Ce que montrent les vidéos que l’administration veut faire disparaître
Le Department of Homeland Security a sa version des faits. Alex Pretti aurait « approché des agents fédéraux » lors d’une opération ciblant un immigrant sans papiers recherché pour agression. Il aurait été armé. Il aurait menacé les agents. Ceux-ci auraient tiré en « légitime défense ». Cette version a été répétée par la secrétaire Kristi Noem. Elle a été amplifiée par Stephen Miller qui, sur les réseaux sociaux, a traité Pretti d’« assassin » et de « terroriste domestique ». Quelques heures après les faits. Avant toute enquête. Avant même que le corps ne soit froid. Le problème, c’est que des dizaines de témoins ont filmé la scène. Et leurs vidéos racontent une tout autre histoire.
Sur les images qui circulent depuis 48 heures, on voit Alex Pretti encerclé par plusieurs agents fédéraux. On le voit plaqué au sol. On voit des agents le frapper alors qu’il est immobilisé. Puis on entend des coups de feu. Plusieurs rafales. Alors que l’homme est déjà à terre. Aucune des vidéos disponibles ne montre Pretti brandir une arme ou menacer qui que ce soit. Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a visionné l’ensemble des enregistrements. Sa réponse : « C’est du non-sens. Ce que je vois avec mes yeux, et ce que vous allez voir avec vos yeux, rend leur version très difficile à croire. » Un juge fédéral, Eric Tostrud, a émis une ordonnance restrictive interdisant au DHS de détruire ou d’altérer les preuves. Cette ordonnance n’aurait pas été nécessaire si l’administration n’avait rien à cacher.
Il y a quelque chose de glaçant dans la rapidité avec laquelle cette administration a salé la mémoire d’un homme mort. Avant même que sa famille ne soit prévenue, Stephen Miller le traitait de terroriste sur Internet. Avant même que le sang ne sèche sur le trottoir, ils construisaient déjà le récit qui justifierait l’injustifiable. C’est ça qui me révolte le plus. Pas seulement la violence. Mais le mensonge qui l’accompagne. Le mépris total pour la vérité. Pour la vie. Pour la dignité d’un homme et de ceux qui l’aimaient.
Qui était vraiment Alex Pretti ?
Les parents d’Alex Pretti ont pris la parole. « Les mensonges écœurants racontés sur notre fils par cette administration sont répugnants et dégoûtants. » Leur fils était diplômé de l’Université du Minnesota. Il détenait une licence d’infirmier active. Il travaillait aux soins intensifs de l’hôpital des Anciens Combattants de Minneapolis, où il s’occupait de patients dans les moments les plus critiques de leur vie. Ses collègues le décrivaient comme une « âme bienveillante ». Il possédait légalement une arme à feu et détenait un permis de port valide. Ses antécédents judiciaires ? Des contraventions pour excès de vitesse. C’est tout. Voilà l’homme que Stephen Miller a qualifié de terroriste.
Michael Pretti, son père, a expliqué ce qui avait poussé son fils à manifester contre les raids de l’ICE. « Il était très contrarié par ce qui se passait à Minneapolis et dans tout le pays. Il pensait que c’était terrible, vous savez, enlever des enfants, attraper des gens dans la rue. Il se souciait de ces personnes. Il savait que c’était mal. Alors oui, il a participé aux manifestations. » Alex Pretti n’était pas un militant radical. C’était un citoyen américain qui exerçait son droit constitutionnel de manifester pacifiquement. Un droit garanti par le Premier Amendement. Un droit pour lequel des générations d’Américains se sont battues. Un droit qui, apparemment, peut maintenant vous coûter la vie si vous l’exercez contre la mauvaise politique.
