Une obsession qui confine à la folie
En janvier 2026, Donald Trump a porté ses ambitions expansionnistes à un niveau sans précédent. Non content de menacer d’annexer le Canada — « il n’y a pas une chance sur un million que le Canada devienne partie des États-Unis », a répondu Justin Trudeau — le président américain a intensifié sa campagne pour acquérir le Groenland, un territoire autonome du Danemark. Et pas par la négociation. Par la coercition. Par les menaces. Par le chantage économique. Trump a refusé à plusieurs reprises d’exclure l’usage de la force militaire pour s’emparer de cette île arctique. Il a menacé d’imposer des droits de douane de 10% sur les importations européennes, avec une hausse à 25% prévue en juin, si le Danemark n’acceptait pas de céder son territoire. Dans une lettre au Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre, qu’il a demandé de partager largement avec les dirigeants mondiaux, Trump a écrit qu’il exigeait un « contrôle total et complet du Groenland » et que, n’ayant pas reçu le prix Nobel de la Paix, il ne se sentait plus « obligé de penser uniquement à la paix ».
Relisez cette dernière phrase. Le président des États-Unis d’Amérique, le dirigeant de la plus grande puissance militaire de l’histoire, a explicitement lié ses ambitions territoriales à sa frustration de ne pas avoir reçu un prix. C’est le genre de logique qu’on attendrait d’un enfant gâté, pas du commandant en chef de l’arsenal nucléaire américain. La réaction internationale a été immédiate et unanime. Le Danemark a rappelé que le Groenland n’était pas à vendre. Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a déclaré que Trump n’« obtiendrait » pas le Groenland. Un communiqué conjoint de tous les partis du Parlement groenlandais a exigé que les États-Unis fassent preuve de respect, affirmant qu’ils « ne veulent pas devenir des Américains ». 85% des Groenlandais sondés se sont opposés à l’annexion par les États-Unis. Le Premier ministre danois Mette Frederiksen a rappelé à Trump qu’une attaque contre le Royaume du Danemark serait une attaque contre l’OTAN.
Il y a quelque chose de profondément troublant à regarder le leader du « monde libre » se comporter comme un autocrate du XIXe siècle. Menacer d’envahir le territoire d’un allié? Utiliser le chantage économique pour forcer une annexion? C’est le genre de comportement qu’on associe à Poutine, pas au président américain. Et pourtant, nous y sommes. La question qui me hante : à quel moment les Américains ont-ils décidé que c’était acceptable? À quel moment ont-ils regardé cet homme et se sont dit : « Oui, c’est lui qui devrait nous représenter sur la scène mondiale »?
Les alliés en ordre de bataille… contre Washington
Face aux menaces américaines, quelque chose d’inédit s’est produit. Les alliés européens se sont mobilisés — non pas aux côtés des États-Unis, mais contre eux. Le Danemark et ses alliés européens ont envoyé des renforts militaires au Groenland. Des forces symboliques, certes, incapables de repousser une invasion américaine déterminée. Mais ces « forces de déclenchement » avaient un objectif stratégique clair : toute attaque sur ces soldats obligerait leurs gouvernements à riposter. Six pays membres de l’OTAN ont publié une déclaration commune affirmant avoir renforcé leur « présence, leurs activités et leurs investissements pour maintenir l’Arctique en sécurité et dissuader les adversaires ». L’ironie est mordante : ils parlaient des États-Unis. L’Union européenne a préparé un paquet de représailles potentielles de 107 milliards de dollars ciblant les importations américaines. Le ministre suédois des Affaires étrangères a déclaré que les exigences de Trump avaient reçu des « critiques bien méritées » et que « nous ne nous laisserons pas faire du chantage ». Le ministre néerlandais des Finances a rappelé que « nous faisons partie de la même alliance » et a appelé à la désescalade.
