Ce que signifie vraiment céder un territoire
Parlons franchement de ce que les euphémismes diplomatiques tentent de masquer. Quand on parle de concessions territoriales, on ne parle pas de lignes sur une carte. On parle de millions de personnes. On parle de villes comme Marioupol, rasée, vidée, transformée en cimetière. On parle de Bakhmout, défendue rue par rue pendant des mois. On parle de familles séparées, d’enfants déportés en Russie, de fosses communes découvertes à chaque libération. Céder ces territoires, ce n’est pas signer un papier. C’est abandonner des gens à leur sort. C’est dire à ceux qui ont résisté que leur sacrifice ne valait rien. C’est récompenser l’agresseur pour son agression.
Zelensky le sait. Son peuple le sait. C’est pourquoi, malgré le froid, malgré les bombes, malgré la fatigue, la réponse reste la même : non. Les positions de Kyiv et de Moscou sur les territoires de l’est ukrainien restent, selon les mots mêmes du président ukrainien, fondamentalement différentes. Ce n’est pas de l’entêtement. C’est de la cohérence. Comment demander à un pays d’accepter que son agresseur garde le butin de son agression ? Comment construire une paix durable sur une injustice fondamentale ? L’histoire nous l’a appris : les paix imposées par la force ne sont que des trêves avant la prochaine guerre.
La proposition ukrainienne : compromis sans capitulation
Contrairement à ce que certains voudraient faire croire, l’Ukraine n’est pas dans une posture de blocage total. Zelensky a mis sur la table des propositions concrètes. Un plan en 20 points développé avec les États-Unis et les partenaires européens. Un accord de non-agression complet et inconditionnel entre la Russie et l’Ukraine. Des zones économiques spéciales dans certaines parties contestées du Donbas. Une démilitarisation négociée de certains secteurs. Ce sont des compromis réels, des concessions douloureuses. Mais ils préservent l’essentiel : la souveraineté ukrainienne et le principe fondamental qu’on ne peut pas modifier les frontières par la force.
Le document sur les garanties de sécurité américaines est prêt à 100%, a annoncé Zelensky à Vilnius. L’Ukraine attend simplement une date et un lieu pour la signature. Les États-Unis proposent des garanties sur 15 ans. La France et le Royaume-Uni s’engagent à déployer des hubs militaires sur le sol ukrainien après un cessez-le-feu. Des installations protégées pour les armes et équipements. Une présence physique de soldats alliés. C’est du concret, du tangible. Mais Moscou refuse catégoriquement tout déploiement de troupes de pays de l’OTAN en Ukraine. Cherchez l’erreur.
Abu Dhabi : l'échec prévisible des négociations
Trois jours de discussions pour rien
Les 23 et 24 janvier 2026, Abu Dhabi a accueilli ce qui devait être un tournant. Des négociations trilatérales entre délégations ukrainienne, russe et américaine. Du côté ukrainien, le ministre de la Défense Rustem Umerov et le chef du renseignement Kyrylo Budanov. Du côté américain, l’émissaire de Trump, Steve Witkoff, accompagné de Jared Kushner. Du côté russe, une délégation dont on ne sait pas grand-chose, comme toujours avec Moscou. Le cadre était luxueux. Les Émirats arabes unis jouaient les médiateurs neutres. Tout était en place pour une percée diplomatique.
Résultat ? Rien. Ou presque. Les discussions ont porté sur des questions militaires et économiques. On a évoqué la possibilité d’un cessez-le-feu avant un accord global. On a parlé du sort de la centrale nucléaire de Zaporijjia, toujours sous occupation russe, toujours source d’inquiétude pour toute l’Europe. Mais sur le fond, sur les territoires, aucune avancée. Les positions restent irréconciliables. Moscou veut garder ce qu’elle a pris. Kyiv refuse de légitimer le vol. C’est aussi simple que ça. Les négociateurs reviendront à Abu Dhabi le 1er février pour un nouveau round. Personne ne s’attend à un miracle.
