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Le monde fait pression sur la mauvaise cible : c’est la Russie qu’il faut contraindre, pas l’Ukraine
Crédit: Adobe Stock

L’interdiction de la conquête territoriale n’est pas négociable

Il existe en droit international une catégorie de règles qu’on appelle jus cogens — des normes impératives auxquelles aucun État ne peut déroger, sous aucun prétexte. L’interdiction de l’acquisition de territoire par la force en fait partie. Ce n’est pas une recommandation. Ce n’est pas une ligne directrice. C’est le socle même de l’ordre mondial post-1945. L’Article 2, paragraphe 4 de la Charte des Nations Unies l’énonce sans ambiguïté : « Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État. » Cette interdiction est péremptoire. Absolue. Incontournable. Elle s’applique à tous les États, y compris les membres permanents du Conseil de sécurité. Y compris la Russie.

La Cour internationale de Justice l’a confirmé à maintes reprises : « L’interdiction de l’acquisition de territoire résultant de la menace ou de l’emploi de la force, en tant que corollaire de l’interdiction de la menace ou de l’emploi de la force, est un principe du droit international coutumier. » L’occupation ne peut en aucune circonstance servir de source de titre territorial ou justifier son acquisition par la puissance occupante. C’est la règle. Et quand un État viole cette règle — comme la Russie l’a fait en 2014 avec la Crimée, et à nouveau en 2022 avec son invasion à grande échelle — tous les autres États ont une obligation juridique précise : ne pas reconnaître cette acquisition comme légitime. Ne pas l’assister. Et la combattre collectivement.

Ce qui me sidère, c’est la facilité avec laquelle certains semblent prêts à jeter ces principes par la fenêtre. Comme si les règles que nous avons établies après les horreurs du nazisme et du militarisme japonais n’étaient qu’un décor de théâtre qu’on peut démonter dès qu’il devient encombrant. Mais ces règles ne sont pas là pour décorer. Elles sont là pour que des millions de gens ne meurent plus dans des guerres de conquête. Elles sont là pour que des agresseurs ne puissent plus imposer leur volonté par les armes. Les violer, c’est ouvrir la porte à un monde où seule la force fait loi. Est-ce vraiment ce que nous voulons léguer à nos enfants ?

Pourquoi la Crimée ne sera jamais légalement russe

L’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2014 et l’annexion de la péninsule de Crimée constituaient déjà, en elles-mêmes, des crimes contre la paix. Dès ce moment, la communauté internationale n’avait pas seulement la possibilité, mais l’obligation de prendre des mesures pour protéger l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Cette obligation n’était pas une question de choix politique. C’était — et c’est toujours — une exigence impérative du droit. Et c’est pourquoi, malgré tous les efforts du Kremlin pendant plus de dix ans pour légitimer sa conquête territoriale, aucun État respectueux du droit n’a reconnu la Crimée comme territoire russe. Aucun. Parce qu’ils ne le peuvent pas. Parce que le faire serait violer leurs propres obligations internationales.

Aujourd’hui, des propositions affluent pour reconnaître la souveraineté russe sur Donetsk, Luhansk et la Crimée. Le plan en 28 points suggère que les différends territoriaux futurs ne pourront être résolus que par des moyens diplomatiques. Mais cette formulation est un piège juridique. L’occupation illégale d’un territoire étranger reste un acte de force continu. L’Ukraine conserve le droit de reprendre le contrôle de ses propres territoires à tout moment — par des moyens diplomatiques et militaires. Ce droit inaliénable ne peut pas être abandonné sous la contrainte. Tant que des troupes russes restent présentes sur le sol ukrainien sans le consentement valide de l’Ukraine, l’acte d’agression se poursuit. Et avec lui, le droit de l’Ukraine à se défendre et à récupérer ses terres.

Sources

Sources primaires

Wayne Jordash KC – « The world should pressure Russia, not Ukraine » – Ukrainska Pravda – 27 décembre 2025
Cour pénale internationale – Situation en Ukraine : mandats d’arrêt contre Vladimir Poutine et Maria Lvova-Belova – 17 mars 2023
Cour pénale internationale – Mandats d’arrêt contre Sergueï Choïgou et Valeri Guerassimov – 24 juin 2024
Nations Unies – Charte des Nations Unies, Article 2(4)
Convention de Vienne sur le droit des traités – Article 52 – 1969
Statut de Rome de la CPI – Article 8 (Crimes de guerre) – 1998

Sources secondaires

Axios – « Trump’s Ukraine-Russia peace plan, in the full 28 points » – 20 novembre 2025
CNN – « Trump’s 28-point peace proposal for Ukraine would require land concessions and military reduction » – 20 novembre 2025
Al Jazeera – « Trump’s 28-point Ukraine plan in full: What it means, could it work? » – 21 novembre 2025
Yale Law Journal – « Lawful Ends to Unlawful Wars: Coercion and Voidness in Peacemaking » – 30 novembre 2025
Chatham House – « Trump pressures Ukraine to accept peace deal: Early analysis » – 22 novembre 2025
Carnegie Endowment for International Peace – « U.S. Peace Proposals Would Give Ukraine a Remarkable Strategic Outcome » – décembre 2025
Novaya Gazeta Europe – « ICC: Putin arrest warrant will stand even if Russia and Ukraine reach amnesty agreement » – 6 décembre 2025
NPR – « U.S. offers Ukraine 15-year security guarantee as part of peace plan » – 29 décembre 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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