Négocier sans le principal intéressé
Imaginez un instant. Vous êtes attaqué. Votre maison brûle. Vos enfants sont en danger. Et pendant que vous luttez pour survivre, deux voisins se réunissent dans le salon d’à côté pour décider ce que vous allez perdre. Ils ne vous invitent pas. Ils ne vous consultent pas. Ils décident. C’est exactement ce qui se passe avec l’Ukraine. Les États-Unis négocient avec la Russie. L’Ukraine attend dehors. Comme si son avis n’avait aucune importance. Comme si son sang versé ne comptait pas.
Timothy Snyder est catégorique : « Toute négociation menée sans l’Ukraine est vouée à l’échec. » Ce n’est pas une question de forme ou de protocole diplomatique. C’est une question de légitimité fondamentale. Un accord signé dans le dos de ceux qu’il concerne n’a aucune chance de tenir. L’histoire le prouve. Les accords de Munich en 1938 ont été négociés sans la Tchécoslovaquie. Résultat : six mois plus tard, le pays n’existait plus. Et quelques mois après, le monde entier était en guerre. On connaît la suite.
L’illusion du réalisme
Les partisans de cette approche se disent « réalistes ». Ils prétendent que l’Ukraine n’a pas les moyens de gagner. Qu’il faut accepter les « faits sur le terrain ». Que la Russie est trop puissante pour être vaincue. Mais de quel réalisme parle-t-on ? Celui qui consiste à récompenser l’agression ? Celui qui enseigne à tous les dictateurs de la planète que la force brute paie ? Snyder démonte cette logique avec une précision chirurgicale. Le vrai réalisme, écrit-il, c’est de comprendre que Poutine ne s’arrêtera pas à l’Ukraine. Le vrai réalisme, c’est de voir que chaque concession nourrit l’appétit du prédateur.
Et puis, soyons honnêtes. Depuis quand les « réalistes » ont-ils eu raison sur la Russie ? Ce sont eux qui nous assuraient que Poutine n’envahirait jamais l’Ukraine. Ce sont eux qui nous promettaient que le commerce avec Moscou apporterait la démocratie. Ce sont eux qui nous garantissaient que Nord Stream 2 était une excellente idée. À chaque fois, ils se sont trompés. À chaque fois, leur « réalisme » s’est révélé être de l’aveuglement volontaire. Pourquoi les croire maintenant ?
Il y a quelque chose de profondément obscène dans cette façon de parler de l’Ukraine comme d’un problème à résoudre plutôt que comme un pays à défendre. Quarante-quatre millions de personnes. Des villes, des villages, des familles, des rêves. Tout ça réduit à des « faits sur le terrain » et des « réalités géopolitiques ». Comme si ces gens n’étaient que des pions sur un échiquier. Comme si leur volonté de vivre libres n’avait aucune valeur.
Deuxième erreur fatale : ignorer les leçons de l'histoire
Les fantômes de 1918
Timothy Snyder est historien. Et c’est en historien qu’il analyse ce plan de paix. Ce qu’il voit le glace. Car ce plan reproduit exactement les erreurs qui ont transformé la Première Guerre mondiale en prélude à la Seconde. En 1918, les vainqueurs ont imposé une paix humiliante à l’Allemagne. Une paix qui n’a pas réglé les problèmes fondamentaux. Une paix qui a semé les graines du ressentiment et de la revanche. Vingt ans plus tard, le monde était à nouveau en feu. Aujourd’hui, on s’apprête à refaire la même erreur — mais à l’envers.
Cette fois, ce n’est pas l’agresseur qu’on humilie. C’est la victime qu’on sacrifie. L’Ukraine se bat depuis février 2022 pour défendre non seulement son territoire, mais les valeurs mêmes sur lesquelles repose l’ordre international : la souveraineté, l’intégrité territoriale, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Et que lui propose-t-on en récompense ? D’abandonner ses régions à l’occupant. De renoncer à l’OTAN. De limiter la taille de son armée. En d’autres termes : de se désarmer face à un voisin qui vient de prouver qu’il était prêt à tout pour la détruire.