Le Parti républicain face au miroir
Des sondages qui sonnent l’alarme
Les chiffres ne mentent pas. Et ceux qui arrivent sur les bureaux des stratèges républicains ont de quoi donner des sueurs froides. Selon un sondage Reuters/Ipsos de la mi-janvier, le taux d’approbation de Donald Trump sur l’immigration est tombé à 38%. Il était à 49% en mars 2025, au début de son mandat. Onze points de chute en moins d’un an. Son approbation globale a glissé à 41%. Et ces chiffres ont été collectés avant la mort d’Alex Pretti. Avant que les vidéos ne deviennent virales. Avant que le Minnesota ne s’embrase. Les prochains sondages risquent d’être encore plus brutaux.
Plus révélateur encore : la fracture au sein même de l’électorat républicain. 59% des républicains interrogés estiment que les agents fédéraux doivent privilégier les arrestations même si des gens sont blessés. Mais 39% — près de quatre sur dix — pensent que les agents devraient minimiser les risques de blessures, même si cela réduit le nombre d’interpellations. Ce n’est pas une dissidence marginale. C’est une minorité significative qui commence à s’interroger sur les méthodes. À titre de comparaison, chez les démocrates, 96% privilégient la protection des personnes. Le consensus républicain, lui, se fissure. Et dans un parti où la loyauté à Trump était jusqu’ici non négociable, ces 39% représentent un tremblement de terre silencieux.
Quatre républicains sur dix. Je laisse ce chiffre résonner. Quatre républicains sur dix pensent qu’il y a peut-être une limite à ne pas franchir. Que tuer des gens pour arrêter des gens, ce n’est peut-être pas le meilleur plan. Ils sont encore minoritaires. Mais ils existent. Et leur nombre grandit à chaque fusillade, à chaque vidéo, à chaque mensonge officiel démenti par les images. La question : seront-ils assez nombreux, assez vite, pour changer quoi que ce soit ? Ou faudra-t-il d’autres morts ?
Le dilemme des élus : se taire ou parler ?
Pour les élus républicains, la situation est devenue un champ de mines. Critiquer l’administration, c’est risquer la colère de Trump et de sa base la plus fidèle. Se taire, c’est être associé à des images de violence qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux. Le stratège républicain Jason Cabel Roe, pourtant critique de Trump, a résumé le malaise : « Quelqu’un est mort lors d’une altercation avec l’ICE. Ce n’est pas ce que quiconque veut voir se produire. » Une phrase simple. Presque banale. Mais dans le climat actuel, elle sonne comme une dissidence.
La majorité du GOP a choisi la stratégie du silence ou de l’alignement total. Les porte-parole de l’administration ont redoublé de fermeté, rejetant la responsabilité sur les démocrates locaux et les forces de l’ordre du Minnesota qui refusent de coopérer avec les agents fédéraux. Kristi Noem a martelé que Pretti était venu « entraver une opération policière ». Stephen Miller a maintenu ses accusations de terrorisme. Le message est clair : aucune remise en question. Aucun doute. Aucune compassion. Les agents ont agi correctement, point final. Et si vous n’êtes pas d’accord, vous êtes avec les terroristes.
Minneapolis : zone de guerre américaine
Trois fusillades, dix-sept jours, zéro réponse
La mort d’Alex Pretti n’est pas un incident isolé. C’est le troisième tir mortel d’agents fédéraux à Minneapolis en moins de trois semaines. Le 14 janvier, Renee Good, 37 ans, militante communautaire, était abattue lors d’un raid de l’ICE. L’administration a invoqué la légitime défense : son véhicule aurait foncé vers un agent. Les témoins locaux ont contesté cette version. Entre ces deux morts, une autre fusillade impliquant des agents fédéraux. Trois incidents en dix-sept jours dans la même ville. C’est une moyenne de un tous les six jours. À ce rythme, Minneapolis n’est plus une ville américaine. C’est une zone d’opérations militaires.
Le gouverneur Tim Walz a activé la Garde nationale du Minnesota pour maintenir l’ordre face aux protestations qui ont suivi la mort de Pretti. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues. Des affrontements ont eu lieu. La tension est à son comble. Walz a demandé le retrait des agents fédéraux de son État. Il a qualifié leurs actions de « nonsense » — du n’importe quoi. Il a exigé une enquête indépendante. Il a fait ce qu’aucun gouverneur républicain n’a osé faire : tenir tête à l’administration Trump avec des mots sans ambiguïté. La réponse de Washington ? Le DHS a annoncé qu’il maintiendrait ses opérations et renforcerait sa présence.
