La dépendance totale envers Trump
Netanyahu sait exactement ce qu’il fait. C’est ce qui rend la situation si troublante. Ce n’est pas de l’aveuglement. C’est du calcul. Un calcul froid, cynique, à court terme. Sebastien Levi, correspondant de Radio J basé aux États-Unis, a parfaitement résumé la situation dans son analyse publiée dans le Jerusalem Post : Netanyahu a conclu un « pacte faustien ». Une référence à la légende allemande où le docteur Faust vend son âme au diable en échange de connaissances et de pouvoirs illimités. Sauf qu’ici, ce n’est pas la connaissance que recherche Netanyahu. C’est la survie politique. Et le diable, c’est la dépendance totale envers Donald Trump. Après deux décennies à brûler systématiquement tous les ponts avec le Parti démocrate américain, Netanyahu n’a plus le choix. Il a misé tout son capital diplomatique sur les Républicains. Sur Trump. Et maintenant, il doit payer le prix de cette stratégie. Ce prix, c’est l’alignement inconditionnel. Même quand ça contredit sa propre politique. Même quand ça inclut la Turquie et le Qatar. Même quand Poutine est invité à la table.
Le problème fondamental, c’est la nature transactionnelle de Trump. L’homme ne connaît pas la loyauté. Il connaît les deals. Et les deals changent. Netanyahu le sait. Les rapports qui filtrent de la Maison-Blanche sont accablants. Selon Axios, les principaux conseillers de Trump — y compris le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio — ont « perdu patience » avec le Premier ministre israélien. Ils le soupçonnent de faire traîner délibérément le processus de paix, de vouloir reprendre la guerre contre le Hamas. « Bibi essaie de convaincre un public d’une seule personne », a confié un haut responsable israélien à Axios. « Il les a perdus. » Netanyahu mise tout sur sa relation personnelle avec Trump. Mais cette relation est un château de cartes. Un tweet rageur, une colère présidentielle, et tout s’effondre. C’est ça, le pari faustien. Mettre le destin d’un pays entre les mains d’un homme imprévisible.
Il y a quelque chose de tragique — au sens grec du terme — dans la situation de Netanyahu. L’homme qui a bâti sa carrière sur l’image du leader fort, du stratège implacable, du gardien d’Israël, se retrouve piégé par ses propres choix. Vingt ans à cultiver les Républicains, à snober les Démocrates, à parier sur une seule carte. Et maintenant, cette carte, c’est Trump. Un homme dont la loyauté ne dure que le temps d’un deal. Netanyahu le sait. Il est trop intelligent pour ne pas le savoir. Et c’est peut-être ça le plus effrayant : il continue quand même. Parce qu’il n’a plus d’autre option.
Les trois paris perdants de Netanyahu
Sebastien Levi identifie trois risques majeurs dans cette stratégie. Le premier, c’est l’imprévisibilité de Trump. La nature transactionnelle du président américain n’offre aucune garantie de loyauté envers quelque pays que ce soit, excepté envers lui-même et ses intérêts. Netanyahu peut bien s’aligner aujourd’hui, rien ne garantit que Trump ne le sacrifiera pas demain si un meilleur deal se présente. Le deuxième risque, c’est la rupture avec le Parti démocrate. Cette alliance exclusive avec l’administration Trump approfondit l’impopularité d’Israël en Amérique, particulièrement chez les jeunes électeurs. Elle creuse un fossé béant entre le leadership israélien et le soutien démocrate. Or, les Démocrates reviendront au pouvoir un jour. Et ils se souviendront. Le troisième risque, c’est l’opposition de la communauté juive américaine. Cette alliance contredit les valeurs de la majorité des Juifs américains, centrées sur l’État de droit, le multilatéralisme, les droits humains. Elle dégrade encore davantage la position d’Israël au sein de la diaspora. Netanyahu isole son pays des forces mêmes qui ont historiquement été son plus grand soutien.