L’amnésie collective
Snyder rappelle une vérité que beaucoup préfèrent oublier : la paix n’est pas simplement l’absence de guerre. Une mauvaise paix est souvent pire qu’une guerre prolongée, car elle ne fait que reporter et amplifier le conflit à venir. Le traité de Versailles a « pacifié » l’Europe pendant vingt ans. Puis 50 millions de personnes sont mortes. Les accords de Munich ont « préservé la paix » pendant quelques mois. Puis le continent entier a brûlé. À chaque fois, on a cru acheter la tranquillité en sacrifiant les plus faibles. À chaque fois, on a payé le prix fort.
Le plan Witkoff-Dmitriev suit exactement cette logique mortifère. Il propose de geler le conflit sans résoudre ses causes profondes. Il offre à Poutine des gains territoriaux en échange d’une promesse de s’arrêter là. Mais pourquoi s’arrêterait-il ? Il vient de démontrer que l’agression fonctionne. Que les frontières peuvent être redessinées par la force. Que les traités internationaux ne valent rien face aux chars. Lui donner ce qu’il veut aujourd’hui, c’est lui dire de revenir demain pour en prendre davantage.
Troisième erreur fatale : ouvrir la boîte de Pandore nucléaire
Le message envoyé au monde
Il y a un aspect de ce plan de paix dont personne ne parle. Et c’est peut-être le plus dangereux de tous. Timothy Snyder le formule avec une clarté terrifiante : si l’Ukraine perd ce conflit après avoir renoncé à ses armes nucléaires, le message envoyé au monde entier sera dévastateur. En 1994, l’Ukraine possédait le troisième arsenal nucléaire mondial. Elle l’a abandonné en échange de garanties de sécurité de la part des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Russie. Le Mémorandum de Budapest promettait que son intégrité territoriale serait respectée.
Trente ans plus tard, la Russie a envahi l’Ukraine. Les États-Unis négocient avec l’envahisseur. Et les garanties de Budapest ? Papier froissé. Si ce conflit se termine par une victoire russe, voici ce que retiendront tous les pays du monde : ne jamais abandonner vos armes nucléaires. Et si vous n’en avez pas, procurez-vous-en au plus vite. C’est la recette parfaite pour une prolifération nucléaire incontrôlable. L’Iran, la Corée du Nord, l’Arabie saoudite, la Turquie — tous regardent ce qui se passe en Ukraine. Et tous en tirent les mêmes conclusions.
Parfois, les conséquences les plus graves sont celles qu’on ne voit pas venir. On parle de paix, de négociations, de compromis. Mais personne ne parle de ce qui se passera quand le prochain dictateur décidera qu’il lui faut la bombe atomique pour être pris au sérieux. Personne ne parle du monde qu’on est en train de créer — un monde où la force brute est la seule garantie de survie. C’est ça, le vrai prix de cette « paix ».
L’effondrement de l’ordre international
Snyder va plus loin. Ce qui est en jeu, écrit-il, ce n’est pas seulement l’Ukraine. C’est l’ensemble du système de sécurité internationale construit depuis 1945. Ce système repose sur un principe simple : les frontières ne peuvent pas être modifiées par la force. Ce principe a permis à l’Europe de vivre en paix pendant près de 80 ans. C’est la plus longue période de paix de l’histoire du continent. Et c’est ce principe que la Russie piétine depuis 2014. D’abord la Crimée. Puis le Donbass. Puis l’invasion totale de 2022.
Si l’Occident accepte maintenant de légitimer ces conquêtes, il signe l’arrêt de mort de l’ordre international. Non pas parce que Poutine aura gagné. Mais parce que tout le monde aura compris que les règles ne s’appliquent qu’aux faibles. Que les puissants peuvent prendre ce qu’ils veulent. Que les traités et les promesses ne valent rien face aux missiles. C’est le retour au monde d’avant 1914. Le monde des empires, des sphères d’influence, des peuples soumis. Le monde où la guerre était l’instrument normal de la politique.