Trois morts en dix-sept jours. Je répète : trois morts en dix-sept jours. Dans une seule ville américaine. Par des agents du gouvernement fédéral américain. Tirant sur des citoyens américains. Sur le sol américain. Si ces chiffres venaient d’un autre pays, on parlerait de crise des droits humains. On parlerait de dérive autoritaire. On parlerait d’État policier. Mais c’est l’Amérique. Alors on parle de « politique migratoire ». De « sécurité nationale ». De « légitime défense ». Les mots changent. Les corps, eux, s’accumulent.
La bataille juridique s’intensifie
Face à l’escalade, le système judiciaire commence à réagir. Le juge fédéral Eric Tostrud a émis une ordonnance restrictive temporaire contre le Department of Homeland Security, lui interdisant de détruire ou modifier toute preuve liée à la mort de Pretti. Cette décision, prise en urgence un samedi, en dit long sur la méfiance des magistrats envers l’administration. Le juge a estimé qu’il existait un risque réel de disparition des preuves. En d’autres termes : un juge fédéral américain pense que le gouvernement américain pourrait détruire des preuves pour couvrir le meurtre d’un citoyen américain. Nous en sommes là.
Du côté du Congrès, le leader de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, a annoncé qu’il s’opposerait à tout budget gouvernemental incluant des financements pour le DHS. « Ce qui se passe au Minnesota est consternant — et inacceptable dans n’importe quelle ville américaine. » Le financement massif de 170 milliards de dollars voté par le Congrès républicain pour les opérations d’immigration devient maintenant une arme politique. Les démocrates promettent de bloquer tout ce qu’ils peuvent. Les républicains, eux, doivent décider s’ils continuent à signer des chèques en blanc pour une politique qui tue des Américains dans les rues de leurs propres villes.
L'administration double down : la stratégie du déni
Stephen Miller et la fabrique du mensonge
Stephen Miller n’a pas attendu. Quelques heures après la mort d’Alex Pretti, alors que le corps n’avait pas encore été transporté à la morgue, le conseiller adjoint de la Maison-Blanche publiait sur les réseaux sociaux. « Assassin ». « Terroriste domestique ». « A tenté d’assassiner des agents fédéraux. » Des accusations gravissimes. Sans preuve. Sans enquête. Sans la moindre vérification. La stratégie est claire : contrôler le récit avant que la vérité ne puisse émerger. Salir la victime avant que sa famille ne puisse parler. Transformer un infirmier qui soignait des vétérans en monstre pour justifier son exécution.
Cette stratégie n’est pas nouvelle. Elle a été utilisée pour Renee Good. Elle sera utilisée pour les prochaines victimes. Car il y aura d’autres victimes. La machine à déporter ne s’arrête pas. Elle s’accélère. Et à chaque mort, le même script se déroule : légitime défense, menace armée, justification immédiate, diffamation de la victime. Les faits peuvent bien contredire le récit officiel. Les vidéos peuvent bien montrer autre chose. L’administration a choisi sa version et s’y tient. Parce que reconnaître une erreur, ce serait admettre que le système entier est défaillant. Et ça, Stephen Miller ne le fera jamais.
Kristi Noem : la loyauté jusqu’à l’absurde
La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a défendu ses agents avec une constance qui frise l’aveuglement. Pour elle, Alex Pretti est venu « entraver une opération policière ». Point final. Les vidéos qui montrent un homme au sol, battu puis abattu ? Pas pertinentes. Les témoignages des riverains ? Pas crédibles. Le permis de port d’arme légal de Pretti ? Preuve qu’il était une menace. Son absence de casier judiciaire ? Sans importance. Son travail auprès des vétérans ? Ignoré. Dans le monde de Kristi Noem, les agents fédéraux ont toujours raison. Et les citoyens qui les contestent ont toujours tort. Même quand ils finissent morts.
