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Trump qualifie de « ridicule » la poursuite contre sa salle de bal : quand le président défie le Congrès et l’histoire
Crédit: Adobe Stock

Le National Trust for Historic Preservation entre en guerre

Le 12 décembre 2025, le National Trust for Historic Preservation a déposé une plainte historique devant le tribunal fédéral de district. Cette organisation, fondée par le Congrès en 1949, existe pour protéger les sites historiques américains. Des milliers de bâtiments, de monuments, de quartiers ont été sauvés grâce à son travail au fil des décennies. Mais jamais, en 76 ans d’existence, elle n’avait dû poursuivre un président en exercice pour l’empêcher de détruire la Maison-Blanche elle-même. La plainte est sans ambiguïté : « Aucun président n’est légalement autorisé à démolir des portions de la Maison-Blanche sans aucun examen préalable — ni le président Trump, ni le président Biden, ni personne d’autre. Et aucun président n’est légalement autorisé à construire une salle de bal sur un terrain public sans donner au public la possibilité de s’exprimer. »

Les accusations sont lourdes. Violation de l’Administrative Procedures Act. Violation du National Environmental Policy Act. Dépassement de l’autorité constitutionnelle en contournant le Congrès. Les défendeurs nommés dans la plainte : Donald Trump lui-même, le National Park Service, le Département de l’Intérieur, la General Services Administration, et les directeurs respectifs de ces agences. C’est une offensive juridique totale contre l’ensemble de l’appareil exécutif qui a permis ce projet de voir le jour. L’avocat des plaignants, Thad Heuer, a résumé l’enjeu en une phrase qui restera : « Il n’est pas le propriétaire. Il est un gardien. » (« He isn’t the landlord. He is a steward. ») Huit mots qui cristallisent tout le débat : la Maison-Blanche appartient-elle au président qui l’occupe, ou au peuple américain qui la lui confie temporairement ?

« Il est un gardien. » Ces mots me hantent. Parce qu’ils disent une vérité que Trump semble incapable de comprendre. La Maison-Blanche n’est pas un hôtel de luxe dont il serait le propriétaire. C’est le symbole de la démocratie américaine. Chaque président avant lui — républicain ou démocrate — a compris qu’il n’était que de passage. Que ces murs appartenaient à l’histoire, pas à lui. Mais Trump ? Trump se comporte comme si tout ce qu’il touche lui appartient. Comme si son passage à la présidence lui donnait le droit de remodeler un monument national selon ses goûts personnels. C’est cette arrogance, cette certitude d’être au-dessus des règles, qui me révolte le plus.

Un juge sceptique face aux arguments de la Maison-Blanche

Le jeudi 22 janvier 2026, le juge Richard Leon a tenu une audience cruciale sur la demande d’injonction préliminaire. Ce qu’il a entendu ne l’a visiblement pas convaincu. Quand l’avocat de l’administration a tenté de comparer le projet de Trump à la construction d’une piscine sous Gerald Ford dans les années 1970, le juge a explosé : « Allons, soyez sérieux. » (« Come on, be serious. ») La comparaison entre une piscine et un bâtiment de 90 000 pieds carrés coûtant 400 millions de dollars était, apparemment, trop grotesque même pour un tribunal habitué aux arguments créatifs. Le juge Leon a qualifié la tentative de financer le projet par des dons privés d’« échappatoire » (« end run ») autour de la surveillance du Congrès. Il a exprimé des « doutes profonds » sur le pouvoir légal du président de démolir une partie de ce qu’il a appelé « une icône qui est une institution nationale ».

L’architecte principal du projet, Shalom Baranes, a confirmé les dimensions astronomiques de la construction : environ 89 000 pieds carrés. Pour mettre cela en perspective : la Résidence exécutive, le bâtiment principal de la Maison-Blanche où vivent les présidents depuis John Adams en 1800, fait 55 000 pieds carrés. La salle de bal de Trump sera donc 60 % plus grande que la Maison-Blanche elle-même. Un ajout qui, selon les critiques, transformera le complexe présidentiel en quelque chose qui ressemble davantage à un casino de Las Vegas qu’à une résidence historique. Quand on a demandé à un représentant de l’administration pourquoi le projet n’avait pas été soumis dans son intégralité à la commission avant le début de la démolition, la réponse a été révélatrice : certains aspects de la construction seraient de « nature top secrète ». Le secret d’État comme bouclier contre la transparence démocratique.

Sources

Sources primaires

Déclarations de Donald Trump sur Truth Social — 25 janvier 2026
Plainte du National Trust for Historic Preservation — Tribunal fédéral de district — 12 décembre 2025
Audience devant le juge Richard Leon — Transcription — 22 janvier 2026
Documents judiciaires de l’administration Trump — Réponse à la plainte — décembre 2025-janvier 2026

Sources secondaires

The Hill — Trump rips ‘ridiculous’ White House ballroom lawsuit — 25 janvier 2026
CNN — Federal judge indicates he won’t halt the White House ballroom project — 16 décembre 2025
CNN — Inside plans to rebuild the ‘top-secret’ bunker beneath the White House East Wing — 19 janvier 2026
ABC News — National Trust for Historic Preservation sues to try to stop White House ballroom construction — décembre 2025
ABC News — White House ballroom: Judge signals skepticism of Trump administration arguments — janvier 2026
CBS News — Judge skeptical of Trump’s arguments he has proper authority to build White House ballroom — janvier 2026
PBS NewsHour — Preservationists sue Trump for ballroom project reviews and congressional approval — décembre 2025
CNBC — Trump sued by preservation group seeking to halt White House ballroom construction — 12 décembre 2025
Fortune — Trump’s demolition of East Wing of White House challenged by National Trust for Historic Preservation — 14 décembre 2025
Just The News — Trump says it’s ‘too late’ to halt ballroom project, calls group behind lawsuit ‘obstructionists’ — 25 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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