Première rencontre trilatérale depuis quatre ans
C’était censé être un moment historique. Pour la première fois depuis le début de l’invasion russe, des représentants de l’Ukraine, de la Russie et des États-Unis se sont assis à la même table. Abu Dhabi, les 23 et 24 janvier 2026. Deux jours de discussions intenses, sous l’œil bienveillant des Émirats arabes unis, qui ont facilité 17 échanges de prisonniers entre les deux pays belligérants depuis le début du conflit — 4 641 détenus libérés grâce à leur médiation. Le président Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan a reçu personnellement les chefs des délégations au Palais Al Shati. L’envoyé spécial américain Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump, étaient présents. Côté ukrainien, le négociateur en chef Rustem Umerov et le nouveau chef d’état-major Kyrylo Budanov. Côté russe, l’amiral Igor Kostyukov et une délégation d’officiers militaires.
Les déclarations officielles parlaient de « discussions constructives » et de « progrès substantiels ». Un responsable américain a même qualifié ces pourparlers d’« historiques ». Zelensky a annoncé qu’un document américain sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine était « prêt à 100% », et que Kyiv attendait simplement un lieu et une date pour le signer. Il a ajouté que le plan en 20 points proposé par Washington avançait : « Il y avait beaucoup de points problématiques, mais maintenant, il y en a moins. » Les négociations devaient reprendre dès le 1er février. Sur le papier, tout semblait aller dans la bonne direction. Mais la réalité du terrain racontait une tout autre histoire. Car pendant que les diplomates échangeaient des poignées de main et des sourires forcés dans les salons climatisés d’Abu Dhabi, les missiles russes continuaient de pleuvoir sur l’Ukraine.
Je me demande parfois si ces négociateurs vivent dans le même monde que les habitants de Kyiv. Ils parlent de « paramètres pour mettre fin à la guerre » pendant que des familles grelottent dans le noir. Ils évoquent des « garanties de sécurité » pendant que des drones frappent des immeubles résidentiels. Il y a quelque chose de profondément indécent dans ce décalage. Peut-être que les négociations sont nécessaires. Peut-être que c’est le seul chemin vers la paix. Mais ce chemin, il est pavé de souffrance. Et ceux qui négocient ne sont pas ceux qui souffrent.
Le Donbas : le nœud gordien
Au cœur des discussions, une question empoisonne tout : le Donbas. Cette région de l’est de l’Ukraine que la Russie revendique entièrement. Zelensky l’a dit clairement dans un échange avec des journalistes ukrainiens : « La question du Donbas est centrale. » Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a été tout aussi direct : « Le retrait des troupes ukrainiennes de tout le Donbas reste une condition importante pour la Russie. » Autrement dit, Moscou exige que l’Ukraine cède un territoire qu’elle n’a jamais réussi à conquérir entièrement en quatre ans de guerre. Yuri Ushakov, conseiller diplomatique de Poutine, l’a confirmé après la rencontre de Witkoff et Kushner avec le président russe au Kremlin : « Sans résoudre la question territoriale, il n’y a aucun espoir d’atteindre un règlement à long terme. »
Zelensky, lui, refuse catégoriquement de céder des territoires que la Russie n’a pas été capable de prendre par la force. Les sondages montrent que la population ukrainienne est massivement opposée à toute concession territoriale. Lors de son discours au Forum économique mondial de Davos, quelques jours avant les pourparlers d’Abu Dhabi, le président ukrainien avait lancé un avertissement cinglant à l’Europe : « Trop souvent, les Européens se retournent les uns contre les autres — dirigeants, partis, mouvements et communautés — au lieu de s’unir pour arrêter la Russie. Au lieu de devenir une véritable puissance mondiale, l’Europe reste un beau kaléidoscope fragmenté de petites et moyennes puissances. » Des mots durs. Mais quand on voit 1 700 immeubles sans chauffage à Kyiv pendant que Bruxelles tergiversent sur l’envoi de systèmes de défense aérienne, on comprend sa frustration.