Il y a quelque chose d’obscène dans ces négociations. Je pèse mes mots. Pendant que des hommes en costume discutent dans les palais du Golfe, des Ukrainiens meurent sous les bombes. Pendant qu’on débat de pourcentages et de lignes de démarcation, des enfants gèlent dans des appartements sans chauffage. Et le pire, c’est qu’on voudrait faire croire que c’est l’Ukraine qui bloque. Que c’est Zelensky l’intransigeant. Comme si refuser de se faire voler était de l’obstination. Comme si défendre son pays était du jusqu’au-boutisme.
La position russe : l’impasse programmée
Vladimir Poutine a été clair, une fois de plus. Pas de cessez-le-feu sans accord global. Pas de troupes de l’OTAN en Ukraine, jamais. Et surtout, reconnaissance des annexions de 2022 : Donetsk, Louhansk, Zaporijjia, Kherson, en plus de la Crimée annexée en 2014. Ce n’est pas une position de négociation. C’est un ultimatum. Poutine ne cherche pas un compromis. Il cherche une victoire. Une victoire qu’il n’a pas réussi à obtenir sur le champ de bataille, malgré des centaines de milliers de morts russes, il espère l’obtenir à la table des négociations, grâce à la fatigue de l’Occident.
Et cette fatigue, Moscou la cultive méthodiquement. Les frappes sur les infrastructures énergétiques ne sont pas des dommages collatéraux. C’est une stratégie délibérée. Faire souffrir la population civile pour briser le moral. Transformer chaque hiver en enfer pour pousser les Ukrainiens à supplier leurs dirigeants d’accepter n’importe quoi. La Cour pénale internationale ne s’y est pas trompée : elle a émis des mandats d’arrêt contre deux hauts responsables militaires russes pour ces attaques. Un crime de guerre, selon le droit international. Mais Poutine s’en moque. Il a d’autres mandats d’arrêt à son nom. Ça ne l’empêche pas de dormir.
L'hiver comme arme de guerre
242 drones, 36 missiles, une stratégie de terreur
La nuit du 8 au 9 janvier 2026 restera dans les mémoires. 242 drones et 36 missiles lancés sur l’Ukraine en quelques heures. Une pluie de feu et d’acier sur les centrales électriques, les stations de chauffage, les transformateurs. Au matin, la moitié de Kyiv était plongée dans le noir. Plus de 6 000 immeubles sans chauffage. Des températures qui plongent jusqu’à moins 17 degrés la nuit. Et ce n’était que le début. Le 20 janvier, nouvelle attaque massive. 5 635 bâtiments résidentiels privés de chauffage, selon le maire Vitali Klitschko. Près de la moitié de la capitale dans le noir, encore.
Les chiffres sont vertigineux, mais ils ne disent pas tout. Ils ne disent pas la peur d’une mère qui regarde son enfant grelotter. Ils ne disent pas l’angoisse d’un vieillard qui se demande s’il survivra à la nuit. Ils ne disent pas l’épuisement des équipes de secours qui travaillent sans relâche pour rétablir ce que les bombes détruisent. Kyiv a besoin de 1 700 mégawatts pour fonctionner normalement. Elle n’en a que la moitié. C’est, selon Klitschko, du jamais vu dans l’histoire de la ville. Jamais, même pendant les pires moments de l’invasion, la capitale n’avait été aussi démunie face au froid.
Les points de chaleur : survivre ensemble
Face à cette catastrophe, l’Ukraine s’organise. Plus de 1 200 points de chaleur ont été ouverts à Kyiv. Des refuges où les habitants peuvent venir se réchauffer, recharger leurs téléphones, boire un thé chaud. 68 points supplémentaires installés par les services d’urgence et les partenaires humanitaires. Les écoles sont fermées jusqu’en février pour économiser l’énergie. Les lampadaires sont éteints la nuit. Chaque watt compte. Chaque geste compte. C’est une économie de guerre, au sens le plus littéral du terme. Une économie de survie.
Mais au-delà de la logistique, il y a quelque chose d’autre. Quelque chose qui ne se mesure pas en mégawatts. C’est la solidarité. Les voisins qui partagent un générateur. Les inconnus qui ouvrent leur porte à ceux qui n’ont plus rien. Les bénévoles qui distribuent des couvertures. Cette capacité à tenir ensemble, malgré tout, c’est peut-être la plus grande force de l’Ukraine. Et c’est précisément ce que Poutine n’a pas compris. On ne brise pas un peuple en le faisant geler. On le soude.
