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Trump retire les États-Unis de l’OMS : quand la santé mondiale devient otage de la politique
Crédit: Adobe Stock

L’ampleur de la catastrophe financière

Le retrait américain de l’OMS provoque un séisme financier sans précédent dans l’histoire de l’organisation. Les États-Unis représentaient le principal contributeur de l’OMS avec des versements annuels oscillant entre 400 et 500 millions de dollars, soit environ 20% du budget total de l’organisation qui s’élève à 6,8 milliards de dollars pour la période 2024-2025. Cette contribution massive se répartissait entre les contributions obligatoires liées au statut de membre (22% du budget des contributions obligatoires) et les contributions volontaires destinées à financer des programmes spécifiques. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé en avril 2025 que l’organisation faisait face à un « trou budgétaire » de 560 à 650 millions de dollars pour la période 2026-2027, représentant environ 25% des coûts salariaux actuels. Cette situation catastrophique contraint l’OMS à repenser entièrement sa structure et ses priorités.

L’impact de cette hémorragie financière se fait déjà sentir dans tous les secteurs d’activité de l’OMS. L’organisation a annoncé une restructuration majeure avec la réduction de l’équipe dirigeante au siège de Genève de 12 à 7 membres et la diminution du nombre de départements de 76 à 34. Tedros a évoqué des « décisions très douloureuses » concernant les licenciements, promettant de procéder « humainement » aux départs de ce qu’il qualifie d’« un nombre significatif de collègues ». Les bureaux régionaux seront affectés « à des degrés variables » et certains bureaux pays dans les nations les plus riches risquent la fermeture pure et simple. Cette réorganisation forcée intervient au moment où le monde fait face à de multiples défis sanitaires : résurgence de la tuberculose, propagation de nouvelles souches virales, crises sanitaires dans les zones de conflit comme Gaza et l’Ukraine, et préparation aux futures pandémies.

Quand je lis ces chiffres, j’ai mal au ventre. 650 millions de dollars en moins, c’est des programmes de vaccination qui s’arrêtent, des équipes d’urgence qui ne peuvent plus intervenir, des systèmes de surveillance épidémiologique qui s’effondrent. Et pendant ce temps, Trump parade en expliquant qu’il défend les intérêts américains. Mais les virus, eux, ils ne connaissent pas les frontières.

La redistribution géopolitique du pouvoir sanitaire

Le vide financier laissé par le retrait américain ouvre une fenêtre d’opportunité géopolitique majeure pour d’autres puissances mondiales, en particulier la Chine. Pékin, qui ne contribuait qu’environ 40 millions de dollars annuellement à l’OMS selon les déclarations de Trump, pourrait saisir cette occasion pour renforcer son influence au sein de l’organisation et se positionner comme le nouveau leader de la santé mondiale. Cette redistribution des cartes géopolitiques inquiète profondément les alliés traditionnels des États-Unis qui voient dans ce retrait un affaiblissement de l’Occident face aux ambitions chinoises. L’Union européenne, le Japon, le Canada et d’autres partenaires sont désormais confrontés à un dilemme : augmenter leurs contributions pour compenser partiellement le départ américain ou accepter une OMS affaiblie et potentiellement sous influence chinoise croissante.

Cette reconfiguration géopolitique dépasse largement les questions budgétaires pour toucher aux fondements mêmes de la gouvernance sanitaire mondiale. L’OMS risque de devenir l’arène d’une nouvelle guerre froide sanitaire où les États-Unis, désormais en dehors de l’organisation, tenteront d’influencer les décisions depuis l’extérieur tandis que la Chine et d’autres puissances émergentes prendront progressivement le contrôle des orientations stratégiques. Les pays en développement, principaux bénéficiaires des programmes de l’OMS, se retrouvent pris en otage de cette rivalité géopolitique. Ils dépendent crucialement des financements et de l’expertise technique fournis par l’organisation pour leurs systèmes de santé publique, leurs programmes de vaccination et leur préparation aux urgences sanitaires. Le retrait américain compromet directement leur capacité à faire face aux défis sanitaires et pourrait creuser encore davantage les inégalités mondiales en matière de santé.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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