La Lituanie et la Pologne : les alliés qui ne fléchissent pas
Un sommet symbolique à Vilnius
Pendant que les négociateurs s’affairaient à Abu Dhabi, Zelensky était à Vilnius, en Lituanie, pour commémorer l’insurrection de 1863 contre l’Empire russe. Le symbole n’était pas anodin. Aux côtés du président lituanien Gitanas Nauseda et du nouveau président polonais Karol Nawrocki, le dirigeant ukrainien a réaffirmé l’importance du soutien de ses voisins européens. Nauseda a été sans équivoque : « La Russie évite de s’engager vers une paix durable et juste en Ukraine et n’accepte pas un cessez-le-feu. » Ces mots résonnent comme un rappel brutal : peu importe ce qui se dit dans les salons feutrés des négociations, Moscou continue de poursuivre ses objectifs militaires. Les bombardements de samedi en sont la preuve la plus éclatante.
La Lituanie et la Pologne font partie de ces pays qui comprennent viscéralement la menace russe. Ils partagent une frontière — directe ou via le corridor de Kaliningrad — avec la Russie. Ils ont une mémoire historique qui remonte aux occupations soviétiques. Et ils voient dans l’agression contre l’Ukraine un prélude possible à d’autres aventures militaires. Pour eux, soutenir Kyiv n’est pas une question de géopolitique abstraite. C’est une question de survie. Zelensky l’a bien compris, et c’est pour cette raison qu’il cultive ces alliances avec une attention particulière. Car si les grandes puissances peuvent se permettre de jouer la montre, les petits pays qui bordent la Russie savent que chaque jour compte. Chaque système de défense aérienne compte. Chaque engagement concret compte.
Le pape intervient
Même le Vatican a fait entendre sa voix ce dimanche. Lors de sa prière de l’Angélus, le pape Léo a dénoncé les attaques russes qui laissent les civils ukrainiens exposés au froid de l’hiver. Un appel à mettre fin au conflit qui vient s’ajouter aux innombrables déclarations de la communauté internationale. Mais les déclarations ne chauffent pas les appartements. Elles ne réparent pas les tuyaux éclatés. Elles ne ramènent pas les morts. Le Kremlin, lui, a choisi de répondre différemment. Dmitry Peskov a déclaré que la Russie ne discutera jamais avec Kaja Kallas, la cheffe de la politique étrangère de l’Union européenne. Moscou préfère attendre qu’elle quitte son poste. Le mépris affiché envers les institutions européennes en dit long sur la stratégie russe : diviser, temporiser, épuiser. Pendant ce temps, les bombes continuent de tomber.
Il y a quelque chose de déchirant dans cette accumulation de déclarations, de sommets, de prières et d’appels. Tout le monde parle. Tout le monde condamne. Tout le monde espère. Mais les gens de Kyiv, eux, n’ont pas besoin de mots. Ils ont besoin de missiles Patriot. Ils ont besoin de systèmes de défense aérienne. Ils ont besoin que quelqu’un, quelque part, passe des paroles aux actes. Zelensky l’a dit avec une clarté brutale : « Chaque frappe russe sur nos infrastructures énergétiques montre qu’il ne doit y avoir aucun délai dans la fourniture de défense aérienne. » Aucun délai. C’est maintenant. Pas demain. Pas après la prochaine réunion. Maintenant.
La Corée du Nord : 6 000 morts et un mémorial
Les fantômes de Koursk
Pendant que le monde se concentre sur les négociations et les bombardements, une autre réalité se dévoile à Pyongyang. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a visité un atelier artistique pour superviser la création de sculptures destinées à un mémorial. Un mémorial pour les soldats nord-coréens morts au combat à l’étranger. Selon l’agence de presse officielle KCNA, le leader a planté le premier arbre sur le site du futur « Musée mémorial des exploits de combat lors des opérations militaires à l’étranger ». Sa fille Ju Ae l’accompagnait, creusant la terre à ses côtés. Une mise en scène soigneusement orchestrée. Un message clair : Pyongyang assume désormais ouvertement son rôle dans la guerre en Ukraine.
