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Le Kremlin exige des négociations « constructives » sur l’Ukraine : derrière les mots, une stratégie de domination qui ne dit pas son nom
Crédit: Adobe Stock

Le Donbas : l’ultimatum non négociable de Moscou

Soyons clairs sur ce que la Russie demande vraiment. Quand Peskov appelle à des négociations « constructives », voici ce qu’il entend concrètement : l’Ukraine doit se retirer de tout le Donbas. Pas seulement des zones que la Russie contrôle déjà — environ 70 % de l’oblast de Donetsk et la quasi-totalité de Luhansk. Non. De tout le territoire que Moscou a annexé sur le papier en septembre 2022, lors de ces référendums fantoches que le monde entier a rejetés. Concrètement, cela signifie abandonner des villes comme Pokrovsk, Kurakhove, Toretsk — des bastions que l’armée ukrainienne défend au prix de sacrifices immenses. Des villes où vivent encore des centaines de milliers de civils ukrainiens. Des villes qui font partie intégrante de l’Ukraine depuis son indépendance en 1991.

« Les forces armées ukrainiennes doivent quitter le Donbas, elles doivent s’en retirer. C’est une condition très importante », a martelé Peskov. Pas une suggestion. Pas un point de départ pour la négociation. Une condition. Et si l’Ukraine refuse ? Alors les négociations ne seront pas « constructives ». Alors la guerre continuera. Alors les missiles continueront de pleuvoir sur les villes ukrainiennes. C’est du chantage pur et simple, habillé en langage diplomatique. L’équivalent d’un braqueur qui vous dit : « Donnez-moi votre portefeuille, et je promets de ne pas vous tirer dessus. Soyons constructifs. » Le président Zelensky a raison de qualifier cette exigence d’inacceptable. Accepter serait une capitulation. Accepter serait trahir les millions d’Ukrainiens qui ont résisté pendant quatre ans. Accepter serait dire au monde que l’agression paie.

Je pense aux habitants de Bakhmout. À ceux qui ont survécu à des mois de siège, qui ont vu leur ville réduite en cendres, qui ont enterré leurs voisins dans les jardins faute de cimetières accessibles. On leur dit maintenant que tout ça, c’était pour rien ? Que leur sacrifice servira à offrir leur terre à l’envahisseur sur un plateau d’argent ? Il y a des limites à ce qu’on peut demander à un peuple. L’Ukraine a déjà donné tellement. Son sang, ses larmes, ses enfants. Et on voudrait qu’elle donne encore ? Qu’elle cède encore ? Au nom de quoi ? De la « constructivité » ?

La centrale de Zaporijjia : l’autre pomme de discorde

Le Donbas n’est pas le seul obstacle à une paix « constructive » selon les termes du Kremlin. Il y a aussi la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, occupée par les forces russes depuis mars 2022. Six réacteurs. Une capacité de production colossale. Et un danger permanent pour tout le continent. L’Agence internationale de l’énergie atomique ne cesse d’alerter : les conditions de sécurité sont catastrophiques. Un accident pourrait survenir à tout moment. Et pourtant, au lieu de chercher à sécuriser cette installation, la Russie en fait un enjeu de marchandage. Poutine aurait même évoqué l’idée d’utiliser l’électricité de la centrale pour miner des cryptomonnaies. Pendant que l’Europe tremble à l’idée d’un nouveau Tchernobyl, le maître du Kremlin pense aux bitcoins.

Les positions sur Zaporijjia sont aussi irréconciliables que sur le Donbas. Les États-Unis proposent un contrôle tripartite : 33 % pour l’Ukraine, 33 % pour la Russie, 33 % pour eux-mêmes en tant que superviseurs. L’Ukraine préférerait une gestion américano-ukrainienne 50-50, sans participation russe. Et la Russie ? La Russie considère que la centrale lui appartient, point final. Elle est en « territoire russe » depuis l’annexion de 2022. Elle sera branchée sur le réseau russe. L’Ukraine n’a qu’à se débrouiller autrement pour son électricité. Voilà la version russe de la « constructivité » : ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est négociable.

Sources

Sources primaires

TASS – « Negotiations on Ukrainian conflict settlement must above all be constructive — Kremlin » – 26 janvier 2026
Euronews – « Négociations américano-russes sur l’Ukraine : une réunion trilatérale à Abu Dhabi » – 23 janvier 2026
La Presse – « Moscou exige le retrait des troupes de Kyiv du Donbass » – 23 janvier 2026
France Info – « Fin de la première session de pourparlers entre Ukrainiens, Russes et Américains à Abou Dabi » – 24 janvier 2026
NBC News – « Russia, Ukraine to hold trilateral peace talks with U.S. for first time » – 23 janvier 2026

Sources secondaires

Bloomberg – « Steve Witkoff, Jared Kushner Set for Moscow Talks With Putin on Ukraine » – 21 janvier 2026
CNBC – « Putin meeting set for Thursday, Witkoff says, with Ukraine ‘land deals’ on the table » – 21 janvier 2026
La Libre – « Le Kremlin pose une condition très importante pour la paix avec l’Ukraine » – 23 janvier 2026
Al Jazeera – « US, Russia envoys meet in Davos as Ukraine reconstruction plan postponed » – 21 janvier 2026
La Presse – « Le Kremlin estime que les possibilités de négocier se réduisent pour Kyiv » – 15 janvier 2026
La Libre – « Guerre en Ukraine : la Russie ne négociera pas avec l’Europe » – 25 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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