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Netanyahu et le Board of Peace de Trump : le pari faustien qui hypothèque l’avenir d’Israël
Crédit: Adobe Stock

La dépendance totale envers Trump

Netanyahu sait exactement ce qu’il fait. C’est ce qui rend la situation si troublante. Ce n’est pas de l’aveuglement. C’est du calcul. Un calcul froid, cynique, à court terme. Sebastien Levi, correspondant de Radio J basé aux États-Unis, a parfaitement résumé la situation dans son analyse publiée dans le Jerusalem Post : Netanyahu a conclu un « pacte faustien ». Une référence à la légende allemande où le docteur Faust vend son âme au diable en échange de connaissances et de pouvoirs illimités. Sauf qu’ici, ce n’est pas la connaissance que recherche Netanyahu. C’est la survie politique. Et le diable, c’est la dépendance totale envers Donald Trump. Après deux décennies à brûler systématiquement tous les ponts avec le Parti démocrate américain, Netanyahu n’a plus le choix. Il a misé tout son capital diplomatique sur les Républicains. Sur Trump. Et maintenant, il doit payer le prix de cette stratégie. Ce prix, c’est l’alignement inconditionnel. Même quand ça contredit sa propre politique. Même quand ça inclut la Turquie et le Qatar. Même quand Poutine est invité à la table.

Le problème fondamental, c’est la nature transactionnelle de Trump. L’homme ne connaît pas la loyauté. Il connaît les deals. Et les deals changent. Netanyahu le sait. Les rapports qui filtrent de la Maison-Blanche sont accablants. Selon Axios, les principaux conseillers de Trump — y compris le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio — ont « perdu patience » avec le Premier ministre israélien. Ils le soupçonnent de faire traîner délibérément le processus de paix, de vouloir reprendre la guerre contre le Hamas. « Bibi essaie de convaincre un public d’une seule personne », a confié un haut responsable israélien à Axios. « Il les a perdus. » Netanyahu mise tout sur sa relation personnelle avec Trump. Mais cette relation est un château de cartes. Un tweet rageur, une colère présidentielle, et tout s’effondre. C’est ça, le pari faustien. Mettre le destin d’un pays entre les mains d’un homme imprévisible.

Il y a quelque chose de tragique — au sens grec du terme — dans la situation de Netanyahu. L’homme qui a bâti sa carrière sur l’image du leader fort, du stratège implacable, du gardien d’Israël, se retrouve piégé par ses propres choix. Vingt ans à cultiver les Républicains, à snober les Démocrates, à parier sur une seule carte. Et maintenant, cette carte, c’est Trump. Un homme dont la loyauté ne dure que le temps d’un deal. Netanyahu le sait. Il est trop intelligent pour ne pas le savoir. Et c’est peut-être ça le plus effrayant : il continue quand même. Parce qu’il n’a plus d’autre option.

Les trois paris perdants de Netanyahu

Sebastien Levi identifie trois risques majeurs dans cette stratégie. Le premier, c’est l’imprévisibilité de Trump. La nature transactionnelle du président américain n’offre aucune garantie de loyauté envers quelque pays que ce soit, excepté envers lui-même et ses intérêts. Netanyahu peut bien s’aligner aujourd’hui, rien ne garantit que Trump ne le sacrifiera pas demain si un meilleur deal se présente. Le deuxième risque, c’est la rupture avec le Parti démocrate. Cette alliance exclusive avec l’administration Trump approfondit l’impopularité d’Israël en Amérique, particulièrement chez les jeunes électeurs. Elle creuse un fossé béant entre le leadership israélien et le soutien démocrate. Or, les Démocrates reviendront au pouvoir un jour. Et ils se souviendront. Le troisième risque, c’est l’opposition de la communauté juive américaine. Cette alliance contredit les valeurs de la majorité des Juifs américains, centrées sur l’État de droit, le multilatéralisme, les droits humains. Elle dégrade encore davantage la position d’Israël au sein de la diaspora. Netanyahu isole son pays des forces mêmes qui ont historiquement été son plus grand soutien.

Levi convoque deux références historiques françaises pour qualifier l’approche de Netanyahu. D’abord, le « Après moi le déluge » de Louis XV — cette indifférence totale aux conséquences de ses actes une fois qu’il ne sera plus là. Ensuite, le « L’État c’est moi » de Louis XIV — cette confusion entre les intérêts personnels du dirigeant et ceux de la nation. Les deux formules s’appliquent parfaitement. Netanyahu joue sa survie politique. Pas l’avenir d’Israël. Et la conclusion de Levi est sans appel : Netanyahu est « cynique et myope — commode pour lui-même et irresponsable pour l’État d’Israël ».

Sources

Sources primaires

Jerusalem Post – « Faustian pact: Netanyahu’s embrace of Trump’s Board of Peace gambles Israel’s future » par Sebastien Levi – 25 janvier 2026
Office fédéral de la justice suisse – Déclaration sur l’obligation de coopération avec la CPI – janvier 2026
Résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations Unies – novembre 2025
Cour pénale internationale – Mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et Yoav Gallant – 21 novembre 2024

Sources secondaires

Al Jazeera – « Why did Israel join Trump’s ‘Board of Peace’ after raising objections? » – 22 janvier 2026
NPR – « Israel agrees to join Trump’s Board of Peace as some European nations say no » – 21 janvier 2026
CNBC – « Trump signed his Gaza ‘Board of Peace’ into being. Here’s who’s on it — and who isn’t » – 22 janvier 2026
Euronews – « Israel’s PM Benjamin Netanyahu accepts invitation to join Trump’s ‘Board of Peace’ » – 21 janvier 2026
The Times of Israel – « Netanyahu bets Trump’s Gaza plan will put pressure on Hamas, but risks coalition » – 2025
Axios – « Netanyahu’s Mar-a-Lago visit crucial for future of Gaza deal » – décembre 2025
Carnegie Endowment for International Peace – « U.S.-Israeli Relations Are Undergoing a Profound Shift » – novembre 2025
Chatham House – « Netanyahu’s concepts collapsed, one by one, as Trump piled on pressure » – octobre 2025
Bloomberg – « Putin Offers Frozen Russian Assets in US to Peace Board, Ukraine » – 21 janvier 2026
Common Dreams – « Wanted for War Crimes, Netanyahu Skips Signing of ‘Board of Peace’ Charter at Davos » – janvier 2026
Wikipedia – « Board of Peace » et « International Criminal Court arrest warrants for Israeli leaders » – consultés en janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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