Les chiffres donnent le vertige. Selon les sources sud-coréennes, ukrainiennes et occidentales, la Corée du Nord a envoyé environ 14 000 soldats combattre aux côtés des forces russes dans la région de Koursk, à la frontière ukrainienne. Plus de 6 000 d’entre eux auraient été tués. Six mille. Des jeunes hommes arrachés à leurs familles, envoyés mourir dans une guerre qui n’est pas la leur, pour un régime qui les traite comme de la chair à canon. Kim Jong Un les a qualifiés de « héros » et a décrit leur sacrifice comme une « pierre angulaire éternelle » pour Pyongyang. Mais derrière la rhétorique glorificatrice, il y a la réalité crue : des soldats qui n’avaient jamais connu le combat réel depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, envoyés au front contre une armée ukrainienne aguerrie par quatre ans de guerre.
Le pacte de sang Moscou-Pyongyang
Ce déploiement massif de troupes nord-coréennes s’inscrit dans le cadre d’un pacte de défense mutuelle signé entre Poutine et Kim en 2024. Un accord qui a provoqué l’indignation de la communauté internationale, mais qui n’a pas empêché les deux régimes de renforcer leur coopération militaire. En échange de ses soldats, la Corée du Nord aurait reçu des technologies militaires avancées pour ses programmes nucléaires et balistiques. Un troc macabre : des vies humaines contre des missiles. Poutine lui-même a écrit à Kim pour décrire les soldats nord-coréens comme « héroïques », évoquant les « liens d’amitié militante » forgés dans le sang. Pendant ce temps, en Russie, Kim a été vu posant solennellement un drapeau nord-coréen sur un cercueil contenant les restes d’un de ses soldats tombés au combat.
Les témoignages de déserteurs nord-coréens dressent un portrait glaçant de ces troupes. Formés à se donner la mort plutôt qu’à se rendre, fidèles jusqu’à l’extrême au régime de Kim, ces soldats constituent une force de combat brutale mais inexpérimentée. Les services de renseignement sud-coréens ont rapporté au moins un incident où un soldat nord-coréen cherchant à éviter d’être capturé par les Ukrainiens s’est fait tuer en tentant de faire exploser une grenade tout en criant le nom de Kim. Six mille morts. Des hommes qui n’avaient pas choisi cette guerre. Des hommes dont les familles ne sauront peut-être jamais exactement comment ils sont morts. Et maintenant, des statues dans un mémorial. Comme si la pierre pouvait effacer le sang.
Six mille. J’essaie de visualiser ce nombre. C’est la population d’une petite ville. C’est un stade de football à moitié rempli. C’est six mille familles qui ne reverront jamais leur fils, leur frère, leur père. Et pour quoi? Pour aider un dictateur à conquérir le territoire d’un pays voisin. Pour renforcer une alliance entre deux régimes autoritaires. Ces jeunes Nord-Coréens n’avaient pas le choix. Ils n’ont pas voté pour cette guerre. Ils n’ont même pas pu protester. Ils ont été envoyés mourir dans un pays dont ils ne connaissaient probablement pas grand-chose. Et leur mort servira la propagande de Kim Jong Un pour les décennies à venir. Il y a quelque chose d’infiniment tragique dans ce destin.
La France frappe la « flotte fantôme »
Le Grinch : un pétrolier pas comme les autres
Loin des champs de bataille ukrainiens, une autre guerre se joue. Celle contre la « flotte fantôme » russe — ces centaines de navires vétustes qui transportent le pétrole de Moscou en contournant les sanctions occidentales. Jeudi dernier, la Marine nationale française a intercepté un pétrolier baptisé Grinch en haute mer, dans la Méditerranée occidentale, entre les côtes espagnoles et marocaines. Le navire, parti de Mourmansk en Russie début janvier, naviguait sous un pavillon suspect — celui des Comores — et était soupçonné d’appartenir à cette flotte clandestine qui finance la machine de guerre russe. Le président Emmanuel Macron a annoncé l’opération sur les réseaux sociaux, qualifiant le navire de « soumis à des sanctions internationales et soupçonné d’arborer un faux pavillon ».
