Des mois de préparation dans l’ombre
L’histoire officielle veut que Trump ait donné à Maduro une dernière chance de partir. Un appel téléphonique, une semaine avant le raid. « Tu dois te rendre », aurait dit le président américain. Maduro aurait hésité, « presque » accepté, selon Trump. Puis refusé. Ce qui a suivi n’était pas une improvisation. Depuis août 2025, une équipe de la CIA s’était infiltrée au Venezuela, traquant les moindres mouvements du président vénézuélien. Où il dormait. Ce qu’il mangeait. Où il voyageait. Ses animaux de compagnie. Les forces spéciales américaines s’entraînaient sur une réplique exacte de sa résidence, construite quelque part aux États-Unis. Chaque porte blindée, chaque coffre-fort, chaque issue de secours avait été cartographié. L’USS Gerald R. Ford, le porte-avions le plus avancé de la marine américaine, patrouillait dans les Caraïbes depuis des mois.
Le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, a décrit l’opération avec une précision clinique lors de la conférence de presse à Mar-a-Lago. Vingt bases de lancement. Plus de 150 aéronefs. Des hélicoptères volant à trente mètres au-dessus de l’eau pour éviter les radars. Des frappes sur les systèmes de défense antiaérienne vénézuéliens. Des explosions à Fort Tiuna, la principale base militaire de Caracas. Et au milieu de tout cela, une équipe d’extraction composée de membres de Delta Force et d’agents du FBI qui a pénétré dans la « forteresse » de Maduro en moins d’une minute. Trump a même précisé qu’ils avaient apporté des chalumeaux au cas où il aurait fallu découper les portes en acier. « Quarante-sept secondes en moyenne », a-t-il dit. Comme s’il s’agissait d’un record à battre.
Quarante-sept secondes. C’est le temps qu’il a fallu pour renverser un gouvernement. Pour capturer un chef d’État. Pour réécrire les règles de l’ordre international. Quarante-sept secondes pendant lesquelles personne — ni le Congrès américain, ni l’ONU, ni les alliés européens — n’a été consulté. Et je me demande : si ça peut arriver au Venezuela, qu’est-ce qui empêche que ça arrive ailleurs ?
Le bilan humain qu’on préfère oublier
Les chiffres officiels restent flous. Trump a affirmé qu’aucun soldat américain n’avait été tué, mais a admis que « quelques-uns » avaient été blessés. Du côté vénézuélien, c’est une autre histoire. Le New York Times a rapporté au moins 80 morts, selon des sources gouvernementales vénézuéliennes — principalement des membres de la garde présidentielle, mais aussi des civils. Le gouvernement cubain a annoncé que 32 de ses ressortissants avaient péri dans l’opération — tous membres des forces armées et des services de renseignement déployés au Venezuela. Trump a confirmé, avec une désinvolture glaçante : « Vous savez, beaucoup de Cubains ont été tués hier. » Des familles dans l’État de La Guaira continuent de déblayer les décombres de maisons endommagées par les explosions. Mais ces images ne font pas la une des journaux américains. Ce qui fait la une, c’est la photo de Maduro, les yeux bandés, sur le pont de l’USS Iwo Jima.
La Doctrine Donroe : Monroe sur stéroïdes
De 1823 à 2026 : deux siècles de transformation
La Doctrine Monroe originale était, sur le papier, un geste défensif. En 1823, le président James Monroe avait averti les puissances européennes : l’hémisphère occidental n’est plus ouvert à la colonisation. Toute tentative d’étendre leur système politique dans les Amériques serait considérée comme une menace pour la sécurité des États-Unis. À l’époque, l’Amérique n’avait ni marine ni armée crédible. La doctrine était plus un vœu pieux qu’une politique effective. Mais elle contenait déjà, en germe, les ambitions impériales qui allaient se déployer au siècle suivant. John Quincy Adams, le secrétaire d’État de Monroe, avait insisté pour que la déclaration soit unilatérale plutôt que conjointe avec la Grande-Bretagne. Pourquoi ? Parce qu’il ne voulait pas limiter les futures expansions américaines.