Finalement, le 21 janvier 2026, lors du Forum économique mondial de Davos, Trump a fait volte-face. Il a renoncé à ses menaces de droits de douane et a exclu l’usage de la force militaire contre le Groenland. Une reculade humiliante, maquillée en victoire diplomatique. Mais le mal était fait. Comme l’a observé un professeur de l’Université de Copenhague, la proximité et la dépendance d’antan entre l’Europe et les États-Unis « ne reviendront pas ». Les relations transatlantiques sont à leur plus bas niveau depuis des décennies. Et tout cela pour quoi? Pour satisfaire l’ego d’un homme qui pense que le contrôle « psychologiquement nécessaire » d’une île arctique justifie de menacer ses alliés les plus proches. Le sénateur républicain Mitch McConnell lui-même a déclaré : « Je n’ai pas encore entendu de cette administration une seule chose dont nous avons besoin du Groenland que ce peuple souverain ne soit pas déjà disposé à nous accorder. » Quand même McConnell trouve que c’est trop, on sait qu’on a atteint un nouveau fond.
Section 3 : Les sondages de l'humiliation
Une chute vertigineuse dans l’opinion mondiale
Les chiffres ne mentent pas. Et ceux du Pew Research Center, publiés en juin 2025, sont accablants. L’enquête, menée auprès de plus de 28 000 personnes dans 24 pays entre janvier et avril 2025, révèle un effondrement spectaculaire de l’image des États-Unis à l’étranger. Au Mexique, le soutien aux États-Unis a chuté de 32 points en un an. En Suède, de 28 points. En Pologne, de 22 points. Au Canada, de 20 points. Aux Pays-Bas, de 19 points. En Espagne, de 17 points. Au Kenya, en Corée du Sud et en Allemagne, de 16 points chacun. Au Japon, de 15 points. En Australie, France, Indonésie, Italie et Brésil, la baisse oscille entre 8 et 11 points. Seuls Israël, le Nigeria et la Turquie ont vu une légère amélioration de leur perception des États-Unis.
Les perceptions de Donald Trump lui-même sont encore plus catastrophiques. Deux tiers des personnes interrogées dans ces 24 pays le considèrent comme incompétent, arrogant et malhonnête. Seulement un tiers pense le contraire. Les majorités dans presque tous les pays sondés décrivent Trump comme « arrogant » et « dangereux ». Moins de 20% des habitants du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Australie et de l’Espagne ont confiance dans la capacité de Trump à gérer le changement climatique. Moins d’un tiers des habitants des Pays-Bas, de l’Italie, du Japon et de la Suède lui font confiance pour gérer les problèmes économiques mondiaux. Ce n’est pas la première fois que Trump suscite l’inquiétude à l’international. En 2017, après son premier mandat, la confiance des Allemands dans le président américain était passée de 86% sous Obama à seulement 11%. L’histoire se répète, en pire.
Ces chiffres me glacent le sang. Ce ne sont pas seulement des statistiques. C’est la mesure de la confiance mondiale dans une nation qui était, il n’y a pas si longtemps, le phare de la démocratie, le garant de l’ordre international, le partenaire fiable sur lequel des dizaines de pays comptaient pour leur sécurité. Et en quelques mois, tout cela s’est évaporé. La question n’est plus de savoir si l’Amérique a perdu le respect du monde. C’est de savoir si elle pourra jamais le regagner.
La Chine en embuscade
Pendant que l’image américaine s’effondre, celle de la Chine progresse. Selon l’Ipsos Democracy Perception Index, les États-Unis ont plongé à un score net de -5 en avril 2025, une chute de 22 points depuis l’année précédente. La Chine, elle, a atteint +14. En Europe, même si la Chine reste globalement mal perçue, les États-Unis sont désormais vus plus négativement qu’elle. En Allemagne, les États-Unis affichent un score de -44 contre -41 pour la Chine. Au Canada, -47 contre -35. En Espagne, -42 contre -13. La Chine surpasse désormais les États-Unis dans 19 pays européens. Le populisme, la dévalorisation des valeurs, l’arrogance et l’incohérence — autant de caractéristiques de la persona et des politiques de Trump — éloignent les États-Unis de leurs alliés traditionnels tout en diminuant leur influence aux yeux du reste du monde.
Sur les réseaux sociaux chinois, les leaders d’opinion ont présenté les reculades de Trump sur les droits de douane comme une victoire retentissante pour Xi Jinping. Un commentateur influent a écrit que « la Chine a mené une très belle contre-attaque en légitime défense » et que « Pékin a montré au monde que Trump est irrationnel et que l’Amérique est un tigre de papier, tandis que la Chine offre stabilité et certitude ». Le mème qui circule résume parfaitement la situation : l’Amérique menace, recule, menace à nouveau, recule encore. Et à chaque fois, elle perd un peu plus de crédibilité. L’économiste Noah Smith l’a écrit sans détour : « Ce n’est plus un pays sérieux. » Les fidèles de Trump réagissent avec adulation et louanges à chaque renversement quotidien. Mais à l’international, Trump apparaît simplement erratique et faible.