Levi convoque deux références historiques françaises pour qualifier l’approche de Netanyahu. D’abord, le « Après moi le déluge » de Louis XV — cette indifférence totale aux conséquences de ses actes une fois qu’il ne sera plus là. Ensuite, le « L’État c’est moi » de Louis XIV — cette confusion entre les intérêts personnels du dirigeant et ceux de la nation. Les deux formules s’appliquent parfaitement. Netanyahu joue sa survie politique. Pas l’avenir d’Israël. Et la conclusion de Levi est sans appel : Netanyahu est « cynique et myope — commode pour lui-même et irresponsable pour l’État d’Israël ».
Poutine, le milliard et l'absurdité morale
Quand le Kremlin finance la paix mondiale
L’invitation de Vladimir Poutine au Board of Peace représente peut-être le sommet de l’absurdité de cette initiative. Trump a lui-même reconnu le caractère controversé de la chose : « J’ai des personnes controversées dedans », a-t-il admis à CNN. C’est le moins qu’on puisse dire. Poutine mène depuis février 2022 une guerre d’agression contre l’Ukraine. Une guerre qui a fait des dizaines de milliers de morts. Une guerre qui continue. Et cet homme est invité à rejoindre un forum dédié à la paix mondiale. L’ironie est si épaisse qu’elle en devient suffocante. Mais ce n’est pas tout. Poutine a proposé d’utiliser les avoirs russes gelés aux États-Unis pour financer sa participation. Un milliard de dollars. Des fonds bloqués en raison des sanctions liées à l’invasion de l’Ukraine. Le Kremlin propose de payer son entrée dans le club de la paix avec l’argent que la communauté internationale lui a confisqué pour punir sa guerre. On nage en plein surréalisme diplomatique.
La réaction de Volodymyr Zelensky a été immédiate. Le président ukrainien a déclaré qu’il lui était « très difficile d’imaginer comment nous et la Russie pourrions être ensemble dans un conseil ou un autre ». Il a également pointé la présence du Belarus, allié indéfectible de Moscou, comme un obstacle supplémentaire. L’Ukraine a été invitée à rejoindre le Board of Peace. Mais comment accepter de siéger aux côtés de son agresseur ? Comment discuter de paix avec celui qui bombarde vos villes ? La question reste sans réponse. Et c’est précisément pour cette raison que les grandes démocraties occidentales ont décliné l’invitation. La France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Canada, l’Italie étaient absents de la cérémonie de signature à Davos. Ils ont compris que ce Board of Peace n’a de paix que le nom.
Un milliard de dollars. C’est ce que Poutine propose pour rejoindre le Board of Peace. Un milliard prélevé sur des avoirs gelés à cause de sa guerre. L’homme qui rase des villes ukrainiennes veut acheter un siège à la table de la paix mondiale. Et Trump dit oui. Et Netanyahu signe. Et le monde continue de tourner. Il y a des moments où l’absurdité de notre époque me laisse sans voix. Des moments où je me demande si les mots ont encore un sens. « Paix ». Qu’est-ce que ça veut dire, « paix », quand ceux qui la proclament sont les mêmes qui la détruisent ?
Israël dans le camp des autocrates
Regardons la liste des signataires du Board of Peace. L’Arabie saoudite, où les dissidents sont découpés en morceaux dans les consulats. Les Émirats arabes unis, paradis fiscal et plaque tournante du blanchiment d’argent. La Hongrie d’Orbán, qui démantèle méthodiquement l’État de droit. L’Azerbaïdjan, qui a mené un nettoyage ethnique au Haut-Karabakh. Le Belarus, dont le dictateur Loukachenko sert de vassal à Poutine. Le Pakistan. L’Ouzbékistan. Le Kazakhstan. Des régimes autoritaires, des démocraties en trompe-l’œil, des alliés de circonstance unis par un seul point commun : leur volonté de contourner l’ordre international fondé sur des règles. Et au milieu de ce groupe, Israël. La « seule démocratie du Moyen-Orient », comme aiment le répéter ses défenseurs. Une démocratie qui siège désormais aux côtés des autocrates. Qui avalise un forum où Poutine est le bienvenu. Qui cautionne une structure que les grandes démocraties occidentales ont refusé de rejoindre.
