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Pokrovsk sous le feu : 127 affrontements en 24 heures, l’enfer ukrainien qui ne s’arrête jamais
Crédit: Adobe Stock

Les chiffres de l’horreur quotidienne

Prenons un instant pour décomposer ce que signifie vraiment une journée comme celle du 24 janvier 2026 sur le front ukrainien. Les 127 affrontements ne se sont pas concentrés uniquement autour de Pokrovsk. La guerre se déroule sur un front de plusieurs centaines de kilomètres, et chaque secteur a connu son lot de violence. Dans le sud de la Slobojanschchyna, 6 assauts ont été repoussés. À Koupiansk, les défenseurs ont fait face à 2 attaques. Le secteur de Lyman a enregistré 6 combats. Kostiantynivka a subi 13 assauts. Et dans la direction de Houliaïpole, ce sont 16 tentatives d’avancée russe qui ont été stoppées net. Chaque chiffre représente des heures de combat intense, des munitions dépensées par milliers, des vies perdues des deux côtés de la ligne de front. Les régions de Kramatorsk, Sloviansk, Oleksandrivka, Orikhiv et même les abords du fleuve Dniepr ont tous connu des engagements ce jour-là.

La région de Zaporijjia a particulièrement souffert des frappes aériennes. Les bombes guidées russes ont touché les localités de Zirnytsia, Zaliznytchne, Verkhnia Tersa, Liubytske, Vozdvyzhivka et Preobrazhenka. Ces noms ne vous disent probablement rien. Ce sont de petits villages, des hameaux parfois, où quelques centaines de personnes vivaient avant la guerre. Aujourd’hui, ceux qui y restent le font souvent par choix — des personnes âgées qui refusent de quitter la terre de leurs ancêtres, des fermiers qui continuent de cultiver leurs champs entre les explosions, des irréductibles qui croient qu’abandonner serait trahir. Chaque bombe qui tombe sur ces communautés détruit non seulement des bâtiments, mais aussi des siècles d’histoire, des générations de souvenirs, des vies entières construites pierre par pierre. Et le lendemain, les survivants ramassent les débris et recommencent, parce que c’est tout ce qu’il leur reste : la volonté de continuer.

Zirnytsia, Zaliznytchne, Verkhnia Tersa. Je prononce ces noms à voix haute et je me demande combien de personnes dans le monde ont déjà entendu parler de ces villages. Probablement très peu. Et pourtant, là-bas, des gens vivent, meurent, espèrent et désespèrent chaque jour. Leur existence est devenue invisible pour le reste du monde, noyée dans un flot de nouvelles catastrophiques. Mais chaque maison détruite avait une famille. Chaque rue bombardée avait des enfants qui y jouaient autrefois. L’oubli est peut-être la pire des violences que nous leur infligeons.

Le prix du sang : les pertes russes

Si l’Ukraine paie un tribut terrible dans cette guerre, les pertes russes atteignent des proportions qui dépassent l’entendement. Selon les données de l’état-major ukrainien, les pertes cumulées de l’armée russe depuis le 24 février 2022 s’élèveraient à environ 1 234 040 soldats tués ou blessés au 25 janvier 2026. Rien que pour la journée du 24 janvier, ce sont 1 020 soldats russes qui auraient été mis hors de combat. Ces chiffres, bien que difficiles à vérifier de manière indépendante, donnent une idée de l’ampleur du carnage. Le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, le général Oleksandr Syrsky, a déclaré qu’en janvier 2025 seulement, 15 000 soldats russes avaient été « neutralisés » dans le secteur de Pokrovsk, dont environ 7 000 tués. Quinze mille hommes en un mois, sur un seul secteur du front. C’est l’équivalent de la population d’une petite ville qui disparaît, semaine après semaine, envoyée mourir pour quelques kilomètres carrés de terre ukrainienne.

Ces chiffres posent une question lancinante : jusqu’où la Russie est-elle prête à aller ? Combien de fils, de pères, de frères le Kremlin est-il disposé à sacrifier sur l’autel de ses ambitions territoriales ? Les témoignages qui filtrent du front russe parlent de tactiques désespérées, de ce que les soldats ukrainiens appellent des « attaques zombies » — des vagues d’assaut où des groupes de cinq ou six soldats avancent à découvert, équipés de matériel de guerre électronique et de fusils anti-drones, marchant vers des positions ukrainiennes fortifiées comme si leur vie n’avait aucune valeur. Parce que pour ceux qui les envoient, elle n’en a effectivement aucune. Ces hommes sont du « matériel consommable », des chiffres sur un tableau, des unités à déployer et à remplacer quand elles sont détruites. Quelque part en Russie, des mères attendent des nouvelles de leurs fils. Beaucoup n’en recevront jamais, ou alors un simple avis officiel, froid comme l’acier, leur annonçant que leur enfant est « mort pour la patrie » dans un endroit dont elles n’avaient jamais entendu parler.

Sources

Sources primaires

État-major général des Forces armées ukrainiennes — Rapport opérationnel du 25 janvier 2026 (08h00)
Ministère de la Défense ukrainien — Données sur les pertes ennemies, janvier 2026
Général Oleksandr Syrsky — Déclaration sur les opérations dans le secteur de Pokrovsk, février 2025

Sources secondaires

Ukrinform — War Update: 127 clashes on front lines over past day, over third in Pokrovsk sector — 25 janvier 2026
Kyiv Independent — 15,000 Russian troops ‘neutralized’ in Pokrovsk direction in January alone, Syrskyi says — février 2025
Institute for the Study of War / Critical Threats — Russian Offensive Campaign Assessment — janvier 2026
Médecins Sans Frontières — Ukraine: Mass evacuation from Pokrovsk as fighting approaches — 2025
Nations Unies (OCHA) — 2026 Humanitarian Needs and Response Plan for Ukraine — janvier 2026
The Economist — Ukraine’s energy infrastructure under attack — janvier 2026
Meduza — Analysis of the Pokrovsk and Kupiansk fronts — janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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