Section 4 : Le discours de l'ONU qui a tout résumé
57 minutes de chaos verbal
Le 23 septembre 2025, Donald Trump s’est présenté devant l’Assemblée générale des Nations Unies pour ce qui restera comme l’un des discours les plus bizarres jamais prononcés dans cette enceinte. 57 minutes de monologue décousu, bien au-delà des 15 minutes allouées aux dirigeants. Avant même de commencer à parler, un escalator s’est arrêté alors qu’il y montait avec Melania. Le téléprompeur a également dysfonctionné. Trump a exigé une enquête, alléguant un sabotage, et a demandé l’arrestation des responsables. Le commentateur conservateur Jesse Watters a suggéré que les États-Unis devraient soit quitter soit « bombarder » l’ONU. Le sénateur républicain Mike Lee a appelé à cesser le financement de l’ONU pour avoir « orchestré les dysfonctionnements de l’escalator et du téléprompter ». Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a patiemment expliqué qu’un vidéaste de la délégation américaine courant devant Trump avait déclenché le mécanisme de sécurité au sommet de l’escalator.
Le contenu du discours lui-même était à l’avenant. Trump a qualifié le changement climatique de « plus grande arnaque jamais perpétrée sur le monde ». Il a critiqué les politiques migratoires, accusant l’ONU de « financer un assaut contre les pays occidentaux ». Il a affirmé que l’Amérique « est respectée à nouveau comme jamais auparavant ». Il a prétendu avoir négocié « un accord commercial historique après l’autre » et avoir « mis fin à sept guerres interminables en seulement sept mois ». Il a critiqué ses alliés européens pour leurs achats d’énergie russe, leur disant que c’était « embarrassant ». Il a déclaré aux dirigeants assemblés que leurs pays « allaient en enfer ». La représentante démocrate Melanie Stansbury du Nouveau-Mexique a résumé le sentiment de beaucoup : « Cet homme est littéralement déséquilibré, irresponsable, bizarre, cinglé, absurde. Je ne sais même pas pourquoi son équipe le laisse se tenir devant un micro à ce stade. »
Le silence qui en dit long
La différence la plus frappante entre le discours de 2018 et celui de 2025? Le silence. En 2018, quand Trump avait affirmé avoir accompli plus que presque n’importe quelle administration de l’histoire, les diplomates avaient éclaté de rire. Cette fois, personne n’a ri. L’assistance est restée silencieuse. Non pas parce que Trump était soudainement devenu plus crédible, mais parce que la situation n’avait plus rien de drôle. En 2018, les diplomates pensaient qu’il plaisantait. En 2025, ils savaient qu’il ne plaisantait pas. Et c’est infiniment plus inquiétant. Après le discours, Trump a écrit en ligne qu’il croyait que son discours « avait été très bien reçu ». Il n’a pas précisé par qui. Certainement pas par le diplomate étranger qui a texté : « Cet homme est complètement fou. Les Américains ne voient-ils pas à quel point c’est embarrassant? »
Je repense à cette question du diplomate. « Les Américains ne voient-ils pas? » La réponse, malheureusement, est compliquée. Certains voient. Ils voient très bien. Ils sont horrifiés, humiliés, désespérés. Mais d’autres? D’autres applaudissent. D’autres considèrent que ce chaos diplomatique est un signe de force. D’autres pensent sincèrement que Trump « redonne sa grandeur » à l’Amérique. Et c’est peut-être ça le plus déprimant. Ce n’est pas qu’un homme dérange le monde. C’est qu’une partie significative de son pays pense que c’est exactement ce qu’il devait faire.