C’est un choix. Un choix délibéré. Netanyahu a choisi son camp. Et ce camp n’est pas celui des démocraties libérales. Ce camp, c’est celui de ce que certains analystes appellent le nouvel « ordre mondial illibéral ». Un monde où les deals entre hommes forts remplacent les institutions multilatérales. Où la force prime sur le droit. Où les valeurs démocratiques sont reléguées au rang de luxe occidental dépassé. Netanyahu a aligné Israël sur cette vision du monde. Pour sa survie politique personnelle. Pour ne pas contrarier Trump. Pour quelques années de plus au pouvoir. Le prix à payer sera assumé par les générations futures. Celles qui devront reconstruire les relations avec l’Europe, avec le Parti démocrate américain, avec la communauté juive mondiale. Celles qui hériteront d’un Israël isolé, compromis, rangé du mauvais côté de l’histoire.
Le fugitif de la Cour pénale internationale
125 pays où Netanyahu ne peut plus voyager
Le 21 novembre 2024, la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. Les charges : crime de guerre de famine comme méthode de guerre, crimes contre l’humanité de meurtre, persécution et autres actes inhumains commis pendant la guerre de Gaza. Depuis cette date, Netanyahu ne peut plus voyager dans aucun des 125 pays signataires du Statut de Rome. Ces États sont juridiquement obligés de l’arrêter s’il pose le pied sur leur territoire. La France. L’Allemagne. Le Royaume-Uni. L’Italie. L’Espagne. La Suisse. Le Canada. L’Australie. Le Japon. Le Premier ministre d’Israël est devenu un paria diplomatique. Un fugitif de la justice internationale.
C’est pour cette raison qu’il n’était pas à Davos. La Suisse avait clairement indiqué qu’elle appliquerait le mandat. Beatrice Fihn, chercheuse suédoise à l’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement, l’a dit sans détour : « Le mandat d’arrêt rend le travail de Netanyahu plus difficile. » C’est un euphémisme. Netanyahu est désormais contraint de diriger la diplomatie israélienne à distance. De signer des traités par procuration. D’envoyer des représentants — comme le président Isaac Herzog — là où il ne peut plus aller lui-même. Le leader d’une nation démocratique, réduit au statut de fugitif. C’est une humiliation sans précédent dans l’histoire d’Israël. Et c’est dans ce contexte qu’il a choisi de rejoindre le Board of Peace. Un forum où il ne peut même pas se rendre physiquement. Un club de la paix dont il est membre fantôme.
125 pays. Netanyahu ne peut plus mettre les pieds dans 125 pays sans risquer l’arrestation. C’est plus de la moitié des nations de la planète. Le Premier ministre d’Israël, recherché pour crimes de guerre. Et c’est cet homme qui vient de lier le destin de son pays à un Board of Peace. Un homme qui ne peut pas voyager librement. Un homme dont la liberté de mouvement est plus restreinte que celle de n’importe quel citoyen ordinaire. Il y a quelque chose de vertigineux dans cette situation. Quelque chose qui dit beaucoup sur l’état du monde. Sur l’état d’Israël. Sur le prix de la guerre.
La contradiction qui tue
Comment peut-on prétendre construire la paix quand on est soi-même accusé de crimes de guerre ? Comment peut-on siéger dans un forum international quand on est interdit de séjour dans la majorité des démocraties occidentales ? Ces questions, apparemment, ne troublent pas Netanyahu. Ni Trump. Le Board of Peace accueille à bras ouverts un homme sous mandat d’arrêt international. Tout comme il tend la main à Poutine, lui aussi visé par un mandat de la CPI pour la déportation d’enfants ukrainiens. Deux criminels de guerre présumés, invités à la table de la paix mondiale. L’ironie est si mordante qu’elle en devient douloureuse. Netanyahu et Poutine, unis par le même statut : fugitifs de la justice internationale. Membres du même club : le Board of Peace de Donald Trump.
