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Ukraine-Russie : les États-Unis qualifient les pourparlers trilatéraux de « constructifs », mais deux obstacles majeurs persistent
Crédit: Adobe Stock

Un optimisme prudent teinté de réalisme diplomatique

Les officiels américains ont pesé leurs mots avec soin, mais le message était clair : quelque chose s’est passé à Abou Dhabi. Quelque chose de différent. « Nous sommes encouragés par les discussions », ont-ils déclaré. « Il y a une volonté des deux côtés de dialoguer. » Une phrase qui peut sembler banale, mais qui, dans le contexte de ce conflit, résonne comme une petite révolution. Car depuis le début de l’invasion en février 2022, la Russie et l’Ukraine ne se parlaient qu’à travers les explosions et les communiqués belliqueux. Les pourparlers d’Istanbul de mars 2022 ? Enterrés. Les initiatives de médiation turques, chinoises, africaines ? Ignorées ou rejetées. Mais cette fois, l’ambiance était « très positive, très constructive », selon Washington. Les discussions ont « dépassé les attentes ».

Que signifie concrètement cet optimisme ? D’abord, un accord de principe sur plusieurs points du plan de paix en 20 points négocié entre Kyiv et Washington ces dernières semaines. Les garanties de sécurité pour l’Ukraine seraient « finalisées », selon Zelensky. Un accord sur la reconstruction économique d’après-guerre serait « presque prêt ». Et surtout, une compréhension commune sur la nécessité d’un « monitoring américain » pour superviser tout accord de cessez-le-feu. En clair : les États-Unis joueraient le rôle de gendarme, veillant à ce que la Russie respecte ses engagements. Une position que l’Ukraine exige depuis des années, échaudée par les multiples violations des accords de Minsk par Moscou. Mais ce qui n’a pas été dit pèse aussi lourd que ce qui a été proclamé. Car sur les deux points les plus explosifs — le Donbas et la centrale de Zaporijjia — le silence des officiels américains était assourdissant.

Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette diplomatie des sourires. Pendant que les négociateurs se serrent la main à Abou Dhabi, les missiles russes continuent de tomber sur l’Ukraine. La nuit même du début des pourparlers, Moscou a lancé une vague de drones et de missiles qui a plongé des millions d’Ukrainiens dans le noir et le froid glacial. Comme si le Kremlin voulait rappeler qui détient vraiment le pouvoir dans cette équation. « Une nuit de terreur russe », a dénoncé Kyiv. Et pourtant, les discussions ont continué le lendemain. Faut-il saluer le courage des négociateurs ukrainiens ou pleurer sur le cynisme de cette guerre où l’on négocie d’un côté pendant qu’on massacre de l’autre ?

La prochaine étape : retour à Abou Dhabi le 1er février

Les trois parties ont convenu de se retrouver le 1er février 2026, toujours à Abou Dhabi, pour un nouveau round de négociations. Le président Zelensky a précisé que « toutes les parties ont accepté de faire rapport à leurs capitales respectives sur chaque aspect des négociations et de coordonner les prochaines étapes avec leurs dirigeants ». Une formule qui, en langage diplomatique, signifie que rien n’est encore signé, mais que personne ne claque la porte. Les représentants militaires des trois pays auraient également identifié des « questions spécifiques » à aborder lors des prochaines réunions. Quelles sont ces questions ? Mystère. Mais on peut deviner qu’elles concernent les lignes de front, les zones tampons et les mécanismes de contrôle évoqués par l’agence russe TASS.

Le président Trump, interrogé sur ces pourparlers, s’est montré prudent. Il a qualifié sa rencontre avec Zelensky à Davos de « bonne », mais a rappelé que mettre fin à cette guerre restait un « processus en cours ». Des mots mesurés pour un homme qui avait promis de régler le conflit en « 24 heures » pendant sa campagne électorale. La réalité l’a rattrapé : cette guerre ne se résoudra pas d’un claquement de doigts. Elle nécessite de la patience, de la persévérance, et surtout des compromis que ni Moscou ni Kyiv ne semblent prêts à accepter pour l’instant. Mais au moins, le dialogue existe. Au moins, quelqu’un essaie. C’est peut-être le seul vrai progrès de ces derniers mois.

Sources

Sources primaires

Al Jazeera – « Ukraine, Russia, US to meet for ‘first trilateral’ talks to end war » – 22 janvier 2026
CBS News – « Trilateral peace talks concluded constructively, Ukraine’s Zelenskyy says » – 24 janvier 2026
Euronews – « More talks expected next week after Ukraine, Russia and US conclude Abu Dhabi meeting » – 24 janvier 2026
ABC News – « Russia, Ukraine and US hold 1st trilateral talks since start of war » – 24 janvier 2026
NBC News – « Russia, Ukraine to hold trilateral peace talks with U.S. for first time » – 23 janvier 2026

Sources secondaires

Kyiv Independent – « What’s holding up Ukraine-US peace plan: Territories, nuclear plant remain unresolved » – Janvier 2026
Kyiv Independent – « Zelensky reveals full 20-point peace plan draft backed by Ukraine, US » – Décembre 2025
CNN – « US proposes ‘free economic zone’ in parts of Donbas after Ukrainian pullback » – Décembre 2025
PBS News – « Zelenskyy says he’s open to withdrawing troops and creating a free economic zone in Ukraine’s east » – Janvier 2026
The Epoch Times – « Trump Admin Optimistic on Russia-Ukraine Deal Following Abu Dhabi Trilateral Talks » – Janvier 2026
Kyiv Post – « Putin Says US, Russia Discuss Managing Zaporizhzhia NPP » – Janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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