L’arme des drones longue portée
Le 4 janvier 2026, les défenses aériennes russes ont intercepté au moins 28 drones ukrainiens au-dessus de Moscou. Les trois principaux aéroports de la capitale — Vnoukovo, Domodedovo et Joukovskoï — ont été fermés temporairement. Plus de 200 vols perturbés en une seule nuit. Ce n’est plus un incident isolé. C’est la nouvelle normalité. Selon le canal Telegram militaire ukrainien « Colonel GSh », l’Ukraine lance désormais plus de drones longue portée que la Russie n’en envoie sur son territoire. Le rapport s’est inversé. En silence. Sans fanfare. Mais avec une efficacité redoutable.
Cette transformation repose sur une montée en puissance industrielle spectaculaire. Le président Volodymyr Zelensky avait annoncé une production de 30 000 drones d’attaque pour 2025. L’objectif a été atteint. Les unités comme le 1er Centre des systèmes sans pilote — anciennement le 14e Régiment — mènent désormais 90 % des frappes sur l’arrière russe. Des cibles à plus de 900 kilomètres de la ligne de front sont régulièrement touchées. Kostroma. Lipetsk. Volgograd. La géographie de la guerre a changé. La Russie n’est plus un sanctuaire.
Il y a quelque chose de fascinant dans cette inversion des rôles. Pendant des mois, on nous a dit que l’Ukraine était condamnée à subir, à encaisser, à survivre au jour le jour. Et puis, presque sans qu’on s’en aperçoive, les drones ukrainiens ont commencé à frapper Moscou. Pas une fois. Pas dix fois. Des centaines de fois. Chaque nuit ou presque, quelque part en Russie, un dépôt de munitions explose, une raffinerie brûle, un aérodrome ferme. Ce n’est pas la victoire. Mais c’est autre chose que la défaite. C’est le refus de l’asymétrie totale. C’est dire : « Vous nous frappez ? On vous frappe aussi. »
L’impact stratégique des frappes
Les chiffres sont éloquents. Selon Syrskyi, les frappes ukrainiennes en profondeur ont réduit de moitié la consommation quotidienne d’obus d’artillerie de l’armée russe. De 40 000 obus par jour à environ 20 000. Pas parce que les Russes manquent de canons. Parce qu’ils manquent de munitions. Les dépôts stratégiques ont été systématiquement ciblés : Toropets en septembre 2024, Engels-2 en janvier et mars 2025, Kadamovsky en décembre 2024. Chaque frappe réussie représente des milliers d’obus qui n’atteindront jamais le front. Des vies ukrainiennes épargnées.
Mais le plus important, c’est l’effet sur l’économie de guerre russe. Les raffineries touchées représentent une part significative de la capacité de raffinage du pays. L’industrie pétrolière russe — pilier du financement de la guerre — est sous pression constante. Chaque baril non exporté, c’est de l’argent en moins pour acheter des composants iraniens, pour payer les primes d’engagement des soldats, pour financer les usines de drones. Syrskyi le résume ainsi : « Les frappes en profondeur sont notre point fort. » Ce n’est pas de la vantardise. C’est un fait comptable.
Section 3 : La menace des 1000 drones quotidiens
Les plans russes pour 2026
Face à cette offensive ukrainienne, la Russie ne reste pas inactive. Syrskyi a révélé une information glaçante : Moscou prévoit d’augmenter massivement sa production de drones Shahed. Objectif : passer de 404 drones par jour actuellement à 1 000 drones quotidiens. Mille engins de mort chaque nuit au-dessus des villes ukrainiennes. Kyiv. Kharkiv. Odessa. Dnipro. L’imagination vacille devant ce chiffre. Mille drones. Chaque jour. Sans relâche.
Cette escalade s’inscrit dans une stratégie claire : « weaponiser l’hiver ». Depuis décembre 2025, la Russie a mené six frappes massives contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Le 9 janvier 2026, une attaque combinant missiles et drones a tué au moins quatre personnes dans la capitale et perturbé l’approvisionnement en chauffage de centaines de milliers de foyers. Pour la deuxième fois seulement dans cette guerre, Moscou a utilisé son missile hypersonique Oreshnik — un message sans équivoque destiné aux alliés de l’Ukraine.
