SMIC au cœur de la bataille
Au cœur de cette transformation, un nom revient sans cesse : SMIC. Semiconductor Manufacturing International Corporation, la plus grande fonderie chinoise, est devenue le goulot d’étranglement — et le moteur — de l’ambition nationale. Les analystes de JPMorgan estiment que Huawei pourrait obtenir entre 800 000 et 850 000 dies de producteurs locaux en 2026, contre 600 000 à 650 000 en 2025. Cambricon, de son côté, viserait entre 300 000 et 350 000 puces en 2026, puis 450 000 à 480 000 en 2027. Ces volumes semblent modestes face aux dizaines de millions de GPU que NVIDIA produit chaque année. Mais ils représentent un triplement de la production par rapport à 2025. Et surtout, ils démontrent que la capacité existe.
Le défi reste immense. Les taux de rendement chez SMIC avoisinent les 20 % pour les plus gros dies de Cambricon — quatre puces sur cinq ne passent pas les tests de qualité. À titre de comparaison, le procédé 2 nm de TSMC affiche des rendements supérieurs à 60 % en phase de test. Mais la Chine compense par le volume. SMIC prévoit de doubler sa capacité de production en 7 nanomètres l’année prochaine — le procédé le plus avancé actuellement en production de masse dans le pays. Trois nouvelles usines dédiées aux puces IA de Huawei devraient entrer en service d’ici fin 2026. Une fois à pleine capacité, leur production combinée pourrait dépasser celle des lignes comparables actuelles de SMIC. L’écosystème se construit. Pierre par pierre. Wafer par wafer.
La course aux IPO qui change la donne
L’argent afflue. En décembre 2025, Moore Threads Technology et MetaX Integrated Circuits ont fait leurs débuts consécutifs sur le STAR Market. Biren Technology et Enflame préparent leurs propres introductions en bourse. Cambricon a levé environ 600 millions de dollars pour financer le développement de puces de nouvelle génération. Au total, les quatre principaux fabricants de puces IA chinois — hors Huawei — ont sécurisé environ 3 milliards de dollars de financement pré-IPO. Ce mouvement collectif vers les marchés publics crée un cycle vertueux : progrès technologique, soutien financier, déploiement à grande échelle. Les investisseurs particuliers chinois ont souscrit plus de 2 300 fois l’offre de détail de Biren. L’appétit est là. La confiance aussi.
Il y a quelque chose de troublant dans cette frénésie boursière. On pourrait y voir de la spéculation pure. De l’euphorie aveugle. Peut-être. Mais je crois qu’il y a autre chose. Une forme de fierté nationale qui se cristallise autour de ces entreprises. Quand votre pays est coupé des meilleures technologies du monde, que faites-vous ? Vous pouvez vous plaindre. Ou vous pouvez construire les vôtres. La Chine a choisi. Et les marchés valident ce choix à chaque nouvelle IPO.
Section 3 : Les géants de l'internet en quête de monétisation
Alibaba, Tencent, ByteDance : le pivot stratégique de 2026
Pendant que les fabricants de hardware enchaînent les records boursiers, les géants de l’internet chinois vivent une transition délicate. Goldman Sachs voit 2026 comme une année de pivot stratégique pour les méga-capitalisations internet chinoises, avec une intensification des investissements IA destinés aux consommateurs. Tencent, avec ses 1,4 milliard d’utilisateurs de WeChat, développe ses propres chatbots et outils publicitaires basés sur l’IA. Alibaba pousse fort sur le cloud IA. ByteDance, avec son application Doubao, domine le marché des assistants IA en Chine. Fin 2025, l’entreprise testait même l’intégration de Doubao directement dans des smartphones.
Mais voilà le problème : ces services restent relativement mineurs selon les standards de l’internet mobile, pour reprendre les mots d’Alex Yao de JPMorgan. Les chatbots comme Yuanbao de Tencent gagnent du terrain, certes. Mais la monétisation ? Elle se fait attendre. Bank of America identifie les agents IA — ces outils génératifs capables de prendre des décisions automatisées pour l’utilisateur — comme le thème d’investissement numéro un de 2026. Les écosystèmes établis de Tencent, Alibaba et ByteDance ont un avantage naturel pour intégrer ces agents. Mais avantage ne signifie pas victoire. Il faut encore transformer le potentiel en revenus tangibles. Et c’est là que le hardware tire son épingle du jeu : pas de promesse, juste de la demande.
