L’année la plus meurtrière depuis le début du conflit
L’année 2025 restera dans les annales comme la période la plus sanglante de ce conflit interminable. Selon l’analyse de la BBC russe, réalisée en collaboration avec Mediazona et des groupes de volontaires, les nécrologies de soldats russes publiées en 2025 ont augmenté de 40% par rapport à 2024. Cette progression alarmante coïncide paradoxalement avec l’intensification des efforts diplomatiques menés par l’administration Trump pour parvenir à un cessez-le-feu. Un phénomène qui illustre la logique perverse de cette guerre : plus la pression internationale pour la paix s’intensifie, plus Poutine pousse ses troupes à l’offensive pour améliorer ses positions de négociation. En octobre et novembre 2025, au moment où Washington présentait sa proposition de paix en 28 points, la moyenne quotidienne des nécrologies atteignait 322 par jour, soit le double de la moyenne de 2024.
Cette escalade meurtrière s’explique par plusieurs facteurs convergents. D’abord, la stratégie du Kremlin de gains territoriaux à tout prix pour peser dans les négociations futures. Poutine et son entourage considèrent que chaque village conquis, chaque colline prise constitue un atout diplomatique majeur. Cette approche a conduit à des offensives suicidaires, particulièrement dans le secteur de Bakhmout et de Donetsk, où les forces russes se heurtent à des défenses ukrainiennes solidement établies. L’arrivée de troupes nord-coréennes sur le théâtre d’opérations, estimées à plusieurs milliers d’hommes, témoigne également des difficultés croissantes de Moscou à compenser ses pertes humaines par la mobilisation interne. Cette internationalisation du conflit soulève des questions inquiétantes sur l’état réel des réserves russes et la capacité du pays à poursuivre l’effort de guerre sans compromettre sa stabilité intérieure.
Cette course folle vers toujours plus de violence me laisse perplexe. Comment Poutine peut-il justifier auprès de son peuple cette escalade meurtrière au moment même où le monde entier pousse vers la paix ? Chaque jour de retard dans les négociations coûte des centaines de vies russes et ukrainiennes.
Les régions russes face à l’hécatombe
La géographie des pertes russes révèle les inégalités sociales profondes qui structurent la société russe contemporaine. Les républiques périphériques comme la Bachkirie, la Bouriatie, le Daghestan ou la Tchétchénie fournissent un contingent disproportionné de « chair à canon » par rapport à leur poids démographique. Dans la ville d’Oufa, capitale de la Bachkirie, les entrepreneurs des pompes funèbres témoignent d’une activité en constante augmentation depuis le début du conflit. Nikolaï, dirigeant d’une entreprise familiale locale, confie reconnaître parfois parmi les défunts d’anciens camarades d’école ou des connaissances. Cette proximité de la mort transforme progressivement le tissu social de ces régions, créant une génération d’orphelins et de veuves dont les conséquences à long terme restent imprévisibles.
L’État russe tente de compenser cette saignée par un système de compensations financières de plus en plus généreux. Les familles de soldats tués reçoivent désormais des indemnités pouvant atteindre plusieurs millions de roubles, sommes considérables dans ces régions où le salaire moyen reste très bas. Cette stratégie d’achat de la paix sociale fonctionne pour l’instant, mais elle pèse lourdement sur les finances publiques déjà mises à rude épreuve par l’effort de guerre et les sanctions occidentales. Les analystes économiques estiment que ces dépenses sociales liées au conflit représentent désormais près de 3% du PIB russe, un fardeau qui pourrait devenir insoutenable à moyen terme si la guerre se prolonge. Par ailleurs, cette politique crée des distorsions économiques majeures dans les régions concernées, où l’argent des compensations militaires devient parfois la principale source de revenus, créant une dépendance malsaine à la continuation du conflit.
L'effondrement de la machine de guerre russe : analyse des pertes matérielles
La débâcle des forces blindées : un symbole de l’échec russe
La destruction de plus de 11,494 chars de combat russes en moins de quatre ans représente bien plus qu’une simple statistique militaire : c’est le symbole de l’effondrement d’une doctrine de guerre héritée de l’ère soviétique. Ces machines, conçues pour des batailles de mouvement à grande échelle dans les plaines européennes, se sont révélées inadaptées aux réalités du conflit ukrainien. Les fameux T-72, T-80 et T-90, fleurons de l’industrie militaire russe, ont été méthodiquement détruits par une combinaison de missiles antichar occidentaux, de drones ukrainiens et d’une tactique défensive particulièrement efficace. Chaque char perdu représente non seulement une perte matérielle considérable, mais aussi la disparition d’équipages expérimentés dont la formation nécessite des années. La Russie tente de compenser ces pertes en remettant en service d’anciens modèles soviétiques stockés dans des dépôts, mais ces machines vieillissantes sont encore plus vulnérables aux armes modernes.