Mille drones par jour. Je laisse ce chiffre résonner. Mille familles qui ne dormiront pas. Mille alertes aériennes. Mille fois la peur au ventre. Et on voudrait que ces gens négocient en position de faiblesse ? Qu’ils acceptent n’importe quoi pour que ça s’arrête ? La réponse de Syrskyi est claire : « Personne ne négocie avec les faibles. » C’est dur. C’est froid. Mais c’est vrai. Et c’est exactement pourquoi l’Ukraine frappe. Pas pour la gloire. Pour le rapport de force.
La course contre la montre
L’Ukraine sait qu’elle joue contre le temps. Si la Russie atteint son objectif de 1 000 drones par jour, les défenses aériennes ukrainiennes seront saturées. Même les systèmes les plus performants — Patriot, NASAMS, IRIS-T — ne pourront pas tout intercepter. C’est mathématique. C’est pourquoi Syrskyi insiste : il faut « tout faire pour perturber ces plans et infliger des pertes telles que l’ennemi renonce à ses plans ». Traduisez : frapper les usines de production, les chaînes d’approvisionnement, les centres logistiques. Avant qu’il ne soit trop tard.
Le commandant en chef a également souligné l’importance cruciale des systèmes de défense aérienne. Lors d’un entretien avec le général américain Christopher Donahue, commandant des forces terrestres US en Europe, Syrskyi a placé ce dossier en tête des priorités. Plus de missiles. Plus de systèmes. Plus vite. Car chaque nuit qui passe sans renfort supplémentaire est une nuit où des infrastructures brûlent, où des civils meurent, où le froid gagne du terrain.
Section 4 : L'offensive comme survie — le paradoxe ukrainien
Attaquer pour défendre
Le virage stratégique annoncé par Syrskyi peut sembler paradoxal. L’Ukraine est en infériorité numérique. Elle manque d’hommes. Elle manque de munitions. Elle manque de tout. Comment peut-elle envisager des offensives ? La réponse tient en une phrase du commandant en chef : « Cette approche oblige les forces russes à engager — et redéployer — d’importantes quantités de personnel, d’équipement et de munitions pour contrer nos opérations actives. » En d’autres termes : attaquer quelque part, c’est soulager la pression ailleurs.
L’exemple le plus frappant reste l’opération de Koursk d’août 2024. En trois semaines, les forces ukrainiennes ont capturé près de 1 300 kilomètres carrés de territoire russe. La Russie a dû concentrer 70 000 soldats pour stabiliser la situation — des troupes retirées d’autres secteurs du front. L’opération n’a pas tenu dans la durée. Les Ukrainiens se sont repliés. Mais elle a prouvé une chose : l’initiative change tout. Et Syrskyi entend bien la reprendre.
Les contre-offensives de 2025
Entre août et octobre 2025, les Forces de défense ukrainiennes ont mené des opérations contre-offensives dans le Donbas. Résultat : plus de 430 kilomètres carrés libérés au nord de Pokrovsk. Pertes russes estimées : plus de 13 000 soldats. Ces chiffres, fournis par Syrskyi lui-même, montrent que l’Ukraine n’est pas qu’une victime qui encaisse. Elle frappe. Elle reprend du terrain. Elle inflige des pertes massives.
Ces contre-offensives s’inscrivent dans une logique d’attrition intelligente. Là où les Russes utilisent des vagues humaines, les Ukrainiens privilégient la précision. Les drones FPV ont créé ce que les analystes appellent un « mur de drones » — une zone de mort qui s’étend désormais sur 15 à 40 kilomètres derrière les lignes de front. Chaque véhicule blindé russe qui s’aventure dans cette zone devient une cible. Chaque concentration de troupes est repérée et frappée. La technologie compense — en partie — le déséquilibre numérique.
430 kilomètres carrés. Ça peut sembler dérisoire comparé à l’immensité du territoire en jeu. Mais derrière ces chiffres, il y a des villages libérés. Des caves où des familles ne trembleront plus sous les bombes. Des routes où les convois humanitaires pourront enfin passer. Et il y a 13 000 soldats russes qui ne rentreront pas chez eux. 13 000 familles quelque part en Russie qui attendent un appel qui ne viendra jamais. La guerre est horrible pour tout le monde. Mais il y a une différence entre ceux qui l’ont choisie et ceux qui la subissent.