Section 5 : Les dirigeants européens pris en flagrant délit de moquerie
Quand les alliés se moquent dans les coulisses
Ce n’est pas la première fois que des dirigeants étrangers sont surpris à se moquer de Donald Trump. En décembre 2019, lors d’une réception au palais de Buckingham pour le 70e anniversaire de l’OTAN, Justin Trudeau, Emmanuel Macron et Boris Johnson avaient été filmés semblant rire du président américain. Trudeau avait dit : « Il était en retard parce qu’il a fait une conférence de presse de 40 minutes avant. Vous avez juste vu les mâchoires de son équipe tomber par terre. » Trump avait réagi en qualifiant Trudeau de « deux faces ». Quand on lui avait demandé si les rires n’étaient pas dirigés contre lui, Trump avait assuré qu’ils « ne riaient pas de moi, ils riaient avec moi ». Personne n’a été convaincu. En octobre 2025, une nouvelle vidéo a émergé montrant le Premier ministre albanais Edi Rama se moquant de Trump devant Macron et le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev. Trump avait prétendu avoir résolu une guerre entre l’Albanie et l’Azerbaïdjan — sauf que la guerre était entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Rama a ironiquement dit à Macron : « Vous devriez nous féliciter, Ilham et moi. Trump a mis fin au conflit entre l’Albanie et l’Azerbaïdjan. » Aliyev a éclaté de rire.
Ces incidents révèlent une vérité inconfortable : derrière les sourires diplomatiques et les poignées de main, les dirigeants du monde considèrent de plus en plus Trump comme une source d’embarras et d’instabilité. Les flatteries publiques que certains lui adressent — le secrétaire général de l’OTAN qui l’appelle « daddy », la délégation suisse qui lui offre un lingot d’or, le Qatar qui lui fait cadeau d’un avion de 400 millions de dollars — masquent à peine un mépris privé. Selon TIME, la gestion des émotions de Trump est devenue une « priorité stratégique » pour les dirigeants mondiaux. Ils le flattent publiquement. Certains rivalisent même en privé pour le faire. Mais derrière ces jeux, une inquiétude croissante : un président dont l’irritation personnelle est devenue une variable géopolitique est un président imprévisible et donc dangereux.
Section 6 : L'effondrement de la diplomatie américaine
USAID démantelée, influence américaine en ruine
Au-delà des tweets et des discours embarrassants, l’administration Trump a méthodiquement démantelé les instruments de l’influence américaine dans le monde. L’USAID, l’agence américaine de développement international, a été éliminée. Voice of America, l’outil de soft power américain depuis des décennies, a été attaqué. Les États-Unis se sont retirés de l’Organisation mondiale de la santé, de l’UNESCO, du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et, pour la deuxième fois, de l’Accord de Paris sur le climat. Le financement de nombreuses agences onusiennes a été réduit. Les experts en politique étrangère décrivent ces mouvements comme un abandon de l’influence mondiale américaine, créant un vide que la Russie et la Chine s’empressent de combler. Selon le Center for American Progress, au 5 novembre 2025, l’élimination de l’USAID avait contribué à 600 000 décès, dont les deux tiers étaient des enfants. Ces coupes ne causent pas seulement une souffrance humanitaire; elles privent l’Amérique de son pouvoir de promouvoir ses intérêts à l’étranger, de stabiliser les États fragiles et de contrer l’influence autoritaire.
La stratégie de sécurité nationale 2025, dévoilée en décembre, représente une rupture sans précédent avec 80 ans de politique étrangère américaine. Elle abandonne la priorité accordée à l’« ordre international » et à l’« ordre international fondé sur des règles » comme fondement de la paix et de la prospérité mondiales. Le traitement sévère des alliés européens n’est pas passé inaperçu en Asie. Pas plus que l’affirmation que l’ordre international repose ultimement sur le règne du « plus grand, plus riche, plus fort » — un cadrage qui semble placer Washington, Moscou et Pékin dans un niveau exclusif de puissances dominantes et signale aux autres que leur agence stratégique est contrainte. La Russie a accueilli favorablement les droits de douane de Trump contre ses alliés de l’OTAN, les responsables du Kremlin affirmant que c’était la preuve que l’alliance transatlantique s’effondrait. Le journal gouvernemental Rossiyskaya Gazeta a fait l’éloge de la poussée de Trump pour prendre le contrôle du Groenland et s’est réjoui de la tension qu’elle causait entre les États-Unis et l’Europe.
600 000 morts. Deux tiers d’enfants. Ces chiffres me hantent. Ce ne sont pas des abstractions. Ce sont des vies. Des familles. Des communautés détruites. Et pour quoi? Pour que Trump puisse se vanter d’avoir réduit le budget fédéral? Pour que ses partisans puissent applaudir une « Amérique d’abord » qui, en réalité, isole l’Amérique et abandonne ceux qui comptaient sur elle? Il y a des moments où le cynisme politique dépasse tout ce qu’on croyait possible. Celui-ci en fait partie.