L’industrie militaire russe, malgré sa conversion accélérée à l’économie de guerre, peine à suivre le rythme effréné des destructions sur le front. Les sanctions occidentales ont privé Moscou de composants électroniques critiques, notamment les puces et capteurs nécessaires aux systèmes de visée et de navigation modernes. Cette pénurie technologique contraint les constructeurs russes à des solutions de fortune, utilisant parfois des composants civils détournés pour maintenir la production. Le résultat est une baisse qualitative notable des nouveaux matériels livrés aux forces armées, créant un cercle vicieux où les équipements moins performants subissent des pertes encore plus importantes. Les 23,851 véhicules blindés détruits témoignent également de cette vulnérabilité croissante de l’armée russe face à des adversaires mieux équipés et tactiquement supérieurs.
Cette hécatombe de blindés me rappelle les images des cimetières de chars après les grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale. Sauf qu’ici, c’est l’agresseur qui subit ces pertes catastrophiques, et pour quoi ? Pour satisfaire les rêves de grandeur d’un autocrate vieillissant.
L’artillerie russe : de la supériorité à l’épuisement
Avec 35,720 pièces d’artillerie détruites selon les sources ukrainiennes, l’armée russe a vu fondre son principal avantage tactique face aux forces de Kiev. L’artillerie constituait traditionnellement le point fort de la doctrine militaire russe, héritée des grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale où les « orgues de Staline » avaient fait merveille. Cette supériorité numérique en canons, obusiers et lance-roquettes multiples avait permis à Moscou de compenser initialement ses faiblesses dans d’autres domaines. Mais la guerre d’usure imposée par le conflit ukrainien, combinée à la contre-batterie efficace des forces ukrainiennes équipées de radars de localisation occidentaux, a progressivement érodé cet avantage. Chaque pièce d’artillerie détruite représente non seulement une perte matérielle, mais aussi la disparition de servants expérimentés et de munitions de plus en plus rares.
La crise des munitions d’artillerie constitue désormais l’un des talons d’Achille majeurs de l’effort de guerre russe. Malgré l’aide de la Corée du Nord, qui aurait livré plusieurs millions d’obus, et la conversion massive de l’industrie civile à la production militaire, la Russie peine à maintenir l’intensité de ses bombardements. Les analystes occidentaux estiment que la production russe d’obus d’artillerie, bien qu’en forte augmentation, ne couvre qu’environ 60% des besoins réels du front. Cette pénurie contraint les commandants russes à rationner leurs tirs, réduisant l’efficacité de leurs offensives et permettant aux Ukrainiens de mieux organiser leurs défenses. La destruction de 1,589 systèmes de roquettes multiples aggrave encore cette situation, privant l’armée russe de sa capacité de saturation massive qui constituait l’un de ses principaux atouts tactiques.
La guerre aérienne : l'échec de la supériorité russe
Une aviation décimée malgré la supériorité numérique
La perte de 434 avions de combat en près de quatre ans de conflit constitue un désastre stratégique majeur pour l’aviation russe. Ces chiffres, s’ils sont confirmés, représentent près du tiers de la flotte d’avions de chasse et de bombardiers opérationnels de la Russie au début du conflit. Chaque appareil détruit, qu’il s’agisse d’un Su-35 de dernière génération ou d’un vénérable Su-25 d’attaque au sol, représente des dizaines de millions de dollars d’investissement et des années de formation pour les pilotes. Cette hémorragie aérienne explique en grande partie l’incapacité persistante de Moscou à établir une supériorité aérienne décisive sur l’Ukraine, objectif pourtant prioritaire de toute offensive moderne. L’aviation russe, contrainte à la prudence par l’efficacité des défenses antiaériennes ukrainiennes, ne peut plus jouer son rôle de soutien rapproché des troupes au sol, privant l’armée de terre d’un atout majeur.