Quatre-vingts ans plus tard, Theodore Roosevelt a transformé cette doctrine défensive en arme d’intervention. Son « Corollaire Roosevelt » de 1904 affirmait que les États-Unis avaient le droit — voire le devoir — d’intervenir dans les pays d’Amérique latine qui montraient des signes d’« impotence » ou de « mauvaise conduite chronique ». Les marines américains ont été déployés en République dominicaine, au Nicaragua, en Haïti. « Parlez doucement et portez un gros bâton », disait Roosevelt. Trump, lui, ne parle pas doucement. Il hurle. Et son bâton est nucléaire.
« Nous avons largement dépassé Monroe »
Lors de sa conférence de presse triomphante, Trump n’a pas mâché ses mots. « La Doctrine Monroe est importante, mais nous l’avons largement dépassée. Ils appellent ça maintenant la Doctrine Donroe. » Ce jeu de mots — un portemanteau de « Donald » et « Monroe » — avait d’abord été utilisé par le New York Post en janvier 2025, avec une couverture montrant une carte où le Canada était rayé et renommé « 51e État », le Groenland étiqueté « Notre terre », et le Canal de Panama rebaptisé « Pana-MAGA ». Ce qui semblait alors être une provocation médiatique est devenu, un an plus tard, une politique étrangère officielle. Le Département d’État a tweeté après la capture de Maduro : « C’est NOTRE hémisphère, et le président Trump ne permettra pas que notre sécurité soit menacée. »
Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette façon de revendiquer un hémisphère entier comme si c’était une propriété personnelle. « Notre » hémisphère. Comme si 650 millions de Latino-Américains n’avaient pas leur mot à dire. Comme si la souveraineté des nations n’était qu’un détail administratif à régler. Quand un président dit « nous » et qu’il veut dire « moi », c’est le moment de s’inquiéter.
McKinley, Roosevelt, Wilson, Trump : les présidents qui aimaient la guerre
1898 : quand l’Amérique est devenue un empire
L’année 1898 est une année charnière dans l’histoire américaine. C’est l’année où les États-Unis ont cessé d’être une république isolationniste pour devenir un empire colonial. La guerre hispano-américaine, déclenchée officiellement pour « libérer » Cuba de la domination espagnole, s’est terminée par l’annexion de Porto Rico, de Guam et des Philippines. Le président William McKinley, que Trump admire ouvertement et a récemment honoré en renommant le Mont Denali à son nom, avait invoqué l’humanité, la protection des citoyens américains, et les intérêts commerciaux pour justifier l’intervention. Les mêmes arguments que Trump utilise aujourd’hui pour le Venezuela. McKinley avait également annexé Hawaï la même année. Trump veut le Groenland.
Theodore Roosevelt, héros de San Juan Hill pendant cette même guerre, est devenu vice-président sous McKinley, puis président après son assassinat en 1901. Il a construit onze cuirassés entre 1904 et 1907, envahi la République dominicaine, imposé la supervision financière américaine sur plusieurs pays d’Amérique latine, et creusé le Canal de Panama après avoir aidé à l’indépendance panaméenne — une indépendance taillée sur mesure pour servir les intérêts américains. Woodrow Wilson, malgré sa réputation de pacifiste et de père de la Société des Nations, a ordonné plus d’interventions militaires dans les Caraïbes et en Amérique centrale que n’importe quel président avant lui : Haïti, Mexique, République dominicaine, Nicaragua.