Section 7 : Les tarifs douaniers comme arme de chaos
Le « jour de la libération » qui a tout déstabilisé
Le 2 avril 2025, Donald Trump a imposé ce qu’il a appelé les « tarifs du Jour de la Libération » sur près de 90 pays, alliés comme adversaires. Des droits de douane de 10% à 41% sur les produits de près de 70 pays ont pris effet, risquant d’augmenter les prix des biens de consommation courante, de l’alimentation aux vêtements, des jouets à l’électronique. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a défendu ce chaos comme une « incertitude stratégique », censée donner aux États-Unis un avantage dans les négociations commerciales. Le résultat? Les menaces ont produit quelques concessions modestes de pays désireux d’éviter une guerre commerciale totale avec la nation la plus riche du monde. Mais elles ont échoué à faire bouger la Chine, ont imposé des coûts élevés aux consommateurs et entreprises américains, et ont poussé les partenaires commerciaux les plus proches des États-Unis à conclure des accords qui les excluent.
L’utilisation des tarifs comme « marteau diplomatique » s’est étendue bien au-delà du commerce. Trump a déployé des menaces tarifaires pour façonner le comportement de l’Inde, du Pakistan, du Canada, de l’Europe et du Royaume-Uni. Il a menacé le Canada de droits de douane de 100% après que le pays eut annoncé un accord commercial avec la Chine. Il a menacé 200% de tarifs sur le vin et le champagne français après que Macron lui eut texté qu’il était « confus » concernant le Groenland. Il a menacé, reculé, menacé à nouveau, reculé encore. Ce comportement erratique fait que, même lorsque ses menaces n’aboutissent pas, le dommage est fait. La confiance dans les États-Unis comme partenaire fiable s’évapore un peu plus à chaque volte-face. Comme l’a écrit l’économiste Noah Smith : « La volonté de Trump d’annoncer de gros tarifs puis de concéder sans concessions majeures des partenaires commerciaux fait paraître lui et les États-Unis dans leur ensemble profondément peu sérieux — un objet de ridicule international. »
Section 8 : Le Premier ministre canadien qui dit ce que tout le monde pense
« Nous sommes au milieu d’une rupture, pas d’une transition »
Au Forum économique mondial de Davos, en janvier 2026, le Premier ministre canadien Mark Carney a prononcé un discours qui restera dans les annales. Sans nommer explicitement Trump, il a déclaré : « Nous sommes au milieu d’une rupture, pas d’une transition. » Il a décrit « la destruction de l’ordre mondial », une « réalité brutale » dans laquelle les grandes puissances ne se sentent plus « soumises à aucune contrainte » alors qu’elles « abandonnent même le semblant de règles et de valeurs pour la poursuite effrénée de leur pouvoir et de leurs intérêts ». Le message était limpide : l’Amérique de Trump était devenue une menace pour la stabilité internationale. Les réactions des alliés et partenaires américains, certaines exprimées en public, beaucoup encore seulement en privé, sont sans appel : l’Amérique de Trump semble avoir perdu la raison. L’image qui émerge est celle de nations alliées — partenaires de traités, voisins, partenaires commerciaux et amis — voyant les États-Unis dirigés par Trump comme une menace erratique, une puissance hégémonique autrefois grande sombrant dans la folie et risquant la stabilité mondiale.
Dans leurs rêves les plus fous, les adversaires étrangers de l’Amérique n’auraient pas pu écrire un meilleur scénario. Trump avait rétorqué au discours de Carney que le Canada « vit grâce aux États-Unis ». Carney avait répliqué que son pays pouvait être un exemple montrant que le monde n’a pas à se plier aux tendances autocratiques. Trump a ensuite révoqué l’invitation de Carney à rejoindre son « Conseil de la Paix » qu’il formait pour tenter de résoudre les conflits mondiaux. Le lendemain, il a publié sur les réseaux sociaux une image modifiée montrant une carte des États-Unis incluant le Canada, le Venezuela, le Groenland et Cuba comme partie de son territoire. Ce n’est plus de la diplomatie. Ce n’est plus de la politique étrangère. C’est du trolling à l’échelle géopolitique, avec des conséquences potentiellement catastrophiques.