Le président Herzog a tenté de minimiser l’impact du mandat de la CPI, le qualifiant de « récompense pour le terrorisme ». C’est la ligne officielle israélienne. Rejeter la légitimité de la Cour. Dénoncer une prétendue partialité. Mais les faits sont têtus. 125 pays reconnaissent l’autorité de la CPI. 125 pays ont l’obligation légale d’arrêter Netanyahu. Et parmi ces pays, on trouve les plus proches alliés historiques d’Israël. Le Royaume-Uni. La France. L’Allemagne. L’isolement n’est plus une hypothèse. C’est une réalité quotidienne. Chaque déplacement international doit être soigneusement planifié pour éviter les territoires à risque. Chaque sommet diplomatique doit être évalué à l’aune du mandat d’arrêt. Netanyahu a transformé Israël en État paria. Et maintenant, il mise l’avenir du pays sur un homme — Trump — qui pourrait lui tourner le dos à tout moment.
La coalition impossible et l'horizon électoral
Les faucons qui menacent de tout faire exploser
La politique intérieure israélienne ajoute une couche supplémentaire de complexité à cette situation déjà inextricable. Netanyahu dépend, pour sa survie au pouvoir, d’une coalition d’extrême droite. Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale. Bezalel Smotrich, ministre des Finances. Deux hommes qui ont fait de l’opposition à tout accord de paix leur raison d’être politique. Deux hommes qui conditionnent leur soutien à Netanyahu au maintien et même à l’expansion de la guerre à Gaza. Tout signe d’un possible État palestinien, toute concession territoriale, toute modération, et ils menacent de faire tomber le gouvernement. Netanyahu marche sur une corde raide. D’un côté, la pression de Trump pour avancer vers un règlement. De l’autre, la pression de ses partenaires de coalition pour maintenir le statu quo belliqueux.
Le plan en 20 points de Trump pour Gaza satisfait en théorie plusieurs objectifs de guerre israéliens : le retour des otages, le démantèlement du Hamas comme force militaire et politique, la création d’une administration internationale temporaire. Mais pour Ben-Gvir et Smotrich, ce n’est pas suffisant. Ils veulent la réoccupation permanente de Gaza. Ils veulent l’annexion. Ils veulent l’impossibilité définitive d’un État palestinien. Et ils ont les moyens de faire chuter Netanyahu si celui-ci s’écarte de leur ligne. C’est le piège dans lequel le Premier ministre s’est lui-même enfermé. Il a besoin de Trump pour sa survie internationale. Il a besoin de Ben-Gvir et Smotrich pour sa survie politique intérieure. Les deux sont incompatibles. Et Netanyahu jongle, manipule, temporise, espérant gagner du temps jusqu’aux prochaines élections.
Netanyahu joue aux échecs sur trois plateaux à la fois. Trump qui pousse pour un deal. Ben-Gvir et Smotrich qui menacent de tout faire exploser si le deal va trop loin. Et l’opinion publique israélienne, épuisée par la guerre, qui réclame le retour des otages. C’est une équation impossible. Et Netanyahu le sait. Alors il fait ce qu’il a toujours fait : il gagne du temps. Il esquive. Il fait traîner. En espérant que quelque chose va se passer. Que Trump va se lasser. Que Ben-Gvir va partir. Que la situation va changer. Mais pendant qu’il temporise, Israël s’enfonce. Dans l’isolement. Dans la dépendance. Dans le piège qu’il a lui-même construit.
Les élections comme horizon de survie
Les élections israéliennes doivent avoir lieu au plus tard en octobre 2027, mais tout le monde s’attend à ce qu’elles soient avancées. Les tensions au sein de la coalition, les disputes budgétaires, l’impatience de l’opinion publique — tout pousse vers un scrutin anticipé. Et c’est cet horizon électoral qui dicte chaque décision de Netanyahu. Pas l’intérêt national. Pas la stratégie à long terme. La survie politique personnelle. L’ironie cruelle, c’est que Trump est bien plus populaire en Israël que Netanyahu lui-même. Près de la moitié des Israéliens estiment que les États-Unis ont plus d’influence sur les décisions sécuritaires de leur pays que leur propre gouvernement. Le cessez-le-feu à Gaza et la libération des otages ont été perçus comme des victoires de Trump, pas de Netanyahu. Le Premier ministre israélien se retrouve dans la position humiliante d’un homme qui doit sa survie politique à un président étranger.