Le paradoxe de l’application vs l’infrastructure
Un paradoxe émerge. Les géants de l’internet sont les premiers clients des fabricants de puces. ByteDance achète massivement chez Cambricon. Alibaba et Tencent s’approvisionnent en puces Ascend de Huawei pour leurs clusters d’inférence. En d’autres termes, la croissance des uns nourrit celle des autres. Mais sur les marchés, c’est le hardware qui capte l’enthousiasme. La raison ? La visibilité. Un fabricant de puces peut annoncer des volumes de production, des commandes fermes, des expansions de capacité. Un géant de l’internet doit expliquer comment ses chatbots vont se transformer en revenus. L’un parle en unités livrées. L’autre en potentiel de monétisation. Dans l’incertitude, les investisseurs préfèrent le concret.
Je me demande parfois si on n’assiste pas à un retournement historique. Pendant des années, on nous a répété que la valeur était dans le logiciel, dans les plateformes, dans les données. Le hardware ? Une commodité. Un mal nécessaire. Et voilà que soudain, dans un monde sous tensions géopolitiques, le silicium redevient roi. Celui qui fabrique les puces tient le pouvoir. Celui qui dépend des puces des autres… dépend des autres. Simple comme ça.
Section 4 : La géopolitique comme accélérateur
Les sanctions américaines, catalyseur involontaire
Il y a une ironie cruelle dans la situation actuelle. Les restrictions américaines sur les exportations de semi-conducteurs vers la Chine, censées freiner le développement technologique chinois, ont produit l’effet inverse sur les marchés boursiers. En coupant l’accès aux puces NVIDIA H100 et H200, Washington a créé un effet pare-feu qui isole les entreprises chinoises de la volatilité mondiale tout en les forçant à accélérer leur montée en gamme. Les analystes de Bernstein estimaient récemment que Huawei et NVIDIA se partageaient le marché chinois à parts égales — environ 40 % chacun en valeur. Sous l’effet des restrictions, la part de NVIDIA pourrait chuter à 8 %, tandis que celle de Huawei grimperait à 50 %.
Le gouvernement chinois ne reste pas les bras croisés. Un programme d’incitation de 70 milliards de dollars pour le secteur des semi-conducteurs a été annoncé fin 2025. Les autorités de Pékin supervisent désormais l’allocation des puces IA haut de gamme, priorisant les options domestiques. Tencent a refroidi ses commandes de puces H20 de NVIDIA après que les régulateurs chinois ont convoqué l’entreprise américaine pour des préoccupations de sécurité. L’enquête antitrust ouverte contre NVIDIA en Chine renforce le message : l’avenir est local. Les opérateurs cloud chinois l’ont compris. Ils diversifient. Ils relocalisent. Ils investissent dans le made in China.
DeepSeek, le choc qui a tout accéléré
Et puis il y a eu DeepSeek. Le 27 janvier 2025, cette startup chinoise a fait trembler les marchés mondiaux avec des modèles d’IA aussi performants que les leaders américains, mais à une fraction du coût. Un an plus tard, l’onde de choc n’est pas retombée. Les entreprises chinoises ont accéléré leurs propres développements. L’adoption de l’IA générative a explosé chez Alibaba, Tencent, et tous les autres. Bloomberg Intelligence prévoit que le lancement du modèle DeepSeek R2, attendu ce trimestre, pourrait perturber le secteur à nouveau, soulignant la position de la Chine comme principal rival de la suprématie américaine en IA. Le plan quinquennal 2026-2030, qui sera dévoilé en mars, met l’autosuffisance technologique au cœur de la stratégie nationale.
DeepSeek a été un réveil brutal pour beaucoup d’observateurs occidentaux. Comment une startup chinoise, avec des ressources limitées, pouvait-elle rivaliser avec les géants américains ? La réponse est là, sous nos yeux : l’innovation naît aussi de la contrainte. Quand vous n’avez pas accès aux meilleures puces, vous optimisez différemment. Vous repensez les architectures. Vous trouvez des chemins que d’autres n’ont pas explorés. C’est peut-être ça, la leçon de 2026 : la nécessité reste la mère de l’invention.
Section 5 : Les limites du miracle chinois
Les goulots d’étranglement persistants
Il serait naïf de croire que tout va bien dans le meilleur des mondes pour les fabricants de puces chinois. Les défis restent colossaux. Prenons la mémoire HBM — ces modules à haute bande passante indispensables pour faire tourner les accélérateurs IA à pleine puissance. Samsung et SK Hynix, tous deux sud-coréens, dominent ce marché. La Chine n’a pas encore produit d’alternative compétitive. Même les puces Ascend 910C de Huawei utilisent de la mémoire HBM de SK Hynix. Sans mémoire, les puces restent au placard. Les clients de Cambricon devront sécuriser leurs approvisionnements très tôt, sous peine de voir une partie de la production 2026 rester inactive faute des bons modules.