Cette posture de fermeture totale pose un problème politique majeur. Car les images existent. Elles circulent. Elles sont vues par des millions d’Américains. Et ces Américains ont des yeux. Ils voient ce que les vidéos montrent. Ils entendent les détonations. Ils comptent les coups portés à un homme au sol. Et ils se demandent : si ça peut arriver à un infirmier blanc, diplômé, sans casier, qui travaille pour le gouvernement fédéral dans un hôpital de vétérans — ça peut arriver à qui d’autre ? À n’importe qui. La réponse est : à n’importe qui.
Je pense aux patients d’Alex Pretti. Ces vétérans qu’il soignait chaque jour. Ces hommes et ces femmes qui ont servi sous le drapeau américain, qui ont risqué leur vie pour leur pays, et qui se réveillaient chaque matin en sachant qu’Alex serait là pour s’occuper d’eux. Qu’est-ce qu’on leur dit maintenant ? Que leur infirmier était un terroriste ? Qu’il méritait de mourir ? Comment peut-on prononcer ces mots et se regarder dans un miroir ensuite ?
Les fractures qui s'élargissent
Kevin Stitt : la voix discordante de l’Oklahoma
Le gouverneur Kevin Stitt n’est pas un modéré. Il n’est pas un RINO (Republican In Name Only) comme Trump aime à qualifier ses contradicteurs. Il est un conservateur pur et dur de l’Oklahoma, un État rouge parmi les plus rouges. Il a soutenu Trump. Il a voté pour ses politiques. Il revient tout juste du Forum économique mondial de Davos où il représentait les intérêts américains. Et c’est cet homme-là qui, face aux caméras de CNN, a osé poser les questions qui dérangent. « C’est une vraie tragédie. » « Personne n’aime voir les fédéraux débarquer dans son État. » « Quel est le but final ? Déporter chaque personne qui n’est pas citoyenne ? »
Ces mots peuvent sembler anodins. Ils ne le sont pas. Dans l’écosystème politique actuel, où la moindre critique de Trump équivaut à un suicide électoral, Stitt a pris un risque calculé. Il a mis des mots sur ce que beaucoup de républicains pensent tout bas. Il a ouvert une brèche. D’autres pourraient s’y engouffrer. Les sénateurs Tillis et Cassidy l’ont déjà fait en exigeant des réponses. Le président de la commission Homeland Security de la Chambre l’a fait en convoquant les responsables. Ce n’est pas encore une rébellion. Mais c’est plus qu’un murmure. Et dans le silence assourdissant du GOP, même un murmure peut ressembler à un cri.
Le spectre des midterms de 2026
Les élections de mi-mandat approchent. Et les stratèges républicains font leurs calculs. L’immigration était censée être le sujet gagnant de cette administration. Le thème qui mobilise la base, qui effraie les indécis, qui permet de peindre les démocrates en laxistes irresponsables. Sauf que les images de Minneapolis racontent une autre histoire. Pas celle d’un gouvernement qui protège ses citoyens. Celle d’un gouvernement qui tire sur ses citoyens. Et cette histoire-là ne mobilise pas. Elle révulse. Elle inquiète. Elle fait fuir les électeurs modérés dont le GOP a désespérément besoin pour conserver sa majorité.
Les chiffres sont là. L’approbation de Trump sur l’immigration a chuté de 11 points en moins d’un an. Les 39% de républicains qui veulent une approche moins violente ne sont pas des électeurs perdus — ce sont des électeurs en sursis. S’ils commencent à douter, à s’abstenir, à voter autrement dans certaines courses locales, les conséquences pourraient être désastreuses. Les démocrates le savent. Chuck Schumer ne bloque pas le financement du DHS par principe. Il le fait parce qu’il sait que chaque jour où cette crise continue, chaque nouvelle image de violence, chaque nouveau mensonge démasqué, érode un peu plus le socle électoral républicain.
Et maintenant ?