Selon un rapport du Carnegie Endowment for International Peace, la pression de Trump sur Netanyahu pour accepter son plan a rendu claire une réalité fondamentale : c’est le président américain, et non le Premier ministre israélien, qui détermine l’étendue et la profondeur de la relation bilatérale pour l’avenir prévisible. Israël n’est plus un partenaire égal. Israël est un client dépendant. Et Netanyahu a choisi de consacrer cette dépendance en rejoignant le Board of Peace. En s’alignant sur la vision trumpienne du monde. En sacrifiant les relations avec l’Europe, avec les Démocrates américains, avec la communauté juive mondiale. Pour quelques années supplémentaires au pouvoir. Pour échapper — temporairement — aux charges de corruption qui l’attendent devant les tribunaux israéliens. « Après moi le déluge », disait Louis XV. Netanyahu pourrait faire graver cette formule sur son bureau.
L'héritage empoisonné
Ce que Netanyahu laissera derrière lui
Prenons du recul. Regardons ce que Netanyahu laissera derrière lui quand il quittera finalement le pouvoir. Un Israël isolé diplomatiquement comme jamais. Des relations en ruines avec le Parti démocrate américain. Une fracture béante avec la communauté juive mondiale, majoritairement progressiste. Un mandat d’arrêt international qui empêche tout Premier ministre actuel ou futur de voyager librement. Une dépendance totale envers un allié américain imprévisible et transactionnel. Une coalition gouvernementale gangrenée par l’extrême droite messianique. Une guerre à Gaza qui a fait des dizaines de milliers de morts, détruit le tissu social palestinien, et alimenté la haine pour des générations. C’est ça, l’héritage Netanyahu. Vingt ans de pouvoir. Pour en arriver là.
Le Board of Peace n’est que le dernier symptôme d’une maladie bien plus profonde. La maladie d’un leadership qui a systématiquement privilégié le court terme sur le long terme. La tactique sur la stratégie. La survie personnelle sur l’intérêt national. Netanyahu a passé des années à affaiblir l’Autorité palestinienne tout en maintenant le Hamas en vie — une politique de « diviser pour régner » qui a explosé le 7 octobre 2023. Il a cultivé les Républicains américains tout en aliénant les Démocrates — une stratégie qui laisse Israël sans filet de sécurité quand le pendule politique américain basculera à nouveau. Il a ignoré les avertissements sur la CPI, sur l’isolement international, sur les conséquences de la guerre à Gaza — et maintenant, il ne peut même plus assister aux sommets internationaux en personne. Chaque décision tactique a creusé un peu plus le fossé stratégique. Et le Board of Peace n’est que la dernière pelletée de terre.
Il y a une phrase que je n’arrive pas à chasser de mon esprit. « Cynique et myope — commode pour lui-même et irresponsable pour l’État d’Israël. » C’est ainsi que Sebastien Levi résume Netanyahu. Et je crois qu’il a raison. Netanyahu sait exactement ce qu’il fait. Il voit les risques. Il comprend les conséquences à long terme. Et il continue quand même. Parce que le court terme, c’est sa survie. Et le long terme, ce sera le problème de quelqu’un d’autre. Après lui, le déluge. Cette phrase me hante. Parce qu’elle dit tout. Sur Netanyahu. Sur ce moment de l’histoire d’Israël. Sur ce que signifie vraiment ce « Board of Peace » que personne ne devrait appeler ainsi. Le déluge arrive. Il est déjà là. Et ceux qui le subiront n’auront pas choisi de signer ce pacte faustien.
La question qui reste
Et maintenant ? Israël est engagé dans le Board of Peace. Netanyahu a signé. Les dés sont jetés. Mais les questions demeurent. Que se passera-t-il quand Trump décidera que le deal avec Israël ne l’intéresse plus ? Que se passera-t-il quand les Démocrates reviendront au pouvoir à Washington et se souviendront de ces années d’alignement aveugle sur Trump ? Que se passera-t-il quand la prochaine génération de leaders israéliens devra reconstruire des ponts brûlés par Netanyahu ? Que se passera-t-il quand l’histoire jugera cette période — ce Board of Peace où siègent Poutine et les autocrates, cette signature à distance d’un fugitif de la justice internationale, ce pari faustien d’un homme prêt à tout pour survivre politiquement ? Les réponses viendront. Elles seront douloureuses. Et ceux qui les assumeront ne seront pas ceux qui ont fait les choix.