Le packaging représente un autre obstacle. L’intégration multi-chiplets et le routage d’interconnexions haute vitesse dépendent de technologies de packaging avancées. Les procédés de type CoWoS, utilisés par NVIDIA, AMD et TSMC, restent hors de portée pour la Chine. Cambricon doit se contenter de ce qui est disponible localement, ce qui dicte des choix contraignants en matière de partitionnement des puces et de placement mémoire. Ces limitations influencent directement les performances et la scalabilité des cartes accélératrices finales. Le fossé technologique avec le haut de gamme mondial reste béant. Les puces NVIDIA conservent une avance considérable en débit brut, bande passante mémoire et outillage logiciel.
La domination de Huawei et ses conséquences
Un autre problème émerge : la concentration. Huawei bénéficie d’un accès prioritaire à la capacité de SMIC — probablement sous la direction des autorités de planification industrielle. Cette priorité laisse peu de marge aux autres fabricants de GPU comme Biren, MetaX, Enflame, Illuvatar ou Sophgo. Paul Triolo, du DGA Group, résume la situation : le secteur est voué à la consolidation. Les entreprises de semi-conducteurs tendent à se regrouper autour des acteurs majeurs pour investir dans une R&D toujours plus coûteuse. Cambricon, le plus gros fabricant de puces IA chinois par capitalisation boursière, ne détiendrait que 9 % du marché environ. Les petits acteurs risquent d’être absorbés ou marginalisés.
Section 6 : Les perspectives pour 2026 et au-delà
Un cycle d’investissement historique
Malgré les obstacles, le momentum ne faiblit pas. Les dépenses d’investissement des hyperscalers pour 2026 ont été révisées à la hausse, atteignant environ 600 milliards de dollars, avec des scénarios optimistes à 700 milliards — soit une augmentation de 36 % sur un an. Microsoft a ajouté 64,6 milliards de dollars à ses immobilisations en 2025, contre 44,5 milliards l’année précédente. Meta a guidé entre 64 et 72 milliards de capex pour 2025. La demande mondiale en puces IA explose. Et dans ce contexte, même des puces moins performantes que celles de NVIDIA trouvent preneur — surtout si elles sont les seules disponibles.
Les industriels européens comme Schneider Electric, Siemens Energy et Prysmian voient leur croissance des bénéfices réaccélérer, avec une prévision de 13 % de croissance du BPA en 2026. Au Japon, les commandes de machines-outils sont redevenues positives en octobre 2025. En Chine, les données manufacturières montrent un écart croissant : l’investissement immobilier reste faible, mais la production explose dans la robotique, les batteries lithium, les véhicules électriques et les drones. La croissance pivote vers les technologies stratégiques. Le cycle matériel qui s’amorce pourrait être le plus long et le plus intensif en capital depuis l’industrialisation d’après-guerre.
Le nouveau visage de la tech chinoise
Les investisseurs internationaux prennent note. Mark Mobius, directeur du Mobius Emerging Opportunities Fund, l’a dit clairement à Bloomberg TV : le marché boursier nous dit que ce que fait la Chine dans le secteur technologique va être très excitant à l’avenir. L’objectif de la Chine est désormais de dépasser les États-Unis en technologie, en puces haut de gamme, dans toutes les formes d’IA. L’argent va dans cette direction. Vivian Lin Thurston, gestionnaire de portefeuille chez William Blair Investment, identifie des opportunités attractives dans les secteurs de l’internet, de l’IA, du hardware semiconducteur, de la robotique, de l’automatisation et de la biotech.
Ce qui me frappe le plus, c’est cette inversion des rôles. Pendant des années, la Chine était le marché. L’usine du monde. Le lieu où l’on fabriquait les produits conçus ailleurs. Et voilà qu’elle devient le lieu où l’on conçoit ET fabrique les technologies de demain. Du moins, c’est le pari. Un pari à plusieurs centaines de milliards de dollars. Un pari que les marchés semblent valider, jour après jour, IPO après IPO.
