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1433 jours de guerre russo-ukrainienne : le lourd tribut humain et militaire de Moscou
Crédit: Adobe Stock

L’année la plus meurtrière depuis le début du conflit

L’année 2025 restera dans les annales comme la période la plus sanglante de ce conflit interminable. Selon l’analyse de la BBC russe, réalisée en collaboration avec Mediazona et des groupes de volontaires, les nécrologies de soldats russes publiées en 2025 ont augmenté de 40% par rapport à 2024. Cette progression alarmante coïncide paradoxalement avec l’intensification des efforts diplomatiques menés par l’administration Trump pour parvenir à un cessez-le-feu. Un phénomène qui illustre la logique perverse de cette guerre : plus la pression internationale pour la paix s’intensifie, plus Poutine pousse ses troupes à l’offensive pour améliorer ses positions de négociation. En octobre et novembre 2025, au moment où Washington présentait sa proposition de paix en 28 points, la moyenne quotidienne des nécrologies atteignait 322 par jour, soit le double de la moyenne de 2024.

Cette escalade meurtrière s’explique par plusieurs facteurs convergents. D’abord, la stratégie du Kremlin de gains territoriaux à tout prix pour peser dans les négociations futures. Poutine et son entourage considèrent que chaque village conquis, chaque colline prise constitue un atout diplomatique majeur. Cette approche a conduit à des offensives suicidaires, particulièrement dans le secteur de Bakhmout et de Donetsk, où les forces russes se heurtent à des défenses ukrainiennes solidement établies. L’arrivée de troupes nord-coréennes sur le théâtre d’opérations, estimées à plusieurs milliers d’hommes, témoigne également des difficultés croissantes de Moscou à compenser ses pertes humaines par la mobilisation interne. Cette internationalisation du conflit soulève des questions inquiétantes sur l’état réel des réserves russes et la capacité du pays à poursuivre l’effort de guerre sans compromettre sa stabilité intérieure.

Cette course folle vers toujours plus de violence me laisse perplexe. Comment Poutine peut-il justifier auprès de son peuple cette escalade meurtrière au moment même où le monde entier pousse vers la paix ? Chaque jour de retard dans les négociations coûte des centaines de vies russes et ukrainiennes.

Les régions russes face à l’hécatombe

La géographie des pertes russes révèle les inégalités sociales profondes qui structurent la société russe contemporaine. Les républiques périphériques comme la Bachkirie, la Bouriatie, le Daghestan ou la Tchétchénie fournissent un contingent disproportionné de « chair à canon » par rapport à leur poids démographique. Dans la ville d’Oufa, capitale de la Bachkirie, les entrepreneurs des pompes funèbres témoignent d’une activité en constante augmentation depuis le début du conflit. Nikolaï, dirigeant d’une entreprise familiale locale, confie reconnaître parfois parmi les défunts d’anciens camarades d’école ou des connaissances. Cette proximité de la mort transforme progressivement le tissu social de ces régions, créant une génération d’orphelins et de veuves dont les conséquences à long terme restent imprévisibles.

L’État russe tente de compenser cette saignée par un système de compensations financières de plus en plus généreux. Les familles de soldats tués reçoivent désormais des indemnités pouvant atteindre plusieurs millions de roubles, sommes considérables dans ces régions où le salaire moyen reste très bas. Cette stratégie d’achat de la paix sociale fonctionne pour l’instant, mais elle pèse lourdement sur les finances publiques déjà mises à rude épreuve par l’effort de guerre et les sanctions occidentales. Les analystes économiques estiment que ces dépenses sociales liées au conflit représentent désormais près de 3% du PIB russe, un fardeau qui pourrait devenir insoutenable à moyen terme si la guerre se prolonge. Par ailleurs, cette politique crée des distorsions économiques majeures dans les régions concernées, où l’argent des compensations militaires devient parfois la principale source de revenus, créant une dépendance malsaine à la continuation du conflit.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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