J’ai vu des images de ces points de chaleur. Des familles entières, assises sur des bancs, serrées les unes contre les autres. Des enfants qui font leurs devoirs à la lueur de lampes de secours. Des grands-mères qui tricotent pour s’occuper les mains et l’esprit. Et je me suis demandé : combien de temps ? Combien de temps peut-on demander à des gens de vivre comme ça ? Et surtout : avons-nous le droit, nous qui vivons au chaud, de leur demander de tenir encore, toujours, sans faillir ? La réponse, je le sais, n’appartient qu’à eux. Mais notre devoir, à nous, c’est de ne pas les abandonner.
Les garanties de sécurité : promesses ou réalité ?
L’offre américaine sur la table
Le document est prêt, a dit Zelensky. 100% finalisé. Les États-Unis proposent à l’Ukraine des garanties de sécurité sur 15 ans. C’est du sérieux. C’est du concret. Mais ce n’est pas encore signé. Et entre une promesse et une signature, il y a parfois un gouffre. Le document devra passer par le Congrès américain et par le Parlement ukrainien. Des ratifications qui peuvent prendre du temps, qui peuvent échouer, qui peuvent être édulcorées. Kyiv attend une date, un lieu. Washington hésite. Les élections, les équilibres politiques, les priorités changeantes : autant de facteurs qui peuvent faire dérailler le processus.
Et puis il y a la question de ce que ces garanties signifient vraiment. 15 ans de protection, d’accord. Mais quelle protection exactement ? Des armes ? De l’argent ? Une intervention directe en cas de nouvelle agression ? Les détails comptent. Les Ukrainiens ont appris à leurs dépens que les promesses internationales peuvent s’évaporer. Le Mémorandum de Budapest de 1994, qui garantissait l’intégrité territoriale de l’Ukraine en échange de son arsenal nucléaire, n’a pas empêché l’annexion de la Crimée. La méfiance est légitime. La prudence est de mise.
L’engagement européen : France et Royaume-Uni en première ligne
L’Europe aussi s’engage. Le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron ont signé une déclaration historique aux côtés de Zelensky lors d’une réunion de la Coalition des Volontaires à Paris. Des hubs militaires seront installés en Ukraine après un éventuel cessez-le-feu. Des installations protégées pour stocker armes et équipements. Et surtout, des soldats français et britanniques déployés sur le sol ukrainien. C’est une première. C’est un engagement fort. C’est aussi une ligne rouge pour Moscou.
Poutine a été catégorique : pas de troupes de l’OTAN en Ukraine. Jamais. Sous aucun prétexte. C’est là que les négociations butent, encore et toujours. La Russie veut une Ukraine démilitarisée, neutralisée, sans protection occidentale. Une proie facile pour une future agression. L’Occident veut une Ukraine capable de se défendre, dissuasive, ancrée dans le camp démocratique. Ces visions sont incompatibles. Et tant qu’elles le resteront, la guerre continuera. Sous une forme ou une autre.
La dimension humanitaire : 10,8 millions de personnes dans le besoin
L’appel de l’ONU : 2,31 milliards de dollars
Les Nations Unies ont lancé leur appel humanitaire pour 2026. Le montant : 2,31 milliards de dollars. L’objectif : aider 4,12 millions de personnes confrontées aux besoins les plus sévères. Mais au total, ce sont 10,8 millions d’Ukrainiens qui ont besoin d’une forme d’assistance humanitaire. Presque un quart de la population d’avant-guerre. Des déplacés internes, des familles dont les maisons ont été détruites, des personnes âgées isolées, des enfants traumatisés. Une génération entière marquée par la guerre.