Section 5 : Le bilan 2025 — les chiffres de la résistance
Les pertes russes : au-delà du million
Syrskyi a révélé un chiffre vertigineux : les pertes russes ont dépassé 1,2 million de soldats depuis le début de l’invasion. Le cap du million a été franchi durant l’été 2025. Mille deux cent mille. Essayez d’imaginer ce nombre. C’est l’équivalent de la population d’une grande ville. Marseille. Prague. Dallas. Autant de vies fauchées, de familles brisées, de destins interrompus. Et pour quoi ? Pour quelques centaines de kilomètres carrés de terres dévastées.
Ces pertes colossales expliquent en partie pourquoi la Russie peine à augmenter ses effectifs sur le terrain. Malgré les primes d’engagement mirobolantes, malgré la mobilisation forcée, malgré le recours aux prisonniers et aux mercenaires nord-coréens, le groupement russe en Ukraine stagne autour de 710 000 hommes. Syrskyi est catégorique : « L’ennemi n’a pas pu augmenter la taille de son groupement depuis longtemps. » La machine de guerre russe tourne, mais elle tourne à vide. Elle broie des hommes sans progresser significativement.
Les réformes de l’armée ukrainienne
Pendant ce temps, l’Ukraine se restructure. En 2025, les Forces armées ont formé 16 corps d’armée. Une deuxième phase est en cours, réorganisant les brigades pour que chaque corps dispose de ses propres moyens dans sa zone de responsabilité. De nouvelles branches ont été créées : les Forces cybernétiques, les Forces d’assaut, les Forces de systèmes sans pilote. L’armée ukrainienne de 2026 n’est plus celle de 2022. Elle s’est professionnalisée. Modernisée. Adaptée.
Les capacités en drones ont été considérablement renforcées. L’Armée de l’air a créé des Forces de défense aérienne sans pilote et déployé trois couches d’interception contre les drones de type Shahed. Résultat : en 2025, les défenses ukrainiennes ont abattu 27 367 drones de type Shahed ou Geran, 916 missiles de croisière, 164 missiles balistiques et hypersoniques, et 207 bombes guidées. Des chiffres impressionnants, mais Syrskyi reconnaît que ce n’est pas suffisant. La menace évolue. Les défenses doivent suivre.
Section 6 : Le « mathématicien de la guerre » face au chaos
Portrait d’un stratège
Ceux qui connaissent Oleksandr Syrskyi décrivent un homme obsédé par les détails, méthodique jusqu’à la manie, incapable de parler de défaite. « Il regarde la guerre mathématiquement », explique Hanna Malyar, ancienne vice-ministre de la Défense. « Pour lui, c’est un problème à résoudre. Et il est déterminé à le résoudre. » Les conditions du problème sont simples : il y a un ennemi, il doit être détruit. Pas de place pour le doute. Pas de place pour la nuance. Juste des équations à résoudre.
Son surnom depuis 2014 est « Bars » — la panthère. Il l’a choisi lui-même. « J’aime cette bête : elle combine la ruse, la force, le courage, et elle n’a pas peur d’affronter un adversaire beaucoup plus grand et plus fort », a-t-il expliqué. Le parallèle avec la situation actuelle est évident. L’Ukraine face à la Russie, c’est la panthère face à l’ours. Mais la panthère est rapide. Précise. Mortelle. Et elle ne recule pas.
Quatre heures et demie de sommeil par nuit. Tous les soirs à la salle de sport. Chaque décision passée au crible des chiffres. Il y a quelque chose d’inhumain dans cette discipline. Et en même temps, quelque chose de profondément rassurant. Dans une guerre où le chaos règne, où les lignes bougent, où les alliances vacillent, avoir quelqu’un qui calcule, qui planifie, qui ne cède pas à la panique — c’est un luxe que l’Ukraine peut difficilement se permettre de perdre. Syrskyi n’est pas charismatique. Il n’est pas une star. Mais peut-être que c’est exactement ce dont on a besoin quand le monde brûle.