Quatrième erreur fatale : croire aux promesses de Poutine
Le bilan des mensonges
Le plan de paix repose sur une hypothèse implicite : que Vladimir Poutine respectera ses engagements. Timothy Snyder trouve cette hypothèse presque comique — si elle n’était pas aussi tragique. Car le bilan de Poutine en matière de promesses tenues est éloquent. Il a promis de ne pas envahir l’Ukraine — puis il l’a envahie. Il a signé les accords de Minsk — puis il les a violés. Il a garanti l’intégrité territoriale de l’Ukraine dans le Mémorandum de Budapest — puis il a annexé la Crimée. Il a nié la présence de troupes russes dans le Donbass — alors qu’elles y étaient depuis le premier jour.
Sur quelle base rationnelle peut-on croire qu’il respectera un nouvel accord ? Snyder pose la question sans détour. La réponse, bien sûr, est qu’il n’y en a aucune. Poutine a démontré à maintes reprises que sa parole ne vaut rien. Que les traités sont pour lui des outils tactiques, pas des engagements moraux. Qu’il signe aujourd’hui ce qu’il violera demain, dès que les circonstances lui seront favorables. Lui faire confiance, c’est ignorer tout ce qu’il a fait depuis vingt ans au pouvoir.
La pause stratégique
Ce que Poutine veut réellement, Snyder le comprend parfaitement : une pause. Pas la paix. Une pause. Le temps de reconstruire son armée décimée. Le temps de reconstituer ses stocks de missiles. Le temps d’absorber les territoires conquis. Le temps de préparer la prochaine offensive. Car il y aura une prochaine offensive. C’est écrit dans la logique même du régime. Poutine a bâti tout son pouvoir sur l’idée d’une Russie humiliée qui retrouve sa grandeur. Cette grandeur passe par l’empire. Et l’empire passe par l’Ukraine.
Un cessez-le-feu aujourd’hui, dans les conditions actuelles, serait un cadeau inespéré pour le Kremlin. Il permettrait à Poutine de consolider ses gains, de digérer ses conquêtes, de transformer l’occupation temporaire en annexion permanente. Pendant ce temps, l’Ukraine serait contrainte de limiter son armée, de renoncer à l’OTAN, de vivre sous la menace perpétuelle d’une nouvelle invasion. Ce n’est pas la paix. C’est une sentence de mort à exécution différée.
Je repense à toutes ces fois où on nous a dit de faire confiance à Poutine. Quand il a promis que la Crimée était un cas unique. Quand il a juré qu’il n’y aurait pas d’invasion. Quand il a garanti que les couloirs humanitaires seraient respectés. À chaque fois, on a voulu croire. À chaque fois, on s’est fait avoir. Et maintenant, on nous demande de recommencer ? De faire confiance à un homme dont le mensonge est la langue maternelle ?
Cinquième erreur fatale : abandonner les valeurs pour le confort
Le prix de la lâcheté
Timothy Snyder ne mâche pas ses mots. Ce qu’il voit dans ce plan de paix, c’est l’Occident qui abandonne ses propres valeurs pour acheter un peu de tranquillité. La démocratie, les droits de l’homme, la souveraineté des nations — tout ce que nous prétendons défendre depuis 1945 — tout cela sacrifié sur l’autel du « pragmatisme ». Mais quel pragmatisme ? Celui qui consiste à trahir ses alliés ? Celui qui enseigne au monde que les démocraties sont faibles et que les dictatures sont fortes ?