Ces chiffres, on les lit, on les note, et puis on passe à autre chose. C’est humain. C’est aussi dangereux. Parce que derrière chaque chiffre, il y a un visage. Olena, 47 ans, qui a fui Marioupol avec ses deux enfants et rien d’autre. Petro, 72 ans, qui refuse de quitter son village malgré les bombardements parce que c’est là que sa femme est enterrée. Anya, 8 ans, qui dessine des avions qui lancent des fleurs au lieu de bombes. Ce sont eux, les 10,8 millions. Ce sont eux qu’on oublie quand on parle de géopolitique et de lignes de front.
Je refuse de m’habituer à ces chiffres. Je refuse que 10,8 millions devienne juste un nombre, une statistique qu’on cite pour faire sérieux. Chaque unité de ce nombre est une personne. Avec une histoire, des rêves, des peurs. Des gens qui, il y a quatre ans, vivaient des vies normales. Qui allaient au travail, emmenaient leurs enfants à l’école, planifiaient leurs vacances. Et qui aujourd’hui survivent. Parce qu’un homme à Moscou a décidé que leur pays n’avait pas le droit d’exister. C’est ça, la réalité de cette guerre. Pas les cartes, pas les stratégies. Les gens.
Les crimes de guerre documentés
La Cour pénale internationale fait son travail, méthodiquement. Les mandats d’arrêt s’accumulent. Vladimir Poutine lui-même est recherché pour la déportation d’enfants ukrainiens. Deux hauts responsables militaires russes viennent d’être inculpés pour les attaques sur les infrastructures énergétiques. Des crimes de guerre, selon le droit international. Des attaques délibérées contre des civils, conçues pour leur infliger des souffrances maximales. La justice internationale avance. Lentement, mais elle avance.
Mais la justice ne réchauffe pas les appartements. Elle ne ramène pas les morts. Elle ne répare pas les familles brisées. Elle offre, peut-être, une forme de reconnaissance. Une validation que ce qui s’est passé était mal, était criminel, était inacceptable. Pour les victimes, c’est important. Pour l’histoire, c’est essentiel. Mais pour le présent, pour ceux qui gèlent en ce moment même, ce n’est pas suffisant. La justice viendra après. D’abord, il faut survivre.
Le triangle Pologne-Lituanie-Ukraine : l'alliance des résistants
Une histoire commune face à l’impérialisme russe
La rencontre de Vilnius n’était pas qu’une photo diplomatique. C’était la réaffirmation d’une alliance forgée dans l’histoire et cimentée par le sang. La Pologne, la Lituanie et l’Ukraine partagent une expérience commune : celle d’avoir été, à différentes époques, sous le joug russe. Les partages de la Pologne. L’occupation soviétique de la Lituanie. Les famines orchestrées en Ukraine. Ces trois nations savent ce que signifie la domination de Moscou. Elles savent ce qu’il en coûte de la subir. Et elles savent ce qu’il faut pour y résister.
Le président Nawrocki l’a dit avec des mots simples et forts : Russie tsariste, Russie bolchévique, Russie de Poutine — c’est le même problème. La même menace. Le même empire qui ne supporte pas que ses voisins soient libres. Cette lecture historique n’est pas de la rhétorique. C’est une analyse lucide. Et c’est pourquoi la Pologne est le premier soutien logistique de l’Ukraine. C’est pourquoi la Lituanie dépense un pourcentage record de son PIB pour la défense. Ces pays ne défendent pas seulement l’Ukraine. Ils se défendent eux-mêmes. Ils défendent l’Europe.
La défense antiaérienne : l’urgence absolue
À Vilnius, Zelensky a plaidé pour davantage de munitions antiaériennes. C’est une demande récurrente, presque obsessionnelle. Et pour cause : c’est une question de vie ou de mort. Les systèmes Patriot, les NASAMS, les IRIS-T sont ce qui permet à l’Ukraine d’intercepter une partie des missiles et drones russes. Sans eux, chaque attaque ferait encore plus de victimes. Les infrastructures seraient encore plus détruites. L’hiver serait encore plus meurtrier.
Mais les stocks ne sont pas illimités. Les pays occidentaux doivent produire, livrer, former. C’est une course contre la montre face à une Russie qui, elle, produit à plein régime, aidée par l’Iran pour les drones et par la Corée du Nord pour les munitions. L’asymétrie est réelle. Et elle se paie en vies humaines. Chaque jour de retard dans les livraisons, c’est un immeuble de plus détruit, une famille de plus endeuillée, un enfant de plus traumatisé. Zelensky le sait. Ses alliés aussi. Mais entre savoir et agir, il y a parfois un gouffre.
