qui patrouillent. Des raids quotidiens. Des familles séparées. Et maintenant, des morts. Deux citoyens américains en trois semaines.
Obama bénit les manifestants
« Chaque Américain devrait soutenir et s’inspirer de la vague de manifestations pacifiques à Minneapolis », écrit Obama. Ces mots sonnent comme une bénédiction. Comme un encouragement à continuer. Comme un rappel que la résistance civique est non seulement légitime mais nécessaire. « Ils nous rappellent opportunément qu’en fin de compte, c’est à chacun d’entre nous, en tant que citoyens, de s’exprimer contre l’injustice », poursuit l’ancien président.
C’est un contraste saisissant avec la réponse de Trump. Là où Obama voit des citoyens défendant leurs libertés, Trump voit des « insurrectionnistes ». Là où Obama appelle à la responsabilité gouvernementale, Trump accuse les officiels locaux de trahison. Deux visions irréconciliables de ce qu’est la démocratie. De ce qu’est la citoyenneté. De ce qu’est l’Amérique.
Section 8 : La Maison-Blanche en chantier
Un palais personnel sur les ruines de l’histoire
L’aile Est de la Maison-Blanche a été démolie en octobre 2025. Sur ce site historique, Trump prévoit de construire un complexe de 89 000 pieds carrés comprenant une salle de banquet géante, des bureaux pour la première dame, et une salle de cinéma. L’architecte Shalom Baranes, qui a pris le relais de James McCrery II en décembre, a révélé des plans encore plus ambitieux : le bâtiment serait aussi haut que la Maison-Blanche elle-même, rompant avec la tradition qui veut que les extensions soient plus discrètes que le bâtiment principal.
Le coût a explosé. 200 millions de dollars annoncés en juillet 2025. 300 millions en octobre. 400 millions en décembre. Et ce n’est pas fini. Le projet est censé être terminé avant la fin du mandat de Trump en 2029, mais les experts du New York Times qualifient ce calendrier d’« optimiste ». Le juge Leon pourrait ordonner l’arrêt des travaux dès février, mais même s’il le fait, l’administration fera appel. Le chantier continuera-t-il pendant les procédures ? Personne ne le sait.
400 millions de dollars de donations privées. Pour une salle de bal. Pendant que le pays se déchire. Pendant que des citoyens meurent. Pendant que 50 000 personnes marchent dans le froid polaire. Je me demande qui sont ces donateurs. Ce qu’ils espèrent en retour. Et ce que cela dit sur l’état de la démocratie américaine quand un président peut lever des centaines de millions pour son confort personnel sans passer par aucun contrôle démocratique.
Le Congrès court-circuité
C’est peut-être l’aspect le plus troublant du projet. Normalement, toute dépense majeure concernant la Maison-Blanche devrait être approuvée par le Congrès. C’est le principe fondamental de la séparation des pouvoirs. Mais Trump a trouvé un montage : les donations privées sont versées à un bureau sous son autorité, puis utilisées pour financer les travaux. Le juge Leon a qualifié ce système de « contraption de Rube Goldberg » conçue pour « contourner » la supervision du Congrès.
« Je ne vois aucune base » légale pour ce montage, a dit le juge. « Aucune. Zéro. » Quand l’administration a cité la piscine construite par Ford comme précédent, Leon a répliqué sèchement : « Soyez sérieux. » Une piscine, ce n’est pas un complexe de 89 000 pieds carrés. La question reste ouverte : un président peut-il transformer la Maison-Blanche selon ses goûts personnels, avec de l’argent privé, sans l’accord du peuple représenté au Congrès ?
Section 9 : Deux Amériques irréconciliables
Le fossé qui ne cesse de se creuser
Ce week-end de janvier 2026 illustre parfaitement la fracture américaine. D’un côté, une Amérique qui s’inquiète, qui manifeste, qui exige des comptes, qui croit encore aux valeurs fondamentales de démocratie et de responsabilité. De l’autre, une Amérique qui soutient un président accusant ses opposants d’« insurrection » tout en construisant un palais personnel sur les ruines de l’aile Est. Ces deux Amériques ne parlent plus la même langue. Ne voient plus la même réalité.
Obama tente de jeter un pont. Il appelle à un sursaut « quel que soit le parti politique ». Il espère que l’administration « reconsidérera son approche ». Mais cet espoir semble vain. Trump n’a montré aucun signe de recul. Ses agents continuent de patrouiller à Minneapolis. Son chantier continue à la Maison-Blanche. Et ses messages sur Truth Social deviennent de plus en plus incendiaires.
Ce que dit cette crise de l’Amérique
Quand un ancien président doit implorer ses compatriotes de défendre les « valeurs fondamentales » de leur nation, quelque chose s’est brisé. Quand un président en exercice peut tuer des citoyens, mentir sur les circonstances, et refuser toute enquête, quelque chose s’est brisé. Quand ce même président peut démolir un monument national pour y construire une salle de bal sans l’accord du Congrès, quelque chose s’est brisé. Ce quelque chose, c’est le contrat social. La confiance entre gouvernants et gouvernés. L’idée que le pouvoir est au service du peuple et non l’inverse.
Minneapolis est un symptôme. La salle de bal en est un autre. Deux manifestations différentes d’une même dérive : un pouvoir qui ne reconnaît plus de limites. Qui ne tolère plus de contrôle. Qui traite le pays comme sa propriété personnelle. Obama l’a compris. Les 50 000 manifestants de Minneapolis l’ont compris. La question est de savoir combien d’Américains l’ont compris. Et ce qu’ils sont prêts à faire.