L’histoire rime, mais ne se répète pas exactement
Les historiens sont divisés sur la pertinence des comparaisons. Jay Sexton, directeur du Kinder Institute on Constitutional Democracy à l’Université du Missouri et auteur d’un ouvrage de référence sur la Doctrine Monroe, note que chaque génération américaine a « redéployé ou réimaginé » la doctrine pour un nouveau contexte. Mais il avertit que les tactiques de Trump rappellent davantage les méthodes impériales européennes des XVIIe et XVIIIe siècles que la prudence relative des présidents américains du début du XXe siècle. Roosevelt au moins, malgré sa rhétorique belliqueuse, privilégiait la diplomatie avant la force. Il a négocié la fin de la guerre russo-japonaise et obtenu le Prix Nobel de la Paix. Trump, lui, réclame ce même prix tout en capturant des chefs d’État étrangers.
Le Groenland : la prochaine cible ?
Quand la plaisanterie devient menace
Pendant son premier mandat, les velléités de Trump d’acheter le Groenland étaient largement considérées comme une excentricité de plus. Une boutade. Même lorsque son fils Donald Jr. s’est rendu sur l’île avec une figurine à bobblehead de son père dans le cockpit de l’avion familial, on en riait encore. On ne rit plus. Après la capture de Maduro, Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche, a déclaré que « les États-Unis ont le droit de prendre le Groenland ». Son épouse, Katie Miller, a publié sur X une carte du Groenland recouverte du drapeau américain avec un seul mot : « BIENTÔT ». Le Danemark a convoqué l’ambassadeur américain.
Le premier ministre groenlandais Jens Frederik Nielsen a répondu avec une dignité que Trump ne mérite peut-être pas : « Quand le président des États-Unis parle de ‘nous avons besoin du Groenland‘ et nous associe au Venezuela et à une intervention militaire, ce n’est pas seulement faux. C’est irrespectueux. » Il a ajouté : « Vous ne pouvez pas comparer le Groenland au Venezuela. Nous sommes un pays démocratique. » Mais c’est précisément ce qui inquiète les observateurs. Si Trump peut agir militairement contre un « paria » comme le Venezuela, qu’est-ce qui l’empêcherait d’agir contre un territoire autonome du Danemark, membre de l’OTAN ?
Nous sommes un peuple. Une terre. Une démocratie. Ces mots du premier ministre groenlandais devraient résonner dans chaque capitale du monde. Parce qu’ils posent la question fondamentale de notre époque : la souveraineté des nations signifie-t-elle encore quelque chose quand une superpuissance décide qu’elle a « besoin » de votre territoire ?
Le Danemark se prépare au pire
La première ministre danoise Mette Frederiksen n’a pas mâché ses mots : « Si les États-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays de l’OTAN, tout s’arrête. Y compris l’OTAN et donc la sécurité qui a été assurée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. » Le Danemark a déployé des centaines de soldats d’élite entraînés à la guerre arctique au Groenland, y compris le chef de l’armée royale danoise, le général Peter Harling Boysen. La Norvège envoie du personnel de défense. L’Allemagne propose une mission permanente de l’OTAN dans l’Arctique, baptisée « Arctic Sentry ». Pour la première fois de son histoire, le service de renseignement militaire danois a classé les États-Unis comme un « risque de sécurité ».