La perte de 347 hélicoptères aggrave encore cette situation critique. Ces appareils, essentiels pour le transport tactique, l’évacuation médicale et l’appui-feu direct, constituaient l’épine dorsale de la mobilité des forces russes. Leur destruction massive contraint les commandants à privilégier les déplacements terrestres, plus lents et plus vulnérables aux embuscades. Les pilotes d’hélicoptères, dont la formation est particulièrement longue et coûteuse, deviennent une ressource de plus en plus rare. Cette pénurie de personnel qualifié explique en partie la baisse observable de l’efficacité des opérations aéromobiles russes, jadis redoutables lors des conflits en Tchétchénie ou en Géorgie. L’industrie aéronautique russe, malgré ses efforts pour accélérer la production, ne parvient pas à compenser ces pertes au rythme nécessaire, d’autant que les sanctions occidentales compliquent l’approvisionnement en composants critiques.
Voir l’aviation russe, héritière de la glorieuse tradition soviétique, réduite à cette impuissance me frappe. Ces pilotes, formés pendant des années, sacrifiés pour une guerre qui n’avait pas lieu d’être. Combien d’As potentiels ont disparu dans les champs ukrainiens ?
La défense antiaérienne : un système à bout de souffle
La destruction de 1,267 systèmes antiaériens russes révèle une vulnérabilité croissante de Moscou face aux attaques ukrainiennes en profondeur. Ces systèmes, qui incluent les redoutables S-300, S-400 et Pantsir, constituaient traditionnellement l’un des points forts de la doctrine militaire russe. Leur perte progressive ouvre des brèches dans le bouclier défensif russe, permettant aux drones et missiles ukrainiens de frapper des objectifs de plus en plus lointains sur le territoire russe. Cette érosion des capacités de défense aérienne contraint Moscou à redéployer constamment ses systèmes survivants, créant des zones temporairement vulnérables que les Ukrainiens exploitent avec une efficacité croissante. La sophistication des attaques ukrainiennes, combinant drones leurres et missiles de croisière, révèle les limites des systèmes russes face aux tactiques modernes de saturation.
Cette dégradation des capacités antiaériennes russes a des conséquences stratégiques majeures qui dépassent le simple cadre ukrainien. Les pays voisins de la Russie, particulièrement les membres de l’OTAN, observent avec attention ces faiblesses révélées par le conflit. La réputation d’invincibilité des systèmes russes, argument commercial majeur pour les exportations d’armement de Moscou, s’effrite progressivement. Plusieurs pays clients, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, reconsidèrent leurs commandes ou demandent des rabais substantiels. Cette perte de crédibilité sur le marché international de l’armement représente un manque à gagner considérable pour l’économie russe, déjà fragilisée par les sanctions. L’industrie militaire russe devra probablement consacrer des années et des milliards de roubles à la recherche et développement pour restaurer sa réputation technologique.
L'impact économique et social des pertes : une société russe en mutation
Le coût économique de l’hécatombe
Le coût économique direct des pertes militaires russes dépasse largement les simples chiffres de remplacement du matériel détruit. Chaque char, avion ou système d’artillerie perdu représente des années d’investissement en recherche, développement et production. Les analystes économiques estiment que la valeur totale des équipements militaires détruits depuis février 2022 approche les 200 milliards de dollars, soit l’équivalent de plus de 10% du PIB russe annuel. Cette destruction massive de capital militaire survient au moment où l’économie russe fait face aux sanctions occidentales les plus sévères de son histoire moderne. L’État doit simultanément financer la production de nouveaux armements, compenser les familles des victimes et maintenir un niveau de vie acceptable pour éviter les troubles sociaux. Cette triple contrainte budgétaire explique en partie l’inflation galopante que connaît la Russie et la dépréciation continue du rouble.
Au-delà des aspects purement financiers, cette guerre d’usure révèle les limites structurelles de l’économie russe. Le complexe militaro-industriel, pilier de l’économie soviétique puis russe, montre des signes d’essoufflement face à la demande exceptionnelle générée par le conflit. Les chaînes de production, optimisées pour un rythme de temps de paix, peinent à s’adapter aux besoins urgents du front. La pénurie de main-d’œuvre qualifiée, aggravée par la mobilisation militaire et l’exode des jeunes diplômés, complique encore la situation. De nombreuses usines d’armement fonctionnent désormais 24 heures sur 24, mais cette cadence infernale génère une usure prématurée des équipements industriels et une dégradation de la qualité des produits finis. Cette spirale négative pourrait avoir des conséquences durables sur la compétitivité de l’industrie militaire russe, même après la fin du conflit.
