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Le Kremlin lance un avertissement glaçant: une frappe américaine sur l’Iran plongerait le Moyen-Orient dans le chaos
Crédit: Adobe Stock

Des mots, encore des mots

Dmitry Peskov a choisi ses termes avec soin. « La Russie poursuit ses efforts de désescalade », a-t-il déclaré. « Nous souhaiterions voir de la retenue de la part de toutes les parties concernées, ainsi qu’une concentration exclusive sur les négociations pacifiques. » Des mots qui auraient pu être prononcés par n’importe quel diplomate, dans n’importe quelle crise, à n’importe quelle époque. Des mots qui ne coûtent rien et qui ne changent rien. La Russie condamne. La Russie regrette. La Russie appelle au dialogue. Mais la Russie ne fait rien. Elle ne peut rien faire. En janvier 2025, Moscou et Téhéran ont signé un traité de partenariat stratégique de 20 ans. Coopération militaire, économique, culturelle. Sur le papier, une alliance. Dans les faits? Un accord sans clause de défense mutuelle. Un accord qui n’oblige la Russie à rien quand les bombes tombent.

En juin 2025, quand les frappes américaines ont frappé l’Iran, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi s’est précipité à Moscou. Il portait une lettre du Guide suprême Khamenei. Il cherchait du soutien. De l’aide. Des systèmes de défense aérienne S-400. Des avions de chasse Su-35. Il est reparti avec des condamnations verbales et une offre de « médiation ». Poutine a décrit les frappes comme une « agression non provoquée sans fondement ni justification ». Puis il a ajouté que les relations avec l’Iran étaient « une priorité ». Mais quand Peskov a été interrogé sur une éventuelle aide militaire, sa réponse a été révélatrice: « Tout dépend de ce dont l’Iran a besoin. Nous avons offert notre médiation. C’est concret. Nous avons exprimé notre position. C’est aussi une forme de soutien. » Autrement dit: des paroles, pas des actes.

Il y a quelque chose de pathétique dans cette danse diplomatique russe. Un empire qui se rêve encore en arbitre du monde, mais qui ne peut même plus défendre ses propres « partenaires stratégiques ». La Russie de 2026, c’est un géant aux pieds d’argile qui gesticule pendant que d’autres agissent. Poutine peut bien recevoir Araghchi au Kremlin, lui promettre que Moscou « essaiera d’aider le peuple iranien ». Quand les B-2 décollent, quand les Tomahawk sont lancés, la Russie regarde. Elle condamne. Elle regrette. Et puis elle retourne à sa guerre en Ukraine, où elle perd des hommes chaque jour pour quelques kilomètres de tranchées. L’impuissance stratégique a un visage. Il est à Moscou.

Le piège ukrainien

Pourquoi la Russie ne fait-elle rien pour l’Iran? La réponse tient en un mot: Ukraine. Depuis février 2022, Moscou est engloutie dans une guerre d’usure qui dévore ses ressources, ses hommes, son matériel. Les sanctions occidentales ont asséché ses revenus. Les pertes humaines se comptent en centaines de milliers. Les réserves de missiles et de drones sont sous tension constante. Dans ce contexte, aider militairement l’Iran serait suicidaire. Chaque système S-400 envoyé à Téhéran serait un système en moins pour défendre le territoire russe. Chaque missile transféré serait un missile qui manquerait sur le front ukrainien. La Russie n’a tout simplement pas les moyens de ses ambitions. Ironiquement, c’est l’Iran qui a aidé la Russie, pas l’inverse. Des centaines de drones Shahed-136 ont été exportés vers Moscou, permettant aux forces russes de compenser leur manque de munitions de précision. La technologie iranienne est maintenant produite en masse à l’usine d’Alabuga au Tatarstan. L’élève a surpassé le maître. Et quand le maître a eu besoin d’aide, l’élève a détourné le regard.

Il y a aussi une dimension plus cynique. La guerre entre Israël et l’Iran détourne l’attention mondiale de l’Ukraine. Chaque minute que les chaînes d’information passent sur le Moyen-Orient, c’est une minute de moins consacrée aux bombardements russes sur Kiev, Kharkiv, Odessa. Dmitry Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, l’a d’ailleurs admis à demi-mot: la crise iranienne est une « diversion » bienvenue. Certains analystes russes vont plus loin: une guerre au Moyen-Orient pourrait faire grimper les prix du pétrole, ce qui profiterait aux coffres de l’État russe. Tant que l’Iran brûle, la Russie respire. C’est peut-être la vérité la plus cruelle de cette crise: Moscou n’a aucun intérêt à ce qu’elle se résolve trop vite.

Sources

Sources primaires

TASS – Déclaration de Dmitry Peskov sur les frappes potentielles américaines sur l’Iran – 26 janvier 2026
Kremlin.ru – Rencontre Poutine-Araghchi – 23 juin 2025
White House – Déclarations du président Trump sur l’Iran – décembre 2025 à janvier 2026
Ministère iranien des Affaires étrangères – Communiqués officiels – janvier 2026

Sources secondaires

The Times of Israel – Analyse de la position russe sur les frappes iraniennes – juin 2025
Al Jazeera – Couverture des protestations iraniennes et de la crise économique – janvier 2026
Israel Hayom – Préparatifs militaires américains et israéliens – janvier 2026
Wikipedia – Frappes américaines sur les sites nucléaires iraniens – juin 2025
Wikipedia – Protestations iraniennes 2025-2026 et massacres de janvier 2026
CBS News – Frappes américaines sur l’Iran – 22 juin 2025
Brookings Institution – Implications mondiales des frappes américaines sur l’Iran – juillet 2025
CSIS – Réponse de l’Iran et du Moyen-Orient aux frappes américaines – août 2025
Middle East Institute – Analyse des perspectives de frappes sur l’Iran – janvier 2026
The Hill – Réaction russe aux frappes et avertissements sur la catastrophe nucléaire – juin 2025
The Moscow Times – Position du Kremlin sur les frappes américaines – juin 2025
Critical Threats – Mises à jour sur l’Iran – janvier 2026
Time Magazine – Estimation des victimes des massacres iraniens – janvier 2026
Iran International – Couverture des protestations et de la répression – janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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