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Trump détient enfin la clé que Reagan a cherchée toute sa vie : va-t-il ouvrir la porte?
Crédit: Adobe Stock

La différence fondamentale entre 1982 et 2025

Le 20 janvier 2025, jour de son investiture, Donald Trump signe le décret exécutif créant le Department of Government Efficiency, baptisé DOGE — un clin d’œil à peine voilé à la cryptomonnaie favorite d’Elon Musk. Dès le départ, la différence avec la Commission Grace est flagrante. Musk n’est pas là pour produire un rapport. Il est là pour agir. Trump lui a donné ce que Reagan n’avait jamais osé donner à Peter Grace : le pouvoir exécutif réel de procéder à des coupes, des licenciements, des fermetures d’agences. Pas besoin d’attendre que le Congrès daigne examiner des recommandations pendant des années. Le DOGE peut ordonner des départs volontaires, proposer des rachats de contrats, identifier des programmes à éliminer et passer à l’action. C’est radical. C’est sans précédent dans l’histoire moderne américaine. Et c’est exactement ce qui manquait à toutes les tentatives précédentes de réforme gouvernementale.

Le 28 janvier 2025, à peine huit jours après l’investiture, un courriel au titre évocateur atterrit dans la boîte de réception de millions de fonctionnaires fédéraux : «The Fork in the Road» — La croisée des chemins. Le message est clair : acceptez de démissionner maintenant contre huit mois de salaire et d’avantages, ou restez et prenez le risque d’être licencié plus tard sans aucune compensation. C’est brutal. C’est controversé. Des syndicats hurlent à l’injustice. Des avocats préparent des recours. Mais le résultat est là : environ 149 500 employés fédéraux acceptent l’offre et quittent la fonction publique. C’est presque la moitié de tous les départs qui suivront. Reagan aurait rêvé d’un tel pouvoir. Il ne l’a jamais eu. Trump l’a pris sans demander.

Il y a quelque chose de fascinant — et d’un peu effrayant — dans cette approche. D’un côté, je comprends la frustration de ceux qui, depuis des décennies, voient des commissions produire des rapports que personne ne lit et des recommandations que personne n’applique. Le cycle est usant. Promesses électorales, création d’une commission, publication d’un rapport, enterrement discret, retour à la case départ. Rincer et répéter. De l’autre côté, il y a quelque chose de troublant dans cette concentration de pouvoir entre les mains d’un milliardaire non élu qui peut, d’un simple courriel, bouleverser la vie de centaines de milliers de personnes. La démocratie américaine a été construite sur des contre-pouvoirs, des équilibres, des freins. Est-ce qu’on est en train de les démanteler au nom de l’efficacité? La question mérite d’être posée, même si elle n’a pas de réponse simple.

Les chiffres qui font trembler Washington

Un an après le lancement du DOGE, les résultats sont là. Et ils sont spectaculaires — du moins sur un front. Selon les données de l’Office of Personnel Management, 322 049 employés fédéraux ont quitté la fonction publique américaine depuis l’investiture de Trump. C’est la plus importante réduction de la main-d’œuvre fédérale des deux dernières décennies. Le gouvernement américain employait 2,31 millions de personnes à la fin de l’année fiscale 2024. Il n’en emploie plus que 2,08 millions aujourd’hui — une réduction de près de 10% en seulement douze mois. Pour mettre les choses en perspective, selon le Cato Institute, c’est la réduction la plus rapide de l’emploi fédéral depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Même la démobilisation après la Guerre de Corée n’avait pas été aussi brutale.

Certaines agences ont été littéralement décimées. L’USAID, l’agence américaine pour le développement international, est passée de 4 800 employés en 2024 à seulement 378 aujourd’hui — une réduction de 92%. Le Département de la Défense a perdu plus de 60 000 employés. Le Trésor en a perdu 30 000. L’IRS, le fisc américain tant détesté, a vu ses effectifs fondre de 19 200 postes. La Veterans Health Administration, qui gère les soins aux anciens combattants, a été amputée de 25 000 emplois. Ces chiffres sont vertigineux. Ils représentent des centaines de milliers de vies bouleversées, de carrières interrompues, de familles qui ont dû se réinventer. Mais ils représentent aussi quelque chose que Reagan n’a jamais réussi à accomplir : une réduction tangible, mesurable, indéniable de la taille de l’État fédéral américain.

Sources

Sources primaires

Ronald Reagan Presidential Library – Archives de la Commission Grace (President’s Private Sector Survey on Cost Control) – 1982-1984
Office of Personnel Management – Données sur l’emploi fédéral américain – janvier 2025 à janvier 2026
Brookings Institution Hamilton Project – Suivi en temps réel des dépenses fédérales – 2025-2026
Décret exécutif créant le DOGE – Administration Trump – 20 janvier 2025
Reagan Foundation – Citations et discours de Ronald Reagan sur les déficits – 1981-1989

Sources secondaires

Cato Institute – «DOGE Produced the Largest Peacetime Workforce Cut on Record, but Spending Kept Rising» – décembre 2025
Yahoo Finance – «Elon Musk’s DOGE tally: The federal workforce is down while government spending is up» – décembre 2025
PBS News – «DOGE continues to hollow federal workforce after already firing more than 30,000» – 2025
Washington Times – «DOGE at one year: Efficiency department sparks lasting changes in federal spending habits» – 1er janvier 2026
Time Magazine – «The Biggest Casualties of Trump’s Year of Government Cuts» – janvier 2026
Heritage Foundation – «Defending the Reagan Deficits» – Archives
Harvard Kennedy School – «Analyzing DOGE actions one month into Trump’s second administration» – 2025
The American Conservative – «How Trump Can Succeed Where Reagan and Gore Failed» – 2024
Wikipedia – «Department of Government Efficiency» et «Grace Commission» – janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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