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« Je n’enverrais pas mon fils mourir » : quand l’Europe découvre qu’elle n’est pas prête à se défendre contre la Russie
Crédit: Adobe Stock

La fracture Est-Ouest : deux Europes face au danger

Les sondages révèlent une Europe profondément fracturée face à la menace russe. D’un côté, les pays qui ont connu le joug soviétique dans leur chair : la Pologne, où 84 % de la population se dit prête à combattre pour défendre son pays ; la République tchèque, avec 81 % ; la Finlande, ce pays qui partage 1 340 kilomètres de frontière avec la Russie et où 74 % des citoyens prendraient les armes. Ces nations n’ont pas besoin qu’on leur explique ce qu’est l’impérialisme russe. Leurs grands-parents l’ont vécu. Leurs parents s’en souviennent. Eux-mêmes savent que la liberté n’est jamais acquise.

De l’autre côté du spectre, l’Europe de l’Ouest semble vivre sur une autre planète. En Allemagne, seulement 16 % des citoyens se disent « certainement » prêts à défendre leur pays les armes à la main. Si l’on ajoute ceux qui répondent « probablement », on atteint péniblement 38 %. En Autriche, le chiffre est encore plus vertigineux : 16 % seulement combattraient, tandis que 62 % refusent catégoriquement cette perspective. L’Italie, l’Espagne, la Bulgarie affichent des taux similaires, tous en dessous de 50 %. Comment défendre un continent quand plus de la moitié de ses habitants refusent de le faire ? La question n’est pas rhétorique. Elle est existentielle.

La perception du risque : entre lucidité et déni

Le sondage Cluster 17 pose une autre question cruciale : estimez-vous que le risque d’une guerre avec la Russie est élevé ? Les réponses dessinent la même fracture géographique. En Pologne, 77 % des personnes interrogées jugent ce risque « élevé » ou « très élevé ». Soixante-dix-sept pour cent. Plus des trois quarts de la population d’un pays membre de l’OTAN et de l’Union européenne pensent qu’une guerre pourrait éclater. En Belgique et aux Pays-Bas, ce chiffre atteint 59 %. En France et en Allemagne, environ la moitié des citoyens partagent cette inquiétude. Mais en Italie, seulement 34 % des gens perçoivent ce danger comme imminent.

Cette disparité dans la perception du risque est peut-être le symptôme le plus préoccupant de notre état de préparation collective. Car comment mobiliser un continent pour une menace que la moitié de ses habitants refuse de voir ? Les experts du Belfer Center de l’université Harvard estiment que la Russie pourrait être prête à lancer une guerre contre l’OTAN entre 2027 et 2028. Les services de renseignement allemands évoquent l’horizon 2030. Les responsables baltes, eux, pensent que des opérations limitées pourraient survenir dans les deux à trois ans suivant la fin du conflit en Ukraine. Tous ces scénarios ont un point commun : ils ne parlent pas d’un futur lointain, mais de demain.

Il y a quelque chose de profondément troublant dans ces chiffres. Nous vivons une époque où nous pouvons commander un repas en trois clics, réserver un vol pour l’autre bout du monde en dix minutes, accéder à l’ensemble des connaissances humaines depuis notre poche. Mais quand on nous demande si nous sommes prêts à défendre notre mode de vie, notre liberté, notre droit de vivre comme nous l’entendons, nous haussons les épaules. « Quelqu’un d’autre s’en chargera. » Qui ? L’Amérique de Trump qui parle de se retirer de l’OTAN ? Les Ukrainiens qui meurent déjà pour nous depuis trois ans ? Qui va se battre pour nous si nous refusons de nous battre pour nous-mêmes ?

Sources

Sources primaires

RAND Corporation — « Reinforcing Deterrence on NATO’s Eastern Flank: Wargaming the Defense of the Baltics » — David A. Shlapak et Michael W. Johnson — 2016
Cluster 17 pour Le Grand Continent — Sondage sur la perception de la menace russe dans 9 pays de l’UE — Décembre 2025
Gallup International — « Willingness to fight for one’s own country » — Enquête mondiale — 2024-2025
Institut Forsa — Sondage sur la volonté des Allemands de défendre leur pays — 2025
INTEGRAL Research Institute — Étude sur les attitudes autrichiennes face à la guerre — 2025

Sources secondaires

Ukrainska Pravda — Aleksandr Levi — « I wouldn’t send my son to die… Are Europeans ready to defend themselves against Russia? » — 25 janvier 2026
Euronews — « Over two-thirds of Europeans say their country cannot take Russia on militarily, new poll finds » — 4 décembre 2025
19FortyFive — « Accept Losing our Children: Europe’s Top Generals Fear War with Russia Is Coming » — Janvier 2026
Al Jazeera — « Most Germans, French see ‘high risk’ of war with Russia, survey shows » — 4 décembre 2025
Institut d’études de sécurité de l’UE — « Global Risks to the EU in 2026 » — 2025
Belfer Center, Harvard Kennedy School — Analyses sur la préparation russe à un conflit avec l’OTAN — 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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