Section 9 : La quête pathétique du Nobel
Quand l’ego d’un président devient une crise internationale
Parmi toutes les obsessions de Donald Trump, celle du prix Nobel de la Paix est peut-être la plus révélatrice de sa psychologie. Pendant des mois, il a ouvertement fait campagne pour l’obtenir. Il a prétendu avoir réglé cinq, six, sept, voire dix guerres. En réalité, il a grossièrement exagéré son bilan, s’attribuant le mérite de la résolution de conflits dans lesquels il n’a joué qu’un rôle minime, et pointant même des guerres qui n’ont jamais existé — comme un conflit imaginaire entre le Cambodge et l’Arménie. Les dirigeants d’Israël, du Pakistan, du Cambodge, de l’Arménie, de l’Azerbaïdjan, de Malte et de la République démocratique du Congo lui ont tous dit qu’il méritait le Nobel. Certains probablement pour le flatter, d’autres pour obtenir ses faveurs. Quand María Corina Machado, la dirigeante de l’opposition vénézuélienne, a remporté le prix Nobel de la Paix, elle a dû faire du « contrôle des dégâts ». L’administration Trump était devenue un soutien majeur de ses efforts pour évincer Maduro, et les alliés de Trump se plaignaient déjà que le Comité Nobel l’avait snobé. Machado a appelé Trump le jour même et lui a dit qu’elle lui dédiait le prix. Mais le geste n’a pas suffi.
Trump s’est senti lésé par le Comité Nobel — et par Machado pour avoir accepté le prix. Sa frustration a eu des conséquences géopolitiques réelles. Dans sa lettre au Premier ministre norvégien, où il exigeait le « contrôle total » du Groenland, il a explicitement mentionné ne plus se sentir « obligé de penser uniquement à la paix » parce qu’il n’avait pas reçu le prix. Støre a dû lui expliquer patiemment que c’était un Comité Nobel indépendant, et non le gouvernement norvégien, qui attribuait le prix. Mais voilà : le président de la première puissance mondiale conditionne sa politique étrangère à l’obtention d’un prix honorifique. C’est à la fois risible et terriffiant. Comme l’a titré The Bulwark : « Quelqu’un doit dire à Trump que tout le monde rit de lui. » Sa pire peur s’est déjà réalisée.
Il y a quelque chose de profondément triste dans cette quête du Nobel. C’est le comportement d’un homme qui, malgré toute sa richesse, son pouvoir et sa célébrité, reste fondamentalement insécure. Qui a besoin de la validation extérieure à un point qui frise la pathologie. Et ce qui est tragique, c’est que cet homme contrôle la plus grande armée du monde, la plus grande économie, l’arsenal nucléaire le plus dévastateur. Son ego blessé peut littéralement déclencher des crises internationales. Et nous sommes tous otages de ses humeurs.
Section 10 : Les Américains sont-ils conscients?
Un pays divisé face à son propre déclin
La question du diplomate continue de résonner : « Les Américains ne voient-ils pas à quel point c’est embarrassant? » La réponse est complexe. Selon les sondages, les Américains sont profondément divisés sur la politique étrangère de Trump. 74% pensent que le président ne devrait pas entreprendre d’action militaire à l’étranger sans l’approbation du Congrès — avec presque tous les démocrates opposés à l’action unilatérale, une majorité d’indépendants d’accord, et les républicains également divisés. Pourtant, une pluralité d’Américains soutient l’action militaire contre les cartels de la drogue en Amérique latine. La plupart des démocrates (56%) penchent vers une vision « wilsonienne » du monde : ils favorisent la promotion de la démocratie à l’étranger, perçoivent la montée du populisme comme la plus grande menace pour les États-Unis, et pensent que la paix s’obtient au mieux par la diplomatie et la coopération internationale. Les républicains sont divisés entre une vision « jacksonienne » (40%) — axée sur la protection contre les adversaires étrangers et une armée forte — et une vision « jeffersonienne » (28%) — focalisée sur les priorités intérieures.
