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Le Kremlin ose se plaindre de la pression américaine alors que ses missiles frappent Kyiv en pleine négociation
Crédit: Adobe Stock

Le Donbas ou rien, la ligne rouge de Poutine

Avant même que les négociations ne commencent, Dmitri Peskov avait posé les conditions. Des conditions qui ressemblent davantage à un diktat qu’à une base de discussion. L’Ukraine doit se retirer de l’intégralité du Donbas. Pas seulement des territoires occupés par la Russie. De tout le Donbas. Y compris les 20 pour cent de la région de Donetsk que l’armée russe n’a pas réussi à capturer en près de quatre ans de guerre acharnée. Environ 5 000 kilomètres carrés que Moscou exige de recevoir à la table des négociations ce qu’il n’a pas pu prendre sur le champ de bataille. Kramatorsk, Sloviansk, Pokrovsk. Des villes encore ukrainiennes, encore debout, encore vivantes. Des villes que Poutine veut voir capitulées sans combattre.

Youri Ouchakov, conseiller aux affaires étrangères de Poutine, a enfoncé le clou après sa rencontre nocturne avec Witkoff et Kushner. Sans résolution de la question territoriale selon la formule dite d’Anchorage, aucun règlement durable ne peut être espéré, a-t-il déclaré. Cette formule d’Anchorage fait référence au sommet de l’été 2025 en Alaska entre Trump et Poutine, lors duquel le président russe aurait obtenu des assurances sur le contrôle total du Donbas. Une version des faits que Washington conteste. Mais que le Kremlin brandit désormais comme un dû. Comme si une conversation privée pouvait sceller le sort de millions d’Ukrainiens sans leur consentement.

Ce qui me sidère, c’est l’aplomb avec lequel Moscou formule ces exigences. Quatre ans de guerre. Des dizaines de milliers de morts. Des villes rasées. Et Poutine demande qu’on lui offre sur un plateau ce qu’il n’a pas pu conquérir. C’est comme si un cambrioleur, incapable de forcer la serrure, exigeait que le propriétaire lui remette les clés en échange d’une promesse de ne plus revenir. Sauf que là, ce n’est pas une maison. Ce sont des vies. Des communautés. Une nation. Et la réponse du monde devrait être un non retentissant.

La pression américaine, le prétexte parfait

Face à ces exigences maximalistes, l’administration Trump pousse l’Ukraine vers des concessions. C’est un fait documenté. Kyiv subit une pression croissante pour accepter un accord qui mettrait fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais cette pression, le Kremlin la retourne à son avantage. Selon des sources proches des négociations, Moscou se plaint que les États-Unis font pression lors des pourparlers. Le comble de l’ironie. La Russie, qui a envahi un pays souverain, qui bombarde des civils, qui refuse tout compromis sur ses exigences territoriales, se pose en victime de la diplomatie américaine.

Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait posé les bases de cette rhétorique dès le 20 janvier. L’Europe et l’Union européenne sont les principaux obstacles à la paix, avait-il affirmé. Le régime de Zelensky et ses curateurs européens ne sont pas prêts à des discussions constructives. Une inversion accusatoire classique. Moscou bloque, donc Moscou accuse les autres de bloquer. Moscou bombarde, donc Moscou dénonce l’agressivité des autres. C’est une technique vieille comme la propagande. Mais elle fonctionne. Elle sème le doute. Elle brouille les responsabilités. Elle permet de justifier l’injustifiable.

Sources

Sources primaires

Euronews – More talks expected next week after Ukraine, Russia and US conclude Abu Dhabi meeting – 24 janvier 2026
Al Jazeera – Ukraine-Russia-US hold talks in Abu Dhabi with territory as key issue – 23 janvier 2026
NBC News – Russia, Ukraine to hold trilateral peace talks with U.S. for first time – 23 janvier 2026
NBC News – Russian airstrikes pound Ukraine amid U.S.-brokered peace talks in Abu Dhabi – 24 janvier 2026
CBS News – Russia reiterates demand for Ukraine to abandon territory as first trilateral talks with U.S. begin – 23 janvier 2026

Sources secondaires

CNBC/Reuters – U.S.-brokered peace talks break off without a deal after overnight Russian bombardment of Ukraine – 24 janvier 2026
CGTN – Russia-Ukraine talks to continue as US sees progress in Abu Dhabi – 25 janvier 2026
CBC News – ANALYSIS: Russia shows no sign of compromise as delegations meet in Abu Dhabi – 23 janvier 2026
PBS – Ukraine, Russia and U.S. to discuss fraught issue of territorial concessions – 23 janvier 2026
Russia Matters (Harvard) – Russia in Review, Dec. 19, 2025–Jan. 9, 2026
Euronews – Zelenskyy seeks more air defence as strikes plunge Kyiv into cold – 26 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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