Dimanche, les procureurs de Marseille ont annoncé que le capitaine indien du navire, 58 ans, avait été placé en garde à vue pour interrogatoire. L’équipage, également de nationalité indienne, est maintenu à bord du pétrolier, désormais ancré dans le golfe de Fos-sur-Mer, sous la surveillance des autorités. L’enquête porte sur le défaut de pavillon valide — une infraction qui peut sembler technique, mais qui cache une réalité bien plus vaste. Selon un rapport du Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur d’Helsinki, plus de 100 navires russes ont navigué sous faux pavillon au cours des neuf premiers mois de 2025, transportant environ 11 millions de tonnes de pétrole d’une valeur de 4,7 milliards d’euros. Autant d’argent qui finance directement les missiles qui s’abattent sur Kyiv.
L’argent du pétrole, le sang des Ukrainiens
Zelensky a remercié Macron pour cette interception, écrivant sur les réseaux sociaux : « C’est exactement le genre de détermination nécessaire pour s’assurer que le pétrole russe ne finance plus la guerre de la Russie. Les pétroliers russes opérant près des côtes européennes doivent être stoppés. » L’Union européenne a adopté 19 paquets de sanctions contre la Russie, mais Moscou s’est adapté à la plupart d’entre elles. Le pétrole russe continue de couler vers l’Inde et la Chine, généralement à des prix réduits, transporté par cette flotte fantôme de navires vieillissants appartenant à des entités opaques basées dans des pays non sanctionnés. En octobre dernier, la France avait déjà arrêté un autre pétrolier sanctionné, le Boracay, au large de ses côtes atlantiques, avant de le relâcher quelques jours plus tard.
L’ambassade de Russie en France a déclaré n’avoir pas été notifiée de l’interception, ajoutant que ses diplomates tentaient de déterminer si des citoyens russes faisaient partie de l’équipage. Poutine avait qualifié l’arraisonnement du Boracay d’« acte de piraterie ». Mais la vraie piraterie, c’est de financer une guerre d’agression en contournant les règles internationales. La vraie piraterie, c’est d’utiliser des navires-poubelles sans assurance adéquate, au risque de provoquer des catastrophes environnementales dans les eaux européennes. La vraie piraterie, c’est de transformer le pétrole en missiles et les missiles en cadavres. Le Grinch n’était qu’un maillon d’une chaîne bien plus longue. Mais chaque maillon brisé compte.
Il y a une ironie cruelle dans le nom de ce pétrolier. Le Grinch — ce personnage qui vole Noël. Sauf qu’ici, ce n’est pas Noël qu’on vole. C’est la chaleur des appartements de Kyiv. C’est l’électricité des hôpitaux ukrainiens. C’est la vie de civils innocents. Chaque baril de pétrole transporté par ces navires fantômes se transforme en munitions. En drones. En missiles. L’équation est simple, mais le monde fait semblant de ne pas la voir. Alors oui, arrêter un pétrolier peut sembler dérisoire face à l’ampleur du conflit. Mais c’est un geste. C’est un message. C’est la preuve que certains refusent de regarder ailleurs.
Belgorod : la guerre aux portes de la Russie
L’Ukraine frappe en retour
La guerre ne se déroule pas uniquement sur le sol ukrainien. Le gouverneur de la région russe de Belgorod, frontalière de l’Ukraine, a annoncé que les forces ukrainiennes avaient lancé une attaque « massive » sur la ville principale de la région, endommageant des infrastructures énergétiques. Aucune victime n’a été signalée, selon les autorités russes. Mais le message est clair : l’Ukraine ne se contente pas de se défendre. Elle frappe aussi. Les attaques ukrainiennes sur le territoire russe se sont multipliées ces derniers mois, ciblant des dépôts de pétrole, des raffineries et des installations militaires. Une stratégie destinée à priver Moscou des revenus nécessaires à la poursuite de sa guerre d’agression.