Netanyahu a 76 ans. Il est inculpé pour corruption, fraude et abus de confiance. Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Et il vient de lier le destin d’Israël à un Board of Peace dominé par Trump et peuplé d’autocrates. « L’État c’est moi », disait Louis XIV. Netanyahu semble le croire aussi. Mais les États survivent à leurs dirigeants. Et Israël survivra à Netanyahu. La question est : dans quel état ? Avec quels alliés ? Avec quelle réputation ? Avec quel avenir ? Le pacte faustien a été signé. Le prix sera payé. La seule inconnue, c’est qui le paiera. Netanyahu sera peut-être parti. Mais Israël restera. Avec les conséquences de ces choix. Avec l’héritage de ces années. Avec le poids de ce Board of Peace qui n’a de paix que le nom.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, des stratégies politiques et des relations internationales qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les décisions des leaders, à comprendre les enjeux de pouvoir, à contextualiser les événements dans leur cadre historique et stratégique, et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent l’ordre mondial.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte géopolitique, et d’offrir une lecture critique des événements. L’analyse présentée dans cet article reflète une interprétation des faits disponibles et des tendances observées concernant la politique de Benjamin Netanyahu et le Board of Peace de Donald Trump.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements israélien, américain et européens ; déclarations publiques des dirigeants politiques ; dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse).
Sources secondaires : publications spécialisées et médias d’information reconnus internationalement (The Jerusalem Post, Al Jazeera, NPR, CNBC, Euronews, The Times of Israel, Axios, The Guardian, BBC) ; analyses d’institutions de recherche établies (Carnegie Endowment for International Peace, Chatham House, Atlantic Council, The Soufan Center).
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées. L’analyse éditoriale de Sebastien Levi publiée dans le Jerusalem Post constitue une source importante pour la caractérisation du « pacte faustien » de Netanyahu.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article reflète l’état des informations disponibles en janvier 2026.
Sources
Sources primaires
Jerusalem Post – « Faustian pact: Netanyahu’s embrace of Trump’s Board of Peace gambles Israel’s future » par Sebastien Levi – 25 janvier 2026
Office fédéral de la justice suisse – Déclaration sur l’obligation de coopération avec la CPI – janvier 2026
Résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations Unies – novembre 2025
Cour pénale internationale – Mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et Yoav Gallant – 21 novembre 2024
Sources secondaires
Al Jazeera – « Why did Israel join Trump’s ‘Board of Peace’ after raising objections? » – 22 janvier 2026
NPR – « Israel agrees to join Trump’s Board of Peace as some European nations say no » – 21 janvier 2026
CNBC – « Trump signed his Gaza ‘Board of Peace’ into being. Here’s who’s on it — and who isn’t » – 22 janvier 2026
Euronews – « Israel’s PM Benjamin Netanyahu accepts invitation to join Trump’s ‘Board of Peace’ » – 21 janvier 2026
The Times of Israel – « Netanyahu bets Trump’s Gaza plan will put pressure on Hamas, but risks coalition » – 2025
Axios – « Netanyahu’s Mar-a-Lago visit crucial for future of Gaza deal » – décembre 2025
Carnegie Endowment for International Peace – « U.S.-Israeli Relations Are Undergoing a Profound Shift » – novembre 2025
Chatham House – « Netanyahu’s concepts collapsed, one by one, as Trump piled on pressure » – octobre 2025
Bloomberg – « Putin Offers Frozen Russian Assets in US to Peace Board, Ukraine » – 21 janvier 2026
Common Dreams – « Wanted for War Crimes, Netanyahu Skips Signing of ‘Board of Peace’ Charter at Davos » – janvier 2026
Wikipedia – « Board of Peace » et « International Criminal Court arrest warrants for Israeli leaders » – consultés en janvier 2026
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