Les scénarios possibles
Trois chemins s’offrent à l’administration Trump. Le premier : le déni total. Continuer comme si de rien n’était. Maintenir la pression. Accepter les « dommages collatéraux ». Parier que la base restera fidèle et que les modérés oublieront. C’est le scénario Stephen Miller. Celui où chaque critique est une trahison, chaque doute une faiblesse, chaque mort un prix acceptable à payer pour la « sécurité ». Ce scénario est celui qui prévaut actuellement. Et il mène droit dans le mur.
Le deuxième chemin : l’ajustement tactique. Calmer le jeu à Minneapolis. Peut-être sacrifier quelques agents. Promettre des enquêtes. Faire profil bas le temps que les médias passent à autre chose. Puis reprendre discrètement les opérations ailleurs, moins visiblement, avec des consignes de prudence. C’est le scénario des pragmatiques. Celui qui pourrait satisfaire les Kevin Stitt et les Thom Tillis sans vraiment changer quoi que ce soit sur le fond. Le problème : les téléphones portables existent. Les prochaines bavures seront filmées elles aussi.
Le troisième chemin : la remise en question réelle. Revoir les protocoles d’engagement. Former les agents à la désescalade. Respecter les juridictions locales. Traiter les citoyens américains comme des citoyens américains, même quand ils protestent. Ce scénario est le moins probable. Il impliquerait d’admettre que quelque chose ne va pas. Que des erreurs ont été commises. Que des vies ont été perdues inutilement. Donald Trump n’admet jamais ses erreurs. C’est sa marque de fabrique. C’est aussi, peut-être, ce qui finira par le perdre.
Je voudrais croire au troisième scénario. Je voudrais croire que quelque part dans cette administration, quelqu’un regarde ces vidéos et ressent ce que n’importe quel être humain devrait ressentir. De l’horreur. De la honte. Le besoin urgent de changer quelque chose. Mais je n’y crois pas vraiment. Pas avec ces gens. Pas avec cette machine. Pas avec ce mépris absolu pour tout ce qui n’est pas pouvoir et domination. Alors je me prépare au pire. Et j’espère me tromper.
Le rôle de la justice
L’ordonnance restrictive du juge Tostrud n’est qu’un premier pas. Si les preuves sont préservées, si les vidéos sont authentifiées, si les témoignages sont recueillis correctement, une enquête criminelle pourrait suivre. Les agents impliqués dans la mort d’Alex Pretti pourraient être inculpés. Des poursuites civiles pourraient être engagées par la famille. L’administration pourrait être contrainte de rendre des comptes devant un tribunal. C’est le scénario optimiste. Le scénario où le système fonctionne encore. Où la justice n’est pas qu’un mot vide.
Mais l’histoire récente n’incite pas à l’optimisme. Les agents fédéraux bénéficient d’une immunité quasi totale. Les poursuites contre eux aboutissent rarement. Les administrations font obstruction. Les témoins sont intimidés. Les preuves disparaissent. Et même quand tout est documenté, filmé, irréfutable — même alors, les coupables s’en sortent souvent. Renee Good est morte il y a onze jours. Personne n’a été inculpé. Personne ne sera probablement inculpé. Alex Pretti suivra peut-être le même chemin. De la mort à l’oubli. Du scandale au silence. C’est ainsi que fonctionne le système. C’est ainsi qu’il a toujours fonctionné.
Conclusion : Le prix de l'indifférence
Ce que Minneapolis dit de l’Amérique
Ce qui se passe à Minneapolis n’est pas un accident. C’est le résultat logique d’une politique qui traite certains êtres humains comme moins que humains. Quand on déshumanise les immigrants, quand on les qualifie d’« invasion », de « vermine », de « poison du sang national » — les mots de Trump lui-même — on crée les conditions pour que la violence devienne acceptable. Et quand la violence devient acceptable contre « eux », elle finit toujours par devenir acceptable contre « nous ». Alex Pretti était un citoyen américain. Renee Good était une citoyenne américaine. Ils sont morts parce qu’ils se trouvaient au mauvais endroit, au mauvais moment, face aux mauvais agents. Ils sont morts parce que le système ne fait plus la différence.