Cette guerre dévore littéralement l’économie russe. Combien de temps un pays peut-il tenir à ce rythme de destruction ? Poutine joue avec le feu, et c’est son peuple qui risque de se brûler.
Les transformations sociales : une génération sacrifiée
L’impact social des pertes humaines massives commence à transformer en profondeur la société russe, particulièrement dans les régions périphériques qui fournissent l’essentiel des combattants. L’augmentation de 12,7% des revenus des entreprises funéraires en 2025 ne représente que la partie visible d’un bouleversement démographique majeur. Dans certaines républiques comme la Bouriatie ou le Daghestan, le ratio de jeunes hommes a chuté de manière dramatique, créant des déséquilibres sociaux durables. Les femmes se retrouvent majoritaires dans de nombreuses tranches d’âge, modifiant les structures familiales traditionnelles et les perspectives économiques locales. Cette féminisation forcée de la société pourrait avoir des conséquences culturelles et politiques imprévisibles dans des régions aux traditions patriarcales marquées.
Le système de compensations financières mis en place par l’État russe, bien qu’efficace pour maintenir la paix sociale à court terme, crée des distorsions économiques profondes. Dans certaines localités, l’argent versé aux familles endeuillées représente une part significative de l’économie locale, créant une dépendance malsaine à la continuation du conflit. Cette situation paradoxale génère des tensions au sein des communautés, entre ceux qui bénéficient de ces compensations et ceux qui n’ont pas perdu de proches. Les témoignages recueillis dans les régions frontalières révèlent des fractures sociales croissantes, exacerbées par les inégalités de traitement entre les différentes catégories de militaires. Les familles de soldats contractuels reçoivent des compensations bien supérieures à celles des conscrits, créant un système à deux vitesses qui nourrit les ressentiments.
La réponse ukrainienne : efficacité tactique et soutien occidental
L’évolution de la stratégie défensive ukrainienne
Le succès ukrainien dans l’infliction de pertes aussi massives aux forces russes ne relève pas du hasard, mais d’une adaptation tactique remarquable aux réalités du conflit moderne. L’armée ukrainienne a su tirer les leçons des premiers mois de guerre pour développer une approche défensive particulièrement efficace, combinant l’utilisation massive de drones, l’exploitation intelligente du terrain et l’intégration optimale des systèmes d’armes occidentaux. Cette évolution tactique s’appuie sur une connaissance intime du territoire national et une motivation défensive qui compense largement l’infériorité numérique initiale. Les commandants ukrainiens ont privilégié une stratégie d’usure, préférant infliger des pertes maximales à l’ennemi plutôt que de chercher des victoires territoriales spectaculaires mais coûteuses en vies humaines.
L’intégration des systèmes d’armes occidentaux dans la doctrine ukrainienne constitue l’un des facteurs clés de cette efficacité meurtrière. Les missiles Javelin, NLAW, et autres systèmes antichar ont révolutionné la guerre terrestre, permettant à de petites unités d’infanterie de détruire les blindés les plus modernes. Cette démocratisation de la puissance de feu antichar a rendu obsolètes de nombreuses tactiques russes héritées de l’ère soviétique. Parallèlement, les systèmes de défense antiaérienne occidentaux comme les Patriot, NASAMS ou IRIS-T ont créé un environnement hostile pour l’aviation russe, forçant celle-ci à opérer à distance et réduisant considérablement son efficacité. Cette synergie entre matériel occidental et savoir-faire ukrainien a créé une force défensive redoutablement efficace, capable d’infliger des pertes disproportionnées à un adversaire théoriquement supérieur.
L’Ukraine nous donne une leçon magistrale de résistance et d’adaptation. Face à un ennemi plus nombreux et mieux équipé au départ, elle a su transformer ses faiblesses en forces. C’est David contre Goliath, version XXIe siècle.
Le rôle crucial du renseignement et de la technologie
La capacité ukrainienne à infliger des pertes aussi importantes aux forces russes s’appuie largement sur une supériorité informationnelle construite grâce au soutien occidental. Les satellites américains et européens fournissent en temps réel des renseignements précis sur les mouvements et concentrations de troupes russes, permettant aux forces ukrainiennes d’anticiper les offensives et de préparer des contre-mesures efficaces. Cette guerre de l’information moderne révèle l’importance cruciale du renseignement dans les conflits contemporains. Les drones de reconnaissance ukrainiens, souvent de fabrication artisanale mais équipés de technologies sophistiquées, complètent ce dispositif en fournissant des informations tactiques détaillées sur les positions ennemies.