Cuba, Colombie, Iran, Mexique : la liste des menaces s'allonge
Un président qui ne s’arrête jamais
Le Venezuela n’est que le début. Dans les jours qui ont suivi la capture de Maduro, Trump a élargi ses menaces à une liste impressionnante de pays. Cuba ? « Prêt à tomber », a-t-il dit, car l’île « n’a plus de revenus » depuis que le pétrole vénézuélien ne coule plus. Colombie ? Trump a traité le président Gustavo Petro de « dealer de drogue illégal » et menacé le pays d’un sort similaire à celui du Venezuela. Mexique ? « Quelque chose devra être fait », a-t-il déclaré sur Fox News. Iran ? « Verrouillé et chargé, prêt à intervenir » si le régime continue de réprimer les manifestants. Le jour de Noël 2025, il avait déjà ordonné des frappes au Nigeria contre des militants prétendument liés à l’État islamique.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a résumé la philosophie du gouvernement avec une franchise déconcertante : « C’est l’hémisphère occidental. C’est là que nous vivons. Et nous n’allons pas permettre que l’hémisphère occidental devienne une base d’opérations pour les adversaires, les concurrents et les rivaux des États-Unis. » La stratégie de sécurité nationale publiée en novembre 2025 avait déjà formalisé ce « Corollaire Trump » à la Doctrine Monroe : « Après des années de négligence, les États-Unis réaffirmeront et appliqueront la Doctrine Monroe pour restaurer la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental. »
Le pétrole, toujours le pétrole
Trump n’a jamais caché ses motivations. Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole lourd au monde — exactement le type de brut que les raffineries américaines sont conçues pour traiter. Deux jours après la capture de Maduro, Trump a annoncé que le Venezuela transférerait jusqu’à 50 millions de barils de pétrole sanctionné aux États-Unis, d’une valeur d’environ 2,5 milliards de dollars. « Ça va rapporter beaucoup d’argent », a-t-il dit. John Bolton, son ancien conseiller à la sécurité nationale, a confirmé que Trump était « très intéressé par le pétrole vénézuélien » dès son premier mandat. Ce qui a changé, c’est que cette fois, quelqu’un l’a convaincu de passer à l’acte.
Certains diront que c’est du réalisme politique. Que les grandes puissances ont toujours agi ainsi. Que le pétrole est le nerf de la guerre et que les États-Unis ne font que défendre leurs intérêts. Mais voilà le problème : quand on commence à kidnapper des présidents et à menacer des alliés pour des barils de pétrole, à quel moment cesse-t-on d’être une démocratie et commence-t-on à devenir… autre chose ?
Ce que l'histoire nous apprend sur les présidents impérialistes
Les interventions passées et leurs conséquences
L’histoire des interventions américaines en Amérique latine est un catalogue de catastrophes. Cuba, « libéré » de l’Espagne en 1898, est devenu un protectorat américain jusqu’à ce que Fidel Castro prenne le pouvoir en 1959 — en grande partie à cause du ressentiment accumulé contre des décennies de domination américaine. Nicaragua, occupé par les marines américains de 1912 à 1933, a vu émerger les Sandinistes. Guatemala, où la CIA a renversé un gouvernement démocratiquement élu en 1954, a sombré dans une guerre civile de 36 ans. Haïti, occupé de 1915 à 1934, reste le pays le plus pauvre de l’hémisphère. Chaque fois, l’intervention américaine a été justifiée par la stabilité, la démocratie, les droits humains. Chaque fois, le résultat a été le chaos.
Le Council on Foreign Relations note que le « America First » de Trump masque une tension fondamentale : malgré la rhétorique néo-isolationniste, ses politiques sont « tout sauf » isolationnistes. Les forces américaines restent déployées en Asie, en Europe, au Moyen-Orient. Trump a bombardé l’Iran, l’Irak, le Nigeria, la Somalie, la Syrie, le Yémen, et maintenant le Venezuela. « En pratique, les politiques du président sentent le néo-impérialisme, pas le néo-isolationnisme », écrit Charles Kupchan, professeur à Georgetown.
L'OTAN au bord du précipice
Quand l’allié devient la menace
La crise du Groenland met l’OTAN face à un dilemme existentiel. L’alliance atlantique a été créée en 1949 pour protéger ses membres contre les agressions extérieures — principalement de l’Union soviétique. Mais que se passe-t-il quand la menace vient de l’intérieur ? L’article 5 du traité de l’OTAN stipule qu’une attaque contre un membre est une attaque contre tous. Si les États-Unis — le pilier de l’alliance, son fondateur, son financeur principal — attaquaient le Danemark pour s’emparer du Groenland, l’OTAN cesserait tout simplement d’exister.