Les critiques et les controverses
Syrskyi n’est pas unanimement aimé. Certains soldats l’ont surnommé « Général 200 » — le code militaire pour les morts au combat. Son insistance à tenir Bakhmout pendant neuf mois a été controversée. L’opération de Koursk, saluée pour son audace initiale, a été critiquée pour avoir été prolongée au-delà du raisonnable. Des voix au sein de l’armée ukrainienne réclament sa démission, l’accusant d’une approche « soviétique » du commandement.
Mais Syrskyi a aussi ses défenseurs. L’offensive de Kharkiv de septembre 2022 — la plus grande victoire ukrainienne de la guerre — c’était lui. La défense de Kyiv en février 2022, c’était lui aussi. Et les résultats parlent : les pertes ukrainiennes ont diminué de 13 % en 2025 par rapport à 2024, alors que les pertes russes ont significativement augmenté. Le ratio de pertes — sept à huit Russes pour chaque Ukrainien — reste nettement en faveur de Kyiv. Le bilan est discutable. Mais il n’est pas catastrophique.
Section 7 : 2026 — l'année de tous les dangers
Les plans russes révélés
Kyrylo Budanov, ancien chef du renseignement militaire ukrainien devenu chef de cabinet du président, a détaillé les objectifs russes pour 2026 : occupation complète du Donbas et de la région de Zaporizhzhia. Moscou vise également la rive droite de Kherson et rêve toujours d’atteindre Odessa pour couper l’Ukraine de la mer. Ces objectifs n’ont pas changé depuis le début de l’invasion. Seuls les calendriers sont ajustés. La Russie est patiente. Elle a le temps. Ou du moins, elle le croit.
Syrskyi est lucide : « 2026 sera aussi difficile. » Mais il ajoute immédiatement : « Nous surmonterons certainement les défis et l’agresseur russe. » Ce n’est pas de l’optimisme béat. C’est une détermination froide, calculée, assumée. L’Ukraine a survécu à 2022, à 2023, à 2024, à 2025. Chaque année devait être la dernière selon les prédictions des Cassandre. Chaque année, l’Ukraine a tenu. Et Syrskyi entend bien que 2026 ne fasse pas exception.
Les atouts ukrainiens
L’Ukraine entre dans cette nouvelle année avec des atouts non négligeables. La production nationale de drones dépasse désormais la production russe en volume de frappes. Les Forces de systèmes sans pilote sont devenues une branche à part entière, avec des capacités qui surprennent même les alliés occidentaux. Les frappes en profondeur ont prouvé leur efficacité. Et les réformes de structure — les 16 corps d’armée, les nouvelles branches — commencent à porter leurs fruits.
L’autre atout, c’est le soutien international. L’Union européenne a approuvé 90 milliards d’euros d’aide pour 2026-2027. Les discussions sur les garanties de sécurité avancent. La « Coalition of the Willing » — regroupant la France, le Royaume-Uni et d’autres partenaires européens — travaille sur le déploiement de forces après un éventuel cessez-le-feu. L’Ukraine n’est pas seule. Elle ne l’a jamais été. Et malgré les hésitations américaines, malgré les incertitudes politiques, le soutien occidental reste — pour l’instant — intact.
90 milliards d’euros. C’est une somme colossale. C’est aussi une déclaration politique majeure. L’Europe a choisi son camp. Pas par idéalisme. Par intérêt. Parce que si l’Ukraine tombe, la prochaine frontière sera la Pologne, les Pays Baltes, la Finlande. Parce que Poutine ne s’arrêtera pas de lui-même. Jamais. Syrskyi le sait. Les Européens commencent à le comprendre. Et peut-être, peut-être, que 2026 sera l’année où cette compréhension se transformera en action décisive.
Section 8 : La négociation par la force
Le rapport de force comme préalable
« Personne ne négocie avec les faibles. » Cette phrase de Syrskyi résume toute la philosophie ukrainienne actuelle. Les discussions de paix — tout le monde en parle. Trump veut un accord. Les Européens cherchent une sortie. Même Zelensky a modulé ses positions. Mais l’Ukraine refuse de négocier en position d’infériorité. Les frappes en profondeur, les contre-offensives, le maintien des lignes — tout cela vise un objectif : arriver à la table des négociations avec des cartes en main.