Selon l’état-major ukrainien, les forces de drones non pilotés de l’Ukraine ont frappé 60 sites de lancement de drones russes au cours des dernières 24 heures. Une guerre dans la guerre. Une course technologique permanente où chaque camp tente de neutraliser les capacités de l’autre. Les pertes russes continuent de s’accumuler : selon les chiffres ukrainiens, les pertes totales en personnel des forces russes depuis le 24 février 2022 s’élèveraient à environ 1 234 040, dont 1 020 tués ou blessés au cours des dernières 24 heures. Des chiffres impossibles à vérifier de manière indépendante, mais qui donnent une idée de l’ampleur du carnage. 127 affrontements ont été enregistrés le long de la ligne de front le 24 janvier, dont plus d’un tiers dans le secteur de Pokrovsk.
Une guerre d’usure sans fin
Quatre ans de conflit. 1 432 jours exactement depuis le début de l’invasion à grande échelle. Et aucune fin en vue. Les négociations d’Abu Dhabi ont peut-être ouvert une porte, mais elle reste entrebâillée. Zelensky insiste sur le fait que l’Ukraine ne peut avancer vers la paix que si elle dispose de garanties de sécurité solides et légales de la part des États-Unis et de l’Europe. Il a accepté « de nombreux compromis différents », a-t-il dit, mais ils n’ont de sens que si le pays est pleinement protégé le lendemain d’un cessez-le-feu. Car tout le monde sait ce qui s’est passé en 2014, après l’annexion de la Crimée. Tout le monde sait que les promesses russes ne valent rien. Tout le monde sait que sans garanties concrètes, un cessez-le-feu ne serait qu’une pause avant la prochaine offensive.
Trump a déclaré cette semaine qu’il pensait que Poutine et Zelensky voulaient tous deux parvenir à un accord. « S’ils n’y arrivent pas, ils sont stupides — ça vaut pour les deux », a-t-il lancé. Une formule typiquement trumpienne qui met sur un pied d’égalité l’agresseur et l’agressé, l’envahisseur et l’envahi. Mais la réalité est plus complexe. Zelensky ne peut pas céder des territoires que son peuple refuse de perdre. Poutine ne peut pas rentrer chez lui sans pouvoir revendiquer une victoire. Entre les deux, des millions de civils qui subissent les conséquences de cette impasse. Des immeubles sans chauffage. Des familles dans le noir. Des enfants qui grandissent avec le bruit des sirènes comme bande-son de leur enfance.
Conclusion : l'hiver qui n'en finit pas
Ce que les négociations ne disent pas
Les communiqués officiels parlent de « progrès », de « discussions constructives », de « prochaines étapes ». Mais ils ne parlent pas de la femme de 72 ans qui se réveille dans le froid de Troieshchyna. Ils ne parlent pas des enfants qui font leurs devoirs à la lueur des bougies. Ils ne parlent pas des équipes de réparation qui travaillent jour et nuit pour remettre en marche un système de chauffage sans cesse détruit. La diplomatie a ses codes, son langage, ses rituels. Mais elle occulte souvent l’essentiel : la souffrance humaine. Pendant que les émissaires se félicitent de leurs avancées, 1 700 immeubles gèlent à Kyiv. C’est ça, la réalité du jour 1 432.
Zelensky l’a dit avec une clarté brutale : les attaques russes « montrent qu’il ne doit y avoir aucun délai dans la fourniture de défense aérienne ». Ce n’est pas une demande abstraite. C’est un cri de survie. Chaque système Patriot non livré, c’est potentiellement des dizaines de missiles qui atteignent leurs cibles. Chaque hésitation européenne, c’est du temps gagné pour Moscou. Chaque compromis sur les sanctions, c’est de l’argent pour la machine de guerre russe. La guerre en Ukraine n’est pas un problème lointain. Elle se joue ici, maintenant, dans le froid des appartements de Kyiv, dans les négociations d’Abu Dhabi, dans les eaux de la Méditerranée où naviguent les pétroliers fantômes.