Section 7 : La bataille de l'inférence
Où la Chine peut vraiment gagner
Si les puces chinoises restent en retard pour l’entraînement des grands modèles, elles gagnent du terrain sur l’inférence — l’exécution des modèles déjà entraînés. C’est là que se joue la bataille commerciale réelle. Les prévisions de l’industrie suggèrent que la part des puces IA domestiques dans les achats de puissance de calcul des entreprises chinoises augmentera fortement en 2026, avec une substitution complète dans les scénarios d’inférence comme principal point de percée. Les puces Ascend de Huawei sont déjà utilisées pour l’inférence chez les leaders cloud chinois comme Alibaba et Tencent. L’entraînement reste dominé par le hardware étranger. Mais l’inférence ? C’est là que la Chine peut prendre le contrôle.
Les applications se multiplient. Les puces Kunlunxin de Baidu sont déployées dans la fabrication, les transports et les services financiers. Hygon Information cible les centres de calcul intelligent et le traitement de données à grande échelle. Cambricon se concentre sur les algorithmes de grands modèles, l’internet et le cloud computing. La couverture sectorielle s’élargit. Les investissements continus des grandes entreprises internet dans les modèles IA accélèrent la commercialisation. Les puces domestiques reconnues bénéficient d’un avantage de premier entrant et de possibilités de croissance à grande échelle.
Section 8 : Les signaux à surveiller
DeepSeek R2 et le plan quinquennal
Deux événements pourraient définir la trajectoire du secteur dans les prochains mois. D’abord, le lancement du modèle DeepSeek R2, attendu ce trimestre. S’il confirme des performances de pointe à un coût ultra-réduit, il validera une fois de plus la capacité chinoise à innover sous contrainte. Ensuite, la publication du nouveau plan quinquennal en mars, qui détaillera les priorités nationales en matière d’autosuffisance technologique. Ces deux catalyseurs pourraient alimenter une nouvelle vague d’achats sur les valeurs tech chinoises. Les actions chinoises pourraient surperformer leurs homologues américaines si la croissance des bénéfices continue d’accélérer, notamment dans les secteurs à technologies avancées et forte orientation export.
Le panier de 33 actions IA chinoises suivi par Jefferies Financial Group a vu sa capitalisation boursière combinée augmenter d’environ 732 milliards de dollars au cours de l’année écoulée. L’indice tech onshore de type Nasdaq a bondi de près de 13 % depuis le début du mois de janvier. L’indice des valeurs tech chinoises cotées à Hong Kong a grimpé de près de 6 %. Les deux surperforment le Nasdaq 100. Les robots chinois ont couru des marathons, boxé dans des matchs, exécuté des routines de danse folklorique. Dans l’industrie, les grands modèles de langage sont intégrés dans des équipements avancés comme les taxis volants et les machines-outils de précision. L’IA migre du cloud vers le monde physique.
Section 9 : L'équation risque-rendement
Les valorisations sous tension
Tout n’est pas rose pour autant. Les valorisations des entreprises de hardware IA chinoises atteignent des niveaux qui interrogent. L’euphorie boursière peut-elle se maintenir ? Les analystes restent partagés. D’un côté, la demande structurelle semble solide. De l’autre, les défis de production restent immenses. Si Cambricon réussit à approcher son objectif de 500 000 unités, cela prouvera que le procédé N+2 de SMIC peut soutenir des volumes bien plus importants de silicium IA qu’on ne le pensait. Si l’entreprise échoue en raison de problèmes de rendement, cela exposera les limites structurelles de la production domestique chinoise.
Les géants de l’internet, eux, font face à une pression différente. Les dépenses massives de Meta et Alphabet dans les data centers IA pourraient peser sur leurs performances boursières. Les investisseurs veulent voir un retour sur investissement. Sans progrès démontrable, les cours pourraient souffrir. Alphabet s’est imposé comme leader des modèles d’IA générative et devrait continuer à délivrer des rendements solides en 2026, mais les performances pourraient ne pas égaler celles de 2025. La performance de Meta dépendra de l’accueil réservé par le marché à ses avancées IA.
Conclusion : L'aube d'une nouvelle ère
Le silicium comme arme stratégique
Ce qui se joue en Chine dépasse le simple arbitrage entre hardware et software. C’est une redéfinition des rapports de force technologiques mondiaux. Les fabricants de puces IA chinois ne se contentent plus de combler un vide laissé par les sanctions. Ils construisent un écosystème parallèle, avec ses propres règles, ses propres champions, ses propres ambitions. Huawei prévoit de dévoiler son cluster Atlas 950 fin 2026, supportant plus de 8 000 puces Ascend 950 DT sur 160 armoires. Selon les chiffres de l’entreprise, il délivrera 6,7 fois la puissance de calcul du cluster NVL144 de NVIDIA, avec 15 fois plus de mémoire et 62 fois plus de bande passante d’interconnexion. Fin 2027, l’Atlas 960 supportera plus de 15 000 puces sur 2 200 mètres carrés.