La défense antiaérienne, c’est abstrait pour nous. Des systèmes aux noms techniques, des trajectoires balistiques, des pourcentages d’interception. Mais pour une mère ukrainienne, c’est concret. C’est la différence entre un missile qui explose en l’air et un missile qui explose dans l’école de son enfant. C’est la différence entre une nuit de peur et une nuit de deuil. Quand on parle de livrer des Patriot, on ne parle pas de géopolitique. On parle de sauver des vies. Et chaque jour où on hésite, on choisit de ne pas les sauver.
L'équation impossible : paix juste contre paix rapide
Ce que veut Trump, ce que veut Poutine
L’administration Trump veut une résolution rapide du conflit. C’est compréhensible d’un point de vue politique américain. La guerre en Ukraine coûte cher, mobilise des ressources, divise l’opinion. Trump veut un deal, une poignée de main, une photo de victoire diplomatique. Mais Poutine aussi veut un deal. Un deal qui lui permette de garder ses conquêtes, de proclamer sa victoire, de prouver que l’agression paie. Ces deux volontés ne sont pas compatibles avec les intérêts ukrainiens. Et c’est là tout le problème.
Une paix rapide qui entérinerait les annexions russes ne serait pas une paix. Ce serait une pause. Une pause pendant laquelle Poutine reconstituerait ses forces, pendant laquelle il digérerait ses gains, pendant laquelle il préparerait la prochaine offensive. C’est ce qui s’est passé après 2014. La communauté internationale a accepté l’annexion de la Crimée de facto. Elle a fermé les yeux sur la guerre du Donbas. Et huit ans plus tard, Poutine a lancé son invasion totale. Les leçons de l’histoire sont claires. Les ignorer serait criminel.
Le référendum : la voie ukrainienne vers la paix
Zelensky a proposé une solution : un référendum national. Que le peuple ukrainien décide lui-même des termes de la paix. C’est la démocratie dans sa forme la plus pure. Mais pour qu’un tel référendum ait lieu, il faut d’abord un cessez-le-feu. Au moins deux mois de calme, selon Zelensky, pour permettre une consultation sereine. Moscou refuse. Pas de cessez-le-feu sans accord global, dit Poutine. C’est un cercle vicieux parfaitement calculé. Refuser le cessez-le-feu, c’est refuser le référendum. C’est refuser que les Ukrainiens aient leur mot à dire.
Car Poutine sait très bien ce que dirait ce référendum. Il sait que le peuple ukrainien, malgré la souffrance, malgré le froid, malgré les morts, refuserait massivement de céder ses terres. Il sait que la résistance n’est pas qu’une posture de Zelensky, mais une conviction profonde de toute une nation. Et c’est précisément pour cela qu’il ne veut pas de ce vote. La voix du peuple ukrainien est son pire ennemi. Plus encore que les Patriot et les HIMARS.
Les 90% d'accord : ce que cela signifie vraiment
Un verre presque plein ou presque vide ?
Après les discussions de décembre avec Trump, Zelensky avait annoncé que 90% d’un accord potentiel avaient été convenus. Le chiffre a fait les gros titres. Il suggérait une percée imminente, une paix à portée de main. Mais les 10% restants, ce sont les territoires. Ce sont les frontières. Ce sont les questions sur lesquelles tout achoppe depuis le début. Dire qu’on est d’accord sur 90% quand les 10% restants sont les plus cruciaux, c’est comme dire qu’on est presque guéri alors que le cœur ne bat plus.
Les 90% concernent des aspects importants mais secondaires. Les modalités économiques. Les mécanismes de surveillance. Les formats de discussion. Tout ce qui peut être négocié quand la question fondamentale est réglée. Mais cette question fondamentale — qui contrôle quoi — reste entière. Et elle le restera tant que Moscou exigera la reconnaissance de ses conquêtes et que Kyiv refusera de légitimer le vol. C’est la quadrature du cercle. Et aucun pourcentage ne peut la résoudre.