Car c’est bien le message qu’envoie ce plan. Aux Ukrainiens d’abord, qui se battent depuis près de trois ans pour défendre des valeurs que l’Occident prétend incarner. Vous vous souvenez des discours enflammés sur la défense de la liberté ? Sur le soutien indéfectible à l’Ukraine ? Sur le fait que Poutine ne devait pas gagner ? Tout ça, c’était du vent. Quand le moment est venu de tenir ces promesses, l’Occident a préféré négocier avec l’agresseur plutôt que de soutenir la victime jusqu’au bout.
Le signal envoyé aux dictateurs
Mais le message va bien au-delà de l’Ukraine. Xi Jinping regarde. Kim Jong-un regarde. L’Iran regarde. Tous les régimes autoritaires de la planète prennent des notes. Et voici ce qu’ils apprennent : l’Occident parle beaucoup, mais cède toujours. Quand la pression monte, quand les coûts augmentent, quand la guerre dure trop longtemps, les démocraties finissent par abandonner leurs alliés. C’est une leçon que Taïwan devrait méditer. C’est une leçon que les pays baltes devraient méditer. C’est une leçon que tous ceux qui comptent sur la protection américaine devraient méditer.
Snyder l’écrit noir sur blanc : « Si nous abandonnons l’Ukraine, nous nous abandonnons nous-mêmes. » Car ce qui meurt avec l’Ukraine, ce n’est pas seulement un pays. C’est l’idée même que les valeurs comptent. Que la force brute ne doit pas l’emporter sur le droit. Que les petits pays ont le droit d’exister face aux grands. Que la démocratie vaut la peine d’être défendue. Tout ce pour quoi des générations se sont battues. Tout ce que nos grands-parents ont versé leur sang pour préserver.
Sixième erreur fatale : croire que la paix est gratuite
Le coût réel de l’inaction
L’argument qu’on entend le plus souvent, c’est celui du coût. Soutenir l’Ukraine coûte cher. Les armes, l’aide humanitaire, l’accueil des réfugiés — tout cela pèse sur les budgets. Ne serait-il pas plus économique de négocier la paix et de passer à autre chose ? Timothy Snyder démonte cette logique avec une précision implacable. Car ce calcul oublie le coût de l’alternative. Que se passera-t-il si la Russie gagne ? Si Poutine absorbe l’Ukraine et tourne son regard vers les pays baltes ? Vers la Pologne ? Vers la Moldavie ?
Le coût de défendre un allié de l’OTAN agressé serait astronomiquement plus élevé que celui de soutenir l’Ukraine aujourd’hui. On parle de centaines de milliards de dollars. De mobilisations militaires massives. Potentiellement, de soldats américains et européens envoyés au combat. Tout ce qu’on essaie d’éviter en abandonnant l’Ukraine, on le retrouvera multiplié par dix si on laisse Poutine continuer sa marche. L’histoire le prouve : la lâcheté d’aujourd’hui se paie toujours au prix fort demain.
On me parle de « fatigue de la guerre ». De lassitude. De priorités domestiques. Je comprends. Vraiment. Mais je pense à ces Ukrainiens qui n’ont pas le luxe d’être fatigués. Qui se battent chaque jour pour survivre. Qui enterrent leurs enfants et retournent au front. Eux n’ont pas le choix de « passer à autre chose ». Et nous, nous voudrions leur tourner le dos parce que c’est plus confortable ?
L’investissement dans la sécurité
Snyder retourne l’argument économique. Soutenir l’Ukraine, écrit-il, n’est pas une dépense — c’est un investissement. L’investissement le plus rentable que l’Occident puisse faire dans sa propre sécurité. Pour une fraction du budget de défense américain, l’Ukraine est en train de détruire la machine militaire russe. Sans qu’un seul soldat américain ne mette le pied sur le champ de bataille. Sans qu’un seul citoyen occidental ne soit directement menacé. C’est la définition même d’une bonne affaire.