Les géants de l’internet restent des acteurs incontournables. Leur capacité à monétiser l’IA déterminera une grande partie de la croissance économique chinoise des prochaines années. Mais sur les marchés financiers, ce sont les fabricants de hardware qui captent l’imagination — et les capitaux. Goldman Sachs prévoit des gains de 20 % pour l’indice MSCI China et de 12 % pour l’indice CSI 300 d’ici 2026, portés par l’adoption de l’IA, le soutien politique et la croissance des bénéfices. Le cycle matériel de 2026 n’est pas un boom de volume comme celui de 2003-2007, tiré par l’adhésion de la Chine à l’OMC et l’immobilier américain. C’est un choc de valeur — un boom industriel de haute intensité concentré sur l’ingénierie électrique, la gestion thermique et le packaging semi-conducteur avancé.
En regardant ces chiffres, ces projections, ces ambitions démesurées, je me pose une question simple : et nous, dans tout ça ? L’Europe regarde passer le train. Les États-Unis érigent des murs de sanctions. La Chine construit. Elle construit des puces, des usines, des écosystèmes. Elle construit un avenir où elle ne dépendra plus de personne. On peut critiquer. On peut douter. On peut brandir les limites technologiques, les rendements faibles, les goulots d’étranglement. Mais une chose est sûre : dans dix ans, quand on écrira l’histoire de la révolution IA, la Chine y aura sa place. Et pas seulement comme utilisatrice de technologies américaines. Comme créatrice. Comme rivale. Comme puissance.
Ce que l’avenir nous réserve
Le verdict final n’est pas encore rendu. Les prochains trimestres diront si les fabricants de puces chinois peuvent tenir leurs promesses de production. Ils diront aussi si les géants de l’internet réussissent enfin à transformer leurs investissements IA en revenus tangibles. Mais une chose est déjà claire : les perspectives de croissance ont basculé. Le hardware IA chinois n’est plus un pis-aller, une solution de secours en attendant le retour des puces NVIDIA. C’est devenu un secteur d’investissement à part entière, avec ses propres dynamiques, ses propres champions, ses propres records. La Chine entre dans 2026 avec une vague fraîche d’avancées technologiques qui alimentent un rallye boursier, même si son économie reste fragile. Les technologies domestiques sont devenues le principal moteur de la hausse des actions chinoises depuis avril. Et ce n’est peut-être que le début.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies technologiques, à comprendre les mouvements des marchés financiers globaux, à contextualiser les décisions des acteurs industriels et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des entreprises citées, déclarations publiques des dirigeants, rapports d’analystes de banques d’investissement (JPMorgan, Goldman Sachs, Bernstein, Bank of America), dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Bloomberg, Reuters).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement (CNBC, South China Morning Post, Tom’s Hardware, Business Standard), analyses d’institutions de recherche établies.
Les données statistiques, économiques et boursières citées proviennent de sources vérifiables et ont été recoupées entre plusieurs publications.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article reflète l’état des connaissances au 26 janvier 2026.
Sources
Sources primaires
Bloomberg – China’s New Tech Stock Boom Leaves Its Economic Malaise Behind – 18 janvier 2026
Bloomberg – Huawei to Double Output of Its Advanced AI Chip Ascend, Unseat Nvidia in China – 30 septembre 2025
Bloomberg – China’s AI Firm Zhipu Climbs in Debut, Lagging Hardware Peers – 8 janvier 2026
JPMorgan – Analyses citées par South China Morning Post – novembre 2025
Sources secondaires
CNBC – China’s AI trade is quickly moving from infrastructure to applications – 25 janvier 2026
CNBC – How Huawei’s dominance hangs over China’s AI chip IPO boom – 15 janvier 2026
Tom’s Hardware – Cambricon targets 500,000 AI chips in 2026 – 12 décembre 2025
South China Morning Post – China’s advances in AI fuel tech stock boom – 18 janvier 2026
ARC Advisory Group – Chinese Domestic Chips Make a Breakthrough – janvier 2026
Institutional Investor – The Physical World Upgrade: 2026 Outlook – janvier 2026
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