La centrale de Zaporijjia : le symbole de l’impasse
Parmi les sujets discutés à Abu Dhabi, la centrale nucléaire de Zaporijjia occupe une place particulière. C’est la plus grande centrale nucléaire d’Europe. Elle est sous occupation russe depuis 2022. Elle a été le théâtre de combats, de tirs, d’incidents qui ont fait craindre une catastrophe nucléaire. L’AIEA y maintient une présence permanente, surveillant nerveusement chaque anomalie. Le sort de cette centrale cristallise toutes les tensions du conflit.
Qui la contrôlera après la guerre ? L’Ukraine, propriétaire légitime ? La Russie, occupant de fait ? Une administration internationale ? Chaque option pose des problèmes immenses. Et au-delà de Zaporijjia, c’est toute la question du contrôle territorial qui se pose. Les quatre régions annexées en 2022 — Donetsk, Louhansk, Zaporijjia, Kherson — ne sont pas entièrement contrôlées par la Russie. L’Ukraine tient encore des portions significatives. Tracer des lignes sur une carte, c’est décider du sort de millions de personnes. Ce n’est pas un exercice cartographique. C’est un choix moral.
La fatigue de l'Occident : le piège de Poutine
Quand l’usure devient une stratégie
Poutine joue sur le temps. Il sait que les démocraties occidentales ont des cycles électoraux, des opinions publiques versatiles, des priorités changeantes. Il sait que la guerre en Ukraine, aussi juste soit-elle, finira par lasser. Que les électeurs américains, français, allemands, se demanderont pourquoi on dépense autant pour un pays lointain. Que les gouvernements, sous pression, chercheront des sorties. C’est sa stratégie. Tenir, épuiser, attendre que l’Occident craque.
Et il y a des signes inquiétants. Les débats budgétaires aux États-Unis sur l’aide à l’Ukraine. Les voix en Europe qui appellent à négocier à tout prix. Les partis politiques qui font de l’abandon de Kyiv un argument électoral. Poutine observe tout cela avec satisfaction. Chaque hésitation occidentale, chaque retard de livraison, chaque déclaration ambiguë est une victoire pour lui. Il n’a pas besoin de gagner sur le terrain. Il a besoin que nous perdions patience.
C’est là que nous sommes testés. Pas l’Ukraine. Nous. Notre capacité à tenir nos engagements. Notre fidélité à nos valeurs. Notre courage face à l’adversité. Parce que soutenir l’Ukraine, ce n’est pas de la charité. C’est de l’investissement. Dans un ordre international où les frontières ne se changent pas par la force. Dans un monde où l’agression ne paie pas. Dans un avenir où nos propres enfants n’auront pas à affronter un empire russe enhardi par notre lâcheté. Abandonner l’Ukraine, ce serait nous abandonner nous-mêmes.
Le coût de l’abandon
Imaginons un instant que l’Occident cède. Que l’Ukraine soit forcée d’accepter les conditions russes. Que Poutine obtienne sa victoire. Quelles seraient les conséquences ? D’abord, pour les Ukrainiens eux-mêmes : des millions de personnes abandonnées à un régime qui les considère comme des sous-hommes, qui déporte leurs enfants, qui efface leur culture. Ensuite, pour l’Europe : une Russie triomphante à ses portes, convaincue que l’agression paie, prête à recommencer ailleurs. La Moldavie. Les pays baltes. Qui sait ?
Et enfin, pour le monde entier : la fin de l’ordre international fondé sur le droit. Si la Russie peut annexer des territoires par la force et s’en tirer, pourquoi pas la Chine avec Taïwan ? Pourquoi pas n’importe quelle puissance avec n’importe quel voisin plus faible ? Le précédent serait catastrophique. Il ouvrirait une ère de chaos, de loi du plus fort, de guerres de conquête. Tout ce que l’humanité a essayé de dépasser depuis 1945. Tout ce pour quoi des millions de personnes sont mortes. Détruit par notre fatigue.
