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Netanyahou défie Trump et refuse de rejoindre le Conseil de paix – la phase II du plan Gaza vire au bras de fer
Crédit: Adobe Stock

La vision grandiose de Jared Kushner

Pendant que Netanyahou jouait les absents, Jared Kushner — gendre de Trump et architecte du plan de paix — présentait sa vision pour la « Nouvelle Gaza ». Des images de synthèse défilaient sur les écrans de Davos : des gratte-ciel étincelants le long de la côte méditerranéenne, un complexe balnéaire de luxe, des centres de données ultramodernes, un aéroport international, un port maritime. 100 000 unités de logement à construire dans la région de Rafah. Une reconstruction qui transformerait ce territoire ravagé par la guerre en « Singapour de la Méditerranée ». Le coût estimé par les Nations Unies : plus de 50 milliards de dollars. Le montant actuellement engagé : proche de zéro. L’écart entre le rêve et la réalité n’a jamais semblé aussi vertigineux.

Le Conseil de paix lui-même fonctionne selon un modèle inédit dans l’histoire de la diplomatie internationale. Pour devenir membre permanent, un pays doit débourser 1 milliard de dollars. Trump préside le conseil et peut, selon un responsable américain, « conserver la présidence jusqu’à sa démission » — potentiellement à vie. Lors de la cérémonie, le président américain n’a pas mâché ses mots : « Ce n’est pas les États-Unis — c’est pour le monde. Une fois ce conseil complètement formé, nous pourrons faire à peu près tout ce que nous voulons, en coordination avec les Nations Unies. » Une déclaration qui a fait bondir plusieurs diplomates européens. La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et le Canada ont tous décliné l’invitation. Trump a même retiré l’invitation du Canada après coup, visiblement vexé par le refus d’Ottawa.

Il y a quelque chose de surréaliste dans cette scène. D’un côté, des images de Gaza en ruines — les décombres, les corps, les familles déplacées. De l’autre, des rendus 3D de tours de verre et de complexes hôteliers. Comme si on pouvait effacer l’horreur avec un PowerPoint bien léché. Je ne dis pas que la reconstruction n’est pas nécessaire. Elle l’est, désespérément. Mais qui a consulté les Palestiniens ? Amjad Shawa, directeur du réseau des ONG palestiniennes à Gaza, l’a dit clairement : « Nous avons été surpris, en tant qu’acteurs palestiniens sur le terrain, après dix ans de travail et surtout les deux dernières années à Gaza, que personne ne nous ait consultés sur les plans pour Gaza et son avenir. » Voilà. Tout est dit.

Les technocrates qui doivent reconstruire Gaza

Le 14 janvier 2026, un nom est apparu dans les communiqués officiels : Ali Shaath. Cet ingénieur civil palestinien, diplômé de Queen’s University au Royaume-Uni, ancien vice-ministre des Transports de l’Autorité palestinienne, a été désigné président du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG). Un comité de 15 technocrates palestiniens politiquement indépendants, supervisé par le Conseil de paix, chargé de gérer les affaires civiles de l’enclave. Parmi eux, Sami Nisman, ancien responsable des renseignements généraux palestiniens emprisonné par le Hamas, et Hana Tarazi, seule femme du comité, avocate chrétienne spécialisée en droit islamique. Les membres ont été sélectionnés conjointement par les factions palestiniennes — y compris le Hamas et le Fatah — et validés par Israël.

Le problème ? Ce comité existe sur le papier, mais pas sur le terrain. Selon Haaretz, Israël refuse de laisser les technocrates entrer dans la bande de Gaza via le passage de Rafah. Ces experts, censés prendre en charge l’administration civile du territoire, sont bloqués de l’autre côté de la frontière. Shaath lui-même a dû intervenir par visioconférence depuis l’extérieur lors de l’événement de Davos. Il a annoncé que le passage de Rafah devrait rouvrir « la semaine prochaine », mais cette promesse reste suspendue aux décisions du cabinet de sécurité israélien. En attendant, les Gazaouis continuent de suffoquer sous le blocus. L’aide humanitaire arrive au compte-gouttes. Et les mêmes personnes censées reconstruire sont empêchées d’y mettre les pieds.

Sources

Sources primaires

Axios – Scoop: Netanyahu rejects WH request for Israel president to attend Board of Peace ceremony – 24 janvier 2026
The Times of Israel – Netanyahu said to have barred Herzog from appearing at Trump’s Board of Peace unveiling – 24 janvier 2026
Al Jazeera – Trump launches Board of Peace at signing ceremony in Davos – 22 janvier 2026
NPR – Trump signs Board of Peace charter at Davos as allies split on Gaza plan – 22 janvier 2026
Bloomberg – Witkoff, Kushner to Meet With Netanyahu in Israel Saturday – 24 janvier 2026

Sources secondaires

Haaretz – Trump Sent Envoys Witkoff and Kushner to Ensure Netanyahu Doesn’t Delay Opening Rafah – 25 janvier 2026
The Times of Israel – Witkoff, Kushner in Israel to meet Netanyahu with focus on Gaza – 25 janvier 2026
Al Jazeera – US envoys meet Netanyahu as Israel continues to bomb Gaza – 25 janvier 2026
The National – US officials hold ‘positive’ talks with Netanyahu on second phase of Gaza peace plan – 25 janvier 2026
Haaretz – ‘Trump’s Plan Is Bad for Israel’: Minister Smotrich Calls to End U.S. Involvement in Gaza – 19 janvier 2026
The Times of Israel – Hamas, Red Cross resume search for last hostage’s remains in Gaza City – 25 janvier 2026
Al Jazeera – Gaza’s Rafah crossing with Egypt to open next week: Palestinian official – 22 janvier 2026
Wikipedia – National Committee for the Administration of Gaza – janvier 2026
The Jerusalem Post – Who is Ali Shaath, leader of Gaza’s new technocratic committee? – janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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