Syrskyi l’a répété lors de ses échanges avec le général américain Donahue : « Un cessez-le-feu durable n’est possible que sous condition d’une pression consolidée accrue de nos partenaires occidentaux sur l’ennemi. » Traduction : pas de paix sans garanties. Pas de retrait sans contreparties. Pas de compromis sans rapport de force. L’Ukraine veut la paix. Mais pas n’importe quelle paix. Une paix qui ne soit pas une capitulation déguisée.
Les conditions d’une négociation
Que veut l’Ukraine ? La question semble simple. La réponse l’est moins. Le retrait des troupes russes ? Bien sûr. La restitution des territoires occupés ? Évidemment. Mais aussi des garanties de sécurité crédibles — pas les promesses creuses du Mémorandum de Budapest. Une adhésion à l’OTAN ou un équivalent. Des réparations pour les destructions. La justice pour les crimes de guerre. La liste est longue. Et Moscou n’est prête à rien concéder.
C’est précisément pourquoi la nouvelle philosophie de frappe est si importante. Chaque raffinerie touchée, c’est un argument de plus. Chaque dépôt de munitions détruit, c’est une pression supplémentaire. Chaque kilomètre carré repris, c’est une carte dans la manche. L’Ukraine ne peut pas gagner militairement contre la Russie — pas seule, pas sans escalade majeure. Mais elle peut rendre le coût de la guerre insupportable. Et c’est exactement ce qu’elle fait.
Section 9 : L'hiver comme champ de bataille
La guerre de l’énergie
L’hiver 2025-2026 est le plus rude depuis le début du conflit. La Russie a fait de l’énergie une arme de guerre systématique. Les centrales électriques, les sous-stations, les réseaux de chauffage — tout est ciblé. L’objectif est clair : briser la volonté de la population en lui imposant le froid, l’obscurité, la misère. À Kyiv, des centaines de milliers de foyers ont été privés de chauffage après la frappe du 9 janvier. La première ministre adjointe Yulia Svyrydenko a promis un retour à la normale « d’ici la fin de la journée ». En attendant, les gens grelottent.
Mais l’Ukraine riposte. Les frappes sur les dépôts pétroliers russes se multiplient. Le 10 janvier, le dépôt de Zhutovskaya dans la région de Volgograd a été touché. La veille, c’était une installation à Usman, dans la région de Lipetsk. Et avant cela, des cibles à Kostroma, à plus de 900 kilomètres de la ligne de front. La Russie utilise le froid comme arme. L’Ukraine utilise le feu. Œil pour œil. Raffinerie pour centrale.
La résilience civile
Malgré les coupures, malgré les bombes, malgré tout — les Ukrainiens tiennent. Les abris anti-aériens sont pleins chaque nuit. Les équipes de réparation travaillent dans le froid pour restaurer l’électricité. Les bénévoles distribuent des générateurs, des couvertures, du thé chaud. Il y a quelque chose d’extraordinaire dans cette résistance quotidienne. Pas héroïque au sens spectaculaire du terme. Juste obstinée. Têtue. Refusant de céder.
Et c’est peut-être là le véritable atout de l’Ukraine. Pas ses drones. Pas ses alliés. Pas même Syrskyi et ses calculs. Mais cette capacité collective à endurer l’inacceptable. À se relever après chaque frappe. À reconstruire ce qui a été détruit. À refuser — obstinément, furieusement — de devenir ce que l’ennemi veut qu’ils deviennent : des victimes résignées.
Conclusion : L'équation de la survie
Ce que signifie vraiment la nouvelle philosophie
Quand Syrskyi parle de « changer la philosophie de frappe », il ne parle pas seulement de tactique militaire. Il parle d’un choix existentiel. L’Ukraine refuse d’être passive. Elle refuse d’attendre que les autres décident de son sort. Elle frappe. Elle contre-attaque. Elle prend des risques. Pas parce qu’elle le peut — elle le peut à peine. Mais parce qu’elle le doit. Parce que l’alternative est pire. Parce que la soumission signifie la fin.