Conclusion : La dignité n'a pas de prix
Ce que Zelensky dit vraiment
Quand Zelensky refuse les concessions territoriales, il ne parle pas que de géographie. Il parle de principe. Il dit que la force ne crée pas le droit. Il dit qu’un vol reste un vol, même quand le voleur est puissant. Il dit que son peuple, qui souffre, qui gèle, qui meurt, mérite mieux qu’une paix de la honte. Ce n’est pas de l’intransigeance. C’est de la dignité. Et la dignité, contrairement à ce que pensent les cyniques, ça compte. Ça compte pour ceux qui se battent. Ça compte pour l’histoire. Ça compte pour l’avenir.
Les Ukrainiens ont choisi. Ils ont choisi de résister, malgré tout. Ils ont choisi de geler plutôt que de capituler. Ils ont choisi la liberté plutôt que la soumission. Ce choix leur appartient. Notre rôle, à nous qui les regardons de loin, bien au chaud, c’est de les soutenir dans ce choix. Pas de leur dicter ce qu’ils devraient accepter. Pas de leur expliquer qu’ils devraient être plus réalistes. Pas de les abandonner quand ça devient inconfortable. Les soutenir. Jusqu’au bout. Parce que leur combat est aussi le nôtre.
Et maintenant ?
Les négociations reprendront le 1er février à Abu Dhabi. Les diplomates parleront, les experts analyseront, les médias commenteront. Pendant ce temps, à Kyiv, à Kharkiv, à Odessa, des gens continueront à vivre sous les bombes, à grelotter dans le froid, à espérer des jours meilleurs. Zelensky continuera à voyager, à plaider, à refuser ce qui est inacceptable. Poutine continuera à bombarder, à menacer, à exiger l’impossible. Et l’hiver, indifférent aux calculs des hommes, continuera à mordre.
Quelque part à Kyiv, une petite fille dessine dans un point de chaleur. Elle dessine sa maison, celle d’avant les bombes. Elle dessine un soleil, celui qu’elle ne voit plus à travers les fenêtres condamnées. Elle dessine sa famille, réunie, souriante. Elle ne comprend pas pourquoi tout ça arrive. Personne ne le comprend vraiment. Mais elle sait une chose : demain, elle dessinera encore. Parce que c’est ça, résister. Continuer. Malgré tout. Jusqu’à ce que le soleil revienne pour de vrai.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements ukrainien, polonais et lituanien, déclarations publiques du président Zelensky, rapports des Nations Unies, dépêches d’agences de presse internationales (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse).
Sources secondaires : publications spécialisées et médias d’information reconnus internationalement (Euronews, Al Jazeera, CNN, NBC News, Kyiv Post, La Presse, The Guardian).
Les données statistiques citées proviennent d’institutions officielles : Nations Unies, administration municipale de Kyiv, ministère ukrainien de l’Énergie.
Nature de l’analyse
Les analyses et interprétations présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles et les tendances observées.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Euronews — Ukrainian and US teams tackling ‘most difficult issues’ at Paris peace talks — 7 janvier 2026
Al Jazeera — First day of trilateral talks on Russia-Ukraine war ends in UAE — 23 janvier 2026
Al Jazeera — ‘Deliberate torment’: Ukrainians left without heating after Russian attacks — 8 janvier 2026
UN News — Ukraine: Deadly Russian strikes push civilians deeper into winter crisis — janvier 2026
CNN — Bitter winter cold bites for Kyiv’s residents as Russia steps up attacks — 11 janvier 2026
NBC News — Kyiv is freezing in the dark as Russian strikes leave Ukraine’s capital powerless — janvier 2026
Sources secondaires
La Presse — Zelensky réclame plus de munitions antiaériennes — 25 janvier 2026
Kyiv Post — Zelensky Outlines the Terms of a Peace Agreement — janvier 2026
NPR — U.S. offers Ukraine 15-year security guarantee as part of peace plan — 29 décembre 2025
ABC News — US security agreement for Ukraine is ‘100% ready’ to be signed — 25 janvier 2026
Ukrinform — Zelensky arrives in Lithuania to participate in celebrations — 25 janvier 2026
Euronews — Almost half of Kyiv without heat and power — 20 janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.