Ce qui est particulièrement frappant, c’est que même au sein des États-Unis, la confiance dans le rôle positif de l’Amérique dans le monde a chuté de 14 points, passant de 77% à 63%. Les Américains eux-mêmes doutent de leur propre pays. Et ce doute se reflète dans les tensions croissantes au sein même du Parti républicain. Le représentant Don Bacon du Nebraska a récemment déclaré au USA Today : « Il y a tellement de républicains en colère à ce sujet… S’il allait jusqu’au bout des menaces, je pense que ce serait la fin de sa présidence. » Plusieurs sénateurs républicains ont juré de s’opposer à toute annexion, avec Thom Tillis et Lisa Murkowski se rendant à Copenhague pour rassurer le gouvernement danois. Avec suffisamment de défections, le Congrès pourrait fortement limiter les plans de Trump et forcer une reculade humiliante. La coalition politique de Trump est de plus en plus fragile et menacée de défections.
Section 11 : Et maintenant?
Un avenir incertain pour l’ordre mondial
Au moment où ces lignes sont écrites, Trump vient de reculer sur le Groenland et de lever ses menaces tarifaires contre l’Europe. Mais il menace désormais le Canada de droits de douane de 100% pour son accord commercial avec la Chine. La situation reste volatile, imprévisible, chaotique. Comme l’a résumé la présidente du Chicago Council on Global Affairs : « Trump est sans entraves et non dissuadé par le précédent, la norme ou la loi, et ni les alliés américains, ni le Congrès, ni les tribunaux américains n’ont jusqu’à présent donné de raison à quiconque de croire que cela est susceptible de changer. » L’année 2025 aura été, de l’aveu de tous, hautement perturbatrice, tumultueuse et chaotique, injectant une quantité massive d’incertitude dans l’ordre international. Les États-Unis ont été un moteur majeur, sinon le seul, de cette perturbation mondiale. Ils se sont formellement retirés d’institutions multilatérales majeures, ont fermé l’USAID, réduit le financement de nombreuses agences onusiennes. L’ordre commercial international a été jeté dans le désarroi.
La question qui se pose désormais est celle de l’après-Trump. Même une future administration, qu’elle soit démocrate ou républicaine, conserverait probablement certains thèmes de l’ère Trump : le transfert de charges, la critique des institutions mondiales, une définition plus étroite des intérêts américains. Mais il est difficile d’imaginer un retour au cadrage de l’ère Biden sur le leadership américain ou à la dichotomie « démocratie contre autocratie ». La puissance américaine resterait indéniablement conséquente, mais elle devrait être exercée avec plus de prudence, de réalisme économique et un sens plus clair des limites. En attendant, la tache de la trahison des alliés les plus proches de l’Amérique persistera longtemps après le départ de cette administration. La confiance, une fois perdue, est extrêmement difficile à reconstruire.
Conclusion : Le prix de la folie
Un héritage de honte
En septembre 2025, Donald Trump a déclaré devant l’Assemblée générale des Nations Unies : « Sur la scène mondiale, l’Amérique est respectée à nouveau comme jamais auparavant. » Les sondages disent exactement le contraire. L’opinion mondiale dit le contraire. Les alliés qui renforcent le Groenland contre une éventuelle invasion américaine disent le contraire. Les diplomates qui envoient des textos horrifiés disent le contraire. Les dirigeants qui se moquent de lui dans les coulisses disent le contraire. La Chine qui célèbre chaque reculade comme une victoire dit le contraire. La Russie qui se réjouit de voir l’OTAN se fissurer dit le contraire. Trump a fait exactement ce qu’il accusait ses prédécesseurs de faire : il a transformé l’Amérique en risée mondiale. La différence, c’est que cette fois, ce n’est pas une projection paranoïaque. C’est une réalité documentée, mesurée, quantifiée. Et elle est entièrement de sa fabrication.
L’ironie ultime de la présidence Trump est là : l’homme qui a bâti sa carrière politique sur la promesse de restaurer le respect international de l’Amérique est celui qui l’a le plus systématiquement détruit. L’homme qui fulminait contre les dirigeants « faibles » qui faisaient rire les autres nations est devenu lui-même l’objet de leurs moqueries. L’homme qui prétendait incarner la force et la fermeté est perçu comme erratique et faible. Et les États-Unis, la « nation indispensable », le « phare de la démocratie », le « leader du monde libre », sont vus par leurs propres alliés comme « une menace erratique », « une puissance hégémonique sombrant dans la folie ». Le diplomate avait raison de poser la question. Les Américains voient-ils à quel point c’est embarrassant? Certains voient. D’autres refusent de voir. Et ce refus collectif de regarder la réalité en face est peut-être le symptôme le plus inquiétant de la maladie qui ronge la démocratie américaine.