Cette nouvelle approche ne garantit pas la victoire. Elle ne garantit même pas la survie. Les 1 000 drones russes quotidiens, s’ils deviennent réalité, pourraient submerger les défenses ukrainiennes. Les alliés occidentaux pourraient se lasser. Les négociations pourraient tourner au désavantage de Kyiv. Tout est possible. Mais une chose est certaine : l’Ukraine de 2026 ne sera pas une victime docile. Elle sera ce qu’elle a toujours été depuis février 2022 : un combattant. Debout. Frappant. Refusant de mourir.
En écrivant ces lignes, je pense à tous ceux qui m’ont demandé, au fil des mois : « Alors, qui va gagner ? » La question est mal posée. La vraie question, c’est : « Qui est prêt à payer le prix le plus élevé ? » La Russie a les hommes. L’Ukraine a la volonté. Syrskyi calcule, planifie, optimise. Mais derrière ses équations, il y a quelque chose que les chiffres ne peuvent pas mesurer : la détermination d’un peuple entier à exister. À rester debout. Coûte que coûte. Et peut-être que c’est ça, au fond, la vraie « philosophie de frappe » : frapper non pas pour détruire, mais pour survivre. Pour dire au monde : nous sommes toujours là. Et nous n’irons nulle part.
L’avenir reste à écrire
2026 s’annonce comme une année décisive. Les négociations vont s’intensifier. Les pressions vont augmenter. Les lignes de front vont continuer à bouger. Mais au milieu de toute cette incertitude, une certitude demeure : l’Ukraine ne se rendra pas. Syrskyi l’a dit clairement : ceux qui parlent d’une fin de guerre sans victoire ukrainienne sont immédiatement recadrés. « Il regarde la guerre mathématiquement », disait son ancienne collaboratrice. Eh bien, sa mathématique est simple : tant que l’Ukraine existe, l’Ukraine se bat.
Le combat continue. Les drones décollent chaque nuit. Les défenseurs tiennent leurs positions. Les civils endurent. Et quelque part dans un bunker sécurisé, un général de 58 ans qui ne dort que quatre heures par nuit continue de calculer. De planifier. D’espérer. Parce que c’est ce qu’on fait quand on est dos au mur. On calcule. Et on frappe.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, militaires et stratégiques qui façonnent le conflit russo-ukrainien. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies militaires, à comprendre les mouvements tactiques, à contextualiser les décisions des acteurs en présence et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent cette guerre.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes de ce conflit. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte stratégique et historique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : déclarations officielles du commandant en chef Oleksandr Syrskyi, communiqués des Forces armées ukrainiennes, déclarations du président Volodymyr Zelensky, rapports des autorités ukrainiennes et russes.
Sources secondaires : LB.ua, Ukrainska Pravda, Kyiv Post, Kyiv Independent, RBC Ukraine, Reuters, United24 Media, Euromaidan Press, Institute for the Study of War, Royal United Services Institute.
Les données statistiques et militaires citées proviennent des communications officielles des Forces armées ukrainiennes et ont été croisées avec les analyses d’instituts de recherche reconnus internationalement.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques militaires et géopolitiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue de ce conflit et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs en présence.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
LB.ua – Interview du commandant en chef Oleksandr Syrskyi – 18 janvier 2026
Ukrainska Pravda – Bilan 2025 des Forces armées ukrainiennes par Syrskyi – 15 janvier 2026
ArmyInform – Communications officielles du commandant en chef – Janvier 2026
Facebook/CinCAFofUkraine – Publications officielles de Syrskyi – Janvier 2026
Sources secondaires
Kyiv Post – « Ukraine’s Top General Claims Attrition Strategy vs. Russia Is Succeeding » – 20 janvier 2025
Kyiv Independent – Couverture des frappes en profondeur ukrainiennes – Janvier 2026
RBC Ukraine – « Ukraine to shift to offensive operations » – 18 janvier 2026
Reuters – Reportages sur la production de drones russes – Janvier 2026
United24 Media – « Ukraine Appears to Outpace Russia in Long-Range Drone Launches » – 4 janvier 2026
Euromaidan Press – Couverture de la situation à Pokrovsk – Janvier 2026
CEPA – « Ukraine’s Long-Range Strikes: Photogenic But… » – Décembre 2025
The National Interest – « The Next Evolution in Ukraine’s Drone Defense » – Janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.