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Jour 1432 : pendant que les diplomates discutent à Abu Dhabi, 1 700 immeubles gèlent à Kyiv
Crédit: Adobe Stock

Première rencontre trilatérale depuis quatre ans

C’était censé être un moment historique. Pour la première fois depuis le début de l’invasion russe, des représentants de l’Ukraine, de la Russie et des États-Unis se sont assis à la même table. Abu Dhabi, les 23 et 24 janvier 2026. Deux jours de discussions intenses, sous l’œil bienveillant des Émirats arabes unis, qui ont facilité 17 échanges de prisonniers entre les deux pays belligérants depuis le début du conflit — 4 641 détenus libérés grâce à leur médiation. Le président Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan a reçu personnellement les chefs des délégations au Palais Al Shati. L’envoyé spécial américain Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump, étaient présents. Côté ukrainien, le négociateur en chef Rustem Umerov et le nouveau chef d’état-major Kyrylo Budanov. Côté russe, l’amiral Igor Kostyukov et une délégation d’officiers militaires.

Les déclarations officielles parlaient de « discussions constructives » et de « progrès substantiels ». Un responsable américain a même qualifié ces pourparlers d’« historiques ». Zelensky a annoncé qu’un document américain sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine était « prêt à 100% », et que Kyiv attendait simplement un lieu et une date pour le signer. Il a ajouté que le plan en 20 points proposé par Washington avançait : « Il y avait beaucoup de points problématiques, mais maintenant, il y en a moins. » Les négociations devaient reprendre dès le 1er février. Sur le papier, tout semblait aller dans la bonne direction. Mais la réalité du terrain racontait une tout autre histoire. Car pendant que les diplomates échangeaient des poignées de main et des sourires forcés dans les salons climatisés d’Abu Dhabi, les missiles russes continuaient de pleuvoir sur l’Ukraine.

Je me demande parfois si ces négociateurs vivent dans le même monde que les habitants de Kyiv. Ils parlent de « paramètres pour mettre fin à la guerre » pendant que des familles grelottent dans le noir. Ils évoquent des « garanties de sécurité » pendant que des drones frappent des immeubles résidentiels. Il y a quelque chose de profondément indécent dans ce décalage. Peut-être que les négociations sont nécessaires. Peut-être que c’est le seul chemin vers la paix. Mais ce chemin, il est pavé de souffrance. Et ceux qui négocient ne sont pas ceux qui souffrent.

Le Donbas : le nœud gordien

Au cœur des discussions, une question empoisonne tout : le Donbas. Cette région de l’est de l’Ukraine que la Russie revendique entièrement. Zelensky l’a dit clairement dans un échange avec des journalistes ukrainiens : « La question du Donbas est centrale. » Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a été tout aussi direct : « Le retrait des troupes ukrainiennes de tout le Donbas reste une condition importante pour la Russie. » Autrement dit, Moscou exige que l’Ukraine cède un territoire qu’elle n’a jamais réussi à conquérir entièrement en quatre ans de guerre. Yuri Ushakov, conseiller diplomatique de Poutine, l’a confirmé après la rencontre de Witkoff et Kushner avec le président russe au Kremlin : « Sans résoudre la question territoriale, il n’y a aucun espoir d’atteindre un règlement à long terme. »

Zelensky, lui, refuse catégoriquement de céder des territoires que la Russie n’a pas été capable de prendre par la force. Les sondages montrent que la population ukrainienne est massivement opposée à toute concession territoriale. Lors de son discours au Forum économique mondial de Davos, quelques jours avant les pourparlers d’Abu Dhabi, le président ukrainien avait lancé un avertissement cinglant à l’Europe : « Trop souvent, les Européens se retournent les uns contre les autres — dirigeants, partis, mouvements et communautés — au lieu de s’unir pour arrêter la Russie. Au lieu de devenir une véritable puissance mondiale, l’Europe reste un beau kaléidoscope fragmenté de petites et moyennes puissances. » Des mots durs. Mais quand on voit 1 700 immeubles sans chauffage à Kyiv pendant que Bruxelles tergiversent sur l’envoi de systèmes de défense aérienne, on comprend sa frustration.

Sources

Sources primaires

Al Jazeera – Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,432 – 26 janvier 2026
Reuters via The Star – Russian strike on Ukraine’s Kyiv leaves 1,700 buildings still without heat – 25 janvier 2026
NPR – Russian strikes knock out heat in freezing Kyiv as peace talks continue – 24 janvier 2026
Euronews – More talks expected next week after Ukraine, Russia and US conclude Abu Dhabi meeting – 25 janvier 2026
ABC News – France detains captain of suspected Russian ‘shadow fleet’ tanker seized in Mediterranean – 25 janvier 2026

Sources secondaires

The National (UAE) – US hails progress at ‘historic’ talks with Russia and Ukraine in Abu Dhabi – 24 janvier 2026
NBC News – Russia, Ukraine to hold trilateral peace talks with U.S. for first time – 23 janvier 2026
CGTN – Russia-Ukraine talks to continue as US sees progress in Abu Dhabi – 25 janvier 2026
RTE – Russia strike on Kyiv leaves 1,700 buildings with no heat – 25 janvier 2026
U.S. News – North Korea’s Kim Inspects Memorial for Soldiers Who Died in Russia Mission – 5 janvier 2026
Korea Herald – N. Korea’s Kim inspects construction of memorial for soldiers killed in Ukraine war – 6 janvier 2026
Ukrinform – War updates – 25 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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