Jour 1 432. J’écris ces lignes et je me demande combien d’autres jours il faudra compter. Combien de nuits sans chauffage. Combien de bombardements. Combien de morts. Combien de négociations qui n’aboutissent pas. On parle de fatigue de la guerre, de lassitude de l’opinion publique occidentale. Mais quelle fatigue peut-on ressentir depuis son appartement chauffé quand des millions d’Ukrainiens survivent dans le froid? La vraie question, celle qu’on n’ose pas poser, c’est celle-ci : sommes-nous prêts à laisser l’Ukraine geler pour avoir la paix? Parce que c’est exactement ce que Poutine espère. Et chaque jour où nous hésitons, chaque jour où nous tergiversons, c’est un jour de plus où il gagne.
La question qui reste
Les négociations reprendront le 1er février. Les bombardements continueront. Les équipes de réparation de Kyiv remettront en marche ce qui peut l’être. Les familles ukrainiennes trouveront des moyens de survivre, comme elles le font depuis quatre ans. Et le monde continuera de regarder, quelque part entre l’indignation et l’impuissance. Mais une chose est certaine : cette guerre ne se terminera pas par la fatigue. Elle ne se terminera pas par l’oubli. Elle se terminera quand l’une des deux parties n’aura plus les moyens de continuer. Ou quand les garanties de sécurité seront suffisamment solides pour que l’Ukraine accepte de prendre le risque de la paix. D’ici là, les drones continueront de siffler dans le ciel de Kyiv. Et les familles continueront de compter les jours.
1 432 jours. C’est le temps qu’il a fallu pour en arriver là. Combien encore?
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, militaires et humanitaires qui façonnent le conflit en Ukraine. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies des différents acteurs, à comprendre les enjeux des négociations internationales, à contextualiser les décisions militaires et diplomatiques, et à proposer des perspectives analytiques sur cette guerre qui redéfinit l’ordre mondial.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements ukrainien, russe, américain et émirati, déclarations publiques des dirigeants politiques (Zelensky, Poutine, Trump, Macron, Nauseda), rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement (Al Jazeera, NPR, ABC News, NBC News, Euronews, The National, Kyiv Independent, Korea Herald), analyses d’institutions de recherche établies (Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur d’Helsinki).
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et militaires contemporaines, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue du conflit ukrainien et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs impliqués.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Al Jazeera – Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,432 – 26 janvier 2026
Reuters via The Star – Russian strike on Ukraine’s Kyiv leaves 1,700 buildings still without heat – 25 janvier 2026
NPR – Russian strikes knock out heat in freezing Kyiv as peace talks continue – 24 janvier 2026
Euronews – More talks expected next week after Ukraine, Russia and US conclude Abu Dhabi meeting – 25 janvier 2026
ABC News – France detains captain of suspected Russian ‘shadow fleet’ tanker seized in Mediterranean – 25 janvier 2026
Sources secondaires
The National (UAE) – US hails progress at ‘historic’ talks with Russia and Ukraine in Abu Dhabi – 24 janvier 2026
NBC News – Russia, Ukraine to hold trilateral peace talks with U.S. for first time – 23 janvier 2026
CGTN – Russia-Ukraine talks to continue as US sees progress in Abu Dhabi – 25 janvier 2026
RTE – Russia strike on Kyiv leaves 1,700 buildings with no heat – 25 janvier 2026
U.S. News – North Korea’s Kim Inspects Memorial for Soldiers Who Died in Russia Mission – 5 janvier 2026
Korea Herald – N. Korea’s Kim inspects construction of memorial for soldiers killed in Ukraine war – 6 janvier 2026
Ukrinform – War updates – 25 janvier 2026
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