Les pertes russes sont colossales. Plus de 800 000 soldats tués ou blessés selon les estimations occidentales. Des milliers de chars, d’avions, de navires détruits. L’armée qui faisait trembler l’Europe il y a trois ans est aujourd’hui une ombre d’elle-même. Tout cela grâce au courage des Ukrainiens et au soutien — insuffisant mais réel — de l’Occident. Abandonner maintenant, c’est gaspiller cet investissement. C’est offrir à Poutine une victoire qu’il n’a pas méritée. C’est lui permettre de reconstruire sa force pour mieux frapper ensuite.
Le vrai chemin vers la paix
Ce que propose Snyder
Timothy Snyder ne se contente pas de critiquer. Il propose une alternative. Une vraie voie vers la paix — pas celle qui récompense l’agression, mais celle qui la décourage. Ses principes sont simples. Premièrement : l’Ukraine doit être à la table des négociations. Pas comme observatrice. Comme actrice principale. C’est son pays, son avenir, son sang. Elle seule peut décider ce qu’elle est prête à accepter. Deuxièmement : pas de reconnaissance des annexions. La Crimée et le Donbass sont ukrainiens. Le droit international le dit. La communauté internationale le reconnaît. Céder sur ce point, c’est légitimer le vol à main armée.
Troisièmement : des garanties de sécurité réelles. Pas des promesses sur papier comme le Mémorandum de Budapest. Des engagements concrets, vérifiables, avec des conséquences automatiques en cas de violation. L’adhésion à l’OTAN serait la meilleure garantie. À défaut, des accords bilatéraux avec des clauses de défense mutuelle. Quelque chose qui dise clairement à Poutine : si tu attaques à nouveau, tu affrontes tout le monde. Quatrièmement : pas de limites imposées à l’armée ukrainienne. Demander à un pays de se désarmer face à un voisin qui vient de l’envahir, c’est le condamner à mort.
La paix par la force
La vraie paix, Snyder en est convaincu, ne viendra pas des négociations avec Poutine. Elle viendra de la défaite de ses ambitions. Quand le Kremlin comprendra que l’Ukraine ne peut pas être conquise. Que le coût de cette guerre est insoutenable. Que l’Occident ne cèdera pas. Ce jour-là — et ce jour-là seulement — Poutine sera prêt à négocier sérieusement. Pas avant. Car pour l’instant, il croit encore qu’il peut gagner. Et tant qu’il le croira, aucun accord ne tiendra.
C’est la leçon de l’histoire que Snyder martèle. Les dictateurs ne comprennent qu’un langage : celui de la force. Hitler ne s’est pas arrêté parce qu’on lui a demandé gentiment. L’URSS ne s’est pas effondrée parce qu’on a négocié avec elle. La paix en Europe après 1945 n’a pas été obtenue par la faiblesse, mais par la fermeté. Par la démonstration claire que l’agression ne paie pas. C’est cette leçon qu’il faut appliquer aujourd’hui. Non pas par bellicisme, mais par lucidité.
Conclusion : Le choix qui nous définit
L’heure de vérité
Nous voici donc au carrefour. D’un côté, la facilité. Signer un accord qui ressemble à la paix. Tourner la page. Prétendre que le problème est résolu. Reprendre nos vies comme si de rien n’était. C’est tentant. C’est humain. C’est aussi profondément lâche. De l’autre côté, le chemin difficile. Continuer à soutenir l’Ukraine. Accepter que cela coûte. Accepter que cela dure. Accepter que la paix véritable demande du courage et de la persévérance. Timothy Snyder ne nous dit pas que ce sera facile. Il nous dit que c’est nécessaire.
Car ce qui se joue en Ukraine dépasse l’Ukraine. C’est l’avenir de l’ordre international qui se décide. C’est la question de savoir si les frontières peuvent être modifiées par la force. Si les traités ont encore une valeur. Si les démocraties sont capables de défendre ce en quoi elles croient. Ou si, au premier obstacle, elles préfèrent capituler et appeler ça du « réalisme ». La réponse que nous donnerons définira le monde dans lequel vivront nos enfants.