Conclusion : L'heure des comptes
« Il appartient à chacun d’entre nous »
Alex Pretti soignait des vétérans. Il est mort en essayant de protéger une femme. Renee Good distribuait des sifflets. Elle est morte en soutenant ses voisins. Deux Américains ordinaires qui ont cru que la citoyenneté signifiait quelque chose. Que s’interposer face à l’injustice était un droit, pas un crime. Que leur pays était encore ce pays-là. Ils se sont trompés. Ou peut-être que non. Peut-être que leur sacrifice dit justement ce que l’Amérique peut encore être. Si assez de gens décident de se lever.
« Il appartient à chacun d’entre nous, en tant que citoyens, de s’exprimer contre l’injustice, de protéger nos libertés fondamentales et de tenir notre gouvernement responsable », écrit Obama. C’est un appel. Un défi. Une mise en garde. Car si les citoyens ne défendent pas leur démocratie, personne ne le fera à leur place. Pas les institutions, manifestement trop faibles. Pas les tribunaux, dont les décisions peuvent être ignorées. Pas les médias, déjà discrédités par le pouvoir. Il ne reste que les gens. Les 50 000 de Minneapolis. Et tous ceux qui pourraient les rejoindre.
Je termine cet article en pensant aux chandeliers de Trump. À sa salle de bal de 400 millions. À ses 89 000 pieds carrés de vanité. Et je pense à Alex Pretti, face contre terre, quatre balles dans le dos, son téléphone encore dans la main. Je pense à Renee Good, une balle dans la tempe, ses sifflets éparpillés sur le trottoir. Deux visions de l’Amérique. L’une qui veut danser. L’autre qui veut vivre. L’une qui construit des palais. L’autre qui enterre ses morts. Et je me demande laquelle va l’emporter. Je me demande laquelle nous méritons.
Le silence n’est plus une option
Minneapolis brûle — métaphoriquement, mais la douleur est bien réelle. La Maison-Blanche se transforme — littéralement, sans l’accord de personne. Obama crie au « signal d’alarme ». Trump crie à l’« insurrection ». Et entre les deux, des citoyens ordinaires tombent sous les balles de leur propre gouvernement. L’Amérique de janvier 2026 n’est plus celle des manuels d’histoire. C’est un pays en crise. Un pays qui doit choisir ce qu’il veut être.
Les Obama ont lancé leur appel. Les 50 000 manifestants ont répondu par leur présence. Le juge Leon pourrait ordonner l’arrêt des travaux de la salle de bal. Le Congrès pourrait couper les fonds du DHS. Beaucoup de choses pourraient arriver. Mais rien n’arrivera si les citoyens décident de se taire. De détourner le regard. D’accepter l’inacceptable. L’histoire jugera ce moment. Et elle jugera ceux qui avaient le pouvoir d’agir et ont choisi de ne rien faire.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques politiques et sociales qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les événements, à comprendre les forces en jeu, à contextualiser les décisions des acteurs et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et politique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : déclarations officielles de Barack Obama et Michelle Obama, publications de Donald Trump sur Truth Social, communiqués du Département de la Sécurité intérieure, déclarations des officiels du Minnesota, transcriptions de l’audience devant le juge Richard Leon, dépêches d’agences de presse internationales (Associated Press, Reuters).
Sources secondaires : Washington Post, CNN, NBC News, CBS News, ABC News, Fox News, NPR, PBS NewsHour, The Hill, Al Jazeera, Irish Times, Star Tribune, Bloomberg.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les déclarations des acteurs impliqués.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques politiques et sociales contemporaines, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires américaines et internationales.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Déclaration de Barack et Michelle Obama – Réponse à la mort d’Alex Pretti – 26 janvier 2026
Publications de Donald Trump sur Truth Social – 24-26 janvier 2026
Département de la Sécurité intérieure (DHS) – Déclarations de la secrétaire Kristi Noem – janvier 2026
Déclaration de la famille Pretti (Michael et Susan Pretti) – 25 janvier 2026
Audience devant le juge Richard Leon – Tribunal fédéral de Washington D.C. – 22 janvier 2026
Sources secondaires
Washington Post – « Minneapolis live updates » et « Federal judge asks if Trump can legally build White House ballroom » – janvier 2026
CNN – « Federal judge appears skeptical that Trump has legal authority to proceed with White House ballroom » – 22 janvier 2026
NBC News – « Federal judge appears skeptical of DOJ’s argument for White House ballroom construction » – 22 janvier 2026
CBS News – « Judge skeptical of Trump’s arguments he has proper authority to build White House ballroom » – 22 janvier 2026
ABC News – « Minneapolis shooting live updates » et « White House ballroom: Judge signals skepticism » – janvier 2026
Fox News – « Trump cites armed suspect following fatal Border Patrol shooting » – 24 janvier 2026
The Hill – « Trump defends federal agents after second deadly Minneapolis shooting » – 24 janvier 2026
Al Jazeera – « Federal agents in Minneapolis shoot dead US citizen Alex Pretti » – 24 janvier 2026
NPR – « 5 things to know about the latest Minneapolis shooting » – 25 janvier 2026
PBS NewsHour – « Trump administration presents ballroom plan for review » – janvier 2026
Bloomberg – « White House Ballroom Architect Reveals New Trump-Requested Features » – 22 janvier 2026
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