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Trump veut s’emparer du Groenland : quand l’Amérique ressuscite ses vieux démons coloniaux
Crédit: Adobe Stock

Une position stratégique au cœur de l’Arctique

Pourquoi Trump veut-il le Groenland ? La réponse tient en trois lettres : A-R-C. L’Arctique. Avec le réchauffement climatique, cette région devient le nouveau terrain de jeu des grandes puissances. Les routes maritimes du Nord s’ouvrent progressivement, réduisant de plusieurs semaines le trajet entre l’Asie et l’Europe. Les fonds marins regorgent de ressources naturelles — pétrole, gaz, terres rares — jusqu’ici inaccessibles. Et au milieu de tout cela, le Groenland occupe une position géographique unique. Coincé entre l’Amérique du Nord, la Russie et l’Europe, il représente un atout militaire et économique considérable. Trump l’a dit lui-même à Davos : « Cette île se trouve à un emplacement clé entre les États-Unis, la Russie et la Chine. » Pour une fois, il n’a pas tort sur les faits. C’est sur les conclusions qu’il déraille complètement.

Les États-Unis maintiennent déjà une présence militaire au Groenland depuis des décennies. La base aérienne de Thulé, rebaptisée Pituffik Space Base, est l’installation militaire américaine la plus septentrionale du monde. Elle abrite des systèmes de détection de missiles balistiques et joue un rôle crucial dans la surveillance de l’espace aérien arctique. Mais cela ne suffit pas à Trump. Il veut tout. La souveraineté totale. Le contrôle absolu. Dans son discours de Davos, il a même laissé entendre que défendre un territoire sous « accord de licence » serait psychologiquement moins motivant pour les soldats américains. « Psychologiquement, qui diable veut défendre un accord de licence ou un bail, qui est un grand morceau de glace au milieu de l’océan ? » a-t-il lancé. L’argument est aussi cynique que révélateur. Pour Trump, la propriété prime sur tout. Y compris sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Les richesses convoitées sous la glace

Sous la calotte glaciaire du Groenland dorment des trésors que le monde entier convoite. Des gisements de terres rares essentielles à la fabrication des batteries électriques et des composants électroniques. De l’uranium. Du zinc. Du fer. Du pétrole et du gaz naturel en quantités potentiellement considérables. À mesure que la glace fond — ironie cruelle du changement climatique —, ces ressources deviennent de plus en plus accessibles. Et de plus en plus tentantes. La Chine s’y intéresse depuis des années, investissant massivement dans des projets miniers. La Russie renforce sa présence militaire dans l’Arctique. Et les États-Unis, sous Trump, ont décidé que la meilleure façon de protéger ces ressources était tout simplement de s’emparer du territoire qui les contient.

Mais le Groenland n’est pas qu’un coffre-fort de matières premières. C’est un écosystème fragile, menacé par le réchauffement climatique. Les Inuits qui y vivent depuis des millénaires voient leurs modes de vie traditionnels bouleversés. La banquise recule, perturbant les routes de chasse et les migrations animales. Les communautés côtières font face à l’érosion et aux inondations. Pour ces populations, la question n’est pas de savoir qui va exploiter leurs ressources. La question est de savoir comment préserver leur terre, leur culture, leur avenir. Une question que Trump n’a jamais posée. Parce que dans sa vision du monde, les peuples autochtones n’existent que comme obstacles ou comme anecdotes.

Il y a quelque chose de profondément obscène dans cette façon de parler d’un territoire habité comme d’un bien immobilier à acquérir. Trump regarde le Groenland et voit des ressources à extraire, une position stratégique à occuper, un « deal » à conclure. Les Inuits regardent leur terre et voient leurs ancêtres, leurs enfants, leur identité. Ces deux visions du monde sont irréconciliables. Et malheureusement, dans l’histoire, c’est rarement celle des peuples autochtones qui l’a emporté.

Sources

Sources primaires

World Economic Forum — Davos 2026: Special Address by US President Donald J Trump — Janvier 2026
Gouvernement du Danemark — Déclarations officielles de la Première ministre Mette Frederiksen — Janvier 2026
Gouvernement du Groenland — Déclarations des Premiers ministres Múte Egede et Jens-Frederik Nielsen — Janvier 2026
OTAN — Communications du Secrétaire général Mark Rutte — Janvier 2026

Sources secondaires

TIME — Trump at Davos: The Most Startling Line From His Speech — 21 janvier 2026
Al Jazeera — Key takeaways from Trump’s Davos speech — 22 janvier 2026
NBC News — Trump at Davos: Greenland threats force allies to confront global ‘rupture’ — Janvier 2026
NPR — What Teddy Roosevelt has to do with Trump’s moves in Venezuela and Greenland — 15 janvier 2026
CNBC — Greenland: How Trump’s push to take the island reached crisis point — 21 janvier 2026
PBS News — Europe stands firm against Trump’s push for Greenland — Janvier 2026
Council on Foreign Relations — The Trump Administration’s Push for Greenland: What to Know — Janvier 2026
The Arctic Institute — Trump Sparks Renewed Interest in Greenland — Janvier 2026
Nations Unies — Rights expert urges Denmark and Greenland to examine colonial legacy’s impact — Février 2023
Wikipedia — Greenland crisis; Greenlandic Inuit; Proposed United States acquisition of Greenland — Consultés en janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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