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Quand Starlink devient une arme russe : les Shaheds frappent l’Ukraine avec la technologie d’Elon Musk
Crédit: Adobe Stock

La fusion mortelle de deux technologies

Pour comprendre la gravité de ce qui vient de se passer, il faut saisir ce que représente l’intégration de Starlink dans un drone kamikaze. Jusqu’à présent, les Shaheds russes — rebaptisés Geran-2 par Moscou — fonctionnaient selon un principe relativement simple. Lancés par vagues depuis des bases en Russie, en Biélorussie ou depuis la mer Caspienne, ces engins suivaient des coordonnées GPS préenregistrées. Leur force résidait dans leur nombre et leur coût dérisoire — environ 20 000 dollars l’unité contre des millions pour les missiles qu’ils remplaçaient. Leur faiblesse : une fois programmés, ils ne pouvaient plus être redirigés. Les défenses ukrainiennes avaient appris à les intercepter, notamment grâce à la guerre électronique qui brouillait leurs systèmes de navigation.

L’ajout d’un terminal Starlink change radicalement la donne. Désormais, l’opérateur au sol — quelque part en Russie ou dans les territoires occupés — peut voir ce que voit le drone en temps réel grâce à une caméra embarquée. Il peut ajuster la trajectoire, changer de cible en plein vol, contourner les défenses repérées. Plus crucial encore : la liaison satellite est pratiquement impossible à brouiller avec les moyens conventionnels de guerre électronique. Les signaux passent par l’espace, hors de portée des systèmes terrestres ukrainiens. Un drone Shahed sur Starlink, c’est un missile de croisière low-cost avec les capacités d’un engin de reconnaissance sophistiqué. C’est une arme qui voit, qui pense, qui s’adapte. Et qui tue avec une précision chirurgicale là où ses prédécesseurs frappaient à l’aveugle.

Les spécifications techniques qui terrifient

Les données techniques révélées par les experts ukrainiens donnent le vertige. Le terminal Starlink intégré aux drones russes permet une transmission de données en temps réel sur des distances allant jusqu’à 2 000 kilomètres. Les images de la caméra embarquée arrivent à l’opérateur avec un délai minimal, permettant un guidage manuel d’une précision redoutable. Lors de l’attaque de Kropyvnytskyi, les Gerans ont volé « presque au ras du sol », selon Beskrestnov, en contrôle manuel pour éviter la détection radar. Cette capacité de vol à très basse altitude, combinée au guidage satellite, rend ces engins pratiquement invisibles jusqu’au moment de l’impact. Les équipages d’hélicoptères ukrainiens n’ont eu aucune chance de réagir.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un drone Molniya équipé de Starlink voit sa portée opérationnelle passer de 50 kilomètres à plus de 230 kilomètres. Le nouveau Geran-5, déployé pour la première fois début janvier 2026, peut emporter une charge explosive de 90 kilogrammes sur une distance de 1 000 kilomètres, à une vitesse de croisière de 450 à 600 km/h. Son plafond opérationnel atteint 6 000 mètres. Ces drones utilisent un système de navigation satellite Kometa à 12 canaux, couplé à un tracker basé sur un microordinateur Raspberry Pi et des modems 3G/4G. La combinaison de composants civils bon marché et de technologie satellite de pointe crée une arme hybride d’une efficacité terrifiante. Et tout cela pour une fraction du coût d’un missile conventionnel.

Raspberry Pi. Un microordinateur que n’importe quel adolescent peut acheter pour ses projets de bricolage électronique. Starlink. Le réseau satellite présenté comme la démocratisation d’internet pour les régions reculées. Ensemble, ces technologies civiles deviennent des instruments de mort. Je ne sais pas ce qui me révolte le plus : l’ingéniosité meurtrière de ceux qui ont assemblé ce monstre, ou l’aveuglement de ceux qui ont cru que ces technologies resteraient neutres. La guerre du XXIe siècle se joue avec des outils conçus pour le progrès. Et le progrès, lui, n’a aucune conscience.

Sources

Sources primaires

Serhiy Beskrestnov (« Flash ») – Déclarations sur les réseaux sociaux et interviews – Janvier 2026
Institute for the Study of War (ISW) – Rapports sur l’utilisation des drones russes – Décembre 2025 – Janvier 2026
SpaceX – Déclarations officielles sur la politique de vente de Starlink – 2024-2026
Ministère ukrainien de la Défense – Communications officielles – Janvier 2026

Sources secondaires

Newsweek – « Ukraine Discovers Starlink on Downed Russian Shahed Drone » – Septembre 2024
Defence Express – « Russia Equipped Shahed-136 with Starlink » – 2025
Kyiv Independent – Couverture continue du conflit – Janvier 2026
Militarnyi – « Russians Install Starlink on BM-35 Kamikaze Drone for First Time » – Janvier 2026
EADaily – « First use: Helicopters near Kropyvnytskyi destroyed Geraniums on Starlink » – 25 janvier 2026
CNN – « Ukraine relies on Starlink for its drone war. Russia appears to be bypassing sanctions » – 2024
Weekly Blitz – « Pentagon still can’t do anything years after Russia one-upped Starlink » – Janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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