Je termine cette chronique avec un poids sur le cœur. Pas seulement pour les Ukrainiens, même si leur sort me hante. Mais pour nous tous. Pour ce que nous sommes en train de devenir. Un monde où l’on négocie avec les bourreaux dans le dos des victimes. Où l’on appelle « paix » ce qui n’est que capitulation. Où l’on sacrifie les faibles pour acheter quelques années de tranquillité. Est-ce vraiment le monde que nous voulons léguer ? Snyder nous tend un miroir. Ce que nous y voyons devrait nous réveiller. Avant qu’il ne soit trop tard.
Le verdict de l’histoire
Timothy Snyder conclut sa tribune par un avertissement solennel. L’histoire jugera. Elle jugera ceux qui ont abandonné l’Ukraine. Elle jugera ceux qui ont négocié avec Poutine plutôt que de le tenir responsable. Elle jugera ceux qui ont choisi le confort à court terme plutôt que la sécurité à long terme. Et son verdict sera sans appel. Car l’histoire ne pardonne pas la lâcheté. Elle ne pardonne pas ceux qui, ayant le pouvoir d’agir, ont choisi de ne rien faire. Elle ne pardonne pas ceux qui ont sacrifié les autres pour se sauver eux-mêmes.
Le plan de paix actuellement sur la table est le mauvais chemin. Snyder l’a démontré point par point. Il ne mènera pas à la paix, mais à une guerre plus grande. Il ne protégera pas l’Europe, mais la rendra plus vulnérable. Il ne découragera pas l’agression, mais l’encouragera. La vraie question n’est pas de savoir si nous pouvons nous permettre de soutenir l’Ukraine. C’est de savoir si nous pouvons nous permettre de ne pas le faire. Et la réponse, pour quiconque regarde l’histoire avec lucidité, est évidente. Non, nous ne pouvons pas. Le prix serait trop élevé. Pour l’Ukraine. Pour l’Europe. Pour nous tous.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements diplomatiques, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent l’ordre mondial.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : tribune originale de Timothy Snyder publiée par Ukrainska Pravda, communiqués officiels des gouvernements concernés, déclarations publiques des dirigeants politiques (Trump, Zelensky, Poutine), documents fuités relatifs au plan en 28 points.
Sources secondaires : analyses d’institutions de recherche établies, médias d’information reconnus internationalement (Al Jazeera, ABC News, NBC News, CNN, Axios, NPR, PBS, The Kyiv Independent, Slate, Responsible Statecraft), rapports du UK House of Commons Library.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les arguments développés par Timothy Snyder, les informations disponibles sur les négociations en cours, et les tendances historiques observées dans les conflits similaires.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Ukrainska Pravda – « The wrong way to peace in Ukraine » par Timothy Snyder – 25 novembre 2025
Al Jazeera – « Trump, Zelenskyy hail progress towards Russia-Ukraine peace deal » – 28 décembre 2025
ABC News – « Trump says Russia and Ukraine are ‘maybe very close’ to peace deal after Zelenskyy meeting » – 28 décembre 2025
NPR – « U.S. offers Ukraine 15-year security guarantee as part of peace plan » – 29 décembre 2025
Sources secondaires
The Kyiv Independent – « How Steve Witkoff pushed Ukraine sympathizers out of White House » – novembre 2025
Axios – « US secretly drafting Ukraine peace plan with Russian input » – 19 novembre 2025
Slate – « 28-point plan Ukraine: A stunning leak sheds light on the Trump admin’s cozy ties with Russia » – novembre 2025
UK House of Commons Library – « Ukraine peace talks » – Research Briefing CBP-10411
The Insider – « Made in Moscow: The U.S. peace plan for Ukraine was substantially formulated by Kremlin operative Kirill Dmitriev » – 2025
PBS News – « Steve Witkoff coached a Putin aide on how Russian leader should pitch Trump on Ukraine peace plan » – 2025
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