L’innovation technologique ukrainienne, stimulée par l’urgence du conflit, a produit des solutions créatives particulièrement efficaces. Les drones kamikaze de fabrication locale, assemblés à partir de composants civils détournés, se révèlent redoutablement efficaces contre les blindés russes. Cette approche décentralisée de la production d’armement, impliquant des centaines de petites entreprises et d’inventeurs indépendants, contraste avec le modèle industriel centralisé russe. La flexibilité et la réactivité de ce système permettent des adaptations rapides aux évolutions tactiques du conflit. Les 120,799 cibles aériennes revendiquées par l’Ukraine témoignent de l’efficacité de cette approche hybride, mêlant technologie occidentale sophistiquée et ingéniosité locale. Cette combinaison pourrait redéfinir les standards futurs de la guerre moderne, privilégiant l’agilité et l’innovation sur la masse et la standardisation.
Les conséquences géopolitiques : une Russie affaiblie sur la scène internationale
L’effondrement du prestige militaire russe
Les pertes catastrophiques subies par l’armée russe en Ukraine ont provoqué un effondrement du prestige militaire de Moscou sur la scène internationale. Cette armée, héritière de celle qui avait vaincu le nazisme et longtemps considérée comme la deuxième force militaire mondiale, révèle des faiblesses structurelles majeures qui remettent en question des décennies de réputation. L’incapacité à conquérir rapidement un pays théoriquement inférieur en moyens et en effectifs a surpris les observateurs militaires du monde entier. Cette révélation de faiblesse a des conséquences directes sur l’influence géopolitique russe, particulièrement auprès des alliés traditionnels qui reconsidèrent leurs relations avec Moscou. Les pays africains, longtemps clients privilégiés de l’armement russe, diversifient leurs fournisseurs et remettent en question l’efficacité des systèmes proposés par l’industrie militaire russe.
Cette perte de crédibilité militaire s’accompagne d’un isolement diplomatique croissant de la Russie sur la scène internationale. Les partenaires traditionnels de Moscou, y compris au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai ou des BRICS, prennent leurs distances face à un allié qui apparaît désormais plus comme un fardeau que comme un atout stratégique. La Chine elle-même, malgré son soutien rhétorique, évite soigneusement de s’impliquer militairement dans le conflit ukrainien, préférant maintenir ses relations économiques avec l’Occident. Cette prudence chinoise illustre l’isolement croissant de la Russie et les limites de l’axe sino-russe vanté par la propagande de Moscou. L’Inde, autre partenaire stratégique, maintient une position d’équidistance qui témoigne de la perte d’attractivité du modèle russe.
Voir la Russie, cette ancienne superpuissance, réduite à mendier des munitions à la Corée du Nord et des drones à l’Iran, c’est un spectacle géopolitique saisissant. Comment Poutine a-t-il pu mener son pays dans cette impasse ?
L’impact sur l’architecture sécuritaire européenne
Les pertes russes massives en Ukraine redessinent fondamentalement l’architecture sécuritaire européenne pour les décennies à venir. L’affaiblissement militaire de la Russie, révélé par ce conflit, modifie l’équilibre des forces sur le continent et ouvre de nouvelles perspectives stratégiques pour l’OTAN et l’Union européenne. Cette guerre d’usure, si elle se prolonge, pourrait durablement réduire la capacité de projection de force russe au-delà de ses frontières immédiates. Les pays baltes, la Pologne et les autres nations d’Europe centrale, longtemps hantés par la menace russe, observent avec un mélange de satisfaction et d’inquiétude cette dégradation des capacités militaires de leur voisin encombrant. Cette nouvelle donne géostratégique pourrait permettre une réorganisation des priorités de défense européennes, avec un focus réduit sur la dissuasion anti-russe.