Je termine cet article avec un sentiment étrange. Pas de la satisfaction — la chute d’une grande démocratie n’est jamais une source de joie. Pas de la résignation non plus — l’histoire n’est jamais écrite d’avance. Mais une inquiétude profonde. Parce que ce qui se passe aux États-Unis ne reste pas aux États-Unis. Quand l’Amérique vacille, c’est l’ordre mondial qui tremble. Quand l’Amérique devient imprévisible, c’est la stabilité internationale qui s’effrite. Quand l’Amérique est dirigée par quelqu’un dont les émotions personnelles deviennent des variables géopolitiques, c’est nous tous qui sommes pris en otage. La vraie question n’est pas de savoir si Trump rend l’Amérique ridicule. C’est de savoir si l’Amérique pourra un jour se relever de cette humiliation auto-infligée. Et ça, personne ne le sait encore.
L’espoir malgré tout
Pourtant, même dans ce tableau sombre, quelques lueurs percent. Des sénateurs républicains qui osent s’opposer. Des alliés qui tiennent bon malgré les menaces. Des institutions qui résistent. Des Américains qui, malgré tout, continuent de croire que leur pays peut être mieux que ça. Le système, aussi malmené soit-il, n’a pas complètement cédé. Les freins et contrepoids, aussi affaiblis soient-ils, fonctionnent encore parfois. L’Amérique a traversé des crises avant. Elle peut traverser celle-ci aussi. Mais cela exigera quelque chose que Trump est incapable de fournir : de l’humilité. La reconnaissance que la grandeur ne se décrète pas, qu’elle se construit. Que le respect se mérite, qu’il ne s’impose pas. Que les alliés sont des partenaires, pas des vassaux. Que le monde n’est pas un reality show où le plus bruyant gagne. Un jour, peut-être, l’Amérique retrouvera ces vérités. En attendant, le monde regarde. Et parfois, il rit. Mais de moins en moins avec l’Amérique. De plus en plus d’elle.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : Sondages du Pew Research Center (juin 2025), discours officiels à l’ONU (septembre 2025), déclarations publiques des dirigeants politiques, communiqués officiels des gouvernements danois, groenlandais et européens.
Sources secondaires : CNN, PBS NewsHour, NPR, TIME Magazine, The Hill, Al Jazeera, The Bulwark, Noah Smith (Noahpinion), Center for American Progress, Chicago Council on Global Affairs, Wikipedia pour les chronologies factuelles.
Les données statistiques citées proviennent d’institutions de recherche établies : Pew Research Center, Ipsos Democracy Perception Index, YouGov.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Pew Research Center – « US Image Declines in Many Nations Amid Low Confidence in Trump » – 11 juin 2025
United Nations – Discours de Donald Trump à l’Assemblée générale – 23 septembre 2025
White House – Déclarations officielles et posts Truth Social – janvier 2025-janvier 2026
Gouvernement du Danemark – Déclarations sur la souveraineté du Groenland – janvier 2026
Sources secondaires
CNN – « Trump’s threats to Greenland, Canada and Panama explain everything » – 8 janvier 2025
PBS NewsHour – « Europe stands firm against Trump’s push for Greenland » – 19 janvier 2026
TIME Magazine – « How Trump’s Foreign Policy Gambits Are Reshaping the World » – janvier 2026
NPR – « Majorities in key U.S. allies have no confidence in Trump » – 12 juin 2025
Al Jazeera – « Trump drops tariff threat, says he won’t take Greenland by force » – 21 janvier 2026
The Bulwark – « Somebody Needs to Tell Trump Everybody Is Laughing at Him » – décembre 2025
Noah Smith / Noahpinion – « America has become a laughingstock » – 15 mai 2025
Center for American Progress – « Trump Global Weakness Watch » – janvier 2026
Chicago Council on Global Affairs – « Trump 2.0 Enters 2026 in Full Force » – janvier 2026
Wikipedia – Articles sur la crise du Groenland, l’expansionnisme américain, la politique étrangère Trump 2025 – consultés janvier 2026
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