Les républicains qui doutent aujourd’hui ont raison de douter. Pas parce que la politique migratoire de Trump est impopulaire — elle l’est de moins en moins. Mais parce qu’elle est devenue incontrôlable. Parce que des agents fédéraux tirent sur des infirmiers. Parce que des vidéos montrent des exécutions et que l’administration répond par des mensonges. Parce que personne ne sait plus où s’arrête la « sécurité » et où commence la tyrannie. Kevin Stitt a posé la bonne question : quel est le but final ? Si personne ne peut répondre clairement, c’est peut-être parce qu’il n’y a pas de but. Juste une machine qui avance. Qui broie. Qui tue. Et qui ne sait pas s’arrêter.
Une dernière question
Alex Pretti avait 37 ans. Il soignait des vétérans. Il croyait que protester pacifiquement était un droit fondamental dans son pays. Il avait tort. Pas parce que ce droit n’existe pas dans la Constitution. Mais parce que la Constitution ne protège plus grand-chose quand ceux qui sont censés la défendre décident qu’elle ne s’applique pas à vous. Ses parents n’ont plus de fils. Ses patients n’ont plus leur infirmier. Et quelque part dans la Maison-Blanche, Stephen Miller est probablement en train de préparer le prochain tweet accusant la prochaine victime d’être un terroriste.
Je termine cet article avec un nœud dans l’estomac. Pas seulement à cause de ce qui s’est passé. Mais à cause de ce qui va se passer. Parce que je sais que ce n’est pas fini. Que d’autres vidéos viendront. D’autres noms. D’autres familles brisées. D’autres mensonges officiels. Et je me demande : à partir de quand on dit que c’est assez ? À partir de combien de morts ? Combien de vidéos ? Combien de preuves ignorées ? Il n’y a pas de réponse. Il n’y en aura peut-être jamais. Juste cette question qui reste, qui hante, qui refuse de se taire. Et nous, on fait quoi maintenant ?
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques politiques, sociales et institutionnelles qui façonnent les États-Unis contemporains. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mécanismes de pouvoir, à contextualiser les décisions des acteurs gouvernementaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent la société américaine.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte politique et historique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels du Department of Homeland Security, déclarations publiques des responsables gouvernementaux (Stephen Miller, Kristi Noem), ordonnances judiciaires (juge Eric Tostrud), déclarations des gouverneurs (Tim Walz, Kevin Stitt), témoignages familiaux (Michael Pretti).
Sources secondaires : Reuters/Ipsos (sondages), Associated Press, PBS News, CNN, The Washington Post, Al Jazeera, ABC News, NBC News, CBS News, NPR, Bloomberg News.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les déclarations des acteurs impliqués.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques politiques américaines contemporaines, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires américaines et la compréhension des mécanismes institutionnels et politiques.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Al Jazeera — Who was Alex Pretti, the nurse shot dead by federal agents in Minneapolis? — 25 janvier 2026
The Washington Post — Alex Pretti, fatally shot by federal agents in Minneapolis, was ICU nurse — 24 janvier 2026
PBS News — Man shot and killed by federal officers in Minnesota was an ICU nurse, his parents say — 25 janvier 2026
ABC News — What we know about Alex Pretti, VA nurse killed by federal agent in Minneapolis — 25 janvier 2026
CBS News Minnesota — Border Patrol kills Alex Pretti in Minneapolis; judge grants restraining order against DHS — 25 janvier 2026
Sources secondaires
Reuters/Ipsos — Poll: Republicans Split on Trump’s Aggressive Immigration Crackdown — 15 janvier 2026
NPR — 5 things to know about the latest Minneapolis shooting — 25 janvier 2026
The Irish Times — Minneapolis: Parents of Alex Pretti say Trump officials are telling ‘sickening lies’ — 25 janvier 2026
Associated Press via KSTP — Some Republicans call for investigation after fatal shooting in Minneapolis — 25 janvier 2026
Christian Science Monitor — Immigration boosted Trump in the election. Now, it may drag the GOP down — 23 janvier 2026
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