Paradoxalement, cet affaiblissement militaire russe pourrait également générer de nouveaux risques sécuritaires pour l’Europe. Une Russie acculée et humiliée militairement pourrait être tentée par des actions désespérées, incluant l’usage d’armes non conventionnelles ou le recours au chantage nucléaire. L’imprévisibilité d’un régime aux abois constitue un facteur d’instabilité majeur que les stratèges occidentaux doivent intégrer dans leurs calculs. Par ailleurs, l’effondrement potentiel de l’État russe sous le poids des pertes et de la crise économique pourrait créer un vide géopolitique majeur, avec des conséquences imprévisibles sur la stabilité de l’Eurasie. La gestion de cette transition géopolitique constituera l’un des défis majeurs de la diplomatie internationale dans les années à venir, nécessitant un équilibre délicat entre fermeté et pragmatisme.
Conclusion : Vers quel dénouement après 1433 jours de tragédie ?
Les leçons d’une guerre d’usure moderne
Après mille quatre cent trente-trois jours de conflit, les leçons stratégiques de cette guerre d’usure moderne commencent à se dessiner avec une clarté troublante. L’échec russe en Ukraine démontre l’obsolescence de nombreux concepts militaires hérités du XXe siècle face aux réalités technologiques contemporaines. La supériorité numérique traditionnelle se révèle insuffisante face à des adversaires bénéficiant d’un avantage technologique et informationnel décisif. Cette guerre illustre également l’importance cruciale de la motivation des combattants : l’armée ukrainienne, défendant son territoire national, fait preuve d’une résilience et d’une créativité tactique qui compensent largement son infériorité matérielle initiale. Ces enseignements redéfinissent les doctrines militaires mondiales et influenceront les stratégies de défense pour les décennies à venir.
L’ampleur des pertes russes, si elle se confirme, place ce conflit parmi les plus meurtriers de l’histoire moderne européenne. Plus d’un million de victimes militaires russes en moins de quatre ans représente un traumatisme démographique et social dont les conséquences se feront sentir pendant des générations. Cette saignée touche particulièrement les régions périphériques de la Russie, créant des déséquilibres territoriaux durables et remettant en question la cohésion de la Fédération. L’État russe devra consacrer des ressources considérables à la reconstruction de ses forces armées et au traitement des séquelles sociales de ce conflit. Cette reconstruction nécessitera probablement une décennie, voire davantage, pendant laquelle la Russie restera une puissance militaire diminuée, incapable de projeter sa force au-delà de ses frontières immédiates.
En contemplant ces chiffres vertigineux, je ne peux m’empêcher de penser à toutes ces vies brisées, à tous ces rêves anéantis. Un million de victimes pour satisfaire l’ego d’un seul homme. L’Histoire jugera sévèrement cette folie meurtrière.
L’avenir incertain d’une Russie exsangue
L’avenir de la Russie après cette saignée historique soulève des questions fondamentales sur la stabilité future de cet immense pays. Les pertes humaines et matérielles considérables, combinées à l’isolement international croissant et aux sanctions économiques durables, créent un cocktail explosif qui pourrait remettre en question l’unité même de la Fédération de Russie. Les régions périphériques, qui ont payé le prix le plus lourd de cette guerre, pourraient développer des velléités autonomistes face à un centre moscovite affaibli et discrédité. Cette fragmentation potentielle de l’espace post-soviétique constitue un défi géopolitique majeur pour la communauté internationale, qui devra gérer les conséquences d’un possible effondrement de la dernière grande puissance territoriale mondiale.
La reconstruction de l’armée russe après cette hécatombe nécessitera non seulement des investissements financiers considérables, mais aussi une refonte doctrinale complète de l’appareil militaire. Les leçons douloureuses de l’Ukraine obligeront Moscou à repenser fondamentalement ses concepts opérationnels, ses structures de commandement et ses priorités technologiques. Cette modernisation forcée pourrait paradoxalement renforcer à long terme les capacités militaires russes, mais elle nécessitera une génération entière pour porter ses fruits. En attendant, la Russie demeurera une puissance militaire affaiblie, contrainte de réviser à la baisse ses ambitions géopolitiques et de se concentrer sur la préservation de sa cohésion interne. Cette période de faiblesse relative offre à l’Occident une fenêtre d’opportunité unique pour redéfinir les règles du jeu géopolitique eurasiatique et consolider un ordre international plus stable et prévisible.
Sources
Ukraine War Losses – Russian Casualties and Equipment Losses
The Guardian – One million and counting: Russian casualties hit milestone in Ukraine war
BBC News – Russia’s losses in Ukraine rise faster than ever as US pushes for peace deal
Newsweek – Russia Rapidly Approaching Grim Losses Milestone: Kyiv
The New York Times – Is the Russian Army Depleted From Fighting in Ukraine?
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