David Ignatius, chroniqueur au Washington Post, a averti que les efforts de Trump pour annexer le Groenland pourraient « saper la sécurité américaine pour des décennies », avec des coûts « dépassant de loin tout avantage stratégique ». Il a qualifié l’initiative de « se tirer une balle dans la tête ». Mais Trump ne semble pas s’en soucier. Lors du sommet de Davos le 21 janvier, il a finalement promis de ne pas utiliser la force militaire contre le Groenland ni d’imposer des tarifs aux pays européens. Mais qui peut encore le croire ?
La théorie du fou
Certains analystes voient dans le comportement de Trump une application de la « théorie du fou » (madman theory), attribuée à Richard Nixon : projeter délibérément une image d’imprévisibilité pour forcer ses adversaires à faire des concessions. James D. Boys, spécialiste des relations internationales, soutient que Trump utilise cette théorie, citant le Venezuela comme exemple de ce qui arrive à ceux qui défient les États-Unis. Le message aux autres nations serait : « Personne n’est à l’abri. » Mais la théorie du fou ne fonctionne que si l’adversaire croit qu’il y a une limite à la folie. Quand un président capture des chefs d’État, menace des alliés de l’OTAN et parle d’annexer des territoires souverains, où est cette limite ?
Je repense à cette phrase de la première ministre danoise : « Si les États-Unis attaquent un autre pays de l’OTAN, tout s’arrête. » Tout. Soixante-quinze ans de paix relative en Europe. Le système de sécurité collective qui a empêché une troisième guerre mondiale. L’ordre international tel que nous le connaissons. Tout cela, potentiellement détruit par un homme qui veut son nom sur une île de glace. C’est à ce moment précis que l’histoire bascule. Et nous regardons, impuissants.
Conclusion : Où va l'Amérique de Trump ?
Le précédent vénézuélien
Le sénateur démocrate Mark Warner, vice-président de la commission du renseignement du Sénat, a posé la question qui hante désormais le monde entier : « Est-ce que cela signifie que n’importe quel grand pays peut inculper le dirigeant d’un petit pays voisin et l’enlever ? Cela conduirait au chaos total. » Le fils de Maduro, Nicolás Maduro Guerra, a formulé la même inquiétude : « Si nous normalisons l’enlèvement d’un chef d’État, aucun pays n’est en sécurité. Aujourd’hui c’est le Venezuela, demain ce pourrait être n’importe quelle nation qui refuse de se soumettre. »
Les juristes du département de la Justice ont béni l’opération en affirmant qu’elle « ne s’élèverait pas au niveau d’une guerre au sens constitutionnel ». Un mémo interne, lourdement expurgé, cite cinq raisons justifiant l’action, dont les accusations « graves » contre Maduro dans un acte d’accusation pour trafic de drogue et le niveau attendu de « résistance armée » — jusqu’à 200 gardes, selon les renseignements. Mais la question constitutionnelle reste : le président peut-il vraiment envoyer des troupes capturer un chef d’État étranger sans l’approbation du Congrès ? Le Sénat a tenté de limiter les pouvoirs de Trump au Venezuela, mais les républicains ont bloqué la résolution. Le vice-président JD Vance s’est déplacé en personne pour voter contre.
Et maintenant ?
L’Iran a appelé à la libération de Maduro, qualifiant l’opération d’« acte illégal ». La Russie a dénoncé une violation flagrante du droit international. La Chine observe, prend des notes, et se demande probablement ce que cela signifie pour Taïwan. L’Ukraine, qui dépend du soutien américain pour résister à l’invasion russe, tremble à l’idée que Trump puisse un jour décider que Kyiv ne vaut pas la peine d’être défendue. L’ordre mondial fondé sur des règles, construit laborieusement depuis 1945, vacille.
Nous vivons un moment charnière. Un moment où les vieux démons de l’impérialisme américain, ceux qu’on croyait enterrés depuis des décennies, ressurgissent avec une force nouvelle. Trump n’est pas le premier président américain à tomber amoureux de la guerre. McKinley, Roosevelt, Wilson — ils y sont tous passés. L’histoire nous montre où cela mène : à des décennies de ressentiment, à des régimes hostiles, à des crises perpétuelles. Mais l’histoire nous montre aussi que ces présidents ont fini par être rappelés à l’ordre — par leurs citoyens, par leurs alliés, par les réalités du monde. La question est : quelqu’un rappellera-t-il Trump à l’ordre avant qu’il ne soit trop tard ?
Je termine cet article avec un sentiment que je n’arrive pas à nommer. Ce n’est pas de la peur, exactement. Ce n’est pas de la colère, même si la colère est là. C’est peut-être le vertige qu’on ressent quand on réalise que le sol sous nos pieds n’est pas aussi solide qu’on le croyait. Que les règles qu’on pensait immuables peuvent être balayées en quarante-sept secondes. Que l’avenir, soudainement, n’est plus ce qu’il était. L’Amérique a déjà emprunté ce chemin. Elle en est revenue, parfois. Mais chaque retour était plus difficile que le précédent. Et cette fois ? Cette fois, je ne suis pas sûr qu’on connaisse le chemin du retour.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements de pouvoir globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels de la Maison Blanche, déclarations publiques du président Trump et de son administration, conférences de presse du Pentagone, documents du Département d’État, déclarations des gouvernements danois, groenlandais et vénézuélien.
Sources secondaires : CNN, NBC News, Axios, The New York Times, Washington Post, NPR, Time, CBS News, ABC News, PBS, Al Jazeera, Reuters, Associated Press, Council on Foreign Relations, Eurasia Group, Military Times, ainsi que Wikipédia pour le contexte historique.
Les données historiques sur la Doctrine Monroe, le Corollaire Roosevelt et les interventions américaines en Amérique latine proviennent des archives du Département d’État américain, de la Britannica, et de sources académiques spécialisées.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances historiques observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Conférence de presse de Donald Trump à Mar-a-Lago – 3 janvier 2026
Déclarations du général Dan Caine, chef d’état-major interarmées – 3 janvier 2026
Communiqué du Département d’État américain – 5 janvier 2026
Déclaration du premier ministre groenlandais Jens Frederik Nielsen – 5 janvier 2026
Déclaration de la première ministre danoise Mette Frederiksen – 6 janvier 2026
Mémo du Bureau du conseiller juridique du Département de la Justice – Janvier 2026
Stratégie de sécurité nationale de l’administration Trump – Novembre 2025
Sources secondaires
CNN – « Trump wants to take Greenland because it’s there » – 7 janvier 2026
CNN – « From Greenland to Iran: Trump’s threats stretch far and wide » – 5 janvier 2026
Axios – « How the operation to take out Venezuela’s Maduro unfolded » – 3 janvier 2026
Axios – « Why Trump has threatened 11 countries » – 7 janvier 2026
NBC News – « Next stop, Nuuk? U.S. allies fear Trump may target Greenland » – 5 janvier 2026
CBS News – « Trump says U.S. is ‘in charge’ of Venezuela » – 4 janvier 2026
NPR – « What Teddy Roosevelt has to do with Trump’s moves in Venezuela and Greenland » – 15 janvier 2026
Time – « What Is the Monroe Doctrine, and How Is Trump Reasserting It? » – 5 janvier 2026
Council on Foreign Relations – « Venezuela and Beyond: Trump’s ‘America First’ Rhetoric Masks a Neo-Imperialist Streak » – 7 janvier 2026
Wikipedia – « Donroe Doctrine », « Monroe Doctrine », « 2026 United States intervention in Venezuela », « Greenland crisis » – Janvier 2026
Military Times – « Monroe to Donroe: A ‘dead’ doctrine’s revival » – 5 janvier 2026
Eurasia Group – « The Donroe Doctrine: Top Risk #3